Alteckendorf

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Alteckendorf
Blason de Alteckendorf
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Alsace
Département Bas-Rhin
Arrondissement Strasbourg-Campagne
Canton Hochfelden
Intercommunalité C.C. du Pays de la Zorn
Maire
Mandat
Alain Hipp
2014-2020
Code postal 67270
Code commune 67005
Démographie
Gentilé Alteckendorfois
Population
municipale
787 hab. (2011)
Densité 138 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 47′ 37″ N 7° 35′ 43″ E / 48.793611, 7.59527848° 47′ 37″ Nord 7° 35′ 43″ Est / 48.793611, 7.595278  
Altitude Min. 167 m – Max. 265 m
Superficie 5,72 km2
Localisation

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Liens
Site web mairie-alteckendorf.fr

Alteckendorf est une commune française située dans le département du Bas-Rhin, en région Alsace.

Durant tout le XIXe siècle, son nom s'est orthographié Alt-Eckendorf. En 2013, avec ses 854 habitants, ce village est la cinquième commune la plus peuplée du canton de Hochfelden.

Sommaire

Géographie[modifier | modifier le code]

Article connexe : Géographie du Bas-Rhin.

D'une superficie de 572 hectares, le territoire communal est localisé dans la plaine d'Alsace et plus précisément dans la zone des collines loessique de l'arrière-Kochersberg. La commune est située à 177 mètres au-dessus du niveau de la mer. Le village est arrosé par le ruisseau Landgraben, un affluent de la Zorn et est entouré par les collines Koppenberg 256 mètres, Englischberg 288 mètres et Schyrberg 250 mètres.

La forêt d'Alteckendorf s'étend au nord du village.

Les villes les plus proches sont Strasbourg (31 km), Saverne (22 km), Haguenau (17 km) et Brumath (12 km)[1].

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Communes limitrophes d’Alteckendorf
Ringendorf Ettendorf Huttendorf
Lixhausen Alteckendorf Minversheim
Bossendorf Hochfelden,
Schwindratzheim
Mommenheim

Voies de communications[modifier | modifier le code]

Réseau routier[modifier | modifier le code]

L'ensemble du maillage routier (routes départementales, rues et chemins vicinaux) occupent neuf hectares sur les 572 du territoire communal[a 1]. La localité est traversée d'ouest en est (Rue principale) par la D69 qui relie Kirrwiller à Mommenheim. Cette route croise à Altdorf la D25 qui relie Ettendorf à Hochfelden. Cette dernière voie est prolongée par plusieurs routes départementales. La D769 vers Eckendorf, la D106 vers Bossendorf, la D32 vers Schwindratzheim et la D100 vers Hochfelden[2]. La plus proche entrée de l'autoroute A4 est accessible par la D32 par le péage de Schwindratzheim. Là, un parking est mis à la disposition des adeptes du covoiturage[3].

Transports en commun[modifier | modifier le code]

La ligne de chemin de fer Sarreguemines-Strasbourg traverse depuis 1895 le territoire communal et occupe une emprise de dix hectares[a 1]. La gare ferroviaire située à Eckendorf est aujourd'hui désaffectée. Ce bâtiment a été acheté par la municipalité en 1982 puis transformé en 1984 en salle polyvalente[a 2]. Désormais, la station SNCF la plus proche est la gare de Mommenheim, accessible depuis Alteckendorf par une liaison d'autocars TER Alsace de la ligne Obermodern-Mommenheim[4].

Des ramassages scolaires vers le collège de Hochfelden[5] et vers le lycée de Bouxwiller sont organisés lors des périodes scolaires.

Climat[modifier | modifier le code]

Article connexe : Climat du Bas-Rhin.
Ville Ensoleillement
(h/an)
Pluie
(mm/an)
Neige
(j/an)
Orage
(j/an)
Brouillard
(j/an)
Moyenne nationale 1 973 770 14 22 40
Strasbourg[6] 1 637 610 30 29 65
Paris 1 630 642 15 19 13
Nice 2 668 767 1 31 1
Brest 1 492 1 109 9 11 74

Le climat qui règne à Alteckendorf est de type climat océanique dégradé avec une assez grande amplitude de température. Ainsi, les hivers connaissent des précipitations neigeuses assez fréquentes tandis que certaines journées d'étés peuvent être chaudes et étouffantes. Située entre deux massifs montagneux (les Vosges et la Forêt-Noire) le village est peu exposé aux vents. De même, les précipitations sont relativement peu abondantes et irrégulières comparées aux autres régions françaises grâce à la protection naturelle contre les vents d'ouest dominants que constituent les Vosges (effet de fœhn). La localité est souvent sujette à de violents orages au printemps et en été. Les plus dévastateurs se sont produits les 18 et 30 mai 2008, des inondations et des coulées de boue ayant envahi des habitations[7].

Températures et précipitations moyennes à Strasbourg[8]

Mois Jan. Fév. Mars Avr Mai Juin Juil. Août Sept. Oct. Nov. Déc.
Températures moyennes (°C) 1,6 2,8 6,7 9,7 14,3 17,3 19,5 19,3 15,5 10,6 5,3 2,8
Précipitations (mm) 30,0 35,0 36,1 42,5 78,2 76,7 66,2 57,9 62,1 52,5 49,8 44,5
Sources des données : Météo France

Hydrologie[modifier | modifier le code]

Le finage de la commune d'Alteckendorf n'est pas traversé par des cours d'eau d'importance notable. On peut toutefois signaler deux ruisseaux.

Le Landgraben (en français : le fossé du pays) prend sa source au nord, sur le territoire de Buswiller. Il s'écoule vers le sud pour traverser Ettendorf, puis longe Alteckendorf et Minversheim. À Mommenheim, ce modeste cours d'eau prend le nom de Minversheimerbach (en français : le ruisseau de Minversheim) et se jette dans la rivière de la Zorn[9].

Le Schweinbachgraben ou Schweingraben (en français: le ruisseau aux cochons) est un cours d'eau qui marque en partie la frontière orientale du territoire d'Alteckendorf. Ce ruisseau prend sa source au nord du village sur le territoire de Grassendorf. Il s'écoule vers le sud pour rejoindre le Landgraben au sud-ouest de Minversheim[10].

Végétation[modifier | modifier le code]

L'ensemble du territoire communal est voué à l'agriculture depuis de nombreux siècles. Les premières mentions écrites remontent au VIIIe siècle quand l'abbaye de Wissembourg se déclare propriétaire de biens fonciers à Alteckendorf. Le paysage est donc entièrement façonné par la main de l'homme et la nature sauvage n'y a donc que peu de place. Le plus ancien document cartographique décrivant le territoire remonte à l'année 1760[11]. Sur un total de 1051,06 arpents, 635,70 arpents sont consacrés aux terres labourables, 125,72 arpents aux prés, 118,78 arpents aux pâturages, 84,40 arpents aux vignes, 48,20 arpents aux bois et 38,26 arpents aux vergers et aux habitations.

Urbanisme, une fusion de deux communautés villageoises[modifier | modifier le code]

Map commune FR insee code 67005.png

Toponymie[modifier | modifier le code]

L'actuel village d'Alteckendorf est le résultat de la fusion de deux localités bien distinctes. Le village d'Eckendorf est mentionné en l'an 742 sous l'appellation Echanhaime[12].

Le toponyme Eckendorf est formé de Eck(e), pointe, coin, suivi de l'appellatif Dorf, village, c'est-à-dire « village du coin » selon Ernest Nègre[13]. Le nom du hameau d' Oberaltdorf peut se traduire par « vieux village du haut ». À partir de 1777, année de l'union des deux villages, on parle de Alt und Eckendorf, puis durant tout le XIXe siècle d' Alt-Eckendorf et enfin depuis le début du XXe siècle d'Alteckendorf.

Il est à signaler, que de nos jours encore, deux lieux-dits du plan cadastral, situés à un kilomètre au nord d'Eckendorf, portent les noms de Weilerhöltzel et de Weilerberg; Weiler étant le mot allemand signifiant hameau (alors qu'en alémanique sa forme est willer), issu du mot latin villare (exploitation agricole, dérivé de villa (rustica)), doit-on alors supposer qu'à ces endroits existait un habitat aujourd'hui déserté et oublié?

L'année 1777 est généralement avancée comme étant celle de l'union des deux villages. La chronique paroissiale rapporte que pour marquer cet évènement, une fête a été organisée à mi-chemin des deux localités. Il faut cependant inscrire ce fait bien réel dans un mouvement plus large. Tant en amont, qu'en aval de cette date. Et plutôt qu'une union, il vaudrait mieux parler de processus fusionnel. Processus que l'on peut étudier du point de vue historique puis du point de vue géographique. La fusion géographique découlant du processus fusionnel historique.

Historique du processus fusionnel[modifier | modifier le code]

Alteckendorf faisait jadis partie du bailliage de Pfaffenhoffen qui relevait du comté de Hanau-Lichtenberg. Elle est née en 1777 de la fusion de la communauté villageoise d'Eckendorf avec celle du hameau voisin d'Oberaltdorf (ou Altdorf). Les deux villages sont devenus français en 1680, lorsque leur seigneur, le comte de Hanau-Lichtenberg se soumit à l'autorité de Louis XIV au détriment de celle du Saint-Empire romain germanique. Comme le reste de l'Alsace, le village redevint allemand entre 1871 et 1918 puis entre 1940 et 1944.

Primitivement filiales de la paroisse de Minversheim[14], Eckendorf et Altdorf forment en 1474 une paroisse autonome, d'abord catholique puis luthérienne à partir de 1545. Les deux villages se voient attribuer en 1577 un sceau commun. Ce dernier représente Saint Martin, patron de la chapelle d'Altdorf. Ce sceau unique démontre qu'Eckendorf et Altdorf sont déjà lié administrativement et que le seigneur de Hanau-Lichtenberg était représenté dans les deux villages par un unique Schultheiss (écoutète), dépositaire du sceau des deux communautés. Ce personnage exerçait un pouvoir judiciaire de première instance au sein du Gericht, un tribunal villageois composé de sept Schoeffen (échevins). Les sentences et les amendes étaient prononcées en fonction de la Dorfordnung, un règlement villageois qui était une codification d'abord orale puis écrite, d'us et de coutumes issues du Moyen Âge.

En 1662, est rédigé un unique terrier qui recense tous les propriétaires fonciers des deux villages. Il s'agit du Oberalt. und Eckendorffer Generalbannerneuerungsprotocoll [15] établi par le Schultheiss Dieboldthansen Dieboldt avec cinq échevins du tribunal villageois. Ce document démontre que les deux villages n'ont qu'un seul territoire communal au moins un siècle avant l'union de 1777.

Après la rattachement de l'Alsace à la France par Louis XIV, un protestant ne peut plus être nommé Schultheiss. Aussi, au sein du comté luthérien de Hanau-Lichtenberg, les Schultheiss sont remplacés par des Stabhalter; ce qui représente un simple changement de dénomination. Du 19 mars 1769 au 31 mars 1790 cette fonction a été assurée à Alteckendorf par Johann Richert. Ce Stabhalter a donc assuré sa charge huit années avant la fête de l'union de 1777 ainsi que les treize années suivantes. En passant, on peut faire remarquer ici, que l'autorité préfectorale napoléonienne, a fait perdurer la carrière politique locale du Stabhalter Johann Richert en le nommant Maire d'Alteckendorf de 1800 à 1813.

Que représente alors l'année 1777 ? Avant la Révolution, en Alsace, la population rurale était divisée grosso modo en deux catégories : les Schirmer (manants) et les Bürger (bourgeois)[réf. nécessaire]. Chaque année, les bourgeois d'Eckendorf élisaient un Bürgermeister (bourgeois en chef) chargé des finances de la communauté des bourgeois et des impôts que ces derniers se devaient de verser. De leur côté, les bourgeois d'Altdorf faisaient de même. C'est cette fonction qui a été unifiée en 1777. Avant cette date, et depuis une époque immémoriale, les deux communautés villageoise avaient donc chacune leur propre Bürgermeister même si elles ne relevaient que d'un unique tribunal villageois dirigé par un Schultheiss issu de l'une de ces deux communauté bourgeoise et nommé par la Régence seigneuriale.

La fusion géographique[modifier | modifier le code]

Alteckendorf en 1760 et 1828
Alteckendorf en 1900
Alteckendorf en 2010

La fusion des deux communautés entérinée en l'an 1777 ne fut pas remise en cause en 1790 lors de la réorganisation administrative issue de la Révolution. Les deux villages restent liés au sein d'une même nouvelle municipalité. Cependant le plan cadastral de 1828, tout comme son prédécesseur, le plan agraire de 1760, montre encore deux villages bien distincts. Eckendorf est séparé d'Altdorf par des prairies mais les localités sont reliées entre elles par un chemin alors appelé le Laubweg.

Qu'est le chemin du Laubweg ?[modifier | modifier le code]

Le mot allemand Laubweg est composé du mot Weg qui signifie chemin, et par le mot Laub qui signifie feuillage, die Laube se traduisant par la tonnelle. Le Laubweg renvoie à la notion de justice villageoise pré-révolutionnaire évoquée plus haut. Le tribunal du Gericht dirigé par le Schultheiss siégeait durant les XIVe et XVe siècles, dans une maison ouverte à tous les vents pour garantir la publicité de ses débats. Cette maison appelée die Laube est un lieu plus agréable que la place publique située à l'ombre du tilleul villageois où se tenaient à l'origine les débats. Aujourd'hui encore, le bâtiment de l'ancienne mairie de la ville de Bischwiller est dénommé die Laub. Le plan du territoire d'Alteckendorf de 1760 indique une construction érigée à la mi-chemin des deux localités non loin de l'actuelle Rue Mercière, l'antique Herrenweg, le chemin des seigneurs qui conduit à Pfaffenhoffen, le chef-lieu du bailliage dont dépendait Alteckendorf. Il faut peut-être y voir le bâtiment de la Laub d'Alteckendorf. Il est à rajouter que sur le plan cadastral de 1828, au même endroit figure toujours une construction. Est-ce le même bâtiment? La question reste ouverte.

La fin des bâtiments communaux en doublon[modifier | modifier le code]

Si le plan cadastral de 1828 n'apporte pas de certitudes quant à l'existence ou non de la Laub d'Alteckendorf à cette date, il indique cependant que la commune d'Alteckendorf dispose de plusieurs édifices en double, les uns à Eckendorf, les autres à Altdorf. Deux églises, deux écoles et deux corps de garde, puisque la nuit les habitants veillaient pour assurer leur sécurité. Si les deux églises existent toujours en 2010, les autres bâtiments ont été regroupés en 1835 en un seul édifice. Une école qui accueillait alors une classe de 150 élèves, le logement de l'instituteur, les bureaux de la mairie et le corps de garde. Cette construction qui fut rasée en 1999 pour faire place à une école plus moderne, se situait à l'emplacement supposé de l'ancienne Laub.

La construction de l'unique école-mairie fut le vrai point de départ à l'édification d'autres constructions le long du Laubweg. Au début du XXe siècle, cette zone intermédiaire est alors entièrement urbanisée par des exploitations agricoles de taille variable. Durant la période de l'annexion de Alsace-Lorraine au Deuxième Reich allemand, le Laubweg prit les noms de Dorfgasse ou Hauptstrasse. C'est cette dernière dénomination qui perdure de nos jours par ses traductions en langue française (Rue Principale) et en langue alsacienne (Hauptstross).

Après la Seconde Guerre mondiale, le maire de l'époque, dans un souci d'économie, émit l'idée de raser à leur tour les deux églises, propriétés de la commune, et de les remplacer par un unique bâtiment. Mais cette proposition avorta très rapidement.

L'habitat[modifier | modifier le code]

Le logis de la ferme « Buredewels » construit en 1809 à Altdorf et photographié cent ans plus tard.

Les plus anciennes fermes sont des maisons à colombage qui ont été construites dans le style architectural traditionnel alsacien. L'ossature des bâtiments est en bois avec un remplissage de torchis, les soubassements étant en pierre. Ces exploitations de polyculture reprennent toutes, peu ou prou, le même plan de base. Elles sont composées de plusieurs bâtiments organisés autour d'une cour carrée. La maison d'habitation, avec ou sans étage, est orientée, sauf rares exceptions, pignon sur rue. De l'autre côté de la cour, se situent les écuries et les étables et au fond une grange. La cour est séparée de la rue par un grand portail. Visible depuis la rue, les noms et prénoms des constructeurs, avec l'année des travaux, sont inscrits sur les bâtiments ou sur les portails. Aucune construction ne remonte plus en avant du XVIIIe siècle. Les fermes reconstruites au début du XIXe siècle, se situent toutes à Eckendorf et à Oberaltdorf. Celles qui furent construites à partir du milieu du XIXe et au début du XXe siècle se situent le long de la rue principale. À partir du dernier tiers du XIXe siècle les constructions abandonnent progressivement le bois et le torchis au profit de la brique cuite ; le plan traditionnel est toutefois conservé.

En 1999, on compte 265 logements mais dix sont vacants et trois sont des résidences secondaires, 80 % sont des maisons et 14 % des appartements, 88,1 % sont des 4 pièces ou plus et 77 % des habitants sont propriétaires de leur logement. Entre 2008 et 2010, deux nouveaux quartiers ont vu le jour. Il s'agit des lotissements Clos Saint Georges à Eckendorf et les Vergers à Altdorf, soit une quarantaine de logements. La municipalité, après avoir acheté en 2009 deux anciennes fermes à Eckendorf, à côté du lotissement du Clos Saint Georges, a décidé de les transformer en un ensemble de huit logements locatifs avec un magasin multi-services.

Histoire[modifier | modifier le code]

Article connexe : Histoire de l'Alsace.

Moyen Âge et Renaissance[modifier | modifier le code]

À l'origine, deux villages[modifier | modifier le code]

Eckendorf apparaît dès l’an 744 mais sous différents appellatifs, tels Ecchenheim en 744[16] , Ecchenheimomarca en 764 et 792[17] , ou Ecchenthorf, Ekkendorf, Ekindorf[a 3]. L’abbaye de Wissembourg y possède des biens les années 752, 774, 780 et 787. Plus tard, en 1120, le monastère de Marmoutier-Sindelsberg y possède des biens. En l’an 1146, le chevalier Simon de Frundsberg cède sa possession à Ekindorf pour « 16 ½ lötig Silberstücke » à l’abbaye de Sturzelbronn. En l’an 1194, le monastère de Neubourg est possessionné à Eckendorf[a 4].

Altdorf apparaît plus tard dans l’Histoire mais a porté un tout autre nom ; peut-être Mazonivilare car dans un document de 752 il apparaît que Sigfrid, fils de Sigismund offre ses biens de «Villa Ecchenheimo et Mazonivilare». Aucune mention du village n’apparaît plus tard. Il fut sans doute dévasté au cours d’une guerre ; quand des habitants revinrent y vivre, ils le désignèrent sous le nom d’Altdorf[a 5] ; c’est-à-dire l’Ancien Village. Ce nom d’Altdorf n’apparaît qu’en 1331. L’appellation Oberaltdorf est parfois aussi utilisée pour distinguer ce village du hameau voisin de Niederaltdorf.

Les deux villages étaient des biens impériaux avant 744. Au XIIIe siècle, ils sont en la possession du landgrave von Werd en tant que fief de l’abbaye de Wissembourg. À la place des comtes de Werd, on trouve aussi les Seigneurs d’Eberstein en tant que suzerain. La plus ancienne mention d’une église dans les deux villages remonte à 1313 quand Rudolf von Hüttendorf, fils de Burckhard chevalier de Hüttendorf, est installé en tant que recteur de l’église de d’Eckendorf[a 6].

Une possession des seigneurs de Lichtenberg[modifier | modifier le code]

En l’an 1331, les deux villages sont les fiefs de Ludwig von Onovilsheim. L’année suivante, en 1332, ils reviennent en tant qu’héritage à Hanemann II et à Ludemann III, tous deux seigneurs de Lichtenberg. Lors de cette succession, ces deux hobereaux reçoivent avec Brumath et le château du Grand-Arnsberg une série de villages, dont Altdorf et Eckendorf. Cette possession fut partagée entre les enfants de Ludemann III. Simon reçu entre autres Altdorf et Eckendorf[a 7].

Après que les Seigneurs de Lichtenberg furent entrés en possession des deux villages, ils installèrent, dans le château d’Eckendorf, des féodaux qui prirent le nom d’Eckendorf. À partir de 1334, nous trouvons les noms de Hans von Eckendorf, mais aussi Blass, Fritsch, Ludwig et Götze. Ce dernier était en 1365 prêtre et chanoine à Saint-Étienne de Strasbourg. En 1356, le chevalier Ludwig von Eckendorf prête serment de bourgeoisie à Strasbourg. En 1384, Ludwig reçoit du seigneur Ottemann à Ochsenstein des fiefs à Furchhausen, à Wolschheim, à Dettwiller, à Hegeney, et à Hochfelden. Le 12 septembre 1390, Ludwig von Eckendorf participe à un tournoi à Strasbourg. Au milieu de XIVe siècle, les nobles d’Eckendorf vivent à Strasbourg[a 8].

En l’an 1365, le chevalier Hans Zückmantel l’ancien est confirmé dans son fief à Eckendorf. Il succède à Ludwig von Eckendorf et à Otto von Hochfelden, fils d’Ottemann. Ces derniers possédaient entre autres le château d’Eckendorf et les droits de la dîme d’Eckendorf. Hans Zückmantel est originaire de Silésie. Il est chevalier au château de Brumath avec les nobles de Weitersheim dont il partage le blason. Hans Zückmantel, chevalier à Brumath, fils du chevalier Wilhelm a obtenu en se mariant avec la fille du chevalier Nicklaus von Grostein la suzeraineté sur le village de Wintzenheim ; un autre fief des Lichtenberg[a 9].

En 1577, les communautés villageoises d'Eckendorff et d'Aldorff se voient attribuer un sceau ainsi décrit: Sankt Martin zu fuss, seinen Mantel teilend, mit dem Armen nackt am Rande des Weges sitzend zur eine Seite, und Kirchlein mit Augen Gottes auf einem Hügel zur anderen Seite, das ganze in Gold auf blauem Grund. Ce sceau est actuellement conservé par le musée de Bouxwiller.

L'Armorial de Louis XIV[18], reprend ce sceau et indique, en langage héraldique, pour les communautés d'Oberaltorff et Exquendorff: D'azur, à un Saint Martin, coupant la moitié de son manteau pour le donner à un pauvre assis à sénestre, le saint adextré en pointe d'une église posée sur un monticule, le tout d'or.

Cependant, la commission héraldique créée par le préfet du Bas-Rhin en 1946 a modifié ce blason en le simplifiant : D'or à la chape de Saint Martin d'azur. Toutefois la municipalité, n'ayant pas connaissance de ces travaux, utilise jusqu'en 1990 un blason représentant une pomme à l'envers. Puis apprenant l'existence du sceau de 1577 décide d'adopter un blason inspiré par celui-ci. Le blason simplifié créé par la commission héraldique ne fut jamais utilisé par la municipalité.

Les affres de la guerre de Trente Ans[modifier | modifier le code]

De 1618 à 1648, la guerre de Trente Ans ravage l'Europe. L'Alsace est en première ligne. Concernant cette période, il manque des descriptions ou des statistiques fiables pour Alteckendorf et plus largement pour tout le comté de Hanau-Lichtenberg auquel le village appartenait. Il est donc difficile de se faire une idée très précise.

La bataille de Pfaffenhoffen du 31 juillet 1633[modifier | modifier le code]

À partir d'indications trouvées dans les archives paroissiales des villages environnants, le comté semble être dans un bien triste état. Bouxwiller, sa capitale, n'est plus habitée en 1634 que par huit personnes. En 1639, Printzheim ne compte plus que trois habitants; Ernolsheim-lès-Saverne ne recense plus que cinq hommes, deux veuves et un enfant; Imbsheim et Kirrwiller n'ont plus qu'un habitant chacun. Toujours en 1639, à Hattmatt, il n'y a plus qu'un bourgeois et seulement trois champs cultivés[19]. Mais plutôt que de conclure à un massacre général, il faut plus raisonnablement penser à une fuite des villageois devant les troupes ennemies. Le pasteur de Pfaffenhoffen indique clairement dans un de ses registres qu'il a dû s'enfuir avec ses paroissiens vers Lichtenberg et que son retour s'est fait le 10 mars 1634. On constate qu'il n'a inscrit aucun baptême entre le 15 mai 1633 et le 10 août 1634. C'est durant ce laps de temps que Pfaffenhoffen et ses environs ont été le théâtre d'une bataille qui a opposé les 31 juillet et 1er août 1633, la victorieuse infanterie suédoise du prince de Birkenfeld aux troupes lorraines des Impériaux. Une autre fuite s'est produite entre le 24 octobre 1635 et le 8 juillet 1637, car là aussi aucun baptême n'a été inscrit à Pfaffenhoffen[20]. On constatera plus bas que pour ces dernières années, les fuites des populations de Pfaffenhoffen et d'Alteckendorf s'étalent à peu de choses près sur les mêmes périodes.

La cité de Bouxwiller, un refuge pour les Alteckendorfois[modifier | modifier le code]

À cette époque, les villes sont ceintes de murailles et sont mieux défendues militairement. Les villes alsaciennes servent ainsi de refuge aux populations rurales. Saverne, cité alors peuplée de 2000 habitants, accueille en 1622, lors de l'invasion de Mansfeld, plus de 1600 réfugiés de 33 villages différents[21]. Et Strasbourg, ville de 25 000 habitants, recense en janvier 1622, 9812 réfugiés accourus des villages environnants avec leurs cheptels et réserves de vin, farine et céréales. Cette promiscuité entraina des épidémies de pestes qui causèrent, cette année-là, 4388 décès à Strasbourg[22]. En étudiant les registres paroissiaux luthériens de Bouxwiller entre 1618 et 1648, il ressort que cette petite ville a elle aussi vu arriver une vaste population de réfugiés. Les pires années, ces fuyards sont originaires de vingt à trente villages différents. La majeure partie de ces localités sont situées au sud, sud-est de Bouxwiller et sont surtout des villages de confessions luthérienne. Soit des environs immédiat comme Kirrwiller et Bosselshausen, soit plus éloignés telle Duntzenheim située à plus de 13 kilomètres à vol d'oiseau. Mais des habitants de villages catholiques sont aussi mentionnés, Lixhausen, Bossendorf et Ettendorf par exemple.

Concernant les habitants d'Alteckendorf, on peut distinguer trois pics de présence à Bouxwiller[23]. La première fuite d'avril-mai 1622 est la conséquence de l'invasion du général Mansfeld en Alsace. Mais la période la plus dure du conflit pour les Alteckendorfois semble se situer entre 1633 et 1636. Ainsi, la majeure partie des actes de baptêmes et de sépultures de gens d'Alteckendorf enregistrés à Bouxwiller se situe, premièrement, entre mai 1633 et avril 1634 avec 13 baptêmes et 19 enterrements. Puis, deuxièmement, entre octobre 1635 et novembre 1636 avec 5 baptêmes et 38 enterrements dont celui du Schultheiss d'Alteckendorf, Hans Ziller, le 12 mars 1636[24].

Un long retour à la normalité[modifier | modifier le code]

Ce conflit a sans nul doute aussi touché Alteckendorf. Le minimum que l'on puisse dire est que l'autorité seigneuriale du comté qui organisait la vie religieuse depuis l'introduction de la Réforme protestante en 1545 n'a plus été en mesure de pourvoir, de 1622 à 1654, la chaire pastorale par un pasteur attitré. Au plus fort des troubles et des épidémies, la paroisse est desservie par des diacres venant de Bouxwiller. Georg Burkhard Knoderer est mentionné en 1622 en tant que pasteur pour Alteckendorf mais cette année-ci un de ses enfants est enterré à Bouxwiller, victime de la peste. Après la fin du conflit, de 1650 à 1654 Alteckendorf est desservi par le pasteur Zinck du village voisin de Schwindratzheim. Puis, l'administration comtale se réorganise et la paroisse se voit nommer de 1654 à 1658 le pasteur Johann Georg Ledermann. Son successeur de 1658 à 1680 est Johann Schmeder. D'après l'historien Rodolphe Reuss[25], en 1660, il touchait 35 Gulden (florins), 20 quartauts de seigle, 5 quartauts de froments, deux quartauts d'avoine et un demi-foudre (environ 465,5 litres) de vin. Pour ses fonctions de maître d'école, il recevait 50 bottes de paille, 50 fagots et de chaque enfant un écolage trimestriel de 2 schillings et 6 pfennigs. Les registres paroissiaux locaux enregistrant les baptêmes, mariages et décès débutent en 1654 et en 1658 avec ces deux pasteurs. Les anciens livres ayant été perdus lors du conflit.

Au sortir de la guerre, à Alteckendorf, un déficit de population semble toutefois avéré. Avant le conflit, en 1618 le village comptait 68 bourgeois (chefs de familles). À la fin des hostilités, en 1649-1650, il ne subsiste plus que 16 bourgeois. La population villageoise serait ainsi passée, très approximativement, de 340 à 80 habitants[26]. Après étude du registre des mariages de la paroisse luthérienne, il ressort que les deux communautés d'Eckendorf et d'Oberaltdorf ont comblé ce vide de population en accueillant de 1659 à 1725, majoritairement, une trentaine d'immigrants suisses, des protestants originaires pour la plupart du Canton de Berne et plus minoritairement quatre allemands du Wurtemberg[27]. Cependant, ces migrants on trouvé sur place des conjoints originaires du village. La communauté villageoise n'a donc pas été entièrement décimée par le conflit[28]. De plus, la lecture du Oberalt und Eckendorffer General Bann Erneuerungs Protocoll[29] (ou en français le Livre du renouvellement général du finage d'Oberaltdorf et d'Eckendorf), nous informe que de nombreux champs ne sont plus cultivés faute de propriétaires. Ces biens dits caducs sont attribués à ces immigrants tels les Suisses Adam Gebweiler, Heinrich Fechter ou Peter Wolling.

Ancien Régime[modifier | modifier le code]

Le château d'Eckendorf en 1702[modifier | modifier le code]

Proposition de la situation du château disparu d'Eckendorf

L'ingénieur militaire Guillin, au service du roi Louis XIV, nous a laissé une description d'une grande partie de l'Alsace du point de vue militaire. Son intérêt s'est porté sur tous les bâtiments qui pouvaient avoir une utilisation à des fins de guerre ou de défense (clochers, châteaux, murs et murailles). Voici son témoignage concernant Alteckendorf :

Oberaldorff est un lieu situé dans un fond dans lequel il n'y a qu'une petite chapelle.

Eckendorff est situé dans un fond proche d'un petit ruisseau avec une église qui a un clocher non vouté. Le cimetière est renfermé de broussailles. Il y a dans ce dit lieu un bon château situé sur le bord du ruisseau qui forme une figure carrée dont les côtés ont de largeur 20 toises flanqué par trois tours garnies de créneaux. Les murs sont élevés du rez-de-chaussée de 15 pieds, épais de 2 à 3 pieds en bon état entouré d'un bon fossé plein d'eau large de 30 à 40 pieds, profond de 6; tout le dedans dudit château est brûlé[30].

D'après les dires de Guillin, nous pouvons conclure que le château d'Eckendorf, aujourd'hui disparu, était un bâtiment militaire de type Wasserburg. Le corps du château était un carré de 39 mètres de long. Ses murs avaient une épaisseur de 65 à 95 centimètres pour une hauteur de près de 5 mètres. Il possédait un fossé pour assurer sa défense, sans doute rempli par l'eau du ruisseau Landgraben. Ce fossé était large de 10 à 13 mètres; pour une profondeur de 2 mètres.

Union des deux villages[modifier | modifier le code]

Les villages d'Altdorf et d'Eckendorf, dès 1474 ne forment qu'une seule et même paroisse. Mais ils ne fusionnèrent réellement qu'en 1777. À cette occasion une fête fut célébrée à mi-chemin des deux localités, près d'un bosquet appelé "die Laube".

Recensements, migrations et statistiques[modifier | modifier le code]

Le plan de 1760 montre deux villages bien distinct (en rose)[31]

En 1720, 55 foyers fiscaux sont recensés mais en 1750, on ne compte plus que 51 foyers[32]. Les historiens appliquent généralement un coefficient de 5 soit 500 personnes pour 100 foyers, la population villageoise peut alors être estimée approximativement à 275 personnes pour 1720 et 255 pour 1755. Ce chiffre est sans doute une sous-estimation, puisque lors du recensement de 1793, 531 habitants ont été comptés.

Une des causes probables de la baisse de la population locale est l'immigration religieuse et économique vers le Nouveau Monde. Entre autres migrants, on peut signaler Catharina Ruch née le 16 novembre 1724 à Alt-Eckendorf. Le 18 mars 1750, elle arrive à Herrnhaag en Hesse, où elle entre dans la communauté des frères moraves fondée par Nikolaus Ludwig von Zinzendorf. Puis après des escales en Hollande et en Angleterre, elle arrive le 25 novembre 1752 à Bethlehem en Pennsylvanie via New York. Après un passage par Nazareth (Pennsylvanie), elle retourne à Bethlehem où elle fonde une famille avec Johann Krause[33]. Un autre de ces migrants est Johannes Adam Mattern né le 14 mars 1700 à Eckendorf. Après avoir été débouté en 1730 par le tribunal du Conseil souverain de Colmar au sujet d'un excédent d'impôt de 118 florins, il s'installe à Ingwiller où il se marie. Les 16 et 21 juillet 1751 ses biens sis dans cette localité sont saisis et vendus aux enchères après sa fuite vers les Amériques. On le retrouve le 16 septembre 1751 au port de Philadelphie où à peine débarqué du navire Edinburgh, il doit obligatoirement, avec une vingtaine de personnes de sa famille, jurer fidélité au roi britannique[34].

En 1782, 45 % des terres agricoles du finage sont la propriété des villageois. Ce qui représente 930 Acker sur une superficie de 2072 Acker[35]. Pour la perception de l'impôt du vingtième, cinq cultivateurs sont imposés pour une exploitation de 30 à 35 hectares, deux pour 20 à 30 hectares, cinq pour 10 à 20 hectares et onze pour 2 à 5 hectares[36]. Pour 1789, on dispose d'un registre de la corvée. Ce document distingue trois catégories de cultivateurs : ceux qui peuvent mettre à la disposition des autorités des attelages tractés par des chevaux, ceux qui peuvent disposer d'une charrette tirée par des bœufs et les personnes qui n'ont que leurs bras. Pour Alteckendorf, on apprend que sept cultivateurs possèdent 6 chevaux ou plus, deux en possèdent 5, quatre en possèdent 4, et un en possède 3. Dix-huit cultivateurs possèdent 2 bœufs. En outre, sont disponibles pour la corvée 73 manouvriers[37]. Comme douze cultivateurs sont imposés pour 10 à 35 hectares et que quatorze cultivateurs disposent de 4 à 10 chevaux, on peut raisonnablement penser que le cultivateur qui possède trois chevaux exploite au moins 10 hectares.

Pendant la Révolution[modifier | modifier le code]

Le pasteur Jakob Christian Roehrich en poste à Alteckendorf de 1795 à 1802, a laissé dans les archives paroissiales un témoignage écrit concernant la période de la Terreur[a 10].

« En notre époque règnent les plus violentes persécutions contre le culte et les serviteurs de la religion. Sous la menace de subir de lourdes condamnations à la prison, voire à la peine de mort, il fut interdit aux membres du clergé d'exercer quelque acte religieux que ce soit. Il était tout autant interdit de baptiser, de célébrer un mariage, d'assister les défunts, de porter les paroles de réconfort aux malades. Euloge Schneider et consorts, les représentants d'un gouvernement assoiffé de sang, étaient prêts à considérer toute intervention du clergé comme un acte d'hostilité envers l'État, ou d'être un crime contre-révolutionnaire qui tombait sous la menace d'une intervention de la guillotine qui était promenée à travers le pays. Sous le gouvernement de Robespierre, tous les objets du culte, vases et étoffes, furent enlevés; le clergé fut emprisonné au vu de décret du 1er Thermidor de l'an II. Cette persécution continua encore après la chute de Robespierre et ce jusqu'au décret du 3 Ventôse de l'an III qui accordait à nouveau le libre exercice de toutes les religions. La plus pénible des périodes de persécution n'avait donc duré qu'une longue année avant que la vie paroissiale ne pût reprendre. Mon prédécesseur, Michael Mehl, étant décédé il y a un an, le 3 Ventôse de l'an II, moi, Jakob Christian Roehrich de Strasbourg fus élu maître de religion de cette paroisse et accepté le 14 Germinal de l'an III (ou le 3 avril 1795). J'ai continué à inscrire dans le registre paroissial les baptêmes, décès, mariages et confirmations. Je me suis également efforcé de compléter les registres puisque durant les années de persécution il avait été interdit de les tenir. Ainsi j'ai essayé, autant que faire faire se peut, de répertorier tous les mariages et baptêmes clandestins célébrés par les sages-femmes ou autres citoyens. »

À l'automne de l'année 1799, un rapport sur l'état de l'opinion publique indique que pour le canton de Hochfelden, sauf quelques communes, Alteckendorf, Duntzenheim, Wickersheim, Waltenheim, Wilshausen, Hohfrankenheim, Ingenheim et Melsheim, toutes les autres composant l'arrondissement, sont un repaire de prêtres rebelles, d'émigrés, de déserteurs et autres ennemis les plus acharnés de la république[38].

Alteckendorf durant les XIXe et XXe siècles[modifier | modifier le code]

L'essor démographique (1793-1836)[modifier | modifier le code]

Entre 1793 et 1836, à l'image des autres communautés villageoises de la plaine d'Alsace, Alteckendorf voit sa population augmenter en flèche. Durant ces quarante-trois années, la population passe de 531 habitants en 1793 à 777 habitants en 1836. Soit une augmentation de 31,66 %. Puis de 1836 à 1901, Alteckendorf connait une stabilisation de son nombre d'habitants. La moyenne de la population, entre cette seconde période, étant de 750,5 personnes. Le minima étant atteint en 1856 avec 712 habitants et le maxima en 1901 avec 786 habitants[39].

Un monde agricole alsacien en crise (1850-1950)[modifier | modifier le code]

Les années 1850 marquent le début d'une crise longue et latente du monde agricole alsacien. Selon le géographe Étienne Juillard[40], la campagne alsacienne n'a pas été en mesure de s'adapter à la révolution industrielle et à l'explosion urbaine qui en a découlée. Les structures agricoles et sociales, héritées d'un XVIIIe siècle prospère, n'ont pas été capable de se moderniser et de concurrencer des régions françaises ou européennes plus à l'écoute des besoins de son époque. La ruralité alsacienne se fige alors, et reste caractérisée par la petitesse de ses exploitations agricoles, par l'exiguïté de ses parcelles cultivées et par une population rurale attachée à son terroir et à ses méthodes productives obsolètes.

Cette inadéquation de la ruralité alsacienne à un nouveau milieu économique plus concurrentiel, s'accompagne d'un exode rural qui ne cessera qu'après la fin de la Seconde Guerre mondiale. Cependant, les villages alsaciens conservent de fortes densités de peuplement (entre 75 et 150 habitants au kilomètre carré). Si des villages voisins, tels Minversheim, Ettendorf, ou Buswiller, connaissent une baisse continue de leur population entre 1831 et 1954, Alteckendorf connaît une situation démographique un peu meilleure. En effet, jusqu'en 1901, la population ne baisse pas mais se stabilise. La crise démographique ne surviendra que durant les cinquante premières années du XXe siècle. Ainsi, entre 1901 et 1954, la population baisse de 23,28 % pour passer de 786 habitants en 1901 à 603 en 1954. On constate donc qu'au plus fort de l'exode, Alteckendorf conserve une forte densité de peuplement avec 105,42 habitants au kilomètre carré.

Une famille d'Alteckendorf vers 1915

Un autre signe de cette crise du monde agricole alsacien est le départ des populations rurales vers le Nouveau Monde. Cette migration préoccupe les autorités françaises d'abord royales puis impériales. Les fonctionnaires religieux sont ainsi chargés de dresser un état des lieux quant à ces départs hors de France. En 1856, apparait dans le registre des baptêmes une mention qui indique que depuis 1828, pour Alteckendorf, près d'une centaine de personnes sont parties pour les Amériques.

Durant le XIXe siècle, la communauté villageoise reste très homogène du point de vue religieux. En 1861, sont recensés 734 habitants dont 725 luthériens, 3 catholiques, et 6 dissidents. Cinq ans plus tard, en 1866, sur 760 habitants recensés, 748 sont protestants et les 12 restants sont qualifiés de sectaires. Les personnes comptées comme dissidents ou sectaires sont probablement des membres du mouvement religieux des Fröhlichianer, nouvelle religion anabaptiste introduite à Alteckendorf par Sophie Abert, fille du pasteur luthérien local, Frédéric Christian Schneider, en poste de 1802 à 1841[41].

Philippe Auguste Kroh, pasteur luthérien en poste de 1855 à 1886, dans un de ses rapports, indique qu'Alteckendorf est une commune essentiellement agricole. Point d'indigents proprement dits; quelques secours provenant de fondations sont distribués à des personnes peu aisées; le bureau de bienfaisance cumule une partie de ses recettes. Quatre cabarets dans une commune de 760 âmes ne favorisent pas les mœurs et l'économie parmi la jeunesse.

La fin du monde agricole[modifier | modifier le code]

La première décennie du XXe siècle marque, pour Alteckendorf, l'apogée de sa population. En 1901, le village se voit peuplé par 786 personnes. Ce chiffre sera un maximum qui ne sera plus jamais atteint. En 1907, on compte 156 exploitations agricoles dont dix ont une superficie de moins de 50 ares. Quarante-huit exploitations ont des surfaces allant de 50 ares à 2 hectares, soixante de 2 à 5 hectares et trente-huit de 5 à 20 hectares. Ces chiffres montrent bien la petitesse des exploitations. Dans les années 1950, pour conserver un modeste revenu, ces exploitations se maintiennent dans la polyculture. Au sein d'une même exploitation la diversification est extrême : élevage d'une poignée de veaux et de porcelets, vente journalière de quelques litres de lait à la coopérative, récolte de tabac, de betteraves sucrières, de céréales, de pommes de terre, vendanges.

À la fin du siècle, en 1989, il ne reste plus que 26 exploitations, dont trois ont une superficie de moins de 5 hectares. Sept exploitations ont des surfaces allant de 4 à 10 hectares, sept de 10 à 20 hectares, six de 20 à 40 hectares et trois de plus de 40 hectares.

En 2006, seuls 2,2 % des actifs d'Alteckendorf se consacrent encore à l'agriculture.

Les Guerres mondiales[modifier | modifier le code]

Lorsque éclate la Première Guerre mondiale, l'Alsace-Lorraine est allemande depuis le Traité de Francfort de 1871. Aussi, entre 1914 et 1918, 166 jeunes hommes d'Alteckendorf sont enrolés dans l'armée du Kaiser Guillaume II. Dix-neuf d'entre-eux seront tués ou portés disparus. Huit soldats sont morts sur le front russe, un au Maroc et neuf sur le front français.

Le 10 décembre 1919, après le retour de l'Alsace à la France, le Bürgermeister (maire) d'Alteckendorf Johann Richert, en poste depuis 1893, démissionne de sa fonction car il ignore la langue française. Son successeur, le maire Georges Luc Richert reste en fonction jusqu'en 1940. Cette année-là, il est destitué par les autorités d'occupation Nazi. Il est remplacé jusqu'à la fin de la guerre par Michel Fuchs.

En 1940, deux Alteckendorfois engagés sous l'uniforme français sont tués dans les combats contre les Allemands, l'un près de Seltz l'autre près de Rennes.

Le 25 août 1942, alors que l'Alsace n'est pas officiellement allemande, les Nazi, maître de la région depuis 1940, rendent obligatoire l'enrolement des jeunes alsaciens dans la Wehrmacht. Soixante-huit jeunes d'Alteckendorf sont ainsi enrolés de force et quarante-trois d'entre-eux sont envoyés sur le front russe. Vingt de ces Malgré-nous seront tués.

Du point de vue des combats à Alteckendorf, on peut signaler les deux épisodes aériens de 1944. Le 21 septembre 1944, un train allemand est attaqué et bombardé près de la gare par des avions alliés. Dix Allemands sont blessés et trois sont tués. Une semaine plus tard, le 28 septembre 1944 a lieu un combat aérien dans le ciel d'Alteckendorf, à faible altitude. Trois avions s'écrasent au sol vers Hochfelden, Issenhausen et Obermodern et une villageoise est blessée par balle à la cuisse.

Le 24 novembre 1944, le village est libéré par les forces terrestres américaines. Le conseil municipal mis en place par les nazis est dissout et le maire francophile Georges Luc Richert retrouve sa fonction jusqu'à son décès, à l'âge de 65 ans, le 2 novembre 1949.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason d'Alteckendorf

Les armes d'Alteckendorf se blasonnent ainsi :
« D'or à la chape de Saint Martin d'azur. »[42].

La municipalité n'utilise pas le blason simplifié officiel et a décidé de garder l'ancienne version. La nouvelle n'est jamais utilisée.

Dans l'armorial de Louis XIV, le blasonnement des communes d'Oberaltorff et Exquendorff est le suivant : d'azur, à un Saint Martin, coupant la moitié de son manteau pour le donner à un pauvre assis à sénestre, le saint adextré en pointe d'une église posée sur un monticule, le tout d'or. Il reprend un sceau paroissial de 1577.

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Différences entre dessin et blasonnement : Selon le blasonnement, la partie senestre où le pauvre est assis est le champ, donc d'azur.


Durant une partie du XXe siècle, la municipalité a utilisé un blason représentant une pomme à l'envers qui a été abandonné depuis les années 1980[réf. nécessaire].

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Canton et intercommunalité[modifier | modifier le code]

Alteckendorf est une des 29 communes du canton de Hochfelden. Son conseiller général depuis l'élection cantonale partielle des 8 et 15 novembre 2009 est Marie-Paule Lehmann (UMP), maire de Scherlenheim.

La localité fait partie de la communauté de communes du Pays de la Zorn qui regroupe en son sein 26 des 29 communes de canton de Hochfelden. Cette institution est présidée par Bernard Ingwiller (UMP), maire de Grassendorf.

Les maires de la commune[modifier | modifier le code]

Mandat en cours
Période Identité Étiquette Qualité
octobre 2012 en cours Alain Hipp    

Fiscalité[modifier | modifier le code]

L'imposition des ménages et des entreprises à Alteckendorf en 2008 et 2009[43],[44]
Taxe Taux appliqué en 2008 (part communale) Taux appliqué en 2009 (part communale) Recettes dégagées en 2009 et en €
Taxe d'habitation (TH) 6,41 % 6,57 % 51 000
Taxe foncière sur les propriétés bâties (TFPB) 7,41 % 7,60 % 39 000
Taxe foncière sur les propriétés non bâties (TFPNB) 40,80 % 41,82 % 17 000
Taxe professionnelle (TP) 9,83 % 10,08 % 21 000

Budget[modifier | modifier le code]

[45]

Évolution de l'endettement (en milliers d’€)[45] :

Évolution des dépenses d’équipement (en milliers d’€)[45] :

Économie[modifier | modifier le code]

Activité économique[modifier | modifier le code]

La commune est située dans un triangle formé par les villes de Strasbourg, Haguenau et Saverne, qui sont les principaux bassins d'emploi du département du Bas-Rhin.

En 2009, s'il n'y a plus de commerce de proximité tels une boulangerie et une boucherie, le restaurant S'Rebstoeckel est néanmoins présent. L'agriculture est devenue marginale en termes d'actifs (2,2 % de la population active).

La principale entreprise est la carrosserie industrielle de poids-lourds Mathis fondée en 1959. Mais à côté d'elle existent dans le secteur du bâtiment, un carreleur, un couvreur-zingueur, un menuisier-ébéniste, un vitrier d'art, un serrurier, etc.

Population active[modifier | modifier le code]

En 2004, le revenu moyen par ménage s'élevait à 16 583 €/an (15 027 €/an au niveau national)[46]. En 2006, sur 739 habitants, la population active était représentée par 350 personnes (204 hommes et 146 femmes). Mais seulement 36 d'entre elles exerçaient leur activité sur la commune. La plus grande partie (297 individus) travaillaient sur une autre commune du département.

Structure des emplois à Alteckendorf, selon le recensement de 1999

  Agriculteurs Artisans, commerçants, chefs d'entreprise Cadres, professions intellectuelles Professions intermédiaires Employés Ouvriers
Alteckendorf 2,2 % 4,4 % 7,89 % 21,1 % 25,6 % 38,9 %
Moyenne nationale 2,4 % 6,4 % 12,1 % 22,1 % 29,9 % 27,1 %
Sources des données : INSEE[47]

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

Évolution de la population[modifier | modifier le code]

Évolution démographique depuis l'an 1618
1618 1650 1720 1750 1793 1800 1806 1821
68 bourgeois ou ~340 hab. 16 bourgeois ou ~80 hab. 55 feux ou ~275 hab. 51 feux ou ~255 hab. 531 588 624 701
1831 1836 1841 1846 1851 1856 1861 1866
732 777 770 757 758 712 734 760
1872 1876 1881 1886 1891 1896 1901 1906
747 730 745 739 735 757 786 776
1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954 1962
767 675 646 670 653 637 603 619
1968 1975 1982 1990 1999 2006 2008 2011
618 648 661 705 746 739 737 787
feux : nombre de feux (foyers), dans un recensement d'ancien régime. /
(Sources : Insee[48], cassini.ehess.fr, Alteckendorf, deux clochers, un village et La Paysannerie dans la plaine d'Alsace.)


Histogramme
  • Commentaire :

Lors du recensement de 1999, les cinq communes les plus peuplées du canton de Hochfelden sont Hochfelden, Schwindratzheim, Wingersheim, Alteckendorf et Ettendorf. En 2006, avec ses 739 habitants, Alteckendorf a perdu sa quatrième place pour descendre à la cinquième. Alteckendorf s'est vue devancée par Ettendorf, qui a connu une augmentation de sa population de 97 habitants entre 1999 à 2006 pour passer de 700 à 797 habitants, alors que durant cette même période Alteckendorf a perdu sept habitants pour passer de 746 à 739 habitants. En 2013, après l'achèvement de deux lotissements, la population atteint les 854 habitants.

Pyramide des âges[modifier | modifier le code]

Pyramides des âges de la commune d'Alteckendorf
Recensement de 2006, en pourcentage du total
pyramide des âges d'Alteckendorf.
Hommes Classe d’âge Femmes
0,5 
> 90 ans
0,3 
4,8 
75-89 ans
8,7 
14,2 
60–74 ans
15,7 
27,7 
45–56 ans
27,0 
20,9 
30–44 ans
24,1 
14,0 
15–29 ans
10,8 
17,8 
0–14 ans
13,4 
Pyramides des âges du département du Bas-Rhin
Recensement de 2006, en pourcentage du total
pyramide des âges du Bas-Rhin.
Hommes Classe d’âge Femmes
0,2 
> 90 ans
0,9 
4,5 
75-89 ans
8,0 
11,8 
60–74 ans
12,5 
20,8 
45–56 ans
19,8 
22,8 
30–44 ans
21,6 
20,7 
15–29 ans
20,1 
19,1 
0–14 ans
17,2 

Logement[modifier | modifier le code]

En 2006, les 303 logements de la commune étaient à 94,4 % des résidences principales. Seuls quatre logements sont des résidences secondaires (1,2 %). Les 286 résidences principales (252 en 1999) étaient essentiellement composées de maisons (91,5 %) ; les appartements n'en représentaient que 8,5 %. Il y n'avait que 13 logements vacants (contre 10 en 1999). 84,9 % des habitants étaient propriétaire de leur logement tandis que 10,2 % en étaient locataires et 4,9 % logés à titre gratuit. Entre 1999 et 2006, 34 logements se sont ajoutés. Un tiers (36,7 %) des logements ont été bâti avant 1949, 16,3 % entre 1949 et 1974, 25,8 % entre 1975 et 1989 et 21,2 % entre 1990 et 2003[49].

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Jacques Matter né le 31 mai 1791 à Alteckendorf, fils d'un des premiers maires de cette commune. Décédé en 1864. Pédagogue, philosophe et historien. Ses dons pour les études furent remarqués par le pasteur local de l'époque, Jean Frédéric Schneider[50].
  • Thimothée Guillaume Roehrich né en 1802 à Alteckendorf, décédé à Strasbourg en 1860. Pasteur au temple Saint-Guillaume à Strasbourg, il publia en quatre volumes une Histoire de la Réforme en Alsace. Fils du pasteur d'Alteckendorf, Jacques Christian Roehrich[51].

Vie locale[modifier | modifier le code]

Équipements et services[modifier | modifier le code]

  • La salle polyvalente est en fonction depuis les années 1980. Il s'agit de l'ancienne gare SNCF qui est devenue la propriété de la commune. Ce bâtiment est composé d'une grande et d'une petite salles qui sont louées aux associations et aux particuliers lors de leurs manifestations festives ou culturelles. La gestion de ce lieu est assurée par l'Association Sport et Loisirs d'Alteckendorf (ASLA) qui regroupe en son sein toutes les associations d'Alteckendorf.
  • La station de tri sélectif est située place de la Gare. Les particuliers peuvent y déposer leurs vieux papiers et cartons, ainsi que les bouteilles usagées en verre et en plastique. Pour les objets et déchets plus encombrants la communauté de communes du Pays de la Zorn a mis en place les déchèteries de Bossendorf et de Mutzenhouse.
  • Le stade municipal ou grand terrain de football, inauguré le 27 juin 1987, est la propriété de la commune. Cependant le petit stade situé à l'arrière du précédent est la propriété du Football Club d'Alteckendorf.
  • La salle multifonctionnelle (ancienne école) est réservée aux associations. Lors des élections ce lieu sert de bureau de vote.

Enseignement[modifier | modifier le code]

Alteckendorf dépend de l'académie de Strasbourg.

Depuis 1983, les communes de Minversheim et d'Alteckendorf se sont associées pour offrir aux élèves des classes primaires un meilleur cadre éducatif et aussi pour éviter des fermetures de classes. Les élèves vont ensuite au collège Gustave-Doré de Hochfelden.

Pour poursuivre leurs études en lycée, les jeunes Alteckendorfois se rendent principalement à Bouxwiller ou à Saverne.

Santé[modifier | modifier le code]

Un médecin généraliste réside à Alteckendorf. Les pharmacies les plus proches se trouvent à Schwindratzheim, Hochfelden et Mommenheim. Quant aux hôpitaux, ils sont situés à Saverne, Haguenau et Strasbourg.

Associations[modifier | modifier le code]

En 2008, l'offre associative pour un village de moins de 800 habitants fut assez diversifiée.

  • L'amicale du Corps de sapeurs-pompiers. Le corps local, créé en 1888, est regroupé avec celui d'Ettendorf depuis le 23 octobre 2008 (18 pompiers dont 12 de la localité).
  • Le syndicat des Arboriculteurs d'Alteckendorf et environs, créé vers 1899 par l'instituteur Valentin Huss.
  • La société de musique Alsatia, fondée le 9 décembre 1925 (19 membres).
  • Le Football Club d'Alteckendorf (FCA), créé le 2 décembre 1983 (35 licenciés séniors pour la saison 2008-2009), l'équipe première évoluant en troisième division départementale.
  • Le club de Gymnastique d'entretien d'Alteckendorf (GEA), fondé en juillet 1984 (une trentaine de membres).
  • Le club La Fleur de l'Âge, (anciennement club du troisième âge).
  • Le Country Club Black Angels (une trentaine de membres).
  • La chorale paroissiale créée en 1995 sous l'impulsion du pasteur Sybille Stohrer (une quinzaine de chanteurs).
  • Le club Les Frissons de la danse, créé en 2001 (70 membres)[52].

Cultes[modifier | modifier le code]

De par son histoire, Alteckendorf est un village majoritairement protestant. Le village étant passé au luthérianisme en 1545 comme tout le comté de Hanau-Lichtenberg. Mais le premier pasteur ne fut nommé qu'en 1547. Depuis les années 1970, ce fait luthérien a été tempéré avec l'arrivée de nouveaux habitants de confession catholique et avec la création d'une nouvelle Église évangélique libre.

La paroisse luthérienne

Ayant deux églises à sa disposition, le culte est célébré un dimanche sur deux à Altdorf, en alternance avec Eckendorf. Le presbytère est situé à l'arrière de l'église d'Eckendorf. La paroisse luthérienne d'Alteckendorf fait partie du Consistoire de Schwindratzheim et dépend de l'inspection de Bouxwiller ; elle est membre de l'Église protestante de la Confession d'Augsbourg d'Alsace et de Lorraine (EPCAAL) qui compte environ 200 000 membres, 235 paroisses et 260 pasteurs (dont 25 % de femmes et 75 % d'hommes). Comme toutes les anciennes communautés religieuses d'Alsace et de Moselle, l'EPCAAL vit sous le régime des Articles organiques qui furent promulgués par Napoléon Ier en 1802. Les pasteurs sont donc assimilés à des fonctionnaires, ils sont nommés et rémunérés par l'État[53].

L'Eglise évangélique d'Alteckendorf

L'origine de cette jeune église remonte à 1965 quand le Suisse Nicolas Kessely commence un travail d'évangélisation parmi les jeunes de la région. Cinq ans plus tard, il s’installe à Alteckendorf. De là, il organise des soirées, dans divers lieux des environs, où des dizaines de jeunes se retrouvent pour étudier la Bible, prier et partager avec d'autres leurs expériences religieuses. En 1974, pour répondre à l’attente spirituelle de ces croyants, il fut décidé de se constituer en Église ; « L’église évangélique d’Alteckendorf » est créée. En 1980, l’Église est enregistrée comme association cultuelle et adhère à la Fédération évangélique de France. Puis en 1983, une grange d'Alteckendorf est transformée en locaux pour les réunions. Dix ans plus tard, ces locaux étant devenus trop petits, une nouvelle salle de culte est construite en 1994.

Culture et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

L'église d'Eckendorf en 1765.
L'église d'Eckendorf vers 1950.
Église luthérienne d'Eckendorf dédiée à saint Arbogast avec des fresques de la Passion du Christ.

La partie la plus ancienne est la tour-chœur de style roman qui pourrait remonter au XIVe siècle pour ses deux niveaux inférieurs. Les deux derniers niveaux ont été ajoutés au XVIIIe siècle après la reconstruction de la nef en 1765. La clef de voute du chœur porte la date de 1667 indiquant peut-être la date de travaux de restauration. Orgue de 1898 des frères Linck (Wurtemberg) avec une façade restaurée en 1928 par Roetinger, transformé en 1954 par Muhleisen et réparé en 1991. Ci-contre, on peut voir l'église d'Eckendorf après la reconstruction de la nef en 1765 ; le clocher n'a pas encore été surélevé. Et la même église au XXe siècle.

Église luthérienne d'Altdorf dédiée à saint Martin.

Entièrement reconstruite en 1775 sur des plans de l'inspecteur des ponts et chaussée de Basse-Alsace Charles Christiani pour un montant de 5885 livres, payé pour un tiers par le comte de Hessen-Hanau-Lichtenberg. Les décors polychromes d'origine de la balustrade dans le style art populaire alsacien avec ses tons gris, jaune et bleu en harmonie avec les marbrures jaunes des colonnes ont pu être remis en valeur en 1976. L'autel, daté de 1776, présente une image naïve d'une brebis, au corps trop allongé par rapport à ses membres, tenant un étendard. Le vitrail de la tour-chœur représente le Christ debout, drapé de rouge, sortant de son tombeau dans une nuée, bénissant de la main droite, tenant une bannière de la main gauche. Orgue de 1907 des frères Linck.

Fresque de 1776.

Sur un mur de la propriété anciennement numéroté 146, rue Principale représentant un Pandour du baron Franz de Trenck. Pendant la guerre de Succession d'Autriche, ces pandours prennent en 1744 leur cantonnement dans la région de Hochfelden et y font régner la terreur.

Sobriquets et coutumes d'autrefois[modifier | modifier le code]

  • Sürmelichblotzer : baratteurs de lait caillé
  • d'Briechler : ceux du marécage
  • Söïkewwel : auge à cochons
  • Jusqu'en 1930 se déroulait chaque lundi de Pentecôte la coutume du défilé des Pfingstknechte.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Histoire et géographie
  • (fr): Walter Bodmer, L'immigration suisse dans le comté de Hanau-Lichtenberg au XVIIe siècle, Strasbourg, Editions Heintz,‎ 1930.
  • (fr): Jean-Michel Boehler, Une société rurale en milieu rhénan: La paysannerie de la plaine d'Alsace, Strasbourg, Presses Universitaires de Strasbourg,‎ 1995, 2222 p. (ISBN 2868201393).
  • (de) et (fr): Collectif, Alteckendorf, deux clochers, un village, Strasbourg, Editions Coprur,‎ 1991, 224 p. (ISBN 2903297452).
  • (fr): Etienne Juillard, La vie rurale en Basse-Alsace, Strasbourg, Presses Universitaires de Strasbourg,‎ 1992, 585 p. (ISBN 2868208169).
  • (fr): Jean-Pierre Kintz, Strasbourg cité refuge, dans Regards sur l'histoire de l'Alsace XVIe -XXe siècle, Hommage de la F.S.H.A.A, Strasbourg, Imprimerie Scheuer à Drulingen,‎ 2008, 578 p. (ISBN 2913162770).
Religion
  • (fr): Collectif, Protestants d'Alsace et de Moselle, lieux de mémoire et de vie, Ingersheim, SAEP,‎ 2006, 317 p. (ISBN 2737208122).
  • (en): Katherine M. Faull, Moravian Women's Memors, Their related Lives, 1750-1820, Syracuse, New-York, USA, Syracuse University Press,‎ 1997, 166 p. (ISBN 0815603975).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Distances données à titre indicatif, d'après le site Viamichelin
  2. Carte routière et touristique Michelin 87. Vosges Alsace 1/200000- 1 cm:2 km. année 1990
  3. Conseil général du bas-Rhin, « Écomobilites-covoiturage », sur bas-rhin.fr (consulté le 9 février 2011)
  4. SNCF, « TER Alsace », sur ter-sncf.com (consulté le 9 février 2011)
  5. Conseil général du bas-Rhin, « Les transports scolaires », sur bas-rhin.fr (consulté le 9 février 2011)
  6. Site de l'Internaute, Encyclopédie des villes
  7. Alt'echos (bulletin communal d'information), n°1 et 2, année 2008
  8. Fiche climatologique de Météo France
  9. services.sandre.eaufrance.fr, « Fiche A3480340 », sur sandre.eaufrance.fr (consulté le 8 février 2011)
  10. services.sandre.eaufrance.fr, « Fiche A3480420 », sur sandre.eaufrance.fr (consulté le 8 février 2011)
  11. Conservé au Archives Départementales du Bas-Rhin sous la cote C556(4)
  12. (la) Société historique du Palatinat, Traditiones possessionesque wizenburgenes, Spire,‎ 1842, 390 p. (lire en ligne), p. 53 Ligne 22. Lire echanhaime à la place de ethanhaime selon le corrigenda de la page 390.
  13. Toponymie générale de la France, Librairie Droz 1991. p. 722.
  14. Villages disparus d'Alsace, page 32, cahier 37-39 année 1962 SHASE 1962
  15. conservé aux Archives départementales de Strasbourg sous la cote E2314.
  16. (la) Société historique du Palatinat, Traditiones possessionesque wizenburgenes, Spire,‎ 1842, 390 p. (lire en ligne)
  17. (la) Société historique du Palatinat, Traditiones possessionesque wizenburgenes, Spire,‎ 1842, 390 p. (lire en ligne)
  18. Archives départementales du Bas-Rhin, L'Armorial des communes du Bas-Rhin, Illkirch, imprimerie Valblor,‎ 1995, 246 p., p. 53
  19. Walter Bodmer, L'immigration suisse dans le comté de Hanau-Lichtenberg au XVIIe siècle, Strasbourg, Editions Heintz,‎ 1930
  20. Richard Schmidt, Pfaffenhoffen et sa filiale Niedermodern, registres paroissiaux protestants, naissances, baptêmes, mariages, décès (1568-1720), publication Cercle Généalogique d'Alsace, section de Brumath,‎ 2006, 268 p. (ISBN 2915949085)
  21. Jean Michel Boehler, Une société rurale en pays rhénan: La paysannerie de la plaine d'Alsace. P.U.S. 1994 tome 1, page 183 à 194.
  22. Jean pierre Kintz, "Strasbourg cité refuge" dans "Regards sur l'histoire de l'Alsace XVIe -XXe siècle", Hommage de la FSHAA, juin 2008
  23. « 67005 Alteckendorf », sur Généawiki (consulté le 12 février 2010)
  24. Richard Schmidt, Bouxwiller et sa filiale Riedheim, registres paroissiaux protestants, baptêmes, mariages, sépultures (1568-1699) en 3 tomes, publication Cercle Généalogique d'Alsace, section de Brumath,‎ 2008, 268 p. (ISBN 291594945X, 2915949468 et 2915949476)
  25. Histoire de l'Alsace au XVIIe siècle, Rodolphe Reuss
  26. Jean-Michel Boehler, Une société rurale en milieu rhénan: La paysannerie de la plaine d'Alsace, Strasbourg, Presses Universitaires de Strasbourg,‎ 1995, 2222 p. (ISBN 2868201393), tome 1, page 180-181
  27. registre paroissial des mariages d'Alteckendorf de 1658 à 1792.
  28. Remarque: Sortant du cadre strict de cet article, on pourra trouver la liste des mariages de ces immigrants suisses en cliquant sur le lien suivant qui renvoie à la notice concernant Alteckendorf sur la Généawiki
  29. Ce document a été déposé aux Archives départementale du Bas-Rhin à Strasbourg sous la cote E2314.
  30. Ingénieur militaire Guillin; Extrait de son rapport conservé aux Archives du ministère des Affaires étrangères, section Mémoires et documents, fonds Alsace, tome 13, folios 159 à 168
  31. Archives départementales du bas-Rhin, document coté C556(4)
  32. Collectif, Alteckendorf, deux clochers, un village, Strasbourg, Editions Coprur,‎ 1991, 224 p. (ISBN 2903297452), p. 64. On peut aussi consulter l'article feu fiscal
  33. Katherine M. Faull, Moravian Women's Memors, Their related Lives, 1750-1820, Syracuse, New-York, USA, Syracuse University Press,‎ 1997, 166 p. (ISBN 0815603975), p. 101, Autobiographie de Catharina Krause née Ruch, traduit de l'allemand vers l'anglais
  34. Ancestry.com, Pennsylvania German Pioneers
  35. Etienne Juillard, La vie rurale en Basse-Alsace, Strasbourg, Presses Universitaires de Strasbourg,‎ 1992, 585 p. (ISBN 2868208169), p. 510, documents de l'appendice
  36. ibid, page 518
  37. ibid, page 517, source : document E3224 des A.D. du Bas-Rhin
  38. La Grande Fuite de décembre 1793, Rodolphe Reuss, Librairie Istra, 1924. Page 270.
  39. chiffres donnés par le site internet cassini.ehees
  40. Étienne Juillard, La vie rurale en Basse-Alsace, réédition de 1992, PUS.
  41. On peut trouver la courte description qui est faite d'Alteckendorf dans le dictionnaire "L'Alsace ancienne et moderne" dans son édition de 1864 en cliquant sur ce lien.
  42. Jean-Paul de Gassowski, « Blasonnement des communes du Bas-Rhin », sur http://www.newgaso.fr (consulté le 24 mai 2009)
  43. Taxe.com
  44. Les comptes des communes sur le site dédié du ministère des Finances
  45. a, b et c les comptes des communes sur le dédié du ministère des Finances
  46. INSEE et L'Internaute
  47. « L'encyclopédie des villes de France, Alteckendorf », sur le site de linternaute,‎ 2007 (consulté le 3 janvier 2010)
  48. Population municipale 2008 sur le site de l'Insee.
  49. recensement.insee.fr
  50. Voir Une notice biographique rédigée en 1833 où sont recensés ses travaux.
  51. Voir Sa biographie écrite deux ans après son décès.
  52. Bulletin municipal Alt'echos de janvier 2009
  53. wiki-protestants.org

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Alteckendorf. Deux clochers, un village, Strasbourg, Éditions Coprur,‎ 1991, 224 p. (ISBN 2903297452).
  1. a et b p. 63, Le ban communal
  2. p. 63, Les éléments du confort
  3. p. 12. Es waren zwei Dörfer
  4. idem
  5. p. 12. Es waren zwei Dörfer
  6. p. 13. Es waren zwei Dörfer
  7. p. 13 Lichtenbergisches Gut
  8. p. 13 Lichtenbergisches Gut et p.91 La famille noble d'Eckendorf
  9. p.92 La famille noble d'Eckendorf
  10. p. 29, 149, 159.