Alphaville, une étrange aventure de Lemmy Caution
Alphaville, une étrange aventure de Lemmy Caution
| Réalisation | Jean-Luc Godard |
|---|---|
| Scénario | Jean-Luc Godard |
| Acteurs principaux | Eddie Constantine Anna Karina Akim Tamiroff |
| Sociétés de production | Athos Films |
| Pays d’origine | |
| Genre | Policier, Science-fiction, Dystopie |
| Sortie | 1965 |
| Durée | 99 min |
Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution
Alphaville, une étrange aventure de Lemmy Caution (ou Alphaville) est un film franco-italien de science-fiction de Jean-Luc Godard sorti en 1965. Il a reçu l'Ours d'or 1965 au Festival international du film de Berlin.
Sommaire |
[modifier] Synopsis
Dans une époque postérieure aux années 1960, les autorités des « pays extérieurs » envoient le célèbre agent secret Lemmy Caution (Eddie Constantine) en mission à Alphaville, une cité déshumanisée, éloignée de quelques années-lumière de la Terre. Caution est chargé de neutraliser le professeur von Braun, tout-puissant maître d'Alphaville, qui y a aboli les sentiments humains. Un ordinateur, Alpha 60, régit toute la ville. Un message de Dickson, un ex-agent secret, ordonne à Lemmy de « détruire Alpha 60 et de sauver ceux qui pleurent ». Mais ce dernier est enlevé, interrogé par Alpha 60 et condamné à mort…
[modifier] Fiche technique
- Film : Alphaville, une étrange aventure de Lemmy Caution
- Réalisation : Jean-Luc Godard
- Scénario : Jean-Luc Godard
- Musique : Paul Misraki
- Photographie : Raoul Coutard
- Production : André Michelin
- Montage : Agnès Guillemot
- Assistant réalisateur : Charles Bitsch
- Pays d'origine : France, Italie
- Langue : français
- Genre : polar, dystopie, science-fiction
- Durée : 99 minutes (1 h 39 )
- Date de sortie : 5 mai 1965 (France)
- Date de reprise : 22 février 2012 (France)
[modifier] Distribution
- Eddie Constantine : Lemmy Caution
- Anna Karina : Natacha Von Braun
- Akim Tamiroff : Henri Dickson
- Howard Vernon : Pr. Leonard von Braun/Nosferatu
- Valérie Boisgel
- Jean-Louis Comolli
- Michel Delahaye
- László Szabó : le scientifique
[modifier] Tournage
Le tournage commence le 4 janvier 1965[1].
Une partie du tournage en intérieurs (voir la fameuse scène « des portes ») a été effectuée au sein de la Maison de la Radio, alors récemment inaugurée et au nouveau siège social de la socièté Esso, premier immeuble moderne du futur quartier d'affaires de La Défense, immeuble détruit dans les années 2000.
[modifier] Diffusion
Le film attire 112 626 spectateurs pendant les sept semaines d'exclusivité parisienne[2].
[modifier] Prix et distinctions
- Ours d'or au festival de Berlin 1965[2].
[modifier] Analyse
[modifier] Citations
Dans de nombreux films Jean-Luc Godard emprunte des citations et des attitudes à la littérature. Alphaville ne fait pas exception : Jorge Luis Borges est abondamment cité sur sa conception labyrinthique du temps, l'univers totalitaire et le contrôle du langage rappellent étrangement le roman 1984 de George Orwell. La scène où Caution est interrogé par Alpha 60 multiplie les citations (« Je crois aux données immédiates de la conscience », Henri Bergson ; « Le silence des ces espaces infinis m'effraie », Blaise Pascal ; « Quel est le privilège des morts? Ne plus mourir. », Friedrich Nietzsche). Enfin, la poésie salvatrice de Paul Éluard et son Capitale de la douleur vont permettre à Lemmy Caution d'exécuter sa mission.
On peut également citer le commentaire « Ils ne mouraient pas tous, mais tous étaient frappés » tiré des Animaux malades de la peste de Jean De La Fontaine.
Notons aussi le clin d’œil à Louis-Ferdinand Céline lorsque Lemmy Caution répond au chauffeur de taxi, qui lui a demandé par où il voulait passer : « Ça m'est égal, de toute façon, je Voyage au bout de la nuit. » ; et visuellement à Chris Marker et son film La Jetée (1962).
[modifier] Un film de sciences-fiction au présent
Alphaville est un film de sciences-fiction filmé en décor réel[3].
[modifier] Autour du film
- Jean-Pierre Léaud fait une petite apparition (65ème minute), il joue un employé d'hôtel qui apporte le petit déjeuner à Lemmy Caution et Natacha Von Braun.
[modifier] Influences
- Les Aventures d'Eddie Turley, film expérimental de Gérard Courant, est un hommage direct à Alphaville.
- Les clips One Word de Kelly Osbourne et Linger des Cranberries présentent de nombreux points communs avec Alphaville, notamment dans l'atmosphère visuelle.
- Le groupe de new-wave allemande Alphaville a choisi son nom en référence au film de Jean-Luc Godard.
- Dans Le passage de la nuit de Haruki Murakami, un love hôtel est nommé Alphaville en référence à ce film.
[modifier] Notes et références
- de Baecque 2010, p. 281
- de Baecque 2010, p. 284
- Antoine de Baecque, Godard : Biographie, Grasset, coll. « Pluriel », 2010, 1re éd. (ISBN 978-2-246-64781-2), p. 280
[modifier] Voir aussi
[modifier] Bibliographie
- Antoine Oury, « Les signes parmi nous », dans Critikat, 21 février 2012 [texte intégral (page consultée le 23 février 2012)]