Allemagne de l'Ouest

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50° 44′ 02″ N 7° 05′ 59″ E / 50.73389, 7.09972 ()

Page d'aide sur l'homonymie Cet article concerne l'histoire de la République fédérale d'Allemagne entre 1949 et 1990. Pour la période qui commence avec la réunification, voir Allemagne.

République fédérale d'Allemagne
Bundesrepublik Deutschland (de)

1949 – 1990

Drapeau
Drapeau
Blason
Armoiries

Hymne : Das Lied der Deutschen

Description de cette image, également commentée ci-après

Carte de localisation de la République fédérale d'Allemagne.

Informations générales
Statut République fédérale
Capitale Bonn
Monnaie Deutsche Mark
Fuseau horaire UTC+1 (été UTC+2)
Domaine internet .de
Démographie
Population 63 254 000 hab. (en 1990)
Superficie
Superficie 248 717 km² (en 1990)
Histoire et événements
23 mai 1949 Création
1 janvier 1957 Rattachement de la Sarre
3 octobre 1990 Réunification

Entités précédentes :

Entités suivantes :

L'Allemagne de l'Ouest (en allemand Westdeutschland) était le nom d'usage donné à la République fédérale d'Allemagne, souvent abrégée en RFA (en allemand : Bundesrepublik Deutschland ou BRD, parfois traduit à tort par République fédérale allemande[2]), qui correspondait entre 1949 et 1990 à la partie occidentale de l'Allemagne. Cette dénomination permettait de la distinguer de la partie orientale du pays appelée officiellement République démocratique allemande, abrégée en « RDA » (en allemand : Deutsche Demokratische Republik ou DDR), ou de façon informelle « Allemagne de l'Est ».

L'actuelle Allemagne issue de la réunification de 1990 est de jure le résultat de l’absorption des territoires de l'Allemagne de l'Est par l'Allemagne de l'Ouest. Elle repose donc sur la même constitution que la RFA d'avant 1990, porte le même nom et a adopté les mêmes emblèmes.

Historique[modifier | modifier le code]

Création[modifier | modifier le code]

La République fédérale d'Allemagne à sa création en 1949, en bleu clair. La Sarre (en violet) constituait un État indépendant et souverain, sous protectorat français. Berlin-Ouest est en jaune, tandis que la zone d'occupation soviétique, future RDA, est en rouge.

Cette division résultait de l'Occupation de l'Allemagne après la Seconde Guerre mondiale et de la Guerre froide qui a suivi. Alors que les Soviétiques occupent l'est de l'Allemagne, les Alliés, c'est-à-dire les Britanniques, les Américains et les Français, se partagent l'ouest de l'Allemagne. Mais Staline, désirant étendre sa zone d'influence en Allemagne, organise en 1948 le blocus de Berlin qui est néanmoins contourné par les Occidentaux. Ceux-ci, devant la menace de l'empire soviétique, décident de créer une nouvelle monnaie dans leurs zones d'occupation, le Deutsche Mark. Les Soviétiques réagissent en mettant en place l'Ostmark (qui devient la monnaie de l'Allemagne de l'est), mais doivent parallèlement mettre fin, en 1949, au blocus de Berlin, qui est en partie un échec. Après cette décision, les Occidentaux créent la République fédérale d'Allemagne. Elle nait de la loi constitutionnelle du 23 mai 1949 adoptée le 8 mai précédent par le Conseil parlementaire réuni à Bonn, qui créa la RFA à partir de la Trizone (zones d'occupation américaine, britannique et française).

L'article 23 de Loi fondamentale faisait du Grand-Berlin un land fédéral. Néanmoins, la constitution n'y fut appliquée unilatéralement que partiellement à Berlin-Ouest, où les premières élections législatives eurent lieu le 3 décembre 1950. Ce même article donnait également la possibilité aux Länder allemands n'ayant pas pu participer à l'élaboration de ladite Loi fondamentale, de pouvoir y adhérer ultérieurement à titre individuel. Cette disposition visant particulièrement les zones sous occupation soviétique qui furent privées d'élections libres, et constituèrent de leur côté la République démocratique allemande (RDA), le 7 octobre 1949.

La reconstruction et le développement de l'Allemagne de l'Ouest furent supervisés par les alliés occidentaux au sein d'une Haute commission alliée.

Redressement économique et politique de rapprochement avec la France[modifier | modifier le code]

Le 6 mars 1951, la révision du statut d'occupation permet à l'Allemagne d'établir de nouveau des relations diplomatiques et de créer ainsi un Office des Affaires étrangères (équivalent à un ministère).

Le 15 septembre 1949, Konrad Adenauer, ancien maire de Cologne et résistant au nazisme, est élu premier chancelier fédéral de l'Allemagne de l'ouest. Tout en redressant économiquement le pays (grâce notamment au plan Marshall), il poursuit une politique portant essentiellement sur le regain de la souveraineté allemande. S'éloignant des Soviétiques, il recherche par ailleurs la protection militaire des États-Unis et intègre la République fédérale d'Allemagne dans le bloc de l'ouest. Parallèlement, il désire aussi se rapprocher de la France dont le chef du gouvernement, à partir de 1958, est Charles de Gaulle. Une amitié unit les deux hommes, ce qui facilite le rapprochement franco-allemand. De Gaulle comme Adenauer avaient comme objectif de mettre fin à l'hostilité qui divisait les deux pays depuis 1870 et de permettre, à travers une entente franco-allemande, l'édification d'une Europe unie. Malgré certaines divergences politiques (De Gaulle, au contraire d'Adenauer, voulait se séparer des États-Unis afin de mettre en œuvre la Troisième Voie), les deux hommes d'États signent le Traité de l'Élysée, au palais de l'Élysée, le 22 janvier 1963, ce qui réconcilie les deux pays.

Sur le plan militaire, Adenauer réorganise l'armée ouest-allemande, la Bundeswehr, qui devient, en termes numérique, la plus importante composante des forces armées de l'OTAN. La RFA retrouve de plus sa souveraineté le 26 mai 1952, avec la Convention sur les relations entre les Trois puissances et la République fédérale d'Allemagne[3] (dite aussi Convention de Bonn) qui signe la fin de son occupation par les Alliés. Malgré ces succès diplomatiques, militaires et économiques, Adenauer est obligé de démissionner en octobre 1963 sous les pressions de son propre camp.

Le 1er janvier 1957, la RFA connaitra son premier agrandissement territorial par l'intégration de la Sarre qui, jusqu'alors, constituait un État indépendant et souverain, sous protectorat français.

Guerre froide et relations est-ouest allemandes[modifier | modifier le code]

Willy Brandt en conférence de presse le 2 octobre 1969 à l'occasion de la coalition SPD-FDP.

Devenu un membre principal de l'OTAN après son adhésion en 1955, cet État et la RDA (membre, de son côté, du Pacte de Varsovie) furent l'un des points de cristallisation de la confrontation Capitalisme/Communisme et Démocratie/Dictature appelée « Guerre froide ». L'Allemagne de l'Ouest, membre du bloc de l'ouest et alliée aux États-Unis, s'opposait à l'Allemagne de l'Est, soumise, elle, à l'influence de l'empire soviétique et membre du bloc de l'Est. Cette confrontation et ces désaccords idéologiques s'inscrivaient plus généralement dans la lutte d'influence qui divisait depuis 1945 les États-Unis et l'Union soviétique.

Toutefois, sous le gouvernement du chancelier ouest-allemand Willy Brandt, la RFA organise une politique de rapprochement avec la RDA au début des années 1970. C'est l'Ostpolitik mise en place par Willy Brandt, qui aboutit à plusieurs accords amicaux entre les deux Allemagne, puis entre la RFA et la Pologne. L'Allemagne de l'Ouest et la RDA se reconnaissent mutuellement en 1972 en signant le Traité fondamental en décembre de la même année, tout en devenant membres de l'ONU peu après.

Grâce notamment au soutien du Plan Marshall, destiné à aider à la reconstruction de l'Europe après la Seconde Guerre mondiale, la croissance économique de l'Allemagne de l'Ouest, appelée Wirtschaftswunder (le « miracle économique »), fit qu'elle devînt rapidement la troisième puissance économique mondiale, après les États-Unis et le Japon. De plus, la RFA, bien qu'au niveau de l'accroissement démographique assez faible, fut l'objet et le bénéficiaire d'une forte immigration en provenance de la RDA, les Allemands de l'est fuyant la dureté du régime socialiste de la RDA et partant s'établir à l'ouest (plus de trois millions d'immigrants entre 1953 et 1961). La fondation du Mur de Berlin, en aout 1961, et donc l'interdiction des Allemands de l'est d'émigrer à l'ouest, entrava ce mouvement migratoire, mais la RFA favorisa ensuite l'installation d'immigrants turcs, russes, polonais, ukrainiens et tchèques attirés par la prospérité économique de l'État.

Réunification[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Réunification allemande et Die Wende.
Leipzig, 16 octobre 1989, lors d'une manifestation du lundi.

Début 1989, la perspective d'une réunification de l'Allemagne paraît encore lointaine, le secrétaire général du comité central au SED (parti socialiste unifié d'Allemagne, alors au pouvoir en RDA), Erich Honecker, promettant que le mur de Berlin allait encore vivre 1000 ans de plus. Mais, contre toute attente, les mouvements de protestation se multiplient à travers toute la RDA, les manifestants réclamant pacifiquement mais avec insistance la libéralisation du régime et la mise en place d'élections libres. Les manifestations du lundi (Montagsdemonstrationen), débutées en septembre 1989 à Leipzig, prennent de l'ampleur, et devant cet état de fait et les pressions exercées par le vent de contestations qui souffle fin 1989 sur toute la RDA, Honecker doit démissionner dans l'année même. Mais les manifestants est-allemands se mettent à réclamer un rattachement à l'Allemagne de l'ouest. Le 9 novembre 1989, le Mur de Berlin tombe, laissant les frontières entre Berlin-Ouest et Berlin-Est ouvertes. De très nombreux citoyens est-allemands se rendent alors en RFA. En 1990, le régime se libéralise enfin, et des élections libres confirment la victoire des partis ligués contre le SED.

Le 3 octobre 1990, la réunification allemande est effectuée et incorpore la République démocratique allemande à la République fédérale d'Allemagne en utilisant les dispositions de l'article 23 de la Loi fondamentale citées plus haut. Le pays résultant de cette réunification est alors simplement appelé dans le langage courant « Allemagne » (le nom officiel de l'État restant « République fédérale d'Allemagne »).

Organisation[modifier | modifier le code]

En vert : la République fédérale d'Allemagne et ses Länder, ainsi que Berlin-Ouest, à la veille de la réunification.

À la veille de la réunification en 1990, l'Allemagne de l'Ouest, qui était un État fédéral, se composait de dix Länder :

Le statut de Berlin-Ouest faisait quant à lui l'objet d'un traitement particulier.

Vie politique[modifier | modifier le code]

À partir des années 1960, la RFA connait un système politique dominé par trois grandes tendances politiques : l'Union chrétienne-démocrate (CDU) et l'Union chrétienne-sociale (CSU), le Parti social-démocrate (SPD) et le Parti libéral-démocrate (FDP).

Pendant une vingtaine années, la RFA a suivi la doctrine Hallstein : elle revendiquait le droit d'être la seule à représenter l'Allemagne et rompait toute relation diplomatique avec les pays qui reconnaissaient la RDA. Cette doctrine fut finalement abandonnée en octobre 1969, au profit de la Ostpolitik du chancelier Willy Brandt, qui préconisait une politique de rapprochement et de détente avec l'Union soviétique et ses alliés du Pacte de Varsovie.

Culture[modifier | modifier le code]

Code[modifier | modifier le code]

L'Allemagne de l'Ouest a pour code :

Liste des chanceliers[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Liste des chanceliers allemands.

Après la réunification :

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Absorption de la RDA par L'Allemagne de l'Ouest (RFA)
  2. Demande d'admission à l'Unesco, 1951, unesdoc.unesco.org : ce texte officiel en français porte les deux traductions, « République fédérale d'Allemagne » et « République fédérale allemande »
  3. (fr) « Convention sur les relations entre les Trois Puissances et la RFA (Bonn, 26 mai 1952) », sur www.cvce.eu,‎ 14/05/2013 (consulté le 10 septembre 2013)