Ali Baba et les Quarante Voleurs (film, 1954)

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Ali baba et les Quarante Voleurs est un film français réalisé par Jacques Becker, sorti en 1954. Il est tiré du célèbre conte homonyme issu des Mille et Une Nuits.

Ali Baba et les Quarante Voleurs

Réalisation Jacques Becker
Scénario Jacques Becker
Marc Maurette
Cesare Zavattini
Maurice Griffe
Annette Wademant
Acteurs principaux
Sociétés de production Les Films du Cyclope
Pays d’origine Drapeau de la France France
Genre Comédie
Sortie 1954
Durée 92 minutes

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Synopsis[modifier | modifier le code]

« Il était une fois, dans une petite ville d’Orient, un brave homme qui s'appelait Ali Baba ». C'est un brave homme, débrouillard et généreux, ami de tous les pauvres. Il est le serviteur de confiance d'un riche bourgeois, Cassim, dont il gère les affaires, la maison et le harem. Aujourd'hui, il a acheté la belle Morgiane, vendue par son propre père. Un amour protecteur naît chez Ali: un bon somnifère empêche Cassim de la posséder et puis comment faire disparaître chez cette nouvelle reclue la mélancolie. Le perroquet vert qu'on lui avait proposé au marché ferait un bon compagnon… Ali, pour retrouver le vendeur, doit se lancer à la poursuite d'une caravane, loin de la ville, dans une zone peu sûre. Mais il irait au bout du monde pour Morgiane. Une fois l'affaire conclue, la caravane est attaquée par une bande de quarante voleurs. Tous préfèrent fuir, quitte à abandonner les marchandises: le chef a l'air bien cruel. Mais Ali, empêtré dans une nacelle, est témoin de la prise du butin et de ce qui s'ensuit: tout est caché dans une cavité de la montagne dont l'entrée est protégée par des pierres mobiles qui s'ouvrent sur un magique Sésame ouvre-toi. Utilisant à son tour le formule magique, Ali pénètre dans la caverne: c'est un véritable amoncellement de richesses! Ali Baba, n'ayant pu résister à la tentation, remplit sa besace de pièces d'or. De retour à la maison, il offre le perroquet à Morgiane - qui le boude-, et interpelle Cassim: « Je suis riche, et je rachète Morgiane ». Cassim veut savoir d'où Ali tire cette richesse, quitte à l’enivrer avec un petit vin de Chypre. Et Ali mène Cassim à la grotte. Chacun puise dans les trésors. Des pensées meurtrières traversent l'esprit de Cassim: pourquoi partager!? Ali, sentant la menace, allègue qu’il a entendu du bruit et propose de déguerpir. Mais le chef des brigands est bien là, en haut de la colline et les voit s’enfuir. Sitôt à la maison, Ali prend Morgiane et la ramène chez son père. Celle-ci ne semble pas si ravie de ce retour au foyer paternel et demande à Ali de venir la revoir. En chemin, il rencontre quatre de ses anciens amis, quatre mendiants. Il les questionne sur ce qu’ils aimeraient avoir en cas de richesse et déclare : « Le Bon Dieu va vous le donner par mon intermédiaire, vous aurez le nécessaire et le superflu » et d’en faire ses majordomes. Le lendemain, Ali achète la plus belle maison de la ville. De la terrasse, il voit que Morgiane est de nouveau proposée à la vente; il se précipite, repousse un acquéreur et propose à Morgiane le mariage.

La fête se prépare: toute la ville est invitée, le chef des brigands et Cassim aussi; chacun fait entrer ses hommes et une terrible bagarre s'ensuit. Ali s'en sort. Cassim et le chef des bandits sont enfermés dans des cages, mis au pilori. « Des pauvres il n’y en aura plus je m’en charge » et Ali conduit la horde des pauvres à la grotte. Celle-ci s’y engouffre, bousculant son bienfaiteur. La grotte est vidée en quelques instants. Ali y reste seul, abattu. Mais Morgiane vient l'y chercher pour le ramener à la maison.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Accueil critique[modifier | modifier le code]

Dans les Cahiers du cinéma François Truffaut signe un article élogieux sur le film[1] qu'il déclare avoir vu trois fois : « A la première vision, Ali Baba m'a déçu, à la seconde ennuyé, à la troisième passionné et ravi. (…) Il faut avoir dépassé le stade de la surprise, il faut connaître la structure du film pour que s'évanouisse la sensation de déséquilibre tout d'abord éprouvée. » Il concède des défaut au film (le fait d'avoir situé velui-ci dans un « Orient de Canebière » - il note que le plupart des acteurs sont marseillais - la musique de Paul Misraki qu'il trouve « très mauvaise », le jeu d'Henri Vilbert qu'il trouve trop « intérieur » pour ce rôle où il faut bouger, sauter et courir : « Quand il est dans le champ on a envie de refaire le cadrage ») mais en parlant de sa mise en scène il assure que Ali baba et les Quarante Voleurs est le film français « le mieux fait » de l'année avec Touchez pas au grisbi et souligne son charme.

Truffaut trouve que le style de jeu de Fernandel est tout à fait adapté à la mise en scène choisie et que Jacques Becker réussit avec lui ce que Claude Autant-Lara ou Yves Allégret avaient raté avec L'Auberge rouge et Mam'zelle Nitouche. Pour lui le film est « un extraordinaire document sur (…) un monument nommé Fernandel ».

Il faut enfin remarquer que la critique de ce film est le premier article où François Truffaut utilise l'expression Politique des auteurs[2]. Il écrit « Ali Baba eut-il été raté que je l'eusse quand même défendu en vertu de la Politique des Auteurs (…) En dépit de son scénario trituré par dix ou douze personnes, dix ou douze personnes de trop excepté Becker, Ali Baba est le film d'un auteur, un auteur parvenu à une maîtrise exceptionnelle, un auteur de film. »

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. François Truffaut, « Ali Baba et la “Politique des Auteurs” », Cahiers du cinéma, no 44,‎ février 1955, p. 45 à 47 Les italiques sont de Truffaut.
  2. Histoire d'une revue, tome 1 : à l'assaut du cinéma (1951-1959, p. 153, Antoine De Baecque (ISBN 2-86642-107-8)

Lien externe[modifier | modifier le code]