Alonso de Contreras

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Alonso de Contreras (né à Madrid le 6 janvier 1582 et mort en 1641) est un militaire, corsaire et écrivain espagnol.

Il est l’auteur de mémoires (Vida), écrites peut-être à la demande de son ami Félix Lope de Vega. C’est une des rares œuvres autobiographiques concernant des soldats espagnols de l’armée des Habsbourg et une des plus importantes avec l’Historia verdadera de Bernal Díaz del Castillo.

Biographie[modifier | modifier le code]

Alonso de Guillén Contreras est le fils de Gabriel Guillén et de doña Juana de Roa y Contreras, mariés en 1567 en l’église de San Miguel, de Madrid. Il prend le nom de la famille de sa grand-mère maternelle lorsqu’il s’enrôle dans l'armée.

Très jeune (12 ou 13 ans), il poignarde un camarade d’études et le tue. Il est banni pendant une année à Avila

Il commence, ensuite, à travailler chez un orfèvre mais, compte tenu de son caractère rebelle, il rejoint, à 14 ans, l’armée des Flandres le 7 septembre 1597. Il abandonne très vite son unité pour rejoindre Palerme et embarquer sur les galères de Pedro de Toledo pour combattre les Turcs et les pirates barbaresques.

C’est à partir de Malte que les navires chrétiens harcèlent les populations arabes d’Afrique du Nord et de la mer Égée, et arraisonnent leurs navires. Ils agissent, soit seul, soit en groupe lors de missions de plus grande envergure. C’est là qu'Alonso de Contreras apprend l’art de la navigation.

En 1601, il reçoit le commandement d’une frégate et on lui confie la surveillance des îles grecques pour y espionner les Turcs dont il commence à maîtriser la langue. Parallèlement, il s’initie au corse.

Pendant un séjour en Espagne, après avoir tenté, sans succès, de faire carrière à la Cour, il se retire à Moncayo comme ermite. Accusé d’être de connivence avec les Maures, il en est expulsé et jugé (il est accusé d’être le chef d’une conspiration). Même si l’on ne retient rien contre lui, il continue à être harcelé et part pour les Flandres où il sert en tant qu’officier. Plus tard, il obtient l’autorisation de retourner sur la Méditerranée, avec une recommandation pour le Grands maîtres de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem. En 1611, il reçoit à nouveau le commandement d’un navire et entre dans l’Ordre comme novice.

Il se marie en Italie. Trompé par sa femme, il l’assassine avec son amant. De tempérament querelleur, il est mêlé à plusieurs disputes, ce qui lui vaut, à différentes reprises d’être incarcéré.

Il obtient le grade de capitaine d’infanterie, participe à une expédition dans les Indes occidentales et reprend son activité de corsaire autour de Porto Rico contre sir Walter Raleigh qu’il appelle Guatarral. En 1616, il retourne en Espagne pour reprendre ses activités maritimes consistant à rechercher et à capturer les pirates barbaresques. Il réussit si bien que les Turcs mettent sa tête à prix. Pendant un certain temps, il occupe les fonctions de gouverneur de L'Aquila[1], au nord-est de Rome, avec la consigne de remettre de l’ordre, vu que la population était isolée et rebelle. Il exécute sa mission avec beaucoup de brutalité. Il est présent lors d’une éruption du Vésuve et sauve un couvent de religieuses de la catastrophe. En 1630, il quitte le service armé. Peut-être à la demande de Lope de Vega, chevalier du même Ordre, qui lui a dédié une comédie et qui l’a reçu dans sa maison, il rédige ses mémoires qui ne seront publiées qu’en 1900.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Usant de la démarche habituelle pour se mettre en valeur, Alonso de Contreras a écrit plusieurs récits relatant sa vie. Certains d’entre eux sont aujourd'hui archivés aux Archives générales de Simancas. Il a écrit un derrotero del Mediterráneo qu'il a cru perdu mais qui a été retrouvé et publié. Il a pour titre : Derrotero universal desde el Cabo de San Vicente, en el Mar Océano, costeando Cartagena, Cataluña, Francia, Nápoles, Golfo de Venecia, Archipiélago de Levante, Caramania, Natolia, Suria, Egipto, Nilo, volviendo por Berbería hasta Cabo Cantín, Islas de Sicilia, Cerdeña, Mallorca, Candía, Chipre. Le manuscrit original se trouve aujourd'hui à la Bibliothèque nationale de Madrid.

Son autobiographie a pour titre original : Vida, nacimiento, padres y crianza del capitán Alonso de Contreras, natural de Madrid Cauallero del Orden de San Juan, Comendador de vna de sus en comiendas en Castilla, escrita por él mismo, y por subtítulo, Discurso de mi vida desde que salí a servir al rey, de edad de catorce años, que fue el año de 1597, hasta el fin del año de 1630, por primero de octubre, que comencé esta relación. Le manuscrit original se trouve aujourd'hui à la Bibliothèque nationale de Madrid.

Le manuscrit a été découvert en 1900 par D. Manuel Serrano et Sanz, éditeur de la première édition qui contenait des suppressions et des erreurs. Par la suite, il y eut plusieurs éditions avec des préfaces et des commentaires de divers auteurs. L'œuvre a été publiée en 1943, avec un exposé introductif de José Ortega y Gasset, et plus récemment par l’hispanisant Harry Ettinghausen.

Le style de son récit, comme affirme l'auteur lui-même, est sec et sans fioritures et c’est sans doute le principal attrait de son récit qui est très vivant, changeant et intéressant pour tous les thèmes, de la sociologie à l'Histoire et à la psychologie.

Rafael Gil a écrit et réalisé un film en 1955, La otra vida del capitán Contreras (L'autre vie du capitaine Contreras), avec Fernando Fernán Gómez à partir du roman de Torcuato Luca de Teins (1953).

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Alonso de Contreras, Memorial de Servicios, écrit vers 1628. Le manuscrit original est conservé aux Archives générales de Simancas
  • Alonso de Contreras, Memorial de Servicios, écrit vers 1645. Le manuscrit original est conservé aux Archives générales de Simancas
  • Le manuscrit original de son Derrotero est conservé à la Bibliothèque nationale de Madrid
  • Le manuscrit original de sa Vida est conservé à la Bibliothèque nationale de Madrid
  • 1900 : Alonso de Contreras, Vida del capitán Alonso de Contreras, Édition de Manuel Serrano y Sanz (avec quelques suppressions et de nombreuses erreurs), Boletín de la Real Academia de la Historia, XXXVII
  • 1911 : Édition en français. Mémoires du capitan Alonso de Contreras, lequel, de marmiton se fit commandeur de Malte, écrits par lui-même et mis en français par Marcel Lami et Léo Rouanet. Éditeur : H. Champion (1911)
  • 1912 : José Muñoz Escámez publie à Parus une autre édition en espagnol intitulée De pinche a comendador
  • 1924 : Édition en allemand
  • 1926 : Édition en anglais
  • 1943 : Revista de Occidente publie une édition, avec une préface de Ortega y Gasset, qui ne se réfère pas entièrement à l’original
  • Alonso de Contreras, Vida del capitán Alonso de Contreras, Biblioteca de Autores Españoles, Tomo XC, 1956. Cette édition inclut également le Derrotero del Mediterráneo de Contreras
  • Alonso de Contreras, Vida del capitán Alonso de Contreras, Éditions Taurus, 1965, préface de Manuel Criado de Val
  • Alonso de Contreras, Vida del capitán Alonso de Contreras, Alianza Editorial, 1967, préface de José Ortega y Gasset
  • Alonso de Contreras, Vida del capitán Contreras. Barcelona : Editorial Sopena, 1969
  • Alonso de Contreras, Discurso de mi vida, édition, introduction et notes de Henry Ettinghausen, Ed. Bruguera-Libro Clásico, 1983
  • Alonso de Contreras (Auteur), Olivier Aubertin (Auteur), Mémoires du capitán Alonso de Contreras. Éditeur : Viviane Hamy (1989), # Collection : Domaine étranger. (ISBN 2878580028)
  • Alonso de Contreras Mémoires du Capitán Alonso de Contreras (1582-1633). Éditeur : Viviane Hamy (1992), Collection : Domaine étranger. (ISBN 287858015X)
  • José Ortega y Gasset (Postface), Alonso de Contreras (Auteur), Ernst Jünger (Préface), Olivier Aubertin (Traduction), Mémoires du capitán Alonso de Contreras. Éditeur : Viviane Hamy (2005), Collection : bis. (ISBN 287858211X)
  • Publication d’une nouvelle édition de Discurso de mi vida, de Alonso de Contreras, La Tinta del Calamar Ediciones, mai 2007. En plus de la préface de Ortega y Gasset qui a été publiée dans la Revista de Occidente, se trouve une introduction de Rafael Reig
  • Publication en 2008 d’une nouvelle édition du Discurso de mi vida, aux éditions Editorial Reino de Redonda, avec une préface de Arturo Pérez-Reverte

Notes[modifier | modifier le code]

  1. page 94 de son autobiographie

Source[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]