Alexis Zorba

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Alexis Zorba
Auteur Níkos Kazantzákis
Genre Roman
Version originale
Titre original Βίος και Πολιτεία του Αλέξη Ζορμπά
Langue originale Grec
Pays d'origine Drapeau de la Grèce Grèce
Date de parution originale 1946
Version française
Traducteur Yvonne Gauthier
Lieu de parution Paris
Éditeur Éditions du Chêne
Date de parution 1947

Alexis Zorba ou Zorba le Grec (grec moderne : Βίος και Πολιτεία του Αλέξη Ζορμπά, « Vie et conduite d’Aléxis Zorbás ») est un roman de l'écrivain de nationalité grecque Níkos Kazantzákis. Il fut publié pour la première fois en 1946. C'est l'histoire d'un jeune intellectuel grec qui entreprend d'échapper à sa vie de « souris papivore » avec l'aide du tapageur et mystérieux Alexis Zorba.

Résumé détaillé[modifier | modifier le code]

Le narrateur, un jeune intellectuel grec, prend la résolution de mettre de côté ses livres pour quelques mois. Il a été frappé par les mots qu'a prononcés un de ses amis, Stavridaki, qui part pour le Caucase afin d'y aider les minorités grecques qui y sont persécutées. Il s'en va en Crète pour y rouvrir une mine de lignite désaffectée et s'immerger dans la réalité du monde paysan, de ceux qui travaillent pour vivre. Juste avant son départ, il fait la connaissance d'Alexis Zorba, un homme énigmatique, âgé de 65 ans, qui le persuade de l'emmener avec lui comme contremaître. Sur le navire qui les mène en Crète, Zorba prend la parole et raconte son histoire, ses observations émerveillées sur la nature et celles - moins optimistes - sur celle de l'homme. Ces narrations rythment l'ensemble du roman, lui donnant son impulsion et sa couleur.

À leur arrivée, ils délaissent l'hospitalité d'Anagnosti, l'ancien du village et de Kondomanolio, le patron du café. Zorba suggère alors qu'ils se rendent à l'auberge de Madame Hortense qui n'est composée que d'anciennes cabines de bain accolées les unes aux autres. Le narrateur passe tout son dimanche à se promener et à découvrir le paysage qui l'entoure. Lors du repas du soir, Zorba, au lieu de ne mettre que deux couverts pour son patron et lui, en rajoute un troisième, celui pour Madame Hortense. Celle-ci, ravie d'avoir été invitée à partager un repas se met à parler de son passé de courtisane, quand elle était encore jeune, belle et qu'elle faisait sauter sur ses genoux les « Quatre Puissances », les amiraux des flottes française, anglaise, italienne et russe en Méditerranée lors de la période de la Crète autonome. Zorba entreprend de la séduire avec l'aide de son santouri et la surnomme affectueusement « Bouboulina ». Le jour suivant, la mine est ouverte et le travail débute alors.

Le narrateur ne peut cependant pas résister à employer son temps libre pour travailler sur un de ses manuscrits inachevés qui traite de la vie et des pensées de Bouddha. Durant les mois qui suivent, Zorba exerce une profonde influence sur le narrateur, cet homme qu'il appelle « patron ». La vie prend une nouvelle saveur pour le narrateur au contact des habitants du village, même si des événements (morts de Madame Hortense et de la veuve, chute du téléphérique...) obscurcissent son séjour au point qu'il décide de retourner sur le continent. Le pressentiment funeste qu'il avait eu se révèle fondé : alors qu'il est sur le point d'embarquer sur le bateau le ramenant à Athènes, il reçoit un télégramme lui annonçant la mort de Stavridaki. Il garde le contact avec Zorba au moyen de lettres.

Durant cinq années, le narrateur et Zorba voyagent de leur côté, parcourant l'Europe et les Balkans. Alors qu'il est à Berlin, le narrateur reçoit un télégramme de Zorba, l'invitant à venir admirer une magnifique pierre verte. Mais les conditions de vie difficiles dissuadent le narrateur d'envisager un voyage aussi futile. Zorba l'accuse de n'être qu'un « gratte-papier » insensible à la beauté et rompt toute communication. Le narrateur n'arrive pas à cesser de penser à Zorba, et poussé par un pressentiment funeste, il décide d'entreprendre la rédaction de la "légende dorée" de Zorba. À peine la légende achevée, il reçoit une lettre de Serbie annonçant la mort de son ami. Sa veuve l'invite à venir chercher le santouri du défunt.

L'incipit[modifier | modifier le code]

Les toutes premières pages du roman s'ouvrent sur une scène dans un café du Pirée pendant les années 1930. Le jour se lève, la nuit venteuse a été rude pour les pêcheurs. Le narrateur attend l'heure du départ de son navire pour la Crète et s'interroge sur le cours des choses qui l'a amené à cette décision de quitter le sol de Grèce. Il se remémore la séparation, il y a quelques mois, d'avec son ami Stavridakis, parti pour une expédition humanitaire dans le Caucase. Ce dernier l'avait raillé à propos de son esprit qu'il jugeait trop livresque, une « souris papivore » selon ses propres termes.

Il est sur le point de se plonger dans son édition de la Divine Comédie de Dante quand il s'aperçoit qu'il est observé ; il se retourne brusquement et voit un homme d'à peu près la soixantaine, le nez collé à la fenêtre. Celui-ci entre et se dirige immédiatement vers lui pour lui demander de l'emmener en Crète. Pour le convaincre, il lui dit qu'il sait préparer de très bonnes soupes, qu'il sait miner, commander à des ouvriers mais aussi jouer du santouri – son nom, Alexis Zorba. Fasciné par ses manières et ses opinions, le narrateur l'embauche en tant que contremaître.

Le narrateur tente d'appliquer ses idéaux socialistes : il cherche à créer des liens avec ses ouvriers, à se montrer prévenant avec eux mais Zorba le réprimande et l'exhorte à garder ses distances.

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Adaptation cinématographique[modifier | modifier le code]