Amélie d'Orléans

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Amélie d’Orléans

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La reine Amélie par Vittorio Matteo Corcos (1905).

Titres

Reine consort de Portugal et des Algarves

19 octobre 18891er février 1908
(18 ans, 3 mois et 13 jours)

Prédécesseur Maria Pia de Savoie
Successeur Abolition de la monarchie

Duchesse de Bragance

22 mai 188619 octobre 1889
(3 ans, 4 mois et 27 jours)

Prédécesseur Amélie de Leuchtenberg
(indirectement)
Successeur Aucun
Biographie
Titulature Princesse de France
Dynastie Maison d’Orléans
Nom de naissance Marie Amélie Louise Hélène d’Orléans
Naissance 28 septembre 1865
Twickenham (Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande)
Décès 25 octobre 1951 (à 86 ans)
Le Chesnay (France)
Sépulture Panthéon royal des Bragance au monastère de Saint-Vincent de Fora à Lisbonne
Père Philippe d'Orléans
Mère Marie-Isabelle d'Orléans
Conjoint Charles Ier de Portugal
Enfants Louis-Philippe de Bragance
Marie-Anne de Bragance
Manuel II de Portugal
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Reines de Portugal et des Algarves

Marie Amélie Louise Hélène d’Orléans (en portugais, Dona Maria Amélia Luísa Helena de Orleães), plus connue sous le nom d'Amélie d’Orléans, « princesse de France » membre de la maison d’Orléans puis, par son mariage, reine de Portugal, est née le 28 septembre 1865, à Twickenham, au Royaume-Uni et décédée le 25 octobre 1951, au Chesnay à côté de Versailles, en France.

Amélie d’Orléans a perdu sa famille proche dans des circonstances difficiles. Son mari le roi Charles Ier ainsi que son fils Louis-Philippe meurent lors du régicide de 1908 (pt). Vingt-quatre ans plus tard, elle apprend la mort de son autre et dernier fils, le roi Manuel II. Quant à sa fille Marie-Anne de Bragance, elle meurt à la naissance, car l'accouchement était prématuré à la suite de l’incendie du château.

Famille[modifier | modifier le code]

Amélie est la fille aînée de Philippe d’Orléans, comte de Paris et prétendant orléaniste au trône de France sous le nom de « Philippe VII », et de son épouse l’infante franco-espagnole Marie-Isabelle d’Orléans (1848-1919).

Amélie d’Orléans est également liée à deux autres prétendants au trône de France : son frère, Philippe (1869-1926), « duc d’Orléans » et prétendant sous le nom de « Philippe VIII », et son beau-frère Jean, « duc de Guise » et prétendant sous le nom de « Jean III ».

Le 22 mai 1886, Amélie épouse le futur Charles Ier de Portugal (1863-1908), lui-même fils du roi Louis Ier de Portugal (1838-1889) et de son épouse la princesse Maria Pia de Savoie (1847-1911).

De ce mariage heureux naissent trois enfants :

Biographie[modifier | modifier le code]

Le comte de Paris, père de Marie-Amélie.

Enfance[modifier | modifier le code]

La princesse Amélie passe son enfance en Angleterre, pays où elle voit le jour, du fait de la loi d’exil qui touche sa famille depuis la révolution de février 1848. C’est seulement à partir de 1871 que la princesse et sa famille peuvent revenir vivre en France.

Mariage[modifier | modifier le code]

En 1886, la princesse épouse l’héritier du trône de Portugal et, à cette occasion, son père, le comte de Paris, organise une somptueuse réception à l’hôtel Galliera (futur hôtel Matignon), dans la capitale française. Le luxe que déploient à cette occasion les Orléans et la chronique qu’en font les journaux monarchistes (et, en particulier, Le Figaro) soulèvent la consternation des milieux républicains. Cet événement donne lieu à de nombreuses attaques contre les Orléans (et les Bonaparte) et aboutit au vote, en juin 1886, d’une nouvelle loi d’exil. Mais à la différence de la première, cette loi ne touche que les prétendants au trône ainsi que leurs fils aînés, ce qui explique que la princesse Amélie puisse revenir vivre en France quand la république est proclamée au Portugal. Les parents de la reine Amélie sont contraints de quitter la France pour l'Angleterre, ils font leurs adieux au château d’Eu puis s’embarquent au Tréport.

Reine de Portugal[modifier | modifier le code]

Amélie d’Orléans, reine de Portugal

En 1889, l’époux d’Amélie, dom Carlos, monte sur le trône portugais et la jeune femme devient reine. Amélie commence alors à jouer un rôle culturel et social important dans le pays. En 1892, elle fonde l’Institut d’aide aux naufragés et, en 1905, le Musée des carrosses royaux (actuel Musée national des carrosses), mais la reine crée surtout l’Assistance nationale aux tuberculeux, qui combat la plus terrible maladie de l’époque.

Cependant, le Portugal traverse une grave crise au tournant du XIXe et du XXe siècle. Comme en Espagne ou en France, la famille royale est divisée en deux branches (les Bragance et les Saxe-Cobourg) qui s’opposent pour le trône tandis que les mouvements républicains et anarchistes rencontrent un succès croissant au sein de la population. En 1907, pour faire face aux difficultés que le pays traverse, Charles Ier appelle au pouvoir un général autoritaire, João Franco, mais celui-ci se rend très rapidement impopulaire.

Le roi Charles Ier de Portugal

L’attentat de 1908[modifier | modifier le code]

Le couple royal et ses enfants décident quand même de se rendre en visite officielle en France, à la fin de l’année. Le voyage s’y déroule très bien et la reine retrouve avec plaisir son pays. Un drame se produit lorsque la famille regagne Lisbonne, après des journées passées à Vila Viçosa, dans la province de l'Alentejo. Le 1er février 1908, alors que les souverains se dirigent en landau vers le palais royal, un attentat se produit Praça do Comércio (« place du Commerce ») durant lequel le roi Charles Ier et son fils aîné, dom Louis-Philippe, sont assassinés. Debout dans la voiture, faisant de son corps un rempart pour protéger son plus jeune fils Manuel, la reine Amélie parvient cependant à tenir en respect l’un des terroristes en le frappant avec son bouquet de fleurs.

Reine douairière[modifier | modifier le code]

De cet événement, la reine ne se remettra jamais complètement. Après l’attentat, elle se retire dans le palais de Pena, à Sintra, d’où elle ne sort désormais que pour appuyer le jeune Manuel II, alors que les institutions du pays ne cessent de se dégrader. Finalement, la république portugaise est proclamée le 5 octobre 1910.

Exil[modifier | modifier le code]

La reine Amélie part alors en exil avec le reste de la famille royale à Twickenham, où elle est reçue par son frère, le «  duc d’Orléans », mais après le mariage de Manuel II avec la princesse Augusta Victoria de Hohenzollern-Sigmaringen, la reine Amélie part s’installer en France, au château de Bellevue au Chesnay, près de Versailles, qu'elle acheta en 1921[1].

En 1932, la reine Amélie subit une nouvelle épreuve avec la mort de son fils Manuel : elle devient alors la dernière représentante de la branche portugaise des Saxe-Cobourg.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, le gouvernement du président du Conseil portugais Salazar offre à la reine l’asile politique mais celle-ci le refuse, préférant vivre sous le régime de l’Occupation avec ses concitoyens français en jouissant de l'immunité diplomatique. Lors de son séjour au château de Voisins, en mai 1944, le maréchal Pétain lui rend visite[2], celle-ci l'accueille en l'embrassant et en lui déclarant : « Mon cher maréchal, je vous aime : montrez-vous à la foule que j'aie la joie d'entendre crier : « Vive Pétain ! »[2] ».

Une fois la guerre terminée, Amélie revient en voyage au Portugal le 8 juin 1945. Elle se rend en pèlerinage à Fátima et revoit tous les lieux où elle a vécu, excepté vila Viçosa, résidence pour laquelle elle ressent de trop forts sentiments.

Réconciliation familiale[modifier | modifier le code]

En 1945, la reine devient marraine de dom Duarte Pio de Portugal, actuel duc de Bragance, confirmant ainsi la réconciliation des deux branches de la famille royale portugaise.

Dernières années[modifier | modifier le code]

En 1951, la reine Amélie s’éteint en France, dans son Château de Bellevue, aujourd’hui situé no 2 rue Jeanne-d'Arc Chesnay[1], à côté de Versailles. Les restes de la dernière reine de Portugal sont alors transférés près de ceux de son mari et de ses fils, au Panthéon royal des Bragance, dans l’église de São Vicente de Fora, à Lisbonne.

Titulature[modifier | modifier le code]

Titres et honneurs
Amélie de Portugal

Description de l'image  Coat of Arms of the Kingdom of Portugal (1640-1910).png.
Prédicat Sa Majesté
Style oral Votre Majesté
Style alternatif Madame
  • 28 septembre 1865 — 24 août 1883 : Son Altesse Royale la princesse Amélie d’Orléans
  • 24 août 1883 — 25 mai 1886 : Son Altesse Royale la princesse « Amélie de France », « fille de France »
  • 25 mai 1886 — 19 octobre 1889 : Son Altesse Royale la duchesse de Bragance
  • 19 octobre 1889 — 1er février 1908 : Sa Majesté très fidèle la reine de Portugal et des Algarves
  • 1er février 1908 — 25 octobre 1951 : Sa Majesté très fidèle la reine douairière de Portugal et des Algarves

Arrière-petite-fille de Louis-Philippe Ier, Amélie reçoit à sa naissance — comme les autres princes et princesses de sa maison — le titre de « princesse d’Orléans » avec prédicat d’altesse royale[3],[N 1]. À la mort du comte de Chambord, en 1883, le comte de Paris, père d’Amélie, devient pour la majorité des royalistes français le chef de la « maison royale de France ». Ainsi, Amélie et les autres enfants du comte utilisent les mêmes titulatures que les enfants du roi de France : « princes (et princesses) de France », « enfants de France », précédés du prédicat d’altesse royale[3],[5].

Par son mariage avec l’héritier du trône de Portugal, dom Charles, Amélie devient duchesse de Bragance, puis lorsque celui-ci règne, reine de Portugal et des Algarves[6].

Ascendance[modifier | modifier le code]

Dans la culture populaire[modifier | modifier le code]

En Littérature[modifier | modifier le code]

  • Stéphane Bern, Moi, Amélie, dernière reine du Portugal (roman), Denoel, Paris, 1997.

À la télévision[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. En 1824, le roi Charles X de France otroie au duc d’Orléans (futur Louis-Philippe Ier) et à sa famille le prédicat d’altesse royale ; les princes d’Orléans étaient auparavant altesses sérénissimes[4].

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b <Bellevue, l’autre château royal
  2. a et b André Brissaud (préface de Robert Aron), La Dernière année de Vichy (1943-1944), Librairie Académique Perrin, Paris, 1965, 587 pages, p. 363.
  3. a et b de Badts de Cugnac et Coutant de Saisseval 2002, p. 455.
  4. de Badts de Cugnac et Coutant de Saisseval 2002, p. 449.
  5. de Badts de Cugnac et Coutant de Saisseval 2002, p. 448.
  6. de Badts de Cugnac et Coutant de Saisseval 2002, p. 747.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Laurence Catinot-Crost, Amélie, princesse de France, reine de Portugal : 1865-1951, J & D, 1996.
  • Laurence Catinot-Crost, Amélie de Portugal, Biarritz, Éditions Atlantica, 2000.
  • Georges Poisson, Les Orléans, une famille en quête d’un trône, Perrin, Paris, 1999.
  • Chantal de Badts de Cugnac et Guy Coutant de Saisseval, Le Petit Gotha, Paris, Éditions Le Petit Gotha, coll. « Petit Gotha »,‎ 2002 (1re éd. 1993), 989 p. (ISBN 2-9507974-3-1).

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]