Alimentation dans l'Égypte antique

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Que ce soit dans les textes gravés sur les parois des temples et des tombeaux ou sous forme de restes d’offrande matérielle, les Égyptiens de l’Antiquité ont laissé de nombreux témoignages de leur mode d’alimentation.

L’art funéraire, retraçant la vie quotidienne les résume ; on n’y trouve pas à proprement parler de recettes de cuisine mais des informations sur les pratiques alimentaires. Les ouchebtis, petites statues en calcaire ou en bois, représentent des serviteurs au travail préparant le pain, écrasant des céréales, brassant la bière, rôtissant des volailles et abattant des bœufs.

Aliments[modifier | modifier le code]

Offrandes - Tombeau de Menna

Les aliments étaient le pain et la bière (heneket) fabriqués à partir de l’orge et de l’amidonnier. On a retrouvé près d’une vingtaine de sortes de pains de forme et de composition diverses.

Viandes et poissons[modifier | modifier le code]

Le régime alimentaire égyptien était complété par du poisson, de la viande (ordinairement mouton, et porc, volaille et bœuf pour les grandes occasions). La viande et le poisson étaient le plus souvent grillés ou conservés dans des saumures, séchés voire confits. Le poisson le plus prisé était le mulet, ou muge, poisson de mer remontant le Nil et dont les œufs servaient à faire la poutargue, recette encore pratiquée sur le pourtour méditerranéen aujourd’hui.

Légumes[modifier | modifier le code]

Ail et oignon sont les légumes les plus cuisinés, avec les fèves, les pois chiches et les lentilles, sans oublier les légumes verts (chou, concombre, laitue, poireau, petit pois et radis), et les plantes aquatiques (lotus et papyrus).

Fruits[modifier | modifier le code]

Les fruits, plutôt rares, sont réservés aux élites, tout comme certaines viandes : l’Égypte antique ne connaît les agrumes qu’à l’époque romaine ; les principaux fruits consommés sont les dattes (utilisées dans la confection d’une bière de luxe, le seremet), le raisin, la grenade, les pastèques et melons, mais aussi la caroube, le sycomore (sorte de figue rouge) et le persea.

La grenade[modifier | modifier le code]

Tombeau de Amenemhêt (Thèbes)
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La grenade (Punica granatum), originaire du Proche-Orient et que les Égyptiens appelaient inhmn[1], aurait été importé en Égypte à la fin du Moyen Empire. Dès la XVIIIe dynastie, la grenade est couramment représentée dans les peintures égyptiennes, notamment en tant qu'offrande funéraire. Ce rôle est confirmé par la découverte de grenades fossilisées dans certains tombeaux. Elle était cultivée dans les vergers où l'on cultivait également la figue et le raisin[2].

On retrouve des grenades représentées sur les parois du tombeau de Amenemhêt, officier durant le règne de Thoutmôsis III ou celui de Néferhotep (tous deux à Thèbes).

Desserts et pâtisseries[modifier | modifier le code]

Enfin, le miel, produit dans des ruches de terre, entrait dans la composition des desserts et de nombreux remèdes. Les pâtisseries, souvent thérapeutiques, étaient très sucrées, à base de dattes, de miel ou de raisins secs. Dans la tombe du vizir Rekhmirê, sous le règne d’Amenhotep II, une scène développe les étapes de la fabrication d’un gâteau conique, fait à partir des rhizomes d’un roseau au goût de noisette, le souchet.

Boissons[modifier | modifier le code]

Si le vin, consommé plutôt par les riches, n'est pas une boisson très courante en Égypte antique, la bière fait depuis longtemps figure de boisson nationale. Elle est brassée dans tout le pays, et sa fabrication est déjà représentée sur des mastabas de l'Ancien Empire ; on boit de la bière en toutes circonstances : aux champs, à bord des bateaux, lors des réceptions et, bien sûr, dans les cabarets des villes.

Beaucoup de ces aliments ont pu être cultivés grâce au limon fertile déposé lors des crues du Nil.

Famine[modifier | modifier le code]

Il est indéniable qu'il y a eu des périodes de famine dans l'Égypte antique qui apparaissent surtout pendant les périodes troublées et cessent dès que le pouvoir central s'affermit et s'organise. Quelques témoignages nous sont parvenus : le premier, un des rares de ce type d'événement sous l'Ancien Empire, apparaît sur l'inscription de Sehel[3] découverte en 1890, mais bien que daté du règne de Djéser, il a probablement été rédigé sous les Ptolémées.

À partir de la VIe dynastie, la décadence commence, un relâchement dans l'irrigation entraîne des mentions de famine désignées dans des textes très abîmés avec des lacunes[4].

L'anarchie des VIIe et VIIIe dynasties a accentué le pouvoir des nomarques et entraîné des guerres civiles avec, comme conséquence, des famines. Le désordre a tellement frappé l'imagination des égyptiens qu'il a servi de thème à un genre littéraire, la « littérature pessimiste » du Moyen Empire.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Selon le Wortschatz der Pharaonen in Sachgruppen (Hannig Lexica 2 - Mainz 1998), de R. Hannig et P. Vomberg, p. 228.
  2. cf. P. Tallet, p. 80.
  3. publiée par Heinrich Karl Brugsch, Sieben Jahre der Hungersnoth
  4. cf. J. Vandier, p. 2.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Lien interne[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]