Bételgeuse

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Bételgeuse
α Orionis

Description de cette image, également commentée ci-après

Bételgeuse vue à l'aide du télescope spatial Hubble

Époque J2000.0

Données d'observation
Ascension droite 05h 55m 10,29s
Déclinaison +07° 24′ 25,3″
Constellation Orion
Magnitude apparente +0,0 à +1,3
Caractéristiques
Type spectral M1-2 Ia-Iab
Indice U-B 2,06
Indice B-V 1,86
Variabilité SR c (semi-régulière)
Astrométrie
Vitesse radiale +21,0 km/s
Mouvement propre μα = 27,33 mas/a
μδ = 10,86 mas/a
Parallaxe 7,63 ± 1,64 mas
Distance 197±45 pc (∼643 a.l.)[1]
Magnitude absolue -5,3 à -5,0
Caractéristiques physiques
Masse ~ 15 M
Rayon ~ 600 R
Gravité de surface (log g) ?
Luminosité 63 000 L
Température 3 600 K
Métallicité ?
Rotation  km/s
Âge 1,0×107 a

Autres désignations

α Ori (Bayer), 58 Ori (Flamsteed), HR 2061, BD+7 1055, HD 39801, SAO 113271, FK5 224, HIP 27989.

Bételgeuse (α Orionis) est une étoile variable semi-régulière, une supergéante rouge de la constellation d’Orion, située à 197±45 pc (∼643 a.l.)[1]. C’est la 9e plus brillante étoile du ciel. Bien qu'ayant la désignation de « alpha » dans la Désignation de Bayer, elle n'est souvent que la deuxième de la constellation d'Orion, derrière Rigel[2]. Elle forme l'un des angles du triangle d'hiver avec Sirius et Procyon.

Bételgeuse est une supergéante rouge, l'une des plus grandes étoiles connues. Si Bételgeuse était au centre du système solaire, son rayon s'étendrait entre l'orbite de Mars et celle de Jupiter. Si celle-ci explose en supernova, elle sera visible de la terre, même à midi, pendant plusieurs jours, et nous verrions l'événement 643 années plus tard.

Le diamètre angulaire de Bételgeuse a été la première mesure d'un diamètre d'étoile, faite en 1920-1921 par les astronomes Michelson et Pease avec le télescope Hooker de l'observatoire du Mont Wilson.

Sommaire

Nom [modifier]

Bon nombre d'étoiles portent des appellations d'origine arabe, baptisées par de grands astronomes arabes tels que Al-Battani ; les étoiles les plus brillantes délimitant les contours de la constellation d'Orion portent toutes un nom d'origine arabe : Bételgeuse, Mintaka, Alnilam, Alnitak, Rigel et Saïph sauf Bellatrix dont l'origine est latine. Le nom « Bételgeuse » viendrait de l’expression arabe « ibt al-ghül » signifiant « l’épaule du géant ». Une autre origine de ce mot pourrait être بيت الجوزا, bayt al-jawzā, « main de la centrale » (Orion), transcrit avec une erreur de lecture de diacritique en Bedalgeuze (les lettres bāʾ et sont similaires et possèdent respectivement un et deux points diacritiques en arabe).

Caractéristiques [modifier]

Localisation de Bételgeuse dans la constellation d’Orion

Elle se situe sur l’épaule d’Orion, c’est une supergéante de couleur rouge, froide et bien apparente à l’œil. Il s’agit fort probablement de la plus grande étoile de cette région de la Voie lactée. Elle est en outre le seul astre connu de magnitude 1 dont l’éclat varie d’environ 1 magnitude sur une période de 5,7 années. Selon certains calculs, elle pourrait remplir, lorsqu’elle présente sa taille normale, la zone orbitale de Mars et lorsqu’elle croît, celle de Jupiter. En quinze ans, son diamètre a été réduit de 15 %, sans qu'on en connaisse encore les raisons.

Alpha Orionis est la première étoile extra-solaire ayant pu être résolue spatialement, avant l'avènement des techniques d'interférométrie.

Cette supergéante rouge est environ 1 000 fois plus grosse que le Soleil et rayonne plus que 100 000 Soleils réunis. Ces caractéristiques montrent clairement que l'on assiste à la fin de vie d'une étoile. Avec un âge de seulement quelques millions d'années, Bételgeuse est vouée à exploser en supernova qui sera facilement visible depuis la Terre même en plein jour, d'ici à quelques milliers d'années. Ses panaches atteignent une taille impressionnante équivalente à la taille du Système solaire entier. L'ESO et l'observatoire de Paris ont, en juillet 2009, obtenu des images d'une précision inégalée de la géante rouge en utilisant le Very Large Telescope basé au Chili[3].

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De plus, les recherches de Keiichi Ohnaka ont aussi montré une gigantesque bulle bouillonnante de matière sur la surface de Bételgeuse. De telles bulles seraient dues à d'énormes mouvements de convection de gaz ayant lieu à l'intérieur de l'étoile, comme de l'eau bouillant dans une casserole[4].

Une série d'observations spectropolarimétriques de Bételgeuse, réalisées avec le Télescope Bernard Lyot de l'Observatoire du Pic du Midi, a révélé la présence d'un faible champ magnétique à sa surface, suggérant que les mouvements convectifs eux-mêmes peuvent être à l'origine de ce champ magnétique, à travers des mécanismes de dynamo à petite échelle[5].

En fiction [modifier]

Douglas Adams, l'auteur de la série des best-sellers Le Guide du Voyageur Galactique, a créé un personnage du nom de Ford Prefect, journaliste pour ledit Guide, et natif d'une petite planète à proximité directe (in the vicinity) de Bételgeuse.

C'est également autour de Bételgeuse que gravite la La Planète des singes de Pierre Boulle.

Bételgeuse est le siège d'un étrange gouvernement galactique dans le roman Le Gambit des étoiles de Gérard Klein (1958).

Bételgeuse est une planète en orbite autour de l'étoile du même nom dans Les Mondes d'Aldébaran, bande dessinée de Léo.

Bételgeuse est la version francisée du nom Beetlejuice pour la sortie québécoise du film éponyme. C'est également ainsi qu'est orthographié dans le film le nom du bio-exorciste.

Notes et références [modifier]

  1. a et b (en) Harper, Graham M.; Brown, Alexander; Guinan, Edward F., « A New VLA-Hipparcos Distance to Betelgeuse and its Implications », The Astronomical Journal, vol. 135, no 4, avril 2008, p. 1430–40 [texte intégral [PDF], lien DOI (pages consultées le 10 July 2010)] 
  2. Rigel, l'étoile β, est légèrement plus brillante que Bételgeuse, pourtant l'étoile α. Cependant, la magnitude de Bételgeuse varie, et il se peut qu'elle soit plus brillante que Rigel, d'où la hiérarchie dans du classement par Johann Bayer.
  3. « Des images de Bételgeuse d'une précision sans précédent révèlent comment les supergéantes perdent leur masse » (ArchiveWikiwixQue faire ?). Consulté le 2013-03-29
  4. [PDF] K. Ohnaka, K.-H. Hofmann, M. Benisty, A. Chelli, T. Driebe, F. Millour, R. Petrov, D. Schertl, Ph. Stee, F. Vakili et G. Weigelt, « Spatially resolving the inhomogeneous structure of the dynamical atmosphere of Betelgeuse with VLTI/AMBER », Astronomy & Astrophysics, 2009. Consulté le 31 juillet 2009.
  5. [PDF] M. Aurière, J.-F. Donati, R. Konstantinova Antova, G. Perrin, P. Petit, T. Roudier, « The magnetic field of Betelgeuse : a local dynamo from giant convection cells ? », Astronomy & Astrophysics, 2010. Consulté le 4 juillet 2010.

Voir aussi [modifier]

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Articles connexes [modifier]

Liens externes [modifier]