Alligator d'Amérique

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Alligator mississippiensis

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Alligator d'Amérique

Classification selon ReptileDB
Règne Animalia
Embranchement Chordata
Sous-embr. Vertebrata
Classe Reptilia
Ordre Crocodilia
Famille Alligatoridae
Sous-famille Alligatorinae
Genre Alligator

Nom binominal

Alligator mississippiensis
(Daudin, 1802)

Statut de conservation UICN

( LC )
LC  : Préoccupation mineure

Statut CITES

Sur l'annexe  I  de la CITES Annexe I , Rév. du 01/07/75

Statut CITES

Sur l'annexe  II   de la CITES Annexe II , Rév. du 28-06-1979

Alligator mississippiensis, l'Alligator d'Amérique ou cocodri(e) ou crocodril en français cadien[1], est une espèce de crocodiliens de la famille des Alligatoridae[2] et de la sous-famille des Alligatorinae.

Description[modifier | modifier le code]

La longueur moyenne des mâles est comprise entre 4 et 4,5 mètres et ils peuvent atteindre exceptionnellement 5 à 6 mètres. Les femelles mesurent moins de 3 mètres. Il est plus grand que l'autre espèce d'alligator, l'Alligator de Chine.

Il a été mesuré en laboratoire que l'alligator américain peut exercer entre ses mâchoires une force atteignant 9 452 N, soit le poids d'une masse de 964 kg. Cette force dans la mâchoire est supérieure à celle que peut fournir n'importe quelle autre espèce actuellement vivante. Toutefois, l'étude n'a pas été menée sur d'autres crocodiliens[3].

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Écologie et biologie[modifier | modifier le code]

L'espèce fréquente les eaux douces marécageuses mais peut se rencontrer aussi dans des rivières ou des lacs. Elle tolère un léger degré de salinité durant un bref laps de temps et peut alors se trouver dans des eaux saumâtres comme des mangroves.

Les jeunes se nourrissent d'invertébrés et particulièrement d'insectes, de petits poissons et de grenouilles. En grandissant, ils chassent des proies de plus en plus grandes comme des tortues, des petits mammifères, des oiseaux, des reptiles y compris d'autre alligators.

Cette espèce peut rester sous l'eau plusieurs heures en détournant la circulation sanguine uniquement vers les poumons et le cerveau ; si elle nage ou chasse, cette durée est réduite à 20 minutes. Les poumons lui servent à respirer, mais aussi à manœuvrer sous l'eau selon une étude réalisée par des biologistes de l’Université d'État de l'Utah[4]. Ses poumons agissent comme des « flotteurs internes » (variation de flottabilité comme la vessie natatoire des poissons, projetant ses poumons sur le côté lorsqu'elle se retourne sur elle-même, vers la tête lorsqu’elle refait surface, vers la queue quand elle plonge), lui permettant ainsi lorsqu'elle chasse de se déplacer discrètement sans alerter la proie. En conclusion de cette étude, les chercheurs émettent l'hypothèse que le développement du muscle du diagraphme a eu d'abord une fonction locomotrice puis une fonction respiratoire et étendent leurs observations à certaines tortues, salamandres, grenouilles africaines à griffes et lamantins qui pourraient avoir la même adaptation apparue chez les archosauriens[5].

La détermination du sexe dépend de la température régnant durant une période critique de l’incubation. Une température inférieure à 30°C entre le 7e et le 21e jour ne donnera que des femelles ; si la température excède 34°C, le nid ne donnera que des mâles[6]. Si la température varie, la proportion entre les mâles et les femelles variera également.

Article connexe : Œuf amniotique.

Distribution[modifier | modifier le code]

Distribution

Cette espèce se rencontre aux États-Unis dans la totalité de la Floride et de la Louisiane, les parties méridionales de la Géorgie, de l'Alabama et du Mississippi; les régions côtières de la Caroline du Sud et de la Caroline du Nord, le sud-est du Texas et l'extrême Sud-Est de l'Oklahoma et de l'Arkansas. La majorité des alligators américains se situent en Floride et en Louisiane, avec plus d'un million d'individus dans chaque État. Cette espèce est aussi présente dans le nord du Mexique.

Les alligators américains vivent dans des environnements d'eau douce, comme les étangs, les marais, les marécages, les rivières et les lacs, ainsi que dans les milieux saumâtres. La Floride du Sud est le seul endroit où coexistent alligators et crocodiles.

Systématique[modifier | modifier le code]

L'espèce a été décrite par le naturaliste François Marie Daudin en 1802, sous le nom initial de Crocodilus mississipiensis[7]. Le nom de l'espèce, mississippiensis, vient du fleuve Mississippi suivi du suffixe latin ensis (provenant de).

Synonymes[modifier | modifier le code]

  • Crocodilus mississipiensis Daudin, 1802 Protonyme
  • Crocodilus lucius Cuvier, 1807
  • Alligator lucius (Cuvier, 1807)
  • Crocodilus cuvieri Leach, 1815

Taxinomie[modifier | modifier le code]

François Marie Daudin utilisa l'orthographe de l'époque lorsqu'il décrivit la première fois cette espèce. En effet, il orthographia son nom en mississipiensis, avec un seul p tandis qu'aujourd'hui, le p est redoublé. La nouvelle orthographe a été rétablie par une décision de la Commission internationale de nomenclature zoologique.

L'Alligator d’Amérique et l'Homme[modifier | modifier le code]

On connaît des cas exceptionnels où un alligator ait attaqué des enfants et même des adultes. Les alligators sauvages que des êtres humains nourrissent s'habituent à la présence humaine et attaquent plus volontiers.

Protection[modifier | modifier le code]

Ses effectifs sont estimés à plus d'un million de spécimens. Cette espèce est la mieux connue parmi les crocodiliens. Les programmes de protection mis en place à la fin des années 1960 ont permis une très nette augmentation de ses effectifs. C'est en particulier l'instauration de quotas sur la chasse qui a permis cette embellie. Les fermes d'élevage, aujourd'hui on en compte plus de 150, ont permis des réintroductions dans de nombreux milieux où ils avaient disparu (par exemple en Arkansas et au Mississippi).

Cuisine[modifier | modifier le code]

L'alligator entre à titre de composant dans la cuisine cadienne. Il est surtout utilisé dans des recettes de ragoûts, tel le gumbo. Sa chair dense et blanche est très ressemblante, selon les dires, au poulet.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Amanda Lafleur, Benjamin Forkner, « A Cajun French-English Glossary », sur Louisiana State University (consulté le 30 octobre 2010)
  2. Référence Reptarium Reptile Database : Alligator mississippiensis  (en)
  3. (en) Gregory M. Erickson, A. Kristopher Lappin et Kent A. Vliet, « The ontogeny of bite-force performance in American alligator (Alligator mississippiensis) », Journal of Zoology, no 260,‎ 9 janvier 2003, p. 317-327 (ISSN 0952-8369, lire en ligne [PDF])
  4. Ils ont implanté des électrodes sur les muscles respiratoires (notamment ceux du diaphragme) d'un alligator et l'ont filmé, pouvant corréler ainsi ses mouvements et l'action de ces muscles.
  5. (en) T.J.Uriona et C.G Farmer, « Recruitment of the diaphragmatics, ischiopubis and other respiratory muscles to control pitch and roll in the American alligator (Alligator mississippiensis) », Journal of Experimental Biology (en), vol. 211,‎ 2008, p. 1141-1147
  6. Description des reptiles sur batraciens-reptiles.com
  7. * Daudin, 1802 : Histoire naturelle, générale et particulière des reptiles ; ouvrage faisant suit à l'Histoire naturelle générale et particulière, composée par Leclerc de Buffon ; et rédigée par C. S. Sonnini, membre de plusieurs sociétés savantes, vol. 2, F. Dufart, Paris, p. 1-432 (texte intégral)

Liens externes[modifier | modifier le code]

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