Alphonse Favier

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Mgr Favier à Pékin

Pierre, Marie, Alphonse Favier-Duperron, né le 22 septembre 1837 à Marsannay-la-Côte (Côte-d'Or), mort le 4 avril 1905 à Pékin, connu sous le nom de Mgr Favier, est un ecclésiastique français qui fut missionnaire en Chine.

Biographie[modifier | modifier le code]

Alphonse Favier (nom en chinois FAN GuoLiang 樊国梁) est né dans le village viticole bourguignon de Marsannay-la-Côte le 22 septembre 1837. Il fait ses études littéraires au séminaire de Plombières, puis sa philosophie et un an de théologie au grand séminaire de Dijon. Entré dans l'Ordre des Lazaristes à Paris le 5 octobre 1858, il prononce ses vœux le 6 octobre 1860 et est ordonné prêtre le 10 octobre 1861 dans la chapelle de la Médaille miraculeuse rue du Bac, par Mgr Mouly. Il quitte la France avec ce dernier le 23 février 1862 pour entamer sa nouvelle charge de missionnaire dans le vicariat de Pékin, en Chine, où il arrive le 14 juillet 1862.

Directeur du district de Suanhouafou au moment du massacre de Tientsin (21 juin 1870), il est chargé, en l'absence du vicaire apostolique, de traiter avec les autorités chinoises des grosses difficultés qui en résultent. En qualité de procureur intérimaire, il fait réparer les ruines des établissements de Tien-Tsin. Il est ensuite l'assistant principal des trois évêques successifs de Pékin, notamment pour toutes les affaires importantes concernant la mission. C'est par exemple lui qui négocie l'introduction des Trappistes et des Frères maristes en Chine. Il supervise ensuite le transfert du Pé-Tang et est également l'architecte du nouvel évêché (1887)[1].

Élu le 12 novembre 1897 évêque de Pentacomie et nommé coadjuteur avec future succession du vicaire apostolique de Pékin, Mgr Sarthou, il est sacré au Pé-Tang, le 20 février 1898, par Mgr Bruguière. C’est lui qui négocie le décret impérial du 15 mars 1899 sur les relations des évêques avec les autorités civiles chinoises. À la mort de Mgr Sarthou (le 13 avril 1899), il lui succède donc en qualité de vicaire apostolique de Pékin. Il montre tout son courage en dirigeant la défense du quartier du Pé-Tang lors du siège mémorable du 13 juin au 16 août 1900 pendant la révolte des Boxers.

Mort le 4 avril 1905 à Pékin, il laisse reconstruites les œuvres qui avaient été saccagées en 1900. Il est inhumé, selon son désir, dans la cathédrale du Pé-Tang qu'il a lui-même fait construire[2].

Hommages et accusations[modifier | modifier le code]

Homme aux vues élevées, et en même temps homme de décision et d'action, Mgr Favier a vraiment rempli en Chine un grand rôle. Par son expérience, par sa vive intelligence, par sa large bienveillance à l'égard de tous, il s'est acquis une place à part dans la colonie européenne. Le gouvernement chinois, de son côté, lui témoignait confiance et égards : il reçut de l’Empereur le bouton rouge de corail des premiers mandarins. Son attitude lors des 55 jours de Pékin lui a acquis une certaine aura dans le quartier des légations. L'auteur Jean Mabire le décrira plus tard tel un « véritable soldat héritier des temps médiévaux »[3]. En 1901, il est fait chevalier de la Légion d'honneur[4].

Quelques années plus tard, l'image du prélat sera cependant écornée par les penseurs révolutionnaires communistes, notamment Hô Chi Minh en 1925, qui tenteront d'accuser Mgr Favier de « pillage »[5],[6]. Aujourd'hui, ces attaques sont abandonnées, laissant donc intacte la réputation d'Alphonse Favier[7].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Mgr Favier en 1900.

On lui doit, sous la forme d'un livre de grand luxe, un précieux résumé de l'histoire politique et religieuse de la capitale de l'empire chinois qui a été couronné par l'Académie française en 1897 :

  • Mgr Favier (Alphonse), Pékin : Histoire et description (ouvrage orné de 660 gravures anciennes et nouvelles, reproduites ou exécutées par des artistes indigènes ; 124 phototypes, 24 collographies hors texte), Pékin, Imprimerie des Lazaristes, 1897.
  • Mgr Favier (Alphonse), Peking : Histoire et description (524 gravures anciennes et nouvelles reproduites ou exécutées par des artistes chinois d'après les documents les plus précieux), Desclée de Brouwer, 1900.
  • La France Illustrée no 1313 du 27-01-1900 (sujet : Sa grandeur Monseigneur Favier).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes, sources et références[modifier | modifier le code]

  1. Plan du Pé-Tang
  2. Une stèle funéraire y est toujours présente.
  3. Mabire (Jean), L'Été rouge de Pékin, la révolte des Boxeurs, Fayard, Paris, 1978.
  4. http://www.patrimoine-de-france.org/hommes/honneurs-166.html & http://www.patrimoine-de-france.org/hommes/honneurs-154.html
  5. http://classiques.chez-alice.fr/ho/proc10.pdf
  6. Collection asiatique du Séminaire de Québec
  7. Brandt (Joseph van den), Lazaristes en Chine (1697-1935), Pei-P'ing, Imprimerie des Lazaristes, 1936.