Alphonse Martainville

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Alphonse-Louis-Dieudonné Martainville, né le 27 avril 1777[1] à Cadix, fils de Louis-Bernard Martainville courtier spécial de la flotte des Indes au port de Cadix et de Marie-Elfride Dillon[2], et mort le 27 août 1830, à Sablonville[3] est un journaliste politique (ce qu'on appelait à son époque un publiciste), goguettier et auteur dramatique français. Il épouse au Pecq (Yvelines) le 27 mai 1815, Charlotte-Marguerite-Claire-Eugénie Maricourt née à Mouzay (Meuse) le 20 avril 1788[2].

Biographie[modifier | modifier le code]

Martainville est d'abord élève au collège Louis-le-Grand. Il n’a pas encore dix-huit ans lorsqu’il parait devant Fouquier-Tinville sous l’accusation d’aristocratie. Fervent royaliste, il est, sous le Directoire, de la jeunesse dorée active lors de la réaction thermidorienne et encensée par le parti réactionnaire.

En 1802, il fait partie de la goguette les Déjeuners des garçons de bonne humeur, au côté de dix autres chansonniers : Dumaniant, Désaugiers, Étienne, Francis, Gosse, Ligier, Morel, Serviere, Sewrin, et trois musiciens : Plantade, Persuis et Piccini fils[4].

Sous l’Empire, il ne s’occupe que de théâtre. Et aussi de chanson : au côté de Carmouche, Frédéric de Courcy, Armand d’Artois, Dusaulchoy de Bergemont et Monperlier, il participe à la goguette des Soupers de Momus, fondée par Pierre-Joseph Charrin en 1813.

En 1814-1815, il commence une activité politique. Partisan inconditionnel de la royauté, rédacteur du Journal de Paris, de la Quotidienne, de la Gazette de France, il ne trouve pas ces journaux assez hardis et fonde en 1818 le Drapeau blanc (2 vol. in-8°). Dans cette publication il attaque non seulement les ennemis de la monarchie, mais encore les monarchistes et même les ministres trop tièdes à son gré. Traduit plusieurs fois en justice par le ministère public, abandonné par ses lecteurs, il cesse la publication de son journal et se retire des luttes de la politique.

Ses écrits joignent, à l'extrémisme de ses opinions, la verve et l’esprit. Ces traits se retrouvent, unis à une vive gaieté, dans les pièces qu’il donne sur divers théâtres, et qui sont presque toutes des vaudevilles. On cite les Suspects et les Fédéralistes (1795) ; le Concert de la rue Feydeau (1795) ; la Nouvelle Montagne, ou Robespierre en plusieurs volumes (1796) ; les Assemblées primaires, ou les Élections (1797) ; la Banqueroute du savetier à propos de bottes (1801) ; Pataquès (1803) ; le Pied de mouton, mélodrame-féerie comique, avec Ribié (1807), pièce souvent reprise avec des décors nouveaux et des rajeunissements de rédaction ; la Queue du diable, mélodrame-féerie comique (1808) ; Monsieur Crédule (1812) ; Buonaparte, ou l’Abus de l’abdication, pièce héroïco-romantico-bouffonne (1815) ; Taconnet (1816).

On doit également encore à Martainville : Grivoisiana, ou Recueil facétieux (1801, in-18) ; Vie de Lamoignon-Malesherbes (1802, in-12) ; la Bombe royaliste lancée (1820, in-8°) ; Étrennes aux censeurs (1822, in-8°). Il a fait, avec Étienne, l’Histoire du Théâtre-Français, depuis le commencement de la révolution jusqu’à la réunion générale (Paris, 1803, 4 vol. in-12).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. D'après Ph. Van Tieghem (dir.), Dictionnaire des littératures, t. 2, Paris, 1968, p. 2540, il est né en 1776. La date de naissance 27 avril 1777 est donnée par les Archives départementales des Yvelines, Le Pecq, 1135463, NMD,1810-1820.
  2. a et b Archives départementales des Yvelines, Le Pecq, 1135463, NMD,1810-1820.
  3. Cf. L.-G. Michaud, Biographie universelle, Paris, 1843, t. 73, p. 217
  4. Liste des membres des Déjeuners des garçons de bonne humeur.

Source[modifier | modifier le code]

  • Gustave Vapereau, Dictionnaire universel des littératures, Paris, Hachette, 1876, p. 1347-8.