Alexey Eisner

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Alexey Vladimirovitch Eisner (Эйснер, Алексей Владимирович) né le 5 octobre 1905 à St. Petersburg - décédé le 30 novembre 1984 à Moscou, est un poète, un traducteur et un écrivain russe.

Il a combattu lors de la guerre civile espagnole dans les rangs de la XIIème Brigade internationale et a été l'adjoint de Máté Zalka ("general Lukács")

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Après la Révolution d'Octobre 1917, son beau-père emmène le jeune Alexey en exil aux Îles des Princes, sur la côte turque.

Après l' École de Cadets Grand-duc Constantin Constantinovitch à Sarajevo, le jeune Alexey, comme la plupart des Russes blancs, exerce divers métiers pour vivre : laveur de vitres, manœuvre dans le bâtiment...Mais il écrit des poèmes, connait des personnalités de la société émigrée comme le poète Georgy Adamovich, la poétesse Marina Tsvetaeva et son mari Sergueï Efron.

Eisner publie son poème "Début d'automne, fourrés jaunissants ..." en 1932, et l'œuvre connait un succès certain dans le milieu russe blanc; un vers d'Eisner , "L'homme naît dans la douleur... ", est en particulier souvent cité.

Eisner devient membre de la Société des Ecrivains Russes Emigrés , qui siège à Prague [1] .

Changement d'opinions politiques et départ pour la Guerre civile espagnole[modifier | modifier le code]

Dès 1920, Eisner cherche à revenir en Russie [2] , et il y parvient en 1934 par l'entremise de "Союзы возвращения на родину", l' Association pour le retour dans la patrie russe , la Rodina [3].

En 1936, en dépit du fait qu'il a été offensé par la promesse que les volontaires russes seraient autorisés à revenir à l'URSS après la guerre, Eisner s'engage dans les Brigades internationales qui se lèvent pour aider la Seconde République espagnole à lutter contre les insurgés nationalistes aidés par le Troisième Reich et l'Italie fasciste . Il entre dans la XIIème Brigade internationale et devient l'adjoint du chef de la XIIe BI, Máté Zalka, qui avait pris le nom de guerre de "general Lukács". Zalka est tué lors de l' offensive de Huesca (mi-juin 1937).

Plus tard, Ernest Hemingway, qui avait noué pendant son séjour en Espagne une amitié avec Zalka (ils avaient tous 2 combattu sur le front Austro-Italien lors de la Seconde Guerre mondiale, et commencé ensuite une carrière littéraire...) , fit cadeau a Eisner d'un chèque en blanc, à acheter un billet s'il choisit de visiter Hemingway aux États-Unis.

Retour en URSS[modifier | modifier le code]

Quand il retourna en URSS, Eisner fut condamné, en application de l'article 58 du code pénal de la RSFSR , à 8 ans de travaux forcés au camp de Vorkoutlag et le chèque en blanc signé d'Hemingway a disparu lors de son arrestation. Eisner fut ensuite assigné à résidence dans l'oblys de Karaganda, au Kazakhstan[4].

En 1956 ( 3 ans après la mort de Staline), Eisner est réhabilité. Il revient à Moscou, travaille comme traducteur et journaliste. Il a écrit plusieurs livres, et des mémoires où apparaissent des personnages comme le general Lukács, Haji Mamsurov (qui a combattu en Espagne sous le pseudonyme de Colonel Xanthi), Ilya Ehrenbourg et Ernest Hemingway.

Son parcours a été particulièrement tourmenté: selon la catégorisation de l'article de WP ru , Alexey Eisner a été un poète russe, un expatrié russe de la première vague en Tchécoslovaquie, un immigrant russe de la première vague en France, un immigrant russe faisant partie de ceux qui sont revenus en URSS lors de la première vague de retour, un participant à la guerre civile espagnole, un "refoulé dans l'Union soviétique", puis un "réhabilité dans l'Union soviétique".

Œuvres[modifier | modifier le code]

Poésie[modifier | modifier le code]

  • L'homme nait dans la douleur: Poèmes de différentes années. Comp. et postface de Eugen V. Witkowsky . Les éditions du Verseau, 2005 - (ISBN 5-902312-49-3)
  • 2e édition du même recueil, Les éditions du Verseau, 2005. (ISBN 5-902312-62-0)
  • Poèmes d'Eisner publiés dans la Revue de la Société des Ecrivains Russes Emigrés (Prague 1922-1940) : Saint-Pétersbourg: Éditions Росток (La Pousse), 2005 , (ISBN 5-94668-039-2[à vérifier : ISBN invalide])
  • Anthologie de textes d'Eisner publiés dans la Revue de la Société des Ecrivains Russes Emigrés (Prague 1922-1940) - Moscou, éditions Chemin Russe, 2006, (ISBN 5-85887-208-5)

Prose[modifier | modifier le code]

  • Ma sœur Bulgarie : Essais. - Moscou, L'écrivain soviétique, 1963. - 215 p.
  • Un homme avec trois noms: L'histoire de Máté Zalka . - Moscou, Politizdat, 1986. - 335 p.
  • La douzième internationale: contes - Moscou, L'écrivain soviétique, 1990. - 640 p. (ISBN 5-265-01221-4)

Sources[modifier | modifier le code]

Les articles "Alexey Eisner" de Wp en, et "Эйснер, Алексей Владимирович" de WP ru.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. l'organe de la Société des Ecrivains Russes Emigrés est, selon WP ru : Скит (en français : "Cellule") . Selon WP en , il s'appelle "Skeet" , ce qui sous-tendrait (voir skeet) la notion de riposte rapide et pugnace...
  2. la proclamation de l' URSS date du 30 décembre 1922
  3. traduction-résumé de l'articl WP ru "Союзы возвращения на родину" : L' Association pour le retour à la patrie est une organisation née aux États-Unis, en France, en Bulgarie (la branche la plus importante était à Sofia) parmi les émigrés Russes blancs après la publication des décrets du Comité Exécutif Central du 03/11/1921 et du 09/06/1924 offrant l'amnistie aux Russes blancs. L'association a aidé environ 200 000 Russes Blancs à rentrer en Russie. La première vague de retour (en 1921) compta 121 343 personnes; puis, par la suite (entre 1921 et 1931), seulement 81 432 personnes. L' Union générale des combattants russes de Wrangel (ROVS) et les autres associations de Russes Blancs s'attachaient en effet à révéler que le mouvement pour le retour en Russie était noyauté par le G.P.U. ( Guépéou) et que le sort des rapatriés, à quelques exceptions près, était tragique : les anciens officiers et les chefs militaires étaient tués dès leur arrivée, et de très nombreux ex-sous-officiers et soldats étaient déportés dans les camps du grand nord (qui existaient avant la création du Goulag). Par ailleurs l'Occident savait que la famine soviétique de 1921-1922 régnait. La ROVS demanda alors la protection de Fridtjof Nansen, Haut-Commissaire pour les Réfugiés de la Société des Nations et le passeport Nansen, reconnu par 31 états, permit à plus de 25 000 Russes de s'installer aux États-Unis, en Autriche, en Belgique, en Bulgarie, en Yougoslavie et dans d'autres pays. À noter que le mouvement était apparemment encore vivace en 1956 : l'article Liste de livres censurés en France cite comme interdite en France la publication russe Za Vozvrachtenie na Rodinou (Pour le retour à la Patrie) : JO du 31 mars 1956, p. 3127
  4. de très nombreux soviétiques, soldats et officiers supérieurs ou assimilés, comme Manfred Stern (général Kleber) , Mikhaïl Koltsov, János Gálicz, Vladimir Ćopić payaient[réf. nécessaire] d'une mort expéditive l'insuccès de l'URSS en Espagne, tandis que plus d'autres, comme générales Tkhor, Lyaschenko, Kirpitchnikov, Birjukov, Novikov, Yeremenko, Jerebine, Trotsenko, Voronov, Batov, Mamsurov et Pavlov, maréchales Koulik et Malinovski, admiral Eguipko, académicien Stepanov ont soulevé les plus hauts rangs de la société soviétique bien que même parmi ceux Koulik et Pavlov ont été exécutés au cours de la 2ème guerre mondiale ou après... Selon Michel Dreyfus dans "Le siècle des communismes" , p 448. : Le sort réservé aux Russes - et à des non Russes - partis en Espagne à leur retour à Moscou est connu : exécutés par fournées de 100, ou déportés au Goulag comme Kleber. Leur sort était probablement scellé avant leur départ : pour eux l'Espagne n'avait représenté qu'un sursis (in Dreyfus, Michel : Le siècle des communismes (Les éditions de l'atelier) http://books.google.fr/books?id=SsRSUUcGW7QC&pg=PA444&dq=Manfred+Stern&hl=fr&sa=X&ei=FubWT6WrK8rW8QO7ocWLAw&redir_esc=y#v=onepage&q=Manfred%20Stern&f