Alparslan Türkeş

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Alparslan Türkeş

Alparslan Türkeş (20 novembre 19174 avril 1997) est un homme politique turc et fondateur du parti nationaliste Milliyetçi Hareket Partisi (MHP) en Turquie (Parti d'action nationaliste) et des partis qui ont précédé celui-ci, dont les idéologies sont un nationalisme pan-turc.

Biographie[modifier | modifier le code]

Türkeş naît à Nicosie à Chypre le 20 novembre 1917, d’une famille originaire d’un village près de Kayseri en Turquie. Son vrai nom est inconnu, cité comme « Ali Arslan »[1] ou « Hüseyin Feyzullah »[2],[3] selon les sources diverses. Par la suite, il adopte le pseudonyme d’Alparslan Türkeş. Alp Arslan était un empereur Seldjoukide au XIe siècle, les Seldjoukides étant considérés par l’idéologie nationaliste turque comme les ancêtres en ligne droite des Turcs actuels. Quant au nom Türkeş, il peut être considéré comme destiné à mettre en avant son appartenance turque.

Il est surnommé par les nationalistes turcs le Başbuğ, c’est-à-dire le « meneur » en français. C’est un ancien mot turc utilisé aujourd’hui exclusivement pour désigner Türkeş.

Débuts[modifier | modifier le code]

Il intègre le Parti nationaliste républicain des campagnes (CKMP) dans les années 1960, et en devient en 1965 le président. En 1969, le CKMP devient le Milliyetçi Hareket Partisi (Parti d’action nationaliste) et adopte comme symbole un drapeau rouge avec trois croissants de lune, un ancien drapeau turc utilisé sous l’Empire ottoman.

Il devient adjoint du Premier ministre en 1975, en faisant partie du gouvernement de coalition. Türkeş brule de devenir le principal dirigeant turc mais les généraux le devancent le 12 septembre 1980 et le général Kenan Evren devient président. Il est condamné à la peine de mort et son parti est interdit. Il est finalement acquitté après être resté en prison quatre ans et demi. En 1987, son interdiction de participer à la vie politique est levée, il entre au MÇP (Parti travailliste nationaliste) et en est élu président. Il revient au parlement en 1991 grâce à une coalition avec le Refah Partisi (Parti religieux islamique).

En 1992, grâce à un changement de la loi, le MÇP reprend le nom de Milliyetçi Hareket Partisi. Il aide cette même année les Loups gris à s’infiltrer dans la politique azerbaïdjanaise en soutenant Aboulfaz Eltchibeï, qui sera élu président[4]. Ce sera le début de l’implantation des Loups Gris dans la politique des ex-républiques soviétiques d’Asie Centrale. En 1995, il perd sa place au parlement.

Lui et les groupes nationalistes qu’il a dirigés ont pu acquérir beaucoup de pouvoir grâce à l’aide qu’ils pouvaient fournir dans la lutte contre les communistes et les rebelles kurdes en Turquie.

Décès[modifier | modifier le code]

Türkeş meurt d'une crise cardiaque le 4 avril 1997. Son enterrement est retransmis en direct à la télévision turque avec la présence de nombreuses personnalités turques et une cérémonie d'État est organisée pour l'occasion. Devlet Bahçeli lui succède à la tête du MHP.

Idéologies et influences[modifier | modifier le code]

Parmi les modèles de Türkeş on peut noter l’écrivain d’extrême droite Nihal Atsiz, de la première moitié du XXe siècle, écrivant sur la vie des Turcs des steppes d’Asie Centrale il y a plusieurs siècles[5].

C’est une idéologie qui vise donc à glorifier un peuple turc existant et resté pur depuis des siècles, niant les mélanges incontestables qu’a provoqué l’Empire ottoman[non neutre]. Comme son mentor Nihal Atsiz, Alpaslan Türkeş voit les Turcs comme un peuple directement issu des Huns.

Ses idées sur le plan économique, présentées dans le programme des « 9 lumières », prônent le développement des campagnes, le développement technique, le développement du pays. Les campagnes turques peu développées ont toujours été la base d’un soutien important pour les idées d’Alparslan Türkeş.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (tr) « BAŞBUĞ Alparslan TÜRKEŞ » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?). Consulté le 20130318
  2. (tr) (en) Abdullah Muradoğlu, « Türkeş'in Gizli Dünyası », Yeni Şafak,‎ 16 août 2003 (lire en ligne)
  3. (en) Ilnur Cevik, « Turkish Nationalists Lose Their Leader », Turkish Daily News, Hürriyet,‎ 11 avril 1997 (lire en ligne)
  4. Martin A. Lee,« Les liaisons dangereuses de la police turque », Le Monde diplomatique, mars 1997 [lire en ligne (page consultée le 25 mai 2008)]
  5. (tr) « Nihal Atsiz sur un site nationaliste de Loups Gris » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?). Consulté le 20130318

Article connexe[modifier | modifier le code]