Allied Military Government of Occupied Territories

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Billet de 100 francs émis par les États-Unis, sur le modèle du dollar US. Si la devise républicaine « Liberté, égalité, fraternité » figure bien sur ce billet, en revanche seul le mot « France » est mentionné et non République française.

L'Allied Military Government of Occupied Territories (AMGOT), pour « gouvernement militaire allié des territoires occupés », est un gouvernement militaire d'occupation constitué par des officiers américano-britanniques chargés d'administrer les territoires libérés au cours de la Seconde Guerre mondiale. Ce gouvernement devait être mis en place de manière à assurer un fonctionnement de l'administration en attendant l'établissement de gouvernement légitime, c'est-à-dire élu par le peuple.

Ce gouvernement militaire a été établi avec succès dans certains pays, alors que dans d'autres il a été considéré comme illégitime et a rapidement été remplacé par un gouvernement national de transition.

Histoire[modifier | modifier le code]

Considérant qu'il n'y avait pas de gouvernement légitime dans les pays précédemment occupés par les pays de l'Axe et que l'administration de ces territoires devait être réalisée, les Alliés mettent en place l'Allied Military Government of Occupied Territories (AMGOT) qui est une section des états-majors alliés[1].

Des officiers militaires sont formés à l'administration civile dans des universités américaines comme celles de Virginie et Yale. Une fois les forces alliées occupant les territoires libérés, ces officiers assurent tous les aspects de l'administration civile, des transports à la justice en passant par la monnaie (à ce titre une monnaie est émise pour chaque pays occupé)[1].

C'est la Sicile qui est le premier territoire administré par l'AMGOT, le reste de l'Italie suit avec la progression des forces alliées, puis d'autres pays européens comme la Norvège, les Pays-Bas, le Luxembourg, la Belgique, le Danemark ou encore la France. Dans ces deux derniers pays, des réticences apparaissent vite. À tel point qu'en France l'AMGOT n'eut pas le temps de se mettre en place[1].

Opposition en France[modifier | modifier le code]

Le général de Gaulle, qui avait créé à Alger le Comité français de la Libération nationale (CFLN), puis en France le Gouvernement provisoire de la République française (GPRF), s'oppose vigoureusement à l'AMGOT prévu en France pour une durée de un an[2] avec un effectif de 1 500 hommes[3].

Il déclare notamment que les billets de banque, appelés communément billet drapeau, mis en circulation en Normandie par l'armée américaine immédiatement après le débarquement n'étaient que de la fausse monnaie. Il s'agissait de billets verts libellés en francs. Franklin Delano Roosevelt finit par admettre la légitimité du GPRF le [4], après le discours de de Gaulle au balcon de l'Hôtel de ville de Paris le 25 août.

Algérie[modifier | modifier le code]

Le 21 janvier 1944, les « Affaires civiles » (Civil Affairs) établissent une base à Alger pour le sud de la France, le même mois, des billets drapeaux franc algérien sont imprimés et mis en circulation. L'organisme émetteur « Banque de l'Algérie » est remplacé par « Région économique de l'Algérie »[5]. Février, les Affaires civiles sont placées sous l'autorité des Forces Expéditionnaires Alliées (Allied Expeditionary Force). Dans la foulée les négociations monétaires franco-américaines s'effondrent. Le 22 août le poste des Affaires civiles est relevé de ses fonctions[6].

En Italie[modifier | modifier le code]

En Italie, l'AMGOT dépend du quartier général des Armées alliées en Italie, au sommet duquel se trouvait le Général Harold Alexander, qui en sa qualité de chef suprême de l'armée était aussi gouverneur militaire des zones occupées. Immédiatement au-dessous de lui se trouve le Major-général Francis Rodd flanqué du Commodore Howard Hartwell James Benson et du colonel Charles Poletti, remplacé ensuite par le colonel Chapman.

La Sicile est le premier territoire administré par l'AMGOT, le reste de l'Italie suit à mesure de l'avancée des forces Alliées.

Quand est signé le « Long Armistice » du , l'AMGOT est chargée d'administrer tout le territoire italien aux mains des Alliés, sauf les provinces de Lecce, de Brindisi, de Bari et de Tarente, assignées par les Alliés le au Royaume du sud. Par la suite, avec la restitution des territoires au gouvernement italien, subordonné de toute façon à la surveillance de la Commission de contrôle Alliée (CCA), créée le , sa compétence se limite à Naples, aux zones proches du front et à celles qui présentaient un intérêt militaire particulier.

Un des aspects les plus négatifs de l'administration Alliée pour l'Italie fut l'émission massive de prétendues Am-Lires qui provoquèrent une perte de valeur de la lire au profit du dollar et de la livre. Ce qui désormais s'appelle AMG continue alors d'exercer son autorité en Italie, formant maintenant un tout avec la CCA jusqu'au . Un cas particulier est celui de la Zone A du futur Territoire libre de Trieste, ainsi dénommé à partir de 1947, où, après que le les forces anglo-américaines se substituent aux Yougoslaves, est établi le 12 juin un gouvernement de l'AMG qui reste en place jusqu'au passage de la Zone à l'Italie le .

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c (fr) « Les billets de banque de l'Amgot », Mémorial de Caen,‎ 2001 (consulté le )
  2. François Cochet, Comprendre la Seconde Guerre mondiale: dates, thèmes, noms, Studyrama,‎ 2005, 172 p. (ISBN 2844725988, lire en ligne), « Amgot », p. 68
  3. Stéphane Simonnet, Atlas de la Libération de la France, éd. Autrement, Paris, 1994, réimp. 2004 (ISBN 2-7467-0495-1) , p 64
  4. Stéphane Simonnet, Atlas..., p. 64.
  5. Billet drapeau version franc algérien - date d'impression: janvier 1944
  6. Dubious Liberators: Allied Plans to Occupy France, 1942-1944

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]