Allez France (cheval)

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Allez France (1970-1989) était un cheval de course pur-sang anglais qui participait aux courses hippiques de plat. Appartenant à Daniel Wildenstein, elle fut la première pouliche de l'histoire à glaner plus d'un million de dollars de gains[1].

Carrière de courses[modifier | modifier le code]

Née aux États-Unis, Allez France débuta sa carrière à 2 ans sous la houlette d'Albert Klimscha et la monte d'Yves Saint-Martin, sous les couleurs de Daniel Wildenstein, qui l'avait acquise yearling pour près de 200 000 dollars. Son talent se révéla aussi remarquable que sa grande nervosité, et pour la tranquilliser, on lui adjoignit un mouton qui ne devait jamais la quitter, sauf sur la piste. La pouliche affirma sa suprématie sur ses contemporaines en remportant, à la fin de sa première saison, le Prix Marcel Boussac, en prélude à une année de 3 ans qui allait s'avérer exceptionnelle. Elle fut sacrée meilleure pouliche de 2 ans en France.

En 1973, Allez France fait sa rentrée directement dans la Poule d'Essai des Pouliches, où elle s'impose si facilement que son entourage décide de tenter sa chance contre les mâles dans le Prix Lupin. Elle y cause une vive déception, mais appelle de cet échec dans le Prix de Diane, où elle devance la grande championne Dahlia. Elle confirmera qu'elle est bien la meilleure 3 ans française en gagnant le Prix Vermeille à l'automne, malgré une rentrée en demi-teinte dans le Prix de la Nonette (4e). A chacune de ses victoires, sa popularité grandit. Elle est la reine de Longchamp, et fut sans doute l'un des chevaux les plus appréciés en France de toute l'histoire des courses - son nom n'y étant sans doute pas pour rien, tout comme la popularité de son fidèle jockey, et le noseband qu'elle arborait et qui la rendait aisément reconnaissable dans le peloton. Fin 1973, tout le monde espère voir sacrée dans le Prix de l'Arc de Triomphe celle qui a remporté les trois principales courses pour pouliches de 3 ans en France (Poule d'Essai des Pouliches, Prix de Diane, Prix Vermeille), mais c'est sans compter le brillant 4 ans anglais Rheingold, qui la prive du titre suprême. Allez France termine son année par une deuxième place dans les Champion Stakes.

En 1974, Angel Penna devient son entraîneur, mais Yves Saint-Martin reste son partenaire en courses. Ce sera l'année de la consécration : Allez France demeure invaincue et accroche à son palmarès successivement le Prix d'Harcourt, le Prix Ganay, le Prix d'Ispahan, le Prix Foy, en enfin le Prix de l'Arc de Triomphe. Cette édition 1974 de l'Arc restera aussi dans les mémoires pour le courage d'Yves Saint-Martin. Dix jours avant l'épreuve reine, le jockey chute au rond de présentation et souffre d'une fracture à la hanche. Refusant de céder sa place sur le dos de sa partenaire favorite, il entame une rééducation poussée et arrive au matin de l'Arc avec des béquilles. La très délicate et fougueuse pouliche ne lui fait pas de cadeau : bousculée dans la fausse ligne droite, elle oblige son cavalier à démarrer plus tôt que prévu. Malgré tout la championne s'impose dans un public en délire. Allez France est naturellement élue cheval de l'année.

Pour le plus grand plaisir de ses nombreux admirateurs, Allez France reste à l'entraînement à 5 ans, chose rare pour une jument de cette qualité. Elle continue son épopée en s'imposant en début d'année dans le Prix Ganay. Elle échoue toutefois à réaliser un double dans l'Arc, devant se contenter de la 5e place. Mais elle accroche le Prix Foy et le Prix Dollar, ainsi qu'une nouvelle seconde place dans les Champion Stakes. Elle conserve toutefois son titre de meilleure jument d'âge en France.

Au haras[modifier | modifier le code]

Après une tentative infructueuse aux États-Unis, Allez France s'y retire en 1976 pour devenir poulinière. Elle ne parvient pas à engendrer un champion, mais donne tout de même naissance à la bonne Action Française (par Nureyev, lauréate du Prix de Sandringham), mère à son tour d'Androïd (Riverman), qui remporte un Prix de la Jonchère, et grand-mère de Argentina (Sadler's Wells), 2e du Prix de Diane, du Prix Saint-Alary et des Diana Stakes (Gr.1, USA).

Allez France meurt accidentellement en 1989. Entré au Hall of Fame des courses françaises, elle est célébrée chaque année par un Prix Allez France couru à Chantilly.

On oublie souvent de citer quelques anecdotes de la vie de cette jument. En effet, cette jeune championne était très forte mais se sentait seule. Alors pour remédier à cela, on acheta une autre jument. Seulement cette dernière ne courait pas et cela commençait à coûter cher aux entraîneurs. Ils remplacèrent alors la jument par une chienne, et les deux animaux ne se quittèrent plus. Quand après une course la jument rentrait épuisée, elle trouvait dans son box sa chienne. Quand elle se déplaçait, sa chienne restait avec elle à l'arrière d u van. J'ai lu cela dans un livre : Mes Nouvelles Histoires d'Animaux .

Palmarès[modifier | modifier le code]

1972 :

1973 :

1974 :

1975 :

Tableau de bord[modifier | modifier le code]

  • 21 courses, 13 victoires, 4 places
  • Gains : $ 1 386 146
  • Membre du Hall of Fame des courses françaises
  • Meilleure 2 ans de l'année en France (1972)
  • Meilleure 3 ans de l'année en France (1973)
  • Cheval de l'année en France (1974)
  • Meilleure jument d'âge en France (1974, 1975)

Origines[modifier | modifier le code]

Allez France est née dans la pourpre, des œuvres du légendaire Sea Bird et de Priceless Gem, par Hail to Reason. Descendante du mythique Man O'War, Priceless Glem fut l'une des meilleures pouliches de sa génération, remportant les Frizette Stakes et les Futurity Stakes.

Origines de Allez France
Père
Sea Bird
Dan Cupid Native Dancer Polynesian
Geisha
Vixenette Sickle
Lady Reynard
Sicalade Sicambre Prince Bio
Sif
Marmelade Maurepas
Couleur
Mère
Priceless Glem
Hail to Reason Turn-To Royal Charger
Source Sucrée
Nothirdchance Blue Swords
Galla Colors
Searching War Admiral Man O'War
Brushup
Big Hurry Black Toney
La Troienne

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Patrice Trapier, Princes de sang, Solar,‎ 1991 (ISBN 2-263-01663-5), p. 70 à 75


Merci au livre très enrichissant Mes Nouvelles Histoires d'Animaux de Jacques Tremolin