Ali Qushji

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Ali Quchtchi aux pieds de Mehmet II

Ali Quchtchi ou Ali Qushji (turc Ali Kuşçu : fauconnier), de son nom complet `Ala ad-Din `Ali ibn Muhammad Qushji (`alâ' 'ad-dîn : « élévation de la religion » en arabe), est un astronome, probablement né en 1403 à Samarcande[1], mort en 1474 à Istanbul.

Il était également mutakallim, mathématicien et linguiste.

Biographie[modifier | modifier le code]

Son nom nous dit qu'il était le fils d'un fauconnier. Il fut le disciple d'Oulough Beg, qui le considérait comme un fils et un ami.

Il participa avec son maître aux travaux de l'observatoire de Samarcande qui aboutirent à la parution des Tables sultaniennes (zij-e solTâni en persan), publiées en 1437.

Après l'assassinat d'Oulough Beg par son fils Abd ul-Latif, Ali Quchtchi partit avec une copie des Tables sultaniennes, auprès d'Uzun Hasan (« Hassan le long »), à Tabriz, souverain de la dynastie turkmène des Aq Qoyunlu.

Uzun Hasan l'envoya ensuite à Istanbul, auprès du sultan ottoman Mehmed II Fatih (le conquérant), où il s'occupa d'enseignement scientifique à la médersa Aya Sofia (Hagia Sophia, Sainte-Sophie).

C'est de là que les Tables sultaniennes passèrent en Europe, la première version en étant peut-être une traduction anonyme en hébreu, réalisée vers 1500 près de Venise[réf. nécessaire].

Contribution scientifique[modifier | modifier le code]

Astronomie[modifier | modifier le code]

Les Tables sultaniennes[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Tables sultaniennes.

Ali Quchtchi participa à l'élaboration des Tables sultaniennes. Après la mort de Qadi-zadeh Roumi en 1436, il lui succéda comme directeur de l'observatoire[1].

Il fut le premier acteur de la survie du travail des astronomes de Samarcande, d'abord en transmettant à Istanbul le savoir-faire acquis et ensuite, comme il avait apporté avec lui un manuscrit des Tables, en étant l'instrument de leur diffusion[2].

Astronomie et philosophie[modifier | modifier le code]

Ali Quchtchi a écrit un ouvrage intitulé De la dépendance qu'aurait l'astronomie par rapport à la philosophie. Il y conteste la dépendance de la philosophie naturelle par rapport à la philosophie d'Aristote et ouvre la porte à l'héliocentrisme.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Frédérique Beaupertuis-Bressand, « Le prince savant annexe les étoiles », dans Samarcande 1400-1500, La cité-oasis de Tamerlan : cœur d'un Empire et d'une Renaissance, ouvrage dirigé par Vincent Fourniau, Éditions Autrement, 1995, (ISBN 2-86260-518-2) (ISSN 1157-4488) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • (en) İhsan Fazlıoğlu, Qūshjī: Abū al‐Qāsim ʿAlāʾ al‐Dīn ʿAlī ibn Muḥammad Qushči‐zāde, New York, Springer,‎ 2007 (ISBN 978-0-387-31022-0, lire en ligne), p. 946–8 (version PDF)
  • Antoine Gautier, « L'âge d'or de l'astronomie ottomane », dans L'Astronomie, vol. 119, décembre 2005 Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Lucien Kehren, « Ulugh Beg et l'École d'astronomie de Samarkand (XVe siècle) », dans Yves Vadé, Étoiles dans la nuit des temps, L'Harmattan, 2009
  • F. Jamil Ragep, « Tūsī and Copernicus : the Earth's motion in context », Science in Context, Cambridge University Press, vol. 14, no 1–2,‎ 2001a, p. 145–163 (lien DOI?)

Annexes[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]