Alice de Battenberg

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Alice de Battenberg

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La princesse Alice de Battenberg.

Biographie
Titulature Princesse de Grèce et de Danemark
Princesse de Battenberg
Dynastie Maison de Battenberg
Nom de naissance Victoria Alice Élisabeth Julie Marie de Battenberg
Naissance 25 février 1885
Château de Windsor (Royaume-Uni)
Décès 5 décembre 1969 (à 84 ans)
Palais de Buckingham, Londres (Royaume-Uni)
Sépulture Église Sainte-Marie-Madeleine de Jérusalem
Père Louis Alexandre de Battenberg
Mère Victoria de Hesse-Darmstadt
Conjoints André de Grèce
Enfants Marguerite de Grèce
Théodora de Grèce
Cécile de Grèce
Sophie de Grèce
Philippe de Grèce
alt=Description de l'image Arms of Battenberg-Mountbatten.svg.

Victoria Alice Élisabeth Julie Marie de Battenberg (en allemand : Alice von Battenberg et en grec moderne : Αλίκη του Μπάττενμπεργκ), princesse de Battenberg puis, par son mariage, princesse de Grèce et de Danemark, est née le 25 février 1885 au château de Windsor, en Angleterre, et morte le 5 décembre 1969 au palais de Buckingham, à Londres. Belle-mère de la reine Élisabeth II du Royaume-Uni, elle est membre des familles souveraines de Hesse-Darmstadt, d'Angleterre, de Grèce et du Danemark. Alice de Battenberg est également l'une des deux seules princesses européennes (avec sa nièce la reine Hélène de Roumanie) à avoir reçu le titre israélien de « Juste parmi les nations » et la fondatrice d’un ordre de religieuses orthodoxes qui a rapidement périclité.

Sourde de naissance[1], la princesse Alice grandit en Allemagne, en Angleterre et à Malte, où son père, membre de la Royal Navy, est fréquemment stationné. Après avoir épousé le prince André de Grèce et de Danemark en 1903, elle vit en Grèce jusqu'au bannissement de la famille royale après la Première Guerre mondiale et l’échec de la guerre gréco-turque de 1919-1922. En 1930, Alice, convertie à la religion orthodoxe et de plus en plus mystique, est reconnue schizophrène puis envoyée dans un sanatorium allemand. Déclarée guérie en 1932, elle vit séparée de son mari et de sa famille jusqu’en 1937, lorsque l’une de ses filles, l'époux de celle-ci et leurs enfants meurent dans un accident d’avion. Alice de Battenberg revient finalement à Athènes en 1938 et y reste pendant toute la Seconde Guerre mondiale. Alors que presque tous les autres membres de la famille royale sont en exil, la princesse travaille pour la Croix-Rouge et abrite chez elle une famille juive, ce qui lui vaut de recevoir, de façon posthume, le titre de « Juste parmi les nations » en 1994. Une fois la guerre terminée, elle reste vivre en Grèce et y fonde un ordre monastique orthodoxe qui ne lui survit pas. Après la chute de la monarchie et la mise en place de la dictature des colonels en 1967, Alice est invitée par son fils, le duc d’Édimbourg, et sa belle-fille, la reine Élisabeth II, à résider au Palais de Buckingham, où elle meurt deux ans plus tard.

Famille[modifier | modifier le code]

Louis Alexandre de Battenberg.

Alice de Battenberg est la fille aînée du prince hessois Louis Alexandre de Battenberg (1854-1921) et de son épouse la princesse Victoria de Hesse-Darmstadt (1863-1950). Par sa mère, elle est la petite-fille du grand-duc Louis IV de Hesse-Darmstadt (1837-1892) et l’arrière-petite-fille de la reine Victoria du Royaume-Uni (1819-1901). Par son père, elle descend en ligne morganatique du grand-duc Louis II de Hesse-Darmstadt (1777-1848) et est, par ailleurs, la nièce du prince Alexandre Ier de Bulgarie (1857-1893).

Les 6 et 7 octobre 1903, la princesse Alice épouse civilement puis religieusement à Darmstadt, en Allemagne, le prince André de Grèce et de Danemark (1882-1944), lui-même fils du roi Georges Ier de Grèce (1845-1913) et de son épouse la grande-duchesse Olga Constantinovna de Russie (1851-1926)[2].

De cette union naissent cinq enfants :

Biographie[modifier | modifier le code]

Premières années[modifier | modifier le code]

La princesse Victoria de Hesse, mère d'Alice.

La princesse Alice naît dans la « chambre des tapisseries » du château de Windsor en présence de son arrière-grand-mère, la reine Victoria du Royaume-Uni[3]. C’est cependant sur les terres de sa famille paternelle, à Darmstadt, en Hesse, qu’elle est baptisée le 25 avril 1885. Ses parrains et marraines sont ses trois grands-parents survivants, Louis IV de Hesse-Darmstadt, Alexandre de Hesse-Darmstadt et Julia von Hauke, ses tantes Élisabeth Feodorovna de Russie et Marie zu Erbach-Schönberg, ainsi que son arrière-grand-mère la reine Victoria[4].

La princesse Alice partage son enfance entre Darmstadt, Londres, Jugenheim et l’île de Malte, où son père, officier dans la marine britannique, est fréquemment stationné[5]. Dès son plus jeune âge, elle démontre un caractère très fort. Ainsi, un jour que la reine Victoria la gifle parce qu'elle refuse de la saluer, Alice frappe son arrière-grand-mère pour se venger, ce qui met la vieille souveraine dans une colère noire[6].

Sa mère remarque rapidement que la princesse met du temps à apprendre à parler et s’inquiète de sa prononciation imparfaite. C’est toutefois son arrière-grand-mère anglaise qui identifie le problème et qui amène la petite fille passer des examens médicaux : on diagnostique alors une surdité congénitale. Malgré sa maladie et grâce au soutien de sa mère, la princesse parvient cependant, en grandissant, à apprendre à parler et à lire sur les lèvres en anglais et en allemand[7]. Plus tard, elle étudie et maîtrise également le français et la langue grecque[8].

Alice passe une grande partie de son enfance aux côtés de sa famille britannique[9] et participe à plusieurs grands événements familiaux. En 1893, elle est ainsi demoiselle d’honneur au mariage du duc d’York (futur George V) et de la princesse Marie de Teck. En 1901, Alice, qui n’a pas seize ans, participe également aux funérailles de son arrière-grand-mère la reine Victoria[10]. Peu après, elle reçoit sa confirmation[10].

Princesse de Grèce[modifier | modifier le code]

La princesse Alice de Battenberg le jour de son mariage (1903).

En 1902, Alice de Battenberg fait la connaissance du prince André de Grèce, quatrième fils du roi Georges Ier, durant le couronnement de son oncle, Édouard VII du Royaume-Uni[11]. Plus tard, la princesse raconte à l'un de ses petits-fils, le prince Charles de Galles, que, lors de leur première rencontre, André lui semble être « exactement l'image d'un dieu grec[6] ». Les deux jeunes gens se fiancent rapidement mais la famille d'Alice décide de retarder leur mariage, du fait du jeune âge de la princesse. Alice et André parviennent cependant à se revoir rapidement à Darmstadt, en Hesse. Désireux de rester auprès de sa fiancée, le jeune homme obtient en effet de son père l'autorisation d'intégrer quelques mois le 23e régiment de dragons du grand-duché[12],[6].

Le couple se marie finalement le 7 octobre 1903, lors de deux cérémonies religieuses : protestante (à l'église du château grand-ducal) puis orthodoxe (à la chapelle russe de Mathildenhöhe). Il part ensuite vivre à Athènes, où le prince André reprend sa carrière dans l’Armée. En Grèce, Alice s’implique quant à elle dans de nombreuses œuvres de charité[5] et crée notamment une école de broderie traditionnelle grecque dans la capitale. Sur un plan plus personnel, elle donne naissance à quatre filles entre 1905 et 1914[13].

Outre ses activités officielles dans le royaume hellène, le couple princier voyage beaucoup en Europe. En 1908, il visite ainsi la Russie à l’occasion du mariage d'une nièce d'André, la grande-duchesse Maria Pavlovna de Russie (1890-1958), avec le prince Guillaume de Suède (1884-1965), duc de Södermanland. Pendant ce séjour, la princesse s’entretient longuement avec sa tante, la grande-duchesse Élisabeth Feodorovna, qui est alors sur le point de fonder un ordre hospitalier de nonnes orthodoxes. Alice assiste d’ailleurs à la pose de la première pierre de la nouvelle église de sa tante[14].

Peu après leur retour en Grèce, le prince André et son épouse voient la situation politique de leur pays se dégrader du fait du refus du gouvernement d’apporter son soutien au parlement crétois, qui vient pourtant de proclamer l’union de l’île, toujours sous suzeraineté ottomane, à la Grèce. En mai 1909, un groupe d’officiers insatisfaits forme alors une ligue nationaliste, la Stratiotikos Syndesmos, qui réclame la réorganisation de l’Armée et de la Marine. Le 28 août, la ligue organise un coup d’État, connu sous le nom de « coup de Goudi ». Peu de temps après, le roi Georges Ier nomme Elefthérios Venizélos, homme politique nationaliste d'origine crètoise, à la tête du gouvernement[15]. Parallèlement, les militaires de la Stratiotikos Syndesmos font pression sur le gouvernement pour que les membres de la famille royale soient démis de leurs fonctions militaires. Afin d’éviter au souverain la honte de devoir renvoyer ses propres fils, André de Grèce et ses frères démissionnent d’eux-mêmes en septembre[16].

D'une guerre à l'autre[modifier | modifier le code]

Portrait du prince André de Grèce par le peintre Philip Alexius de Laszlo, 1913. Collection du duc d'Édimbourg.

Lors des guerres balkaniques de 1912-1913, le prince André est autorisé à réintégrer l’armée hellène tandis que son épouse se distingue à l’arrière comme infirmière. Avec sa belle-mère, la reine Olga, et l'une de ses belles-sœurs, la grande-duchesse Hélène Vladimirovna de Russie, elle organise le secours aux blessés grecs, à Thessalonique[17]. Alice assiste ainsi à de nombreuses opérations et met en place des hôpitaux de campagne qui accueillent les soldats. Pour ces actions, la princesse reçoit de son cousin le roi George V du Royaume-Uni la Royal Red Cross en 1913[5].

La Grèce sort de ces deux conflits successifs considérablement agrandie. Cependant, la victoire a un goût amer puisque, peu de temps après la conquête de la ville de Thessalonique, le roi Georges Ier y est assassiné, le 18 mars 1913, par un terroriste[18].

Un an après éclate la Première Guerre mondiale pendant laquelle le nouveau roi, Constantin Ier de Grèce, beau-frère de la princesse Alice, conduit une politique de neutralité bienveillante vis-à-vis de l'Allemagne. Le monarque s'oppose en cela au gouvernement démocratiquement élu de son Premier ministre, Elefthérios Venizélos, qui souhaite, lui, entrer en guerre aux côtés de la Triple-Entente. Face à cette crise, qui manque d'emporter le pays dans la guerre civile, le monarque finit par renvoyer le chef de son cabinet en octobre 1915, ce qui conduit ce dernier à fonder un gouvernement parallèle protégé par les Alliés à Thessalonique, l'année suivante[19].

Cependant, en juin 1917, la politique de neutralité du roi devient si intenable qu'il est obligé d'abdiquer en faveur de son deuxième fils, Alexandre, et de prendre le chemin de l'exil. La princesse Alice et les autres membres de la famille royale assistent alors au départ de l'ancien souverain qui s'installe, avec son épouse et ses enfants, à l'Hôtel National de Saint-Moritz, en Suisse[20]. Peu de temps après, André, Alice et leurs filles quittent à leur tour la Grèce et rejoignent le couple royal, d'abord à Saint-Moritz puis à Luzerne[21].

La guerre totale qui vient de secouer l’Europe a renversé une bonne partie des trônes européens et mis à mal le reste des dynasties encore en place. En Russie, de nombreux parents de la princesse Alice sont assassinés et notamment ses tantes, la tsarine Alexandra Feodorovna et la grande-duchesse Élisabeth Feodorovna. En Allemagne, plusieurs cousins de la princesse, dont le kaiser Guillaume II et le grand-duc Louis V de Hesse sont, quant à eux, déposés. En Angleterre même, le prince Louis Alexandre de Battenberg, père d'Alice, doit mettre fin à sa carrière dans la marine à cause du sentiment anti-allemand qui règne dans le pays. Le 14 juillet 1917, le vieil homme doit également abandonner son titre hessois de prince de Battenberg et son prédicat d’altesse sérénissime. À la demande de George V, il anglicise le nom de sa famille en Mountbatten. En compensation, il est nommé par le souverain britannique premier marquis de Milford Haven et pair du Royaume-Uni le jour suivant. Malgré tout, la princesse Alice n’est pas vraiment touchée par ces changements puisque, mariée à un prince hellène, elle n’a pas à utiliser le nom de Mountbatten et continue à être connue sous le nom de « princesse André de Grèce »[N 1].

Après la mort d'Alexandre Ier et la restauration de son père, Constantin, sur le trône grec, Alice et sa famille reviennent vivre dans leur pays et s’installent à la résidence de Mon Repos, dans l'île de Corfou[N 2]. Là, la princesse donne naissance à son fils unique, le futur duc d'Édimbourg, le 10 juin 1921[22]. À cette époque, l'époux d'Alice, le prince André, est commandant de la 12e division du corps d'armée hellène qui combat la Turquie de Kemal Atatürk lors de la guerre de 1919-1922. La défaite écrasante de la Grèce provoque de nouveaux bouleversements dans la vie des membres de la famille royale hellène. Un comité révolutionnaire placé sous le commandement des colonels Nikolaos Plastiras et Stilianos Gonatas force en effet le roi Constantin Ier à reprendre le chemin de l’exil en 1922[23] tandis que ses parents sont placés sous surveillance policière[24].

D'abord obligé de témoigner contre des membres du gouvernement antérieur[24] lors du Procès des Six, le prince André est mis en détention par le gouvernement provisoire et accusé d'être responsable de l'écrasement de l'armée grecque. Plusieurs anciens ministres et généraux arrêtés en même temps que lui sont fusillés et les diplomates étrangers considèrent que lui-même se trouve en très grave danger. Après un faux procès où il manque de peu d'être lui aussi condamné à mort, le prince est finalement banni à vie de Grèce[25]. Immédiatement après, la famille d’Alice fuit le pays à bord d’un croiseur britannique, le HMS Calypso[26], emportant avec elle, dans une caisse d'oranges reconvertie en couffin, le futur duc d'Édimbourg, alors âgé de dix-huit mois[27].

Crise mystique[modifier | modifier le code]

La grande-duchesse Elisabeth Feodorovna, modèle de sainteté pour la princesse Alice.

André, son épouse et leurs enfants s’installent par la suite en France, dans une petite maison de Saint-Cloud, que loue pour eux leur belle-sœur, la princesse Marie Bonaparte[28]. À Paris, Alice reprend ses activités caritatives en ouvrant, dans le faubourg Saint-Honoré, une boutique où sont vendus des broderies, des tapis, des médaillons et d'autres articles traditionnels grecs au profit des réfugiés d'Asie Mineure[29],[30].

Très marquée par l'exemple de sa défunte tante, Élisabeth Feodorovna, la princesse devient de plus en plus religieuse et finit par se convertir à la religion orthodoxe grecque le 20 octobre 1928[31]. Cependant, sa religiosité a un caractère beaucoup plus mystique que celle de sa tante. Depuis 1912, Alice pratique l'occultisme et l'écriture automatique, auxquelles l'a initiée son beau-frère, le prince Christophe de Grèce[32]. Elle est par ailleurs très influencée par l'œuvre philosophico-ésotérique d'Édouard Schuré, Les Grands Initiés, qu'elle a découverte en 1917, et par la « science chrétienne » allemande[33]. Enfin, depuis le début de son exil, elle étudie l'œuvre du philosophe balte Hermann von Keyserling et de l'écrivain hindou Rabîndranâth Tagore[34].

Mais, durant les années 1920 et après les tragédies qu'elle vient de traverser, la pratique religieuse d'Alice commence à inquiéter ses proches. Non seulement il lui arrive de faire des déclarations politiques insensées, comme lorsqu'elle demande au roi d'Angleterre et à la Société des Nations de proposer son mari à la présidence hellène[30], mais encore elle déclare qu'elle possède des dons de guérison, qu'elle est sainte et qu'elle est désormais la fiancée du Christ[34].

Durant l'hiver 1929-1930, il reste, certes, assez de bon sens à la princesse Alice pour qu'elle traduise, du grec à l'anglais, le manifeste que son mari a écrit pour se défendre des accusations calomnieuses qui pèsent sur lui depuis la fin de la guerre gréco-turque[35],[36]. Cependant, ses déclarations sont de plus en plus alarmantes. Sur les conseils de sa belle-sœur, la psychanalyste Marie Bonaparte, la princesse Alice rencontre le Dr Ernst Simmel de Berlin, qui la reconnaît schizophrène au début de l'année 1930[37].

Peu de temps après, la jeune femme est séparée de force de sa famille et placée au sanatorium du Dr Ludwig Binswanger, à Kreuzlingen, en Suisse[38]. Il s'agit là d'une institution prestigieuse dont de nombreux patients sont des célébrités. Le danseur de ballet et chorégraphe Vaslav Nijinsky est ainsi patient dans la clinique en même temps que la princesse[39]. Commence alors une longue convalescence pendant laquelle Alice et son époux s’éloignent l’un de l’autre. Pendant cette période, leurs filles épousent tour à tour des princes allemands et leur mère, qui craint désormais le regard des autres, refuse d'assister à leurs mariages. Quant au seul fils d'Alice et d'André, le prince Philippe, il part vivre en Angleterre aux côtés de ses oncles, Louis et Georges Mountbatten, et de sa grand-mère, la marquise de Milford-Haven, née Victoria de Hesse-Darmstadt[40].

La princesse Alice reste à Kreuzlingen pendant deux ans mais, après un bref séjour dans une clinique de Merano, elle est déclarée guérie et commence une existence itinérante en Europe centrale. La princesse garde le contact avec sa mère mais rompt presque tous ses liens avec le reste de sa famille jusqu’à la fin de l'année 1936[41]. En 1937, sa fille Cécile, son gendre, le chef de la Maison Hesse-Darmstadt, et deux de leurs enfants sont tués dans un accident d’avion à Ostende[N 3]. La princesse Alice et son époux se retrouvent pour la première fois depuis six ans lors des funérailles[42]. Par la suite, la princesse reste en contact avec sa famille qui accueille avec joie son retour progressif à la « normalité »[43].

En 1938, Alice retourne seule à Athènes pour y travailler avec les pauvres. Elle s’établit dans un petit appartement de deux chambres près du Musée Benaki. Lors d’une visite du prince Philippe à Athènes, elle tente de reprendre son rôle de mère et cherche à convaincre le tuteur de celui-ci, lord Louis Mountbatten, de pousser son fils à regagner la Grèce et à quitter la Navy[43].

Deuxième Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Portrait d'Alice, princesse André de Grèce et du Danemark, par Philip Alexius de Laszlo, en 1907.
Collection privée du duc d'Édimbourg.

La fin de l'année 1940 est marquée par la disparition du prince Christophe et de la princesse Marie de Grèce, tous deux beau-frère et belle-sœur d'Alice. C'est l'occasion pour les membres de la famille royale de se retrouver et Alice revoit, en octobre, son époux pour la dernière fois[44]. Au même moment, la guerre éclate entre le royaume hellène et l'Italie. Et si la Grèce parvient rapidement à repousser les troupes de Mussolini loin en dehors de ses frontières, l'intervention allemande dans le conflit ne tarde pas à changer la donne. En avril 1941, les forces de l’Axe, occupent Athènes à la suite de la bataille de Grèce. La princesse Alice, d'origine allemande, se retrouve alors dans la difficile position d’avoir tous ses gendres dans l'armée du IIIe Reich et son fils unique dans la Royal Navy.

Alors que le reste de la famille royale hellène fuit la Grèce pour s’établir en Égypte puis en Afrique du Sud, la princesse Alice et une autre de ses belles-sœurs, la grande-duchesse Hélène Vladimirovna de Russie (veuve du prince Nicolas de Grèce), restent à Athènes pendant toute la guerre[45]. Alice quitte son petit appartement et emménage dans la résidence de son beau-frère, le prince Georges. Pendant la journée, elle travaille pour la Croix-Rouge et aide, avec sa belle-sœur, à l’organisation de soupes populaires pour les Athéniens affamés. Elle organise également un service d'infirmerie dans plusieurs quartiers de la capitale et prend en charge de nombreux enfants orphelins. La princesse s'implique d'ailleurs tellement dans sa tache qu'elle perd 26 kilos durant le premier hiver de l'occupation[46].

Pour satisfaire son besoin d’aider les autres, la princesse profite de ses liens de parenté avec les dynasties européennes avec lesquelles elle peut encore entrer en contact. Sa nièce, la reine Hélène de Roumanie, lui fait ainsi parvenir de la nourriture lorsqu'elle en a l'occasion[47]. Surtout, Alice parvient à partir en voyage en Suède, sous le prétexte de rendre visite à sa sœur Louise, mariée au prince héritier Gustave Adolphe, mais en réalité pour ramener en Grèce des médicaments[48].

Comme l’un des gendres d'Alice, le prince Christophe de Hesse-Cassel, est membre du NSDAP et de la Waffen-SS et qu’un autre, le margrave Berthold de Bade, a été blessé durant la Bataille de France en 1940, les forces d’occupation de l’Axe s’imaginent que la princesse nourrit des sentiments pro-Allemands. Pourtant, quand un général nazi lui rendant visite lui demande ce qu’il peut faire pour elle, la princesse lui répond sans hésiter : « Vous pouvez enlever vos troupes de mon pays[48] ! ».

L’armée allemande occupe Athènes, où résident 75 000 Juifs grecs. Parmi ceux-ci, 60 000 sont alors déportés vers les camps nazis et seuls 2 000 en sortent vivants à la fin de la guerre[49]. Pendant cette période, la princesse Alice cache chez elle une femme juive nommée Rachel Cohen et deux de ses cinq enfants[50]. L’époux de cette dernière, Haimaki Cohen, un Juif de Salonique, a rendu service au roi Georges Ier de Grèce en 1913 et, en retour, le monarque a proposé de lui rendre n’importe quel service. Mais Haimaki n'a rien demandé au souverain et l'un de ses fils s’est souvenu de la promesse royale lors de la vague d’arrestation nazie. Il a donc demandé de l’aide à la princesse Alice, l'une des deux seules membres de la famille souveraine encore présents dans la capitale. Naturellement, la princesse a honoré la dette de son beau-père et a ainsi sauvé la famille Cohen[50].

De la Libération à la Guerre civile[modifier | modifier le code]

Quand Athènes est libérée en octobre 1944, le futur Premier ministre britannique Harold Macmillan rend visite à la princesse Alice, qu’il décrit comme « vivant dans des conditions très humbles, pour ne pas dire sordides ». L'homme politique insiste alors auprès de la princesse pour savoir si elle a besoin de quelque chose et celle-ci finit par reconnaître qu'elle dispose « de suffisamment de pain, mais [n'a] ni réserve de sucre, de thé, de café, de riz ou de conserve[51] ».

Début décembre, la situation à Athènes est très loin de s’être améliorée et le pays s'enfonce dans la guerre civile. La guérilla communiste (ELAS) s'oppose violemment aux Britanniques pour prendre le contrôle de la capitale. Pendant ce temps, la princesse est informée que son mari a trouvé la mort dans le Sud de la France, juste au moment où on pouvait espérer une réunion des deux époux, qui ne s’étaient pas revus depuis 1940[52].

Au grand déplaisir des Britanniques et malgré le couvre-feu, la princesse insiste pour sortir dans les rues durant les combats qui se déroulent à Athènes et pour distribuer des rations alimentaires aux policiers et aux orphelins[53]. Et lorsque quelqu’un lui fait remarquer qu’en agissant ainsi elle pourrait recevoir une balle perdue, elle répond : « on m’a dit qu’on n’entend pas le coup qui nous tue et, de toutes façons, moi je suis sourde. Alors pourquoi se préoccuper pour ça ? »[54].

Dernières années[modifier | modifier le code]

Le duc d'Édimbourg et la reine Élisabeth II, fils et belle-fille d'Alice de Battenberg.

La princesse Alice revient en Grande-Bretagne en avril 1947 pour assister au mariage de son fils unique, qui se fait désormais appeler Philip Mountbatten, avec la future Élisabeth II du Royaume-Uni. Elle offre alors à sa belle-fille ses derniers bijoux qui sont ensuite montés en alliance[55]. Lors de la cérémonie des noces, la princesse s’assoit du côté nord de l’abbaye de Westminster, à l’opposé du roi et de sa famille. Aucune de ses filles n’est présente à la cérémonie à cause du profond sentiment anti-allemand qui règne dans l’Angleterre d’après-guerre. Cependant, la princesse est tout de même accompagnée de ses frères et de plusieurs de ses neveux[56].

En juillet 1948, Alice annonce officiellement qu'elle se « retire du monde ». Mais alors que sa famille pense qu'elle va prendre les ordres, elle ne se résout pas à le faire totalement, ce qui soulève l'incompréhension. Sa propre mère déclare alors : « Que dire d’une nonne qui fume et joue à la canasta[57] ? ». En janvier 1949, Alice fonde un ordre hospitalier de nonnes orthodoxes, la « Fraternité Chrétienne de Marthe et Marie », dont le modèle est le couvent que la grande-duchesse martyre Élisabeth Feodorovna a fondé en Russie en 1909[N 4]. La communauté se forme sur l’île grecque de Tinos et établit une résidence au nord d’Athènes. La princesse Alice entreprend ensuite deux voyages aux États-Unis en 1950 et en 1952, afin d’y lever des fonds. Mais, malgré tous les efforts de la princesse, l’ordre qu’elle a fondé décline rapidement par manque de vocations[58].

En juin 1953, la princesse Alice assiste au couronnement de la reine Élisabeth II. Elle porte alors une robe dans le style typique de son ordre : une longue robe grise très stricte en deux tons et une coiffe de religieuse[59].

Le 13 mars 1957, disparaît la vieille compagne d'Alice, la grande-duchesse Hélène Vladimirovna de Russie. La princesse est affligée par la nouvelle, d'autant que la maladie de sa belle-sœur lui a été cachée par la reine Frédérika de Grèce, qui pensait ainsi la protéger. À partir de ce moment, Alice entretient des relations difficiles avec la famille royale hellène et ce n'est plus que sporadiquement qu'on la rencontre avec les souverains[60].

En 1960, la princesse visite l’Inde sur l’invitation de la ministre de la santé Rajkumari Amrit Kaur, une ancienne disciple du mahatma Gandhi qui a été impressionnée par son intérêt pour la pensée religieuse hindoue. Le voyage est cependant écourté après que la princesse est subitement tombée malade et sa belle-sœur, l'ex vice-reine Edwina Mountbatten, doit intervenir auprès de ses hôtes indiens pour s'excuser de son attitude. Alice de Grèce raconte plus tard qu’elle a vécu à cette occasion une expérience de décorporation[61].

Voyant sa santé se dégrader du fait de l'âge et de sa consommation de tabac, la princesse Alice quitte la Grèce après le coup-d’État des Colonels du 21 avril 1967. La reine Élisabeth II et son époux l’invitent alors à résider en permanence au château de Buckingham[5]. En Angleterre, elle rend fréquemment visite à ses petits-enfants britanniques et discute avec eux de l'époque de la reine Victoria ou des pouvoirs de l'esprit[62].

Disparition et funérailles[modifier | modifier le code]

L'église Sainte Marie-Madeleine où est enterrée la princesse.

Malgré des signes de sénilité dans ses dernières années, la princesse Alice conserve sa lucidité intellectuelle jusqu’à la fin[63]. Elle meurt au palais de Buckingham en décembre 1969, sans rien laisser à sa famille puisqu’elle fait don de tous ses biens à des œuvres de charité.

Ses restes sont d’abord placés dans la crypte royale de la chapelle Saint-Georges du château de Windsor, mais ils sont finalement déplacés, le 3 août 1988, afin de réaliser ses dernières volontés. Elle est alors ensevelie au Couvent de Sainte Marie-Madeleine, sur le Mont des Oliviers, à Gethsemani, à Jérusalem, juste à côté de sa tante, la grande-duchesse Élisabeth Feodorovna. Quand sa fille, la princesse Sophie de Hanovre, se plaignait que sa tombe serait trop loin pour aller lui rendre visite, la princesse Alice plaisantait : « Quelle absurdité, il y a là-bas un très bon service de bus[64] ! ».

Le 31 octobre 1994, les deux enfants survivants de la princesse Alice, le duc d’Édimbourg et la princesse de Hanovre, se rendent au Mémorial de l’Holocauste de Yad Vashem, à Jérusalem, pour assister à la cérémonie honorant la princesse comme une « Juste parmi les nations » pour avoir caché des Juifs dans sa maison pendant la Seconde Guerre mondiale[65]. Le prince Philippe déclare alors : « Je pense qu’il ne lui est jamais venu à l’esprit qu’elle avait une attitude spéciale. C’était une personne profondément religieuse, et elle devait considérer comme une réaction humaine totalement naturelle de porter secours à des êtres en état de détresse[66]. »

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Biographies d'Alice[modifier | modifier le code]

  • (en) Arturo E. Beéche, « The remarkable Princess Alice of Battenberg » dans European Royal History Journal no XXXI, février 2003.
  • (el) Tonis Breidel-Hadjidemetriou, Πριγκίπισσα Αλίκη. Ο δρόμος του πεπρωμένου. (Princesse Alice. La voie du destin. avec un chapitre librement consultable ici), Panepistimiako & Logosofia éditions, Athènes, 2007. (ISBN 960-89374-0-X)
  • (en) Cathryn Carroll et Susan Mozzer Mather, Movers and shakers: Deaf people who changed the world., DawnSignPress, San Diego, 1997. (ISBN 0-915035-64-2)
  • (en) Hugo Vickers, Alice, Princess Andrew of Greece, Hamish Hamilton, Londres, 2000. (ISBN 0-241-13686-5)

Sur Alice et sa famille[modifier | modifier le code]

  • (en) Sarah Bradford, King George VI, Weidenfeld and Nicolson, Londres, 1989. (ISBN 0-297-79667-4)
  • (en) Marlene A. Eilers, Queen Victoria's Descendants, Genealogical Publishing Co., Baltimore, Maryland, 1987, p. 181.
  • (fr) Michel de Grèce et Henri d'Orléans, Mon Album de famille, Perrin, Paris, 1996. (ISBN 2-262-01237-7)
  • (es) Ricardo Mateos Sainz de Medrano, La Familia de la Reina Sofίa, La Dinastίa griega, la Casa de Hannover y los reales primos de Europa, La Esfera de los Libros, Madrid, 2004. (ISBN 84-9734-195-3)
  • (en) John Van der Kiste, Kings of the Hellenes. The Greek Kings 1863-1974, Alan Sutton Publishing, Stroud, 1994. (ISBN 0-7509-0525-5)
  • (en) Philip Ziegler, Mountbatten, Collins, Londres, 1985. (ISBN 0-00-216543-0)

Ouvrages généraux[modifier | modifier le code]

  • (en) Stephen Bowman, « Jews », in Clogg, Richard, Minorities in Greece, Hurst & Co., Londres, 2002, p. 64–80. (ISBN 1-85065-706-8)
  • (en) Richard Clogg, A Short History of Modern Greece, Cambridge University Press, Cambridge, 1979. (ISBN 0-521-22479-9)
  • (en) Harold Macmillan, War Diaries, Macmillan, Londres, 1984. (ISBN 0-333-39404-6)
  • (en) C. M. Woodhouse, The Story of Modern Greece, Faber and Faber, Londres, 1968.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Malgré tout, le nom de Mountbatten est celui que reprend le fils d'Alice lorsqu'il épouse la future Élisabeth II d'Angleterre en 1947.
  2. Le prince André a hérité de cette résidence et de 4 000 livres de rente à la mort de Georges Ier, en 1913. Ricardo Mateos Sainz de Medrano, op. cit., p. 278.
  3. Cet accident pourrait être lié à un sabotage provoqué par les nazis. Frédéric Mitterrand, « La Dame de Wolfsgarten » dans Mémoires d'exil, 6e épisode : Les Héritiers du Souvenir, France Télévisions Éditions.
  4. L'ordre fondé par la grande-duchesse est d'ailleurs lui-aussi lié aux saintes Marthe et Marie. Ricardo Mateos Sainz de Medrano, op. cit., p. 445.

Références[modifier | modifier le code]

  1. « UK Deaf insulted by duke's remark » sur BBC Online Network du 27 mai 1999.
  2. « Royal wedding in Germany » dans The New York Times du 6 octobre 1903.
  3. Hugo Vickers, Alice, Princess Andrew of Greece, Hamish Hamilton, Londres, 2000, p. 2.
  4. Hugo Vickers, op. cit., p. 19.
  5. a, b, c et d Hugo Vickers, « Alice, Princess (1885–1969) », Oxford Dictionary of National Biography, Oxford University Press, 2004.
  6. a, b et c Ricardo Mateos Sainz de Medrano, La Familia de la Reina Sofίa, La Dinastίa griega, la Casa de Hannover y los reales primos de Europa, La Esfera de los Libros, Madrid, 2004, p. 276.
  7. Hugo Vickers, Alice, Princess Andrew of Greece, Hamish Hamilton, Londres, 2000, p. 24–26.
  8. Hugo Vickers, op. cit., p. 57 et 71.
  9. Hugo Vickers, op. cit., p. 29–48.
  10. a et b Hugo Vickers, op. cit., p. 51.
  11. Hugo Vickers, op. cit., p. 52.
  12. John Van der Kiste, Kings of the Hellenes, The Greek Kings 1863-1974, Sutton Publishing, Stroud, 1994, p. 61.
  13. Ricardo Mateos Sainz de Medrano, op. cit., p. 278.
  14. Hugo Vickers, op. cit., p. 82–83.
  15. Richard Clogg, A Short History of Modern Greece, Cambridge University Press, Cambridge, 1979, p. 97–99.
  16. John Van der Kiste, op. cit., p. 68-69.
  17. John Van der Kiste, op. cit., p. 73.
  18. John Van der Kiste, op. cit., p. 74-75.
  19. John Van der Kiste, op. cit., p. 91-93.
  20. John Van der Kiste, op. cit., p. 107-111.
  21. Ricardo Mateos Sainz de Medrano, op. cit., p. 280-281.
  22. John Van der Kiste, op. cit., p. 133.
  23. Hugo Vickers, op. cit., p. 162.
  24. a et b John Van der Kiste, op. cit., p. 139.
  25. John Van der Kiste, op. cit., p. 140-141.
  26. Hugo Vickers, op. cit., p. 171.
  27. John Van der Kiste, op. cit., p. 141.
  28. Célia Bertin, Marie Bonaparte, Perrin, Paris, 1982, p. 230.
  29. Hugo Vickers, op. cit., p. 176–178.
  30. a et b Ricardo Mateos Sainz de Medrano, op. cit., p. 282.
  31. Ricardo Mateos Sainz de Medrano, op. cit., p. 278 et 280-281.
  32. Ricardo Mateos Sainz de Medrano, op. cit., p. 316.
  33. Ricardo Mateos Sainz de Medrano, op. cit., p. 487-488.
  34. a et b Ricardo Mateos Sainz de Medrano, op. cit., p. 490.
  35. André de Grèce, Towards Disaster: The Greek Army in Asia Minor in 1921, John Murray, Londres, 1930
  36. Hugo Vickers, op. cit., p. 198–199.
  37. Hugo Vickers, op. cit., p. 205.
  38. Vickers, Hugo, op. cit., p. 213.
  39. Hugo Vickers, op. cit., p. 213.
  40. Philip Ziegler, Mountbatten, Collins, Londres, 1985, p. 101.
  41. Hugo Vickers, op. cit., p. 245–256.
  42. Hugo Vickers, op. cit., p. 273.
  43. a et b Hugo Vickers, op. cit., p. 281 et 291.
  44. Ricardo Mateos Sainz de Medrano, op. cit., p. 286.
  45. Hugo Vickers, op. cit., p. 292.
  46. Ricardo Mateos Sainz de Medrano, op. cit., p. 287.
  47. Ricardo Mateos Sainz de Medrano, op. cit., p. 201.
  48. a et b Hugo Vickers, op. cit., p. 293–295.
  49. Stephen Bowman, « Jews », in Clogg, Richard, Minorities in Greece, Hurst & Co., Londres, 2002, p. 64–80.
  50. a et b Hugo Vickers, op. cit., p. 298–299.
  51. Harold Macmillan, War Diaries, Macmillan, Londres, 1984, p. 558–559.
  52. « Princess Andrew, Mother of the Duke of Edinburgh » dans The Times de Londres du 6 décembre 1969, p. 8, col. E.
  53. Ricardo Mateos Sainz de Medrano, op. cit., p.  288.
  54. Hugo Vickers, op. cit., p. 311.
  55. Hugo Vickers, op. cit., p. 326.
  56. Sarah Bradford, King George VI, Weidenfeld and Nicolson, Londres, 1989, p. 424.
  57. Hugo Vickers, op. cit., p. 336.
  58. Ricardo Mateos Sainz de Medrano, op. cit., p. 289.
  59. « Princess Andrew of Greece, 84, Mother of Prince Philip, Dead » dans The New York Times du 6 décembre 1969, p. 37, col. 2.
  60. Ricardo Mateos Sainz de Medrano, op. cit., p. 256.
  61. Hugo Vickers, op. cit., p. 364–366.
  62. Ricardo Mateos Sainz de Medrano, op. cit., p. 290.
  63. Hugo Vickers, op. cit., p. 392.
  64. Hugo Vickers, op. cit., p. 396.
  65. Hugo Vickers, op. cit., p. 398.
  66. Nadine Brozan, « Chronicle  » dans The New York Times, 1er novembre 1994
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