Alliance Base

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Alliance Base était un organisme international spécialisé dans la lutte antiterroriste, commun à un certain nombre de services de renseignement occidentaux, qui exista entre 2002 et 2009.

Création[modifier | modifier le code]

Alliance Base a été mis en place au lendemain des attentats du 11 septembre 2001 par le Président de la République française, Jacques Chirac, et l'administration américaine du Président George W. Bush à la demande de ce dernier (Des documents officiels du ministère de la Défense montrent que le projet est en cours dès avril 2002.). Il fonctionne comme un système permanent d'échanges d'informations et de coordination entre les services secrets français (DGSE), la CIA et d'autres services invités à y participer en raison de leurs connaissances jugées suffisamment pointues dans le domaine du terrorisme islamiste (BND allemand, MI5 et MI6 britanniques de même que des représentants des services canadien et australien). Les Etats-Unis étaient demandeurs d'un tel partenariat car le tout technologique avait montré ses limites et les européens en particulier avait une plus grande expérience dans le domaine de la lutte contre des mouvements terroristes ou séparatistes (utilisation d'agents retournés, sources, agents infiltrés et surtout très bonne connaissance du milieu islamiste ce qui faisait défaut à la CIA et au FBI).

La cible de cette "entente" inter-services est clairement définie : Al-Qaida ; le titre Alliance Base étant la traduction littérale anglaise de l'organisation d'Oussama ben Laden. Selon le quotidien américain Washington Post (juillet 2005)[1], la cellule Alliance Base concentrerait ses efforts depuis 2002 à la lutte contre cet unique objectif. Le but : analyser les mouvements terroristes transnationaux et lancer des opérations pour espionner ou capturer des suspects.

Le directeur de cet organisme est « un général français assigné à la DGSE », la langue de travail est le français et le financement américain. Le siège, à Paris, serait situé entre les Invalides et l'École militaire.

Si l'Alliance Base à Paris est un modèle, d'autres organismes similaires auraient été mis en place par les Etats-Unis et d'autres pays (avec l'Algérie par exemple[2]).

Déroulement de la coopération[modifier | modifier le code]

Si les relations politiques franco-américaines se sont singulièrement refroidies à partir de 2003 et l'invasion de l'Irak, les 2 pays n’ont jamais cessé, depuis le 11 septembre 2001, de collaborer étroitement dans la lutte contre le terrorisme islamiste. La DGSE, tout comme la Direction de la surveillance du territoire (DST, contre-espionnage), ont des « relations bilatérales régulières » avec leurs homologues de la CIA et du FBI. Cette coopération, selon les sources proches des services, porte à la fois sur le renseignement classique traditionnel (sur les personnes suspectes, leurs activités, leurs déplacements…) et sur le renseignement opérationnel, « celui qui débouche directement sur le démantèlement de réseaux et des interpellations ». « Alliance Base » choisit méticuleusement ses « cas », détermine un pays comme théâtre d'opération et remet entre les mains des agents de ce pays la tâche d'exécuter l'opération. Les personnes interpellées sont ensuite minutieusement interrogées.

Les excellentes relations opérationnelles au sein de l'Alliance Base entre les services français et américains (C’est « l'une des meilleures au monde », a commenté l'ancien directeur intérimaire de la CIA, John McLaughlin, en parlant de la collaboration entre les deux services secrets) se sont principalement manifestées sur le théâtre afghan. Dès le déclenchement des opérations en octobre 2001, le Special Operation Group (Special Activities Division) de la CIA a pu compter sur l'aide, modeste, du petit réseau que la DGSE avait maintenu sur place auprès de l'Alliance du Nord du défunt commandant Massoud. En 2003, la France aurait même transmis aux États-Unis une vidéo montrant Oussama ben Laden dans son maquis afghan. C'est l'un des très rares pays à participer aux bombardements avec les Américains sur les zones tenues par les talibans et Al-Qaïda. Elle a placé de 2003 à janvier 2007, sous commandement opérationnel américain, une centaine de commandos de son Commandement des opérations spéciales dans le district de Spin Boldak de la province de Kandahar (sud de l'Afghanistan).

De même, elle aurait ainsi permis à la CIA de se servir de ses installations aériennes à Djibouti, afin de faire décoller un drone armé RQ-1 Predator pour tuer des membres d’Al-Qaida. Cette opération s’est déroulée au Yémen, le 3 novembre 2002. Abou Al-Harithi, soupçonné d'être à l'origine de l'attaque contre le destroyer américain USS Cole le 12 octobre 2000 dans la rade d’Aden, avait été tué par un missile, ainsi que six autres terroristes.

On attribue à Alliance Base l'arrestation d'environ une soixantaine de personnes et de déjouer un certain nombre d'attentats en préparation. Par exemple celui qui aurait été fomenté sur l'île de La Réunion par Karim Medhi et Christian Ganczarski tête pensante et financière de l'opération. Ganczarski a été arrêté le 3 juin 2003. C'est un Allemand d’origine polonaise converti à l'islam, et considéré comme « l’un des plus importants membres européens d’Al-Qaïda vivants » . Lié a l'attentat commis en 2002 à Djerba, il est incarcéré en France depuis son arrestation.

La coopération Alliance Base a été arrêtée à l'été 2009 à la suite d'une mésentente entre l'administration Obama et la communauté du renseignement[3].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://www.washingtonpost.com/wp-dyn/content/article/2005/07/02/AR2005070201361_pf.html Article du Washington Post
  2. http://www.algeria-watch.org/fr/article/pol/us/alliance_base.htm
  3. David Servenay, « Terrorisme : pourquoi Alliance Base a fermé à Paris », Rue89,‎ 24 mai 2010 (lire en ligne)

Liens internes[modifier | modifier le code]

Autres liens d'intérêt[modifier | modifier le code]