Amédée Bollée

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Amédée Bollée père (né le 11 janvier 1844 à Sainte-Croix dans la Sarthe[1]- décédé le 20 janvier 1917 à Paris) était un fondeur de cloches, et fut un inventeur français, spécialisé dans le domaine de l’automobile, il est considéré comme le premier constructeur à avoir commercialisé des automobiles. Un de ses fils portait le même prénom que lui, et un autre, celui de Léon ; tous deux furent également des constructeurs d'automobiles.

Amédée Bollée fils (1867-1926) était le fils du précédent, et un inventeur français spécialisé dans les automobiles.

L'Obéissante - 1873
La Mancelle, à vapeur - 1878

Amédée Bollée père[modifier | modifier le code]

Amédée est le fils d'Ernest-Sylvain Bollée (1814-1891)[2], fondeur de cloches, d'abord itinérant, puis installé en 1842 au Mans. Ernest-Sylvain crée trois entreprises, qu’il cède à ses trois fils Amédée, Ernest et Auguste. Une de ces entreprises, cédée à Auguste, fabriquait les éoliennes Bollée.

Constructeur d'automobiles[modifier | modifier le code]

Amédée Bollée père fabrique sa première voiture en 1873, appelée l'Obéissante. C'est un véhicule à vapeur, remarquable par son silence de fonctionnement, sa maniabilité, et disposant déjà de la plupart des solutions mécaniques de l'automobile du futur :

  • quatre roues,
  • une direction à double pivot,
  • une propulsion par les roues arrières,
  • une suspension à quatre roues indépendantes.

Il est d'usage de la considérer comme le premier véhicule automobile pour particuliers.

En 1875, il accomplit le premier voyage Le Mans-Paris en dix-huit heures. La réglementation ne prévoyant pas la circulation de voitures sans chevaux, soixante-quinze procès-verbaux lui sont dressés lors de son arrivée à Paris. Une conversation et une promenade avec le préfet de police mirent fin à cette mésaventure.

En 1878, il conçoit et commercialise "la Mancelle", encore à moteur à vapeur, situé à l’avant, avec une boîte de vitesses et un différentiel. Cette voiture est considérée comme la première voiture construite en série : une petite cinquantaine d'exemplaires ont été fabriqués et vendus.

En 1880, il perfectionne ses voitures en construisant, "La Nouvelle", une des toutes premières conduites-intérieur.

En 1881, "La Rapide" fut construite. Cette voiture était capable de dépasser le seuil psychologique d'un kilomètre par minute en atteignant la vitesse, jusque-là jamais atteinte, de 62 km/h !

Un train routier[modifier | modifier le code]

En 1879, il reçut une commande pour un train routier. Il réalisa alors la "Marie-Anne" : la puissance de son moteur, toujours à vapeur, était de cent chevaux, les roues des deux premiers wagons et du tender étaient motrices. Le poids transporté sur terrain plat pouvait atteindre cent tonnes, mais était limité à trente-cinq tonnes en côte de 6 %.

Amédée Bollée fils[modifier | modifier le code]

Amédée Bollée père encourage son fils Amédée à expérimenter les moteurs à combustion interne. Il essaye alors toutes sortes de solutions techniques dont :

  • une turbine, mais les matériaux disponibles à l'époque ne permettent à cette turbine de fonctionner que pendant deux heures,
  • un moteur à deux temps, à chargement par ventilateur,
  • etc.

Au cours de ces expériences, il met au point, entre autres, le carburateur à gicleur noyé (le gicleur se trouve sous le niveau de la cuve de carburant). À la fin de cette période de recherches et d'inventions, ses créations et sa renommée montrent qu'il était un des meilleurs ingénieurs du domaine de l'automobile.

Constructeur d'automobiles[modifier | modifier le code]

En 1896, Amédée Bollée fils, fabrique sa première voiture à essence, puis, en 1898, pour la course Paris-Amsterdam-Paris, il construit la première voiture aérodynamique, avec une carrosserie en aluminium.

En 1899, pour le premier Tour de France automobile, il met au point une voiture de course révolutionnaire : elle dispose d'un moteur monobloc, à quatre cylindres, de vingt chevaux, positionné horizontalement, à l’arrière, d'un châssis surbaissé, et d'une carrosserie profilée, en aluminium. Ces voitures atteignent 90 km/h sur les routes empierrées de cette époque.

De 1900 à 1923, il construit des voitures haut de gamme, en petite série d'un maximum de cinquante par an. Il continue également ses recherches et ses expériences, et met au point un système de rattrapage automatique du jeu des soupapes, encore utilisé. À partir de 1923, il se spécialise dans la fabrication de segments pour les pistons, et sa société existe toujours : Le Segment AB, basée à Arnage, ce qui en fait la plus ancienne société spécialisée dans l'automobile du monde en effet cette société est directement issue de la société créée par Amédée Bollée père en 1873.

Léon Bollée[modifier | modifier le code]

Léon Bollée, le frère d'Amédée, invente, à l'âge de dix-neuf ans, une machine à calculer, puis fonde une entreprise d’automobiles qui opéra jusque dans les années 1930.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. D'après le registre d'état-civil de la commune de Sainte-Croix, acte n°2 de 1844, consultable en ligne ici.
  2. Biographie d'Ernest-Sylvain Bollée, sur le site de la DRAC du Poitou

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • coll., Jeux et sports dans l'histoire (vol. 2), Paris, CTHS, 1992 (ISBN 2735502465)
  • René Plessix, Au berceau des sports mécaniques : Le Mans, p. 205-228 : notice biographique d'Amédée Bollée père p. 206-208, notice biographique d'Amédée Bollée fils, p. 208-209
  • Jack Ickx (père du pilote Jacky Ickx), Ainsi naquit l'automobile, éditions Lazarus, 1971
  • Jean-Pierre Delaperrelle, L'invention de l'automobile : Bollée : de la vapeur au turbo, éditions Cénomane, 1986 (ISBN 2-905596-11-4)

Liens externes[modifier | modifier le code]