Alphonse d'Aragon (1481-1500)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Alphonse d'Aragon.
Page d'aide sur l'homonymie Ne doit pas être confondu avec Alphonse d'Aragon (1470-1520).

Alphonse d'Aragon (1481-18 août 1500) est le fils naturel du roi Alphonse II de Naples et de Trogia Gazzela.

Deuxième mari de Lucrèce Borgia, il fut assassiné par Michelotto Corella, homme de main de son beau-frère César Borgia.

Biographie[modifier | modifier le code]

Mariage[modifier | modifier le code]

Le pape Alexandre VI voulait le remariage de sa fille Lucrèce avec Alphonse, pour favoriser le mariage de son fils César avec Charlotte d'Aragon-Naples, et avoir ainsi un pied dans le royaume de Naples.

Le mariage est célébré le 21 juillet 1498 après une question complexe sur la dot de Lucrèce, en présence du cardinal Ascanio Sforza, au palais de Santa Maria in Portico à Naples. Le 5 août a lieu une seconde cérémonie.

Tentative de fuite[modifier | modifier le code]

Mais la politique d'alliance des Borgia change rapidement : abandonnant son intérêt pour Naples, César se tourne vers une politique pro-française pour épouser Charlotte d'Albret, sœur du roi Jean III de Navarre. Ne se sentant plus en sécurité à Rome, Alphonse d'Aragon quitte la ville en secret le 2 août 1499, laissant sa femme Lucrèce enceinte de six mois, et part pour Naples. Une lettre qu'il adresse à sa femme pendant sa fuite tombe dans les mains d'Alexandre VI, qui force le roi de Naples à renvoyer Alphonse, son fils, à Rome.

Le 1er novembre 1499 naît Rodrigue d'Aragon, le premier et le seul fils du couple (il mourra à 13 ans en 1512).

Le 15 juillet 1500, Alphonse est attaqué sur les marches de la place Saint-Pierre par des inconnus, qui le frappent à la tête avant d'être surpris par des gardiens et de devoir prendre la fuite. Gravement blessé, il est porté dans des appartements, au-dessus de ceux du pape. Tout porte à croire que César Borgia, son beau-frère, est le commanditaire de cette agression.

Assassinat[modifier | modifier le code]

Un mois plus tard, César Borgia serait venu rendre visite à Alphonse d'Aragon, et lui aurait murmuré à l'oreille : «  Ce qui ne s'est pas fait au déjeuner, se fera au souper » . Le pape Alexandre VI fut avisé de ces paroles par l'ambassadeur vénitien Paolo Capello, et lui répondit : « s'il a pris sur lui de châtier son beau frère, c'est que celui-ci l'a bien mérité !» Le 18 août, alors qu'Alphonse est dans sa chambre avec son épouse et une parente, les hommes de César menés par Michelotto Corella éloignent les deux femmes par la ruse, et assassinent Alphonse. Jean Burckhart écrivit :

« Dato che don Alfonso rifiutava di morire delle sue ferite, fu strangolato nel letto[1] »

— Ivan Cloulas, I Borgia (it), Rome, Salerno Editrice, 1989, p. 241 (ISBN 88-8402-009-3)

La justification que donna César à son père, le pape Alexandre VI, est qu'Alphonse fomentait un complot visant à le tuer. La nouvelle de l'assassinat s'est rapidement propagée, même à l'étranger.

Lucrèce Borgia épousa Alphonse Ier d'Este, deux ans plus tard.

Postérité[modifier | modifier le code]

De Lucrèce Borgia, Alphonse eut :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Sarah Bradford, Lucrezia Borgia, Milan, Mondadori, 2005 (ISBN 88-04-55627-7)
  • Claude Merle, Le Sang d'Aragon, Intervista, 2007.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Source[modifier | modifier le code]

Note[modifier | modifier le code]

  1. « Étant donné qu'Alphonse refusa de mourir de ses blessures, il fut étranglé dans son lit. »

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :