Alienus Caecina

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Aulus Caecina Alienus est un général romain né vers 40 à Vivetia (aujourd'hui Vicence), et tué par Titus à Rome en 79 à la fin d'un repas. Il est connu pour avoir participé aux luttes de pouvoir pendant l'année des quatre empereurs en 69 entre Vitellius et Othon.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il est encore questeur en Bétique, lorsque, rallié à Galba, ce dernier le place à la tête d'une des légions de Germanie supérieure, la Legio IV Macedonica[1]. Le personnage est décrit par Tacite dans les Histoires : c'est un "cerveau brûlé", il est avide de combattre[2], ambitieux[3] mais aussi modeste[4].

Il est, avec Fabius Valens, l'un des deux généraux auxquels l'empereur Vitellius, désigné par les légions de Germanie, a confié les légions pour vaincre Othon en 69. Au départ de Germanie, il fond sur les Helvètes qu'il massacre dans une manœuvre en tenaille. Il fait attaquer leurs arrières par les cavaliers Rétiques : plusieurs milliers d'Helvètes sont tués et plusieurs milliers sont vendus à l'encan[5]). Il épargne Aventicum (Avenches), leur capitale. Les Helvètes doivent leur salut à leur talentueux député Claudius Cossus[6]. Caecina reste quelques jours chez les Helvètes[7].

A la bataille de Bedriac, Caecina arrive en avant-garde sur le . Il le passe et après avoir sondé la fidélité des armées othoniennes, mène le siège de Plaisance mais il est repoussé avec d'importantes pertes[8] et se retire pour éviter la honte[9]. Il retraverse le Pô pour fondre sur Crémone mais se désespère de l'affront fait à son armée[10]. Il craint que la conséquence de cette déroute ne favorise son rival Fabius Valens[11]. Après la victoire de Bedriac et le suicide d'Othon, il cherche la popularité au sein de ses troupes tandis que Fabius Valens tente de cacher le déshonneur de ses rapines[12].

Caecina et Valens, de retour à Lugdunum accueillent Vitellius[13]. Ils sont à Bologne peu de temps après et font donner des spectacles dans des amphithéâtres (peut-être construits par la 13e légion inactive)[14]. Vitellius voit les jeux ordonnés par Caecina et se fait conduire à Bedriac pour voir les lieux de la bataille. Caecina et Fabius Valens l'accompagnent pour lui commenter les manœuvres[15].

Arrivés à Rome, Caecina et Valens arrivent à influencer le choix de la tête de la garde prétorienne et ne laissent à Vitellius aucune autorité[16]. Mais Valens semble avoir plus de pouvoir que Caecina car il l'avait tiré du danger à la bataille de Bedriac où Caecina était arrivé en avant-garde et avait subi d'importants revers. Ils font donner tous deux des spectacles de combats de gladiateurs pour célébrer l'anniversaire de l'empereur[17].

À la nouvelle de l'invasion de l'Italie par Antonius Primus qui soutient Vespasien déjà proclamé empereur, Vitellius envoie ses deux fidèles généraux Fabius Valens et Caecina en campagne, mais les légions de Germanie sont fatiguées et ne feront pas le poids face aux légions de Mésie et de Dalmatie[18].

Flavius Sabinus parvient à convaincre Caecina de trahir Vitellius et soutenir Vespasien. Caecina possède tout de même de nombreuses troupes et se range du côté de Vespasien. Il entraîne avec lui Lucilius Bassus, commandant des forces navales d'Adriatique et de Méditerranée, frustré de ne pas avoir reçu de promotion (notamment la préfecture du prétoire à Rome)[19].

Titus, fils de Vespasien et futur empereur, intimement lié à la politique de son père, met en place des services secrets pour supprimer les individus dont il soupçonne l'ambition. Ces services deviennent spécialistes des campagnes d'intoxications visant à discréditer des individus dont l'assassinat devient alors légitime aux yeux des Romains[20]. Caecina reste un homme dangereux aux yeux de Titus qui l'invite à diner chez lui. Alors que Caecina sort de la salle à manger, il se fait percer de coups et succombe.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Tacite, Histoires, I, 53[1].
  2. Tacite, Histoires (I, 67)
  3. Tacite, Histoires (I, 52)
  4. Tacite, Histoires (I, 55)
  5. Tacite, Histoires (I, 67-68)
  6. Tacite, Histoires (I, 69)
  7. Tacite, Histoires (I, 70)
  8. Tacite, Histoires (II, 21)
  9. Tacite, Histoires (II, 22)
  10. Tacite, Histoires (II, 24)
  11. Tacite, Histoires (II, 26)
  12. Tacite, Histoires (II, 56)
  13. Tacite, Histoires (II, 59)
  14. Tacite, Histoires (II, 67)
  15. Tacite, Histoires (II, 70)
  16. Tacite, Histoires (II, 92)
  17. Tacite, Histoires (II, 95)
  18. Tacite, Histoires (II, 99)
  19. Tacite, Histoires (II, 100)
  20. Catherine Salles, La Rome des Flaviens, éditions Perrin, 2008, p. 145