Ali Bach Hamba

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Ali Bach Hamba

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Ali Bach Hamba

Naissance 1876
Tunis, Tunisie
Décès 29 octobre 1918 (à 42 ans)
Constantinople, Empire ottoman
Nationalité Drapeau de la Tunisie Tunisie
Profession journaliste et homme politique

Ali Bach Hamba (علي باش حانبة), né en 1876 à Tunis et décédé le 29 octobre 1918 à Constantinople (actuelle Istanbul)[1],[2], est un journaliste et homme politique tunisien.

Engagement associatif[modifier | modifier le code]

D'origine turque[3], Ali Bach Hamba fait ses premières études au Collège Sadiki. Après une maîtrise puis un doctorat en droit obtenus à l'Université d'Aix-en-Provence, il fait son entrée au barreau.

En 1906, il devient membre, avec Béchir Sfar, au comité de direction de l'Association des anciens élèves du collège Sadiki[4]. Bach Hamba, contribue à faire de ce cadre associatif un espace riche de débat sur la situation politique et sociale du pays. Entre avril 1906 et 1907, seize conférences[1] sont organisées sous l'égide de l'association.

En fondant avec Sfar le mouvement des Jeunes Tunisiens en 1907[5], il choisit une ligne d'action qui préfère éviter une confrontation directe avec les autorités du protectorat français et privilégier les contacts avec les forces libérales de la gauche française pour défendre la cause tunisienne.

Expérience du journalisme[modifier | modifier le code]

L'engagement politique de Bach Hamba prend forme à travers son expérience dans le journalisme. Doté d'un talent pour l'expression et l'analyse, il fonde l'hebdomadaire Le Tunisien, publié en français, le 7 février 1907 et devient le chef de sa rédaction politique[1]. Dans son premier numéro, Bach Hamba publie le programme des Jeunes Tunisiens[2].

Sa ligne éditoriale joue alors énormément dans le succès du journal comme en témoignent les différents tirages[1] réalisés autant qu'à l'intérieur qu'à l'extérieur du pays (France, Algérie, Égypte, Turquie, etc.). Sa collaboration avec des personnalités et des journalistes français comme Albert Guenard, Charles Géniaux et Klein Toberty traduit sa conviction dans l'intérêt du rapprochement et la coopération étroite avec les forces libérales françaises pour donner échos aux revendications tunisiennes.

En 1909, sous son initiative, un hebdomadaire et un autre journal arabophones voient le jour sous la direction d'Abdelaziz Thâalbi[6].

Engagement militant[modifier | modifier le code]

À partir de 1910, les revendications exprimées à travers les colonnes politiques du quotidien Le Tunisien, pour engager des reformes structurelles dans le pays, reçoivent l'écho attendu par ses fondateurs. Jusqu'en 1912, le journal accompagne le cours des événements en jouant le rôle d'un relais majeur d'expression.

Du 16 au 28 avril 1910, Bach Hamba se joint à une grève initiée par les étudiants de l'Université Zitouna pour réclamer la réforme du système éducatif et une plus grande ouverture dans les disciplines. L'affaire du Djellaz en 1911 marque le doute chez Bach Hamba sur l'efficacité de l'action pacifique pour satisfaire les revendications tunisiennes ; cette affaire conduit à la suspension du journal Le Tunisien. À la suite du boycott des tramways tunisois pendant plus de trois mois, le lobby pro-colonialiste accuse les dirigeants du mouvement des Jeunes Tunisiens dont Bach Hamba est un membre actif d'en être les instigateurs. C'est ainsi qu'il est arrêté et condamné à l'exil en mars 1912[1],[2].

Exil[modifier | modifier le code]

Il s'installe d'abord en Suisse, où il est rejoint par son frère Mhamed qui lance, à Genève, un autre journal, La Revue du Maghreb. Les deux frères entrent en relation avec un animateur de la renaissance arabo-musulmane, le Syrien Chekib Arslan. Après une vaine tentative lors de son passage en France — à Aix-en-Provence et Paris — pour tenter de réunir ses compagnons déchus, il décide de s'installer à Constantinople en 1913. Sa maîtrise de la langue turque et ses bonnes connaissances en droit lui permettent d'entrer rapidement en contact avec l'élite politique de l'Empire ottoman. Il crée ainsi en 1916 le Comité de libération du Maghreb arabe[7]. Jusqu'à son décès en 1918, il accède à de hautes fonctions au sein du gouvernement ottoman sans se départir de son souci de s'informer sur l'évolution de la situation politique en Tunisie[1].

Le 9 avril 1962[1], sa dépouille est finalement rapatriée en Tunisie où il repose au cimetière du Djellaz[2].

Une rue de Tunis abritant les sièges de plusieurs journaux comme La Presse de Tunisie[8] porte son nom.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f et g El Hadi Jellab, Ali Bach Hamba, éd. Institut supérieur de l'histoire du mouvement national, Tunis, 2005, pp. 13-50
  2. a, b, c et d (fr) Biographie des présidents et fondateurs du RCD (Rassemblement constitutionnel démocratique)
  3. Pascal Le Pautremat et Charles-Robert Ageron, La politique musulmane de la France au XXe siècle. De l'Hexagone aux terres d'Islam : espoirs, réussites, échecs, éd. Maisonneuve et Larose, Paris, 2003, p. 91 (ISBN 9782706816451)
  4. Noureddine Sraïeb, Le Collège Sadiki de Tunis. 1875-1956 : enseignement et nationalisme, éd. CNRS, Paris, 1995, p. 271
  5. Hervé Bourges et Claude Wauthier, Les 50 Afriques : Maghreb, Afrique du Nord-Est, Corne de l'Afrique, Afrique sahélo-soudanienne, Golfe du Bénin, éd. du Seuil, Paris, 1979, p. 72
  6. (fr) Jean-François Martin, Histoire de la Tunisie contemporaine. De Ferry à Bourguiba. 1881-1956, éd. L'Harmattan, Paris, 2003, p. 166
  7. (fr) Dates phares du RCD (Rassemblement constitutionnel démocratique)
  8. (en) Coordonnées des journaux tunisiens (Université autonome de Madrid)