Amélie Gex

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Amélie Gex

Amélie Rose Françoise Gex, née le 24 octobre 1835, à La Chapelle-Blanche (Savoie) et morte le 16 juin 1883, à Chambéry, est une poétesse savoyarde de langue arpitane (la langue vernaculaire savoyarde).

Biographie[modifier | modifier le code]

Amélie Gex est la fille du médecin[1] et viticulteur[2] Marc-Samuel Gex. Sa mère meurt à l'âge de ses 4 ans. Elle vit d'abord à Chambéry puis à Challes-les-Eaux chez sa grand-mère. À quatorze ans, elle retourne s'installer à La Chapelle-Blanche avec son père[3].

En 1860, au moment de l'Annexion, proche des libéraux qui préféraient l'Italie de Cavour à la France de Napoléon III, elle regrette le roi de Sardaigne. Plus tard, elle devient républicaine, et se lance dans la politique, rédigeant ses discours en patois afin de mieux s'adresser aux électeurs ruraux.

Après une enfance peut portée sur l'apprentissage, elle découvre finalement la passion de l'écriture à 38 ans (1872/1875). Après la mort de son père en 1876, elle exploite elle-même le domaine familial, puis elle revient s'installer à Chambéry où elle vit modestement.

En 1877, le journal républicain de propagande, « Le Père André »[3] commence à publier ses vers, mais elle ne signe pas immédiatement de son nom, mais sous le pseudonyme de Dian de la Jeânna (Jean fils de la Jeanne). Elle continue sous son nom du 25 mars 1879 à la fin mai 1880, puis dans « L'Indicateur savoisien » (1879-1882)[4]. Ses poèmes sont consacrés aux vignerons, aux paysans et à la Savoie. Ils évoquent la moisson, le battage au fléau, les vendanges, les cycles de la nature pour motiver le peuple au travail.

Elle écrit aussi des contes. Dans le « Dit de la couleuvre », elle retravaille l'histoire de la Reine de Saba, qui chevauchant un serpent volant, vient épouser le roi Salomon. Dans le « Dit du Château mort » elle évoque un château païen du pays du mont Blanc pétrifié par une épée de flamme tournoyant dans l'air.

En 1882, elle est récompensée par l'Académie de Savoie, pour son œuvre[3]

Estimant que la politique devait désormais s'effacer devant le travail, elle s'efforce aussi d'écrire des récits en français, ce qui devrait lui ouvrir une clientèle de lecteurs plus large.

Elle meurt de maladie.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Amélie Gex

Elle conte la vie locale, du travail des champs aux croyances locales, critiquée pour son anticléricalisme, elle se veut athée.

  • 1878, Le Long de l'an, chansons en patois savoyard, avec la traduction française en regard gallica.bnf.fr, Imp. Ménard, Chambéry
  • 1879, Reclans de Savoué, Les Echos de Savoie
  • 1880, Poésies gallica.bnf.fr, Imp. Ménard, Chambéry
  • 1882, Lo cent ditons de Pierre d'Emo, Imp. Ménard, Chambéry
  • 1889, Vieilles gens et vieilles choses : Histoire de ma rue de mon village, quatre contes.
  • 1894, Feuilles mortes, Imp. Ménard, Chambéry
  • 1898, Fables, Imp. Ménard, Chambéry

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Fiche p.197, Dictionnaire d'Amboise. Pays de Savoie. Editions Amboise. 1989. 2e édition
  2. Chez vous, à La Ravoire, n°9, 1979. Au sujet de l'origine des noms de rues, par Marcel Gianada. Il est bien précisé "médecin et viticulteur".
  3. a, b et c Jean-Marie Mayeur, Christian Sorrel et Yves-Marie Hilaire, La Savoie, t. 8, Paris, Éditions Beauchesne, coll. Dictionnaire du monde religieux dans la France contemporaine,‎ 1996, 2003, 441 p. (ISBN 978-2-7010-1330-5), p. 218-219.
  4. Site Sabaudia.org

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (fr) F. Vermale, 1923, Un Poète Savoyard, Amélie Gex (1835-1883). Notes biographiques et correspondance, Librairie Dardel, Chambéry.
  • (fr) David Oscar, 1926, Amélie Gex, Éditions revues du Lac d'Annecy.
  • (fr) Amis d'Amélie Gex, 1955, Vieilles gens et vieilles choses  : histoires de ma rue et de mon village. Amélie Gex, préf. Henry Bordeaux, éd. Jean Portail - Paris.
  • (it) 1989, Vecchia gente e vecchie cose : storie della mia strada e del mio villaggio. Amélie Gex, trad. Armanda Grazini, Siena - universita.
  • (fr) Philippe Terreaux, La Savoie jadis et naguère : d'Amélie Gex à Henry Bordeaux, Éditions Slatkine, 1990, 201 pages.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]