Aloïs Riegl

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Aloïs Riegl.

Aloïs Riegl, né le 14 janvier 1858 à Linz et mort le 17 juin 1905 à Vienne, est un historien de l'art autrichien, auteur notamment de Der moderne Denkmalkultus, sein Wesen, seine Entstehung, traduit en français sous le titre Le Culte moderne des monuments, son essence et sa genèse..

Formation[modifier | modifier le code]

Riegl a fait ses études à Vienne. Il a suivi en particulier les cours de philosophie et d'histoire de Franz Brentano, Alexius Meinong, Max Büdinger (de) et Robert Zimmerman. Il est considéré comme un des membres fondateurs de la première École de Vienne avec Franz Wickhoff (de). Ils seront suivi notamment par Max Dvorak (de), Julius von Schlosser, et Otto Pächt.

Carrière[modifier | modifier le code]

1886 - 1897 : conservateur à l'Österreichisches Museum für Kunst und Industrie (de) (musée de Vienne). 1897 : professeur à l'université de Vienne. 1903 : publication du culte moderne des monuments, alors que Aloïs Riegl présidait une commission sur les monuments historiques.

Le Culte moderne des monuments[modifier | modifier le code]

En 1902, il accepte une mission de la commission centrale des monuments historiques autrichiennes sur la protection des monuments historiques. Le rapport qu'il remet est constitué de trois parties :

  • la première partie est une étude épistémologique sur le monument historique. Cette partie a été publiée en 1903 à part sous le titre ''Der moderne Denkmalkultus, sein Wesen, seine Entstehung et traduit en français sous le titre Le Culte moderne des monuments ;
  • la deuxième est législative, c'est l'équivalent de la loi française du 31 décembre 1913 sur les monuments historiques, étayé sur la première partie ;
  • la troisième est technique, elle traite des mesures à prendre.

Ouvrage fondamental en histoire de l'art, mais aussi et surtout en restauration, le Culte moderne des monuments propose une grille de valeurs et de sous-valeurs permettant d'analyser les monuments. Cette grille est basée sur la notion, nouvelle de Kunstwollen, « vouloir artistique » (plutôt que "volonté d'art" ou "volonté artistique"[1],[2]).

Aloïs Riegl pose également une distinction importante sur laquelle s'appuient encore aujourd'hui les auteurs qui pensent le patrimoine (Françoise Choay, Jean Davallon...) : il s'agit de la distinction entre monument et monument historique, le premier incarnant l'histoire a priori, le second a posteriori par la lecture qu'on en a[3].

Aperçu bibliographique[modifier | modifier le code]

  • Alois Riegl et Jacques Boulet. 1984. Le culte moderne des monuments. Sa nature, son origine. Paris-Villemin : École d'Architecture (In Extenso, 3). ISBN 2-905222-02-6.
  • Alois Riegl, Le culte moderne des monuments. Son essence et sa genèse [Alois Riegl. Trad. de l'allemand par Daniel Wieczorek. Avant-propos de Françoise Choay]. Paris : Éditions du Seuil 1984 (Espacements). ISBN 2-02-006821-4.
  • Alois Riegl, L'industrie d'art romaine tardive (trad. Marielène Weber, Sophie Yersin Legrand, préf. Christopher Wood, postf. Emmanuel Alloa), Paris, Macula, coll. "La littérature artistique", 2014, 476p. (ISBN 978-2-86589-075-0)
  • Zerner Henri, "L'histoire de l'art d'Aloïs Riegl : un formalisme tactique", in Écrire l'histoire de l'art. Figures d'une discipline, Paris, Gallimard, 1997.
  • Gabi Dolff-Bonekämper : Gegenwartswerte. Für eine Erneuerung von Alois Riegls Denkmalwerttheorie. Dans : Hans-Rudolf Meier und Ingrid Scheurmann (eds.) DENKmalWERTE. Beiträge zur Theorie und Aktualität der Denkmalpflege. Georg Mörsch zum 70. Geburtstag. Deutscher Kunstverlag, Berlin, München 2010, ISBN 978-3-422-06903-9, p. 27-40.
  • Céline Trautmann-Waller : Alois Riegl (1858-1905). Dans : Michel Espagne et Bénédicte Savoy (eds.) Dictionnaire des historiens d'art allemands. CNRS Éditions, Paris 2010, ISBN 978-2-271-06714-2, S. 217-228; 405.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. voir la note du traducteur dans : Otto Pächt, Questions de méthode en histoire de l’art, Paris : Macula, 1977, p. 73.
  2. Et voir aussi : Erwin Panofsky, « Le concept de Kunstwollen », La perspective comme forme symbolique, Paris : Minuit, 1975, pp.197-221.
  3. Jean Davallon écrit à ce propos que le premier est universel, le second une construction occidentale

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]