Almogavres à Gallipoli

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Histoire[modifier | modifier le code]

Les troupes almogavres de Roger de Flor installent leur camp à Gallipoli en 1304, de retour de leur campagne d'Anatolie contre les Turcs. Berenguer d’Entença y arrive en octobre de la même année, alors que Roger de Flor s'est rendu à Constantinople, auprès de l'empereur Andronic. Il le rejoint, puis tous deux s'en retournent à Gallipoli, Roger avec le titre de César de l'Empire et Berenguer avec celui de Mégaduc. La femme et la belle-mère du César sont du voyage.

Après les fêtes de Noël, Roger de Flor retourne à Constantinople où il met sur pied avec l'Empereur le plan de la nouvelle campagne en Asie Mineure. Il informe sa femme qu'il va se rendre à un banquet offert en son honneur par Michel, fils aîné d'Andronic et cousin de l'épouse du César. Celle-ci, qui connaît la duplicité de son cousin, tente de l'en dissuader, mais Roger ne l'écoute pas. Il se rend à Andrinople, lieu du banquet, et y est assassiné par Gircon, chef des Alains, en même temps que cent trente chefs almogavres (5 avril 1305).

Michel avait envoyé au préalable des Turcopoles et une partie des Alains à Gallipoli, avec mission, le jour où le César serait tué, de ravager Gallipoli et de massacrer tous les Almogavres. L'assaut dure quinze jours, mais la Compagnie résiste, malgré de lourdes pertes. Les assiégés envoient des émissaires à l'Empereur, pour le défier, mais celui-ci, contrevenant aux règles de la chevalerie, les fait exécuter. Berenguer d'Entença est pris à son tour, mais garde la vie sauve.

Les Almogavres coulent leurs bateaux pour ne pas avoir la tentation de fuir Gallipoli et prennent toutes dispositions pour mieux résister. Leurs ennemis lancent un assaut majeur le 7 juin 1305. Les Almogavres contre-attaquent et les défont. Michel marche alors en personne contre Gallipoli, à la tête de dix-sept mille cavaliers et cent mille fantassins (chiffres donnés par Ramon Muntaner). Les Almogavres, évidemment, avancent vers eux et les défont à nouveau.

Maîtres de la contrée, ils la mettent à sac, osant même aller se promener jusqu'aux portes de Constantinople.

Lors d'une absence des combattants de Gallipoli, un certain Cristòvol Jordi, certainement italien, qui se rend auprès de l'Empereur, décide d'attaquer au passage la ville, à la garde d'une dizaine d'Almogavres. Bien qu'à la tête de quatre-vingts chevaliers bien équipés, Cristòvol Jordi est battu.

Par la suite, les Almogavres gagnent la Bulgarie, défont les troupes des Alains et tuent leur chef, Gircon, l'assassin de Roger de Flor.

Apprenant l'absence des soldats almogavres de Gallipoli, l'Empereur envoie une flotte de Génois, sous le commandement d'Antonio Spindola, pour s'emparer de la ville. Les hommes restés sur place étant trop peu nombreux pour faire face efficacement aux assaillants, les femmes sont mises à contribution et prennent les armes. Ramon Muntaner, le trésorier de la Compagnie, est dans la place et organise la résistance. Les femmes se montrent si vaillantes, que les Génois sont défaits à plate couture. Cet épisode glorieux de la défense de Gallipoli par les femmes a fait longtemps la fierté des Catalans.

Les dissensions entre Grecs et Almogavres profitent aux Turcs, qui reprennent l'Anatolie et s'engagent même dans la péninsule de Gallipoli (la Cherchonèse). Un de leurs chefs, Isaac Méleck, fait alliance avec la Compagnie, ainsi que des Turcopoles.

L'infant Ferdinand (Ferran), troisième fils de Jacques II de Majorque, cousin de Frédéric II de Sicile, se rend à Gallipoli, pour en prendre possession au nom du roi de Sicile. Sa venue crée des tensions entre les chefs almogavres. L'un d'eux, Bernat de Rocafort, qui ne veut pas reconnaître l'autorité de l'Infant au nom du Roi, tue un autre chef, Berenguer d’Entença, et contraint un troisième, Ferran Eiximenis, à la fuite; suite à ces événements, l'infant Ferdinand abandonne Gallipoli en compagnie de Ramon Muntaner.

S'étant coupé de la Maison d'Aragon, Rocafort tente de se rapprocher de la Maison ennemie d'Anjou, mais il se montre si injuste envers les siens, qu'ils finissent par l'abandonner. Livré au roi Robert de Naples, il meurt de faim dans ses prisons.

Appelés par le comte de Brienne, qui vient d'hériter du duché d'Athènes et qui est en butte aux convoitises de ses voisins, les Almogavres abandonnent Gallipoli pour n'y plus revenir, car le comte de Brienne ayant voulu les flouer, ils se sont rendus maîtres du duché et s'y sont installés. Les Turcs et les Turcopoles qui les ont suivis jusque là les quittent et se font massacrer traîtreusement par l'empereur byzantin.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie (en français)[modifier | modifier le code]

Lien interne[modifier | modifier le code]