Alexander von Humboldt

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Alexander von Humboldt

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Alexander von Humboldt (Alexandre de Humboldt)

Naissance 14 septembre 1769
Berlin
Décès 6 mai 1859 (à 89 ans)
Berlin
Nationalité Drapeau de la Prusse Royaume de Prusse
Profession
Activité principale
expéditions en Amérique du Sud
Distinctions
Président de la Société de géographie de Paris
Famille
Humboldt
Signature de Alexander von Humboldt

Friedrich Karl, Willelm, Heinrich Alexander, baron von Humboldt[1], plus connu sous le nom d'Alexander von Humboldt ou Alexandre de Humboldt, est un naturaliste, géographe et explorateur allemand, né le 14 septembre 1769 à Berlin et mort le 6 mai 1859 à Potsdam[2] ou Berlin[3]. Il était membre associé de l’Académie des sciences française et président de la Société de géographie de Paris. Par la qualité des relevés effectués lors de ses expéditions, il a fondé les bases des explorations scientifiques.

Biographie[modifier | modifier le code]

Alexander von Humboldt est né à Berlin le 14 septembre 1769 d'un père militaire prussien, le major von Humboldt, et d'une mère d'origine française et huguenote, Marie-Élisabeth Colomb.

Il est le frère cadet de Wilhelm von Humboldt (Guillaume de Humboldt), linguiste, fonctionnaire, diplomate, ministre de Prusse et philosophe allemand. Celui-ci, visionnaire pour la recherche et la pédagogie, fonda l'Université Humboldt de Berlin en 1810.

Formation[modifier | modifier le code]

Son père, Alexander Georg von Humboldt, était issu d'une importante famille poméranienne et un officier de l'armée prussienne. Proche de la famille royale et de la franc-maçonnerie, il a voulu transmettre à ses fils la meilleure éducation dans l'esprit des Lumières. Il leur donne pour précepteurs Joachim Heinrich Campe, lequel suit les principes pédagogiques de Jean-Jacques Rousseau, puis Gottlob Johann Christian Kunth. Ils enseignent aux enfants l'histoire, les mathématiques, le latin, le grec, le français et l'allemand.

À neuf ans, à la mort de son père, Alexander est élevé par sa mère, au château de Tegel, près de Berlin. Elle continue d'attacher la plus grande importance à l'éducation des enfants en vue de leur permettre d'accéder à de hautes fonctions politiques.

Alexander montre un intérêt prononcé pour l'histoire naturelle. Alors que Wilhelm, d'une robuste constitution, a une belle aisance dans l'apprentissage et s'oriente vers la haute fonction publique, Alexander est frêle et apprend laborieusement[4]. On l'oriente vers une formation en économie.[réf. nécessaire]

À seize ans, Alexander est présenté par Kunth à Marcus Herz, médecin et membre de l'Académie des sciences de Berlin, l'un des principaux représentants des Lumières en Allemagne et il est fortement impressionné par les cours et les discussions se déroulant chez lui.

En 1787, les deux frères vont étudier à l'université de Francfort-sur-l'Oder où ils passent un semestre. Alexandre étudie les sciences politiques et suit des cours d'archéologie, de médecine, de physique et de mathématiques. Il contracte une "amitié éternelle" avec le théologien Wilhelm Gabriel Wegener.

À dix-huit ans, il est initié à la botanique par son ami Carl Ludwig Willdenow.

En 1788, Alexandre revient étudier dans le château familial les techniques de la manufacture et le grec ancien.

En 1789, les deux frères s'inscrivent à l’université de Göttingen, qui est un centre de la pensée éclairée à cette époque. Alexandre étudie la physique avec Georg Christoph Lichtenberg, l'anatomie et la zoologie avec Johann Friedrich Blumenbach.

Après un voyage géologique, il rédige en 1790 sa première publication scientifique d'observations minéralogiques sur les basaltes du Rhin.

Alexandre de Humboldt peint par Friedrich Georg Weitsch, 1806

C'est à Göttingen qu'il rencontre le naturaliste Georg Forster dont il devient le disciple et avec lequel il voyage en Grande-Bretagne et en France pendant la période révolutionnaire. Alexandre est pour la première fois à Paris en 1790 et s'enthousiasme pour les idéaux de la Révolution française et pour les Droits de l'homme:

« Le spectacle des Parisiens, leur rassemblement national, celui de leur temple de la Liberté encore inachevé pour lequel j'ai transporté moi-même du sable, tout cela flotte dans mon âme comme un rêve[5]. »

De retour en Allemagne, Humboldt doit poursuivre ses études de commerce. Il consacre ses loisirs à la géologie, la botanique, et l'étude du suédois. Sa soif de savoir le conduit au seuil de la démence.[réf. nécessaire]

En 1791, Humboldt entame une formation à l'École des mines de Freiberg, puis une carrière dans les mines avoisinantes. Il termine ses études et est directement nommé assesseur au département des mines sans avoir à servir en tant que cadet.

De Freiberg à Paris[modifier | modifier le code]

En 1792, Humboldt rédige un important rapport sur la géologie et l'état des mines. Ce rapport le fait promouvoir inspecteur général des mines. Face à l'ignorance des mineurs qui ne savent pas distinguer un minerai d'une roche sans valeur, Humboldt ouvre clandestinement une école de formation des mineurs qu'il finance de ses propres deniers. Il refusera l'argent que le ministre von Heinitz lui enverra pour le défrayer de ses dépenses.

Humboldt fait des recherches pour augmenter la sécurité dans les mines.

En 1794, il obtient une promotion dans un bureau de Berlin, puis participe à des missions diplomatiques entre les états alliés allemands et l'armée révolutionnaire française.

En 1795, von Heinitz lui propose le poste convoité de directeur des mines de Silésie, dans le sud-est de la Prusse. Humboldt refuse et abandonne le service public.

Humboldt fait des expériences sur les animaux, sur l'effet de l'électricité, qu'il pense être contenue dans les nerfs, et mise en évidence par l'application de deux métaux différents. Il utilise même son propre corps pour ses expériences. En 1797, il publie ses Expériences sur le muscle et la fibre nerveuse excités, avec des conjectures sur le processus chimique de la vie dans le monde animal et végétal. Alessandro Volta montre en 1795 que ce sont les métaux qui créent l'électricité et invente la pile électrique en 1800. Humboldt gardera toute sa vie l'amertume de ne pas avoir fait la distinction entre les effets physiologiques et électriques, et de ne pas en avoir déduit les principes de la pile.

En 1796, la mort de sa mère le libère de ses dernières attaches familiales et des soucis d'argent grâce à cet héritage.

L'année suivante, en 1797, il démissionne des mines. Avec son ami von Buch, il va faire des observations scientifiques dans le Tyrol. C'est là qu'il mettra au point la méthode de relevés météorologiques qui sera utilisée dans le monde entier.

Une expédition en Égypte avec Lord Bristol, que Humboldt devait joindre, est annulée par l'invasion de Bonaparte.

En 1798, Humboldt s'installe à Paris, qui est à cette époque la capitale intellectuelle de la planète. Il loge à l'Hôtel Boston, rue Jacob, près de Saint-Germain-des-Prés. Il étudie au Jardin des Plantes, à l'Observatoire de Paris, à l'Institut de France. Il fréquente Cuvier, les botanistes Jussieu, René Desfontaines, Lamarck, les chimistes Chaptal, Thénard, Fourcroy, Louis-Nicolas Vauquelin, les mathématiciens Delambre, Laplace, Lalande et Jean-Charles de Borda[6].

Expédition en Amérique[modifier | modifier le code]

L'expédition américaine d'Alexander von Humboldt

L'amiral Louis Antoine de Bougainville, célèbre navigateur et explorateur, et héros de son enfance, lui propose de participer à une expédition en Amérique du Sud, au Mexique, en Californie, à travers le Pacifique, puis au pôle Sud. Bougainville sera remplacé par Baudin. Une guerre avec l'Autriche entraine le Directoire à annuler l'expédition.

Humboldt fait alors la connaissance d'Aimé Bonpland, chirurgien de marine et naturaliste amateur. Aimé Bonpland devait, comme Humboldt, participer à l'expédition de Baudin. Ils deviennent amis et décident de rejoindre l'expédition savante qui suit les troupes napoléoniennes en Égypte. Le bateau qu'ils devaient prendre ne parvient jamais à Marseille, où ils sont venus l'attendre. Ils décident alors d'aller à pied en Espagne pour prendre un bateau pour Smyrne. Pendant les six semaines de trajet, Humboldt fait de méticuleux relevés géographiques.

Humboldt est présenté au roi et à la reine d'Espagne. Il obtient des passeports avec le sceau royal qui garantit aux voyageurs l'assistance des autorités qu'ils rencontrent. Bonpland devient officiellement compagnon et secrétaire de Humboldt. Humboldt et Bonpland sont les premiers à effectuer une exploration scientifique digne de ce nom. L'ambition majeure de Humboldt pendant son voyage aux Amériques est de découvrir l'interaction des forces de la nature et les influences qu'exerce l'environnement géographique sur la vie végétale et animale.

Le 5 juin 1799, ils embarquent, à La Corogne, à bord de la corvette « Le Pizarro » à destination du Venezuela, et après une escale aux Canaries, ils arrivent le 16 juillet à Cumaná au Venezuela, à l'est de Caracas. Pendant la navigation, Humboldt fait des mesures astronomiques, météorologiques, de magnétisme, de température et de composition chimique de la mer.

En Amérique, il a un profond dégoût pour la façon dont se vendent et s'évaluent les esclaves, même si c'est dans les possessions espagnoles qu'ils sont le moins maltraités. Chateaubriand dira de lui dans son édition de 1827 de Voyages en Amérique : « En Amérique, l'illustre Humboldt a tout peint et tout dit ».

Le haut Orénoque[modifier | modifier le code]

Plan du canal de Casiquaire dressé par Humboldt

Humboldt et Bonpland explorent la forêt tropicale pour tenter de confirmer la présence, considérée comme impossible, d'un canal naturel entre l'Orénoque et l'Amazone, le canal de Casiquiare, et de localiser le lieu exact de la source de l'Orénoque. Ils récoltent de nombreux spécimens d'animaux et de plantes inconnus, et Humboldt relève méticuleusement la température du fleuve, du sol et de l'air, et la pression atmosphérique, l'inclinaison magnétique, la longitude et la latitude.

À Calabozo, en mars 1800, Humboldt fait capturer des anguilles électriques (Electrophorus electricus) pour poursuivre son étude sur l'électricité dans le monde animal.

À San Fernando, ils prennent des pirogues avec un pilote, et des indiens pour pagayer. Certains passages doivent se passer en faisant porter la pirogue à travers la forêt. Les piqûres de moustiques, dont toutes les espèces se relaient pour se nourrir tout au long de la journée, les font cruellement souffrir.

Le 31 mai ils explorent les régions des tribus indigènes — des Maypures et des Aturès — dont le dernier avait récemment disparu.

Humboldt et Bonpland dans la jungle amazonienne.

Ils quittent l'Orénoque aux eaux fangeuses pour l'Atabapo, un affluent aux eaux claires et limpides, puis passent par d'étroits canaux à travers la forêt. Ils font porter leur pirogue sur onze kilomètres jusqu'à un affluent de l'Amazone. Vingt-trois Indiens pendant trois jours sont nécessaires. Il leur a fallu trente-six jours tassés dans leur pirogue et assaillis par les parasites de tout type pour atteindre l'Amazone.

Humboldt décide de remonter un affluent de l'Amazone vers le canal de Casiquiare dont il relève rigoureusement la position. Humboldt et Bonpland ne sont pas les premiers Européens à emprunter cette voie, mais la rigueur de leurs relevés et des descriptions qu'ils font, fait qu'il n'y a plus de doutes à l'existence d'un passage navigable entre l'Amazone et l'Orénoque. Le parcours du Cassiquaire dure vingt jours, durant lesquels les insectes sont omniprésents.

De La Havane à Quito[modifier | modifier le code]

Le 24 novembre 1800, Humboldt et Bonpland embarquent pour Cuba où il se lie d'amitié avec Francisco Arrango y Parreño, le plus grand planteur de sucre de l'île. Il est reçu par le Marquis de Someruelos. Durant la première partie de cette expédition, qui a duré un an, ils ont récolté de nombreux animaux, et 20 000 spécimens botaniques. Le tiers de leur récolte est détruit par l'humidité et les insectes, mais le bilan reste néanmoins considérable. Ils envoient leurs collections morcelées pour être certains que quelques parties arriveront. Une série sera envoyée par le fond, une autre capturée par les Britanniques (puis restituée à Humboldt par un acquéreur, des années plus tard).

Le 6 janvier 1802, ils arrivent à Quito, où ils font la connaissance du jeune créole Carlos Montufar, qui les suivra au cours de nombreux périples à venir.

Les Andes[modifier | modifier le code]

Humboldt apprend que Baudin a quitté la France et doit arriver à Lima, au Pérou. Pour éviter l'absence d'alizés, Humboldt et Bonpland décident de passer par voie de terre le long des Andes. Ils passent douze mois en altitude à travers les volcans. Ils ont les pieds en sang, mais refusent toujours de faire comme l'aristocratie locale : se laisser porter par des Indiens dans des chaises fixées sur leur dos.

Humboldt et Aimé Bonpland au pied du volcan Chimborazo, peinture de Friedrich Georg Weitsch (1810)

Humboldt s'assure une renommée mondiale en gravissant le Chimborazo, sommet considéré à l'époque comme le plus élevé du monde et auquel il vouera un culte particulier toute sa vie (à 70 ans, il se fait peindre en pied devant le profil du volcan[7]) . Le Chimborazo est le sommet le plus éloigné du centre de la terre, même si son élévation au-dessus du niveau de la mer est sensiblement moins élevé que celui de l'Himalaya, par exemple. Cela tient à l'aplatissement de la Terre qui fait qu'elle n'est pas parfaitement sphérique et au fait que le Chimborazo est très près de l'équateur[8]. L'ascension du Chimborazo débute le 23 juin 1802. Ils ne purent arriver au sommet, arrêtés qu'ils furent, à quelques centaines de mètres, à la fois par une profonde crevasse et par le manque d'oxygène. Ils s'élevèrent néanmoins à la plus haute altitude qu'on eût jamais atteinte alors : ils atteignent 5 878 m, le Chimborazo culminant à 6 310 m.

Humboldt effectue des observations dans le domaine de la sismologie et de la phytogéographie, il publiera une carte de végétation[9] du volcan à son retour. Il déduit des alignements de volcans que les chaînes de montagnes se sont formées le long de failles géologiques. Ancien disciple des neptuniens, théorie qui dit que les roches se sont formées à partir de sédiments liquides, il change radicalement d'avis et se convertit au plutonisme.

Apprenant que Baudin ne fera pas escale à Lima, Humboldt, Bonpland et Montufar se dirigent vers le Pérou. Ils font un bref passage près des sources de l'Amazone puis rejoignent les Andes. L'expédition regagne Lima le 22 octobre 1802.

Humboldt prélève du guano pour en faire faire l'analyse en Europe. C'est lui qui fera connaître à l'Europe et l'Amérique du Nord ses propriétés fertilisantes.

Humboldt et ses compagnons quittent l'Amérique du Sud et passent l'année 1803 à parcourir le Mexique : le 23 mars, ils débarquent à Acapulco, après une traversée des plus tourmentées; en avril, ils sont à Mexico. Humboldt écrira son Essai politique sur le royaume de la Nouvelle Espagne, le premier essai de géographie régionale, dans lequel il ne fait qu'un récit sommaire de ses voyages.

Il embarque ensuite pour la Havane pour y récupérer ses collections déposées il y a plus de trois ans.

Passage aux États-Unis[modifier | modifier le code]

Estimant de son devoir de saluer Thomas Jefferson, président des États-Unis, il prolonge son voyage et va vers Philadelphie, autrefois capitale du pays. Humboldt est accueilli par la Société américaine de philosophie, construite sur le modèle de la Royal Society de Londres et fondée par Benjamin Franklin. Humboldt passe la plus grande partie de son temps avec les membres de la Société. Bonpland et Montufar ne parlant pas anglais, leur rôle se limite de plus en plus à celui de figurants. Humboldt rencontre Jefferson avec lequel ils ne parlent que d'histoires naturelles, des coutumes différentes selon les pays, et du moyen d'élever le niveau de vie. Les deux hommes s'entendent si bien que Jefferson invite Humboldt à loger chez lui. Ils entretiendront une correspondance régulière jusqu'à la mort, en 1826, de Jefferson[10].

Bilan de l'expédition[modifier | modifier le code]

L'expédition de Humboldt et Bonpland, d'une durée de cinq ans, a coûté à Humboldt le tiers de son capital. C'est l'une des plus remarquables expéditions scientifiques, avec une moisson de données d'une valeur scientifique encore plus importante que les spécimens qu'ils ont pu rapporter.

Retour en Europe[modifier | modifier le code]

Paris[modifier | modifier le code]

Autoportrait de Humboldt à Paris en 1814

Humboldt arrive au large de Bordeaux le 1er août 1804. Il s'installe à Paris, au 3 quai Malaquais, où il résidera de 1804 et 1824[11]. Il retrouve le monde scientifique de son temps. Il fait partie de la Société d'Arcueil formée autour du chimiste Berthollet où se rencontrent également François Arago, Jean-Baptiste Biot, Louis-Joseph Gay-Lussac avec lesquels Humboldt se lie d'amitié. Ils publient ensemble plusieurs articles scientifiques. Humboldt et Gay-Lussac mènent des expériences communes sur la composition de l'atmosphère, sur le magnétisme terrestre[12].

Humboldt offre son herbier au muséum d'histoire naturelle de Paris. La collection est acceptée par décret en 1805.

Il publie en français la relation de son voyage. Il fréquente les salons parisiens comme celui de Madame de Récamier. Il se lie d'amitié avec Chateaubriand. Il est reçu par Napoléon qui le soupçonne d'espionnage pour le compte de la Prusse[13].

Après avoir donné connaissance à l'Institut de France, Humboldt est reconnu par les plus grands scientifiques de son temps. Il est élu correspondant pour la section de physique générale de la 1re Classe de l'Institut national des sciences et des arts le 16 pluviôse an XII (6 février 1804), Associé étranger de l'Académie des sciences le 14 mai 1810[14].

Paris est la capitale de la science et, malgré la demande de son frère de rentrer en Prusse et les rentes qu'il pourrait y recevoir sans efforts, Humboldt décide d'y rester pour trier ses collections et préparer un ouvrage monumental à partir de son expérience.

Au cours d'une soirée chez Fanny de Trobriand, en 1804, Humboldt rencontre le révolutionnaire vénézuélien Simón Bolívar qui lui aurait exposé ses idées politiques[15].

Humboldt et Gay-Lussac[modifier | modifier le code]

Avant de rencontrer Gay-Lussac chez Berthollet, en 1805, Humboldt avait appris que le jeune physicien avait battu son record d'altitude atteint sur le mont Chimborazo en mesurant l'atmosphère à bord de son ballon. En 1799, Gay-Lussac avait également rédigé un compte-rendu critique du rapport sur l'eudiométrie présenté par Humboldt à l'Institut national. Leur rencontre scelle néanmoins une amitié durable qui ne prit fin qu'avec leur vie et qui est à l'origine de plusieurs découvertes scientifiques.

En 1805, Humboldt et Gay-Lussac entreprennent un voyage scientifique en Italie pour étudier le magnétisme terrestre. Ils publieront à leur retour des Observations sur l'intensité et l'inclinaison des forces magnétiques (1808). Ils confirment ainsi la loi découverte par Humboldt en Amérique suivant laquelle l’intensité de la force magnétique est croissante en allant de l’équateur aux pôles et les inclinaisons diminuent avec la latitude de manière régulière.

Ils mènent également des expériences sur l'eau au moyen de l'eudiomètre et constatent la simplicité du volume des deux gaz combinés (2,00) alors que Fourcroy, Vauquelin et Seguin donnaient le nombre fractionnaire 2,05. En étendant cette propriété à tous les gaz, Gay-Lussac formule la Loi de Gay-Lussac qui est l'une des principales lois de la chimie moderne et lui vaut d'être élu à l'Académie des sciences en 1806.

Gay-Lussac et Humboldt se rendent également en Allemagne dans le cadre de leur voyage scientifique. Humboldt retrouve ainsi Berlin au mois d'octobre. Il est nommé Chambellan du roi. Il travaille avec une équipe à regrouper, ordonner et mettre au propre les données qu'il a recueillies. Il fait des mesures de magnétisme jour et nuit et remarque que l'aiguille varie selon l'heure.

En janvier 1808, Humboldt est envoyé par le roi de Prusse avec le prince Guillaume en ambassade à Paris pour faire diminuer le montant des indemnités de guerre. Il travaille à l'édition de son voyage qui ne sera achevée qu'en 1834. La collection comporte quatorze titres et trente volumes. En 1808, il publie Aspect de la nature, ouvrage de vulgarisation qui est son livre le plus populaire.

Humboldt reste à Paris et peut se consacrer à ses travaux. Depuis que la France a envahi la Prusse, Humboldt ne reçoit plus de revenus de ses domaines. Il vit à Paris dans une chambre meublée qu'il partage avec Gay-Lussac, rue de la vieille Estrapade, puis rue d'Enfer, près de l'Observatoire. Il ne dort jamais plus de trois à quatre heures par jour.

Depuis 1807, il est étroitement surveillé par la police française parce qu'il est allemand et que sa correspondance privée reflète les opinions politiques des salons parisiens. Il écrit de 1 000 à 2 000 lettres par an.

Son sceau cachetant une lettre privée de Humboldt
Humboldt et Arago[modifier | modifier le code]

En 1809, il rencontre François Arago, de quinze ans son cadet, avec lequel il sympathisera et qui restera un proche jusqu'à la fin de sa vie. Ils font des expériences ensemble à l'Observatoire.

Actions diplomatiques[modifier | modifier le code]

La chute de l'Empire en 1814 entraîne le départ de Bonpland qui retourne en Amérique. Humboldt persiste à rester en France, ce qui irrite le prince Guillaume[16]. Lors de l'occupation de Paris par les troupes prussiennes, il intervient pour protéger le Muséum national d'histoire naturelle ou éviter la destruction du Pont d'Iéna. Il refuse le poste d'ambassadeur de Prusse à Paris car il ne veut pas cautionner la politique réactionnaire qui gouverne l'Europe après la chute de Napoléon[17].

Il fonde avec d'autres savants la Société de géographie en 1821.

Berlin[modifier | modifier le code]

Humboldt photographié en 1857

En 1826, Humboldt reçoit une lettre du roi de Prusse l'enjoignant de quitter Paris. Il ne peut désormais y passer que quatre mois de vacances par an. Humboldt exerce ses fonctions de chambellan à Berlin, où le pouvoir est très conservateur et répressif. Humboldt est beaucoup haï pour ses idées libérales et son attachement à la France.

En 1827, Humboldt obtient beaucoup de succès en donnant des cours à l'université, puis des conférences devant un public plus large. La communauté scientifique ne fait pas à Berlin, comme à Paris, des réunions savantes pour confronter les idées. Humboldt organise une réunion de l'Association Scientifique à Berlin, à laquelle participent six cents savants parmi les plus renommés. À partir des conférences mises en forme Humboldt commence de rédiger le Cosmos, essai d'une description physique du monde.

L'expédition en Sibérie[modifier | modifier le code]

En 1827, le ministre des finances russe demande à Humboldt son avis sur l'émission de pièces frappées en platine. Le cours du platine étant instable, Humboldt émet un avis défavorable et suggère d'aller étudier les mines de l'Oural. En mars 1829, Humboldt se rend en Russie aux frais de l'empereur, avec Gustav Rose, professeur de chimie et de minéralogie, C. G. Ehrenberg, zoologiste, et un domestique. En Russie, il est accueilli comme une importante personnalité officielle. Il partage ses repas avec la famille du tsar. Au départ de Moscou, l'expédition s'est agrandie de responsables de l'industrie minière, et de bureaucrates des autorités locales.

Humboldt passe un mois à étudier les mines de l'Oural. Grâce à la présence de filons de platine et de sables aurifères, il prédit la présence de diamants dans l'Oural. Humboldt et Rose scrutent au microscope chaque gisement d'or qu'ils rencontrent. C'est le comte Polier, propriétaire de tels gisements, et à qui Humboldt a fait part de sa théorie, qui trouvera le premier diamant de l'Oural.

L'expédition traverse la Sibérie jusqu'à l'Altaï, où il rencontre Friedrich August von Gebler à Barnaoul. Comme à son habitude, Humboldt fait des mesures barométriques. Humboldt et ses compagnons reviennent après six mois d'expédition, et après avoir parcouru près de dix-neuf mille kilomètres. Humboldt y a étudié et simulé la mise en place d'un réseau de stations magnétiques et météorologiques, faisant des observations régulières et fonctionnant avec des appareils identiques. Il laisse le soin à Rose et Ehrenberg de publier les résultats de l'expédition. Ce n'est qu'en 1843 que paraîtra son Asie Centrale en trois volumes.

Dernières années[modifier | modifier le code]

Humboldt continue de séjourner régulièrement à Paris. Le roi de Prusse lui demande de renforcer les liens entre la Prusse et la France. Humboldt reste deux ans à Paris en 1842-1843 et plus d'un an en 1844 et 1847[18]. Il envoie de nombreux rapports sur la Monarchie de Juillet.

En 1845, il devient pour un an le président de la Société de géographie, dont il reste membre jusqu'à sa mort.

En 1852, Humboldt reçoit la médaille Copley de la Royal Society de Londres. À l'accession de Frédéric-Guillaume IV au trône de Prusse, Humboldt utilise sa fonction de chambellan et conseiller privé du roi pour l'émancipation des juifs et l'abolition du servage en Prusse. Le roi l'utilise comme encyclopédie ambulante. La popularité de Humboldt reste grande, malgré les inimitiés qu'il se fait parmi les milieux réactionnaires proches du roi. En 1857, la folie qui atteint le roi permet à Humboldt d'avoir plus de temps pour ses travaux.

Humboldt décède de mort naturelle le 6 mai 1859 et bénéficie de funérailles nationales.

Les apports de Humboldt à la science[modifier | modifier le code]

Catasetum maculatum. Illustration tirée du Voyage de Humboldt et Bonpland, Sixième Partie, Botanique, Nova Genera et Species Plantarum, vol. 7, tab. 630.

Publications[modifier | modifier le code]

Humboldt a rédigé en français les résultats du voyage scientifique en Amérique avec Bonpland dans un ensemble de trente volumes publiés à Paris dans les trente premières années du XIXe siècle. Le Voyage aux régions équinoxiales du Nouveau Continent comprend des atlas, des traités de géographie et d'économie sur Cuba et le Mexique, un récit de ses voyages et un Examen critique de l'histoire de la géographie du Nouveau Continent, de nombreuses planches concernant la botanique. Humboldt a rédigé ses écrits scientifiques en collaboration avec d'autres savants. Il dédie le volume consacré à la géologie à son ami Goethe.

Durant les dernières années de sa vie, Humboldt rédige en allemand le Cosmos, résultat des cinq années de travail sur les sujets présentés lors de ses conférences. Il y décrit en cinq volumes toutes les connaissances de l'époque sur les phénomènes terrestres et célestes. Le but de cet ouvrage est de communiquer l'excitation intellectuelle et la nécessité pratique de la recherche scientifique.

Humboldt a également publié dans de nombreuses revues scientifiques, en particulier avec Gay-Lussac, pour ce qui concerne la France, dans les Mémoires de physique et de chimie de la Société d'Arcueil.

Démarche scientifique[modifier | modifier le code]

Sa démarche scientifique est caractérisée par :

  • la mesure précise des phénomènes au moyen d'instruments nombreux et sophistiqués;
  • l'inventaire et la classification des espèces animales et végétales (description de 6000 espèces de plantes);
  • la synthèse entre les différentes variables et les domaines qui sont mis en rapport les uns avec les autres;
  • l'observation des sociétés humaines du point de vue de l'histoire, de l'anthropologie et de la linguistique;
  • la démarche d'autoréflexion permanente sur la pratique scientifique;
  • l'engagement en tant qu'intellectuel contre l'impérialisme et l'esclavagisme à partir de ses découvertes[19].

Le savoir de Humboldt combine celui d'un honnête homme des Lumières qui embrasse tous les domaines et celui d'un scientifique du XIXe siècle qui travaille dans des domaines spécialisés.

Géographie[modifier | modifier le code]

Humboldt est considéré comme le père de la géographie moderne. Il a dégagé et appliqué les deux principes qui font de la géographie une science distincte des sciences physiques et biologiques :

  • Principe de causalité: montrer les interactions des phénomènes humains avec les phénomènes géologiques, météorologiques, biologiques ou physiques.
  • Principe de géographie générale: mettre en relation le fait local avec les faits observés dans d'autres régions afin d'établir une loi générale valable en toutes circonstances[20].

Aspects particuliers[modifier | modifier le code]

Le Courant de Humboldt longe les côtes de l'Amérique du Sud en direction du Pérou

Humboldt a forgé en particulier de nouvelles expressions comme isodynamiques, isothermes, isoclines, jurassique, orage magnétique.

Il a jeté les bases de la géographie physique et de la géophysique, notamment de la sismologie.

Humboldt est à l'origine de nombreuses découvertes botaniques, dont le brugmansia.

Il attire l'attention des Européens sur la richesse minérale de l'Amérique du Sud.

Le courant de Humboldt a été nommé en son honneur.

Postérité[modifier | modifier le code]

La relation historique du Voyage aux régions équinoxiales de Humboldt a inspiré de jeunes naturalistes comme

L'actuelle Fondation Alexander von Humboldt a été créée en Allemagne, à la mort du savant, pour la promotion de jeunes chercheurs dans le domaine des sciences.

Sexualité[modifier | modifier le code]

Le manchot de Humboldt (Spheniscus humboldti, Meyen, 1834)

Alexander von Humboldt a intéressé certains théoriciens de la sexualité. Havelock Ellis rapporte que le criminologue Paul Näcke (1851-1913) a enquêté sur le cas de Humboldt et en a tiré « les meilleurs fondements pour regarder Humboldt comme un inverti[21] ».

Le sexologue allemand Magnus Hirschfeld a fait grand cas des témoignages collectés au début des années 1910, chez des personnes encore vivantes, ayant connu Humboldt en tant qu'acteur de la subculture homosexuelle ; l'un de ces témoignages provient du scientifique Carl August Bolle qui se considérait lui-même comme homosexuel[22].

Humboldt a réduit en cendres l'ensemble de sa correspondance privée encore en sa possession, ce qui fait qu'avant de disposer de nouveaux documents, l'on ne peut avoir de détails quant à sa vie privée. Les historiens qui en tirent la conclusion que cette dernière était inexistante font abstraction de cette perte de documents. Tout ce que l'on sait, outre les témoignages évoqués ci-dessus, est que Humboldt est resté célibataire, qu'il préférait, en règle générale, la compagnie des hommes à celle des femmes et qu'il a légué ses biens, non à des membres de sa famille, mais à son fidèle serviteur.

On attribue néanmoins à Humboldt des relations amoureuses avec l'officier Reinhard von Haeften, le peintre Carl von Steuben, le chimiste Louis Joseph Gay-Lussac, avec qui il a vécu quatre années durant à Paris, et avec François Arago[23].

Humboldt était l'ami du botaniste Aimé Bonpland, qui l'a accompagné lors de son expédition en Amérique latine. Dans la correspondance de Humboldt et Bonpland, telle que publiée en 2004, l'amitié ne se distingue pas de la science, mais il n'est pas question de sexualité. Humboldt écrit en 1806 : « Vous savez, cher Bonpland, que je n'aime personne au monde aussi fraternellement que vous et Gay[24] ».

Citations[modifier | modifier le code]

Buste de Humboldt (1900) par Karl Begas, autrefois à l'allée de la Victoire de Berlin
  • « Les croyances populaires, même les plus absurdes en apparence reposent sur des faits réels, mais mal observés. »
  • « La fève de cacao est un phénomène que la nature n'a jamais répété ; on n'a jamais trouvé autant de qualités réunies dans un aussi petit fruit. »[25]
  • « La description exacte et précise des phénomènes n'exige pas un exposé aride et incolore. »[26]

Orientation bibliographique[modifier | modifier le code]

Œuvres[modifier | modifier le code]

(en français)

  • Voyage aux régions equinoxiales du Nouveau Continent (avec Aimé Bonpland), 30 vol., Paris, 1807-1834 (édition monumentale), 30 vol., Paris, 1816-1831 (petite édition). Réédition en cours, dir. C. Minguet, A. Segala et J. P. Duviols, Erasme, Paris-Nanterre, 1989-1990. La grande édition comprend les volumes suivants :
    • (I, II) Plantes équinoxiales… (1808-1809)
    • (III, IV) Monographie des Mélastomacées… (1816, 1823)
    • (V) Monographie des Mimoses et autres plantes légumineuses du Nouveau Continent (1819-1824)
    • (VI, VII) Révision des Graminées (1829-1834)
    • (VIII-XIV) Nova genera et species plantarum… (1815-1825)
    • (XV-XVI) Atlas pittoresque du voyage (1810)
    • (XVII) Atlas géographique et physique du Nouveau Continent fondé sur des observations astronomiques, des mesures trigonométriques et des nivellements barométriques (1814)
    • (XVIII) Examen critique de l'histoire de la géographie du Nouveau Continent et des progrès de l'astronomie nautique au XVe et XVIe siècles (1814-1834)
    • (XIX) Atlas géographique et physique du royaume de la Nouvelle Espagne… (1811)
    • (XX) Géographie des plantes… (1805)
    • (XXI, XXII) Recueil d'observations astronomiques, d'opérations trigonométriques et de mesures barométriques (1810)
    • (XXIII, XXIV) Recueil d'observations de zoologie et d'anatomie comparée (1811, 1833)
    • (XXV, XXVI) Essai politique sur le royaume de la Nouvelle Espagne (1811)
    • (XXVII) Essai sur la géographie des plantes… (1805)
    • (XXVIII-XX) Relation historique du Voyage aux régions équinoxiales du Nouveau Continent (1814, 1819, 1825)
  • Tableaux de la nature ou Considérations sur les déserts, sur la physionomie des végétaux et sur les caractères, 2 vol., Paris, 1808.
  • Fragments de géologie et de climatologie asiatiques (2 vol., Paris, 1831)
  • Asie centrale: Recherches sur les chaînes des montagnes et la climatologie comparéee (3 vol., Paris, 1843)
  • Cosmos. Essai d'une description physique du Monde, 4 vol., Paris, 1847-1859, rééd. Éditions Utz, 2000. Texte en ligne disponible sur IRIS : Tome 1, Tome 2, Tome 3 et Tome 4.
  • avec Georges Cuvier, Ferdinand Hoefer, Pierre Flourens, Charles Lyell, Discours sur les révolutions du globe avec des notes et un appendice d'après les travaux récents de MM. de Humboldt, Flourens, Lyell, Lindley, etc. rédigés par le Dr Hoefer, Paris, Firmin-Didot et Cie, 1879, texte en ligne disponible sur IRIS.

Articles[modifier | modifier le code]

(en français)

  • "Esquisse d'un tableau géologique de l'Amérique méridionale", Journal de physique, 53 (1801), 30-60.
  • avec Jean-Baptiste Biot, "Sur les variations du magnétisme terrestre à différentes latitudes", Journal de physique, 59 (1804), 429-450.
  • avec Louis Joseph Gay-Lussac, "Expériences sur les moyens eudiométriques et sur la proportion des principes constituants de l'atmosphère", Journal de physique, 60 (1805), 129-167.
  • avec Louis Joseph Gay-Lussac, "Expériences sur la torpille", Annales de chimie, 56 (1805), 15-23.
  • avec Louis Joseph Gay-Lussac, "Observations sur l'intensité et l'inclinaison des formes magnétiques, faites en France, en Suisse, en Italie et en Allemagne", Mémoires de Physique et de Chimie de la Société d'Arcueil, 1 (1807), 1-23.
  • avec Jean-Michel Provençal, "Recherches sur la respiration des poissons", Mémoires de Physique et de Chimie de la Société d'Arcueil, 2 (1808), 339-404.
  • "Notes sur la communication qui existe entre l'orénoque et de la rivière des Amazones", Journal de l'École polytechnique, 4 (1809), 65-68.
  • "Sur les lois qu'on observe dans la distribution des formes végétales", Annales de Chimie et de Physique, 1 (1816), 225-239.
  • "Des lignes isothermes et de la distribution de la chaleur sur le globe", Mémoires de Physique et de Chimie de la Société d'Arcueil, 3 (1817), 462-602.
  • Sur la limite inférieure des neiges perpétuelles dans les montagnes de l'Himalaya et des régions équatoriales", Annales de Chimie et de Physique, 14 (1820), 5-57.
  • "Nouvelles recherches sur les lois qu'on observe dans la distribution des formes végétales", Mémoires de Physique et de Chimie de la Société d'Arcueil, 16 (1821), 267-297.
  • "Indépendance des formations", in: Dictionnaire des Sciences naturelles, 23 (1822), 56-385.

Correspondance[modifier | modifier le code]

(par ordre chronologique de publication en français)

Études biographiques[modifier | modifier le code]

  • (de) Karl Christian Bruhns, Alexander von Humboldt, eine wissenschaftliche Biographie, 3 vol., Leipzig, 1872.
  • Aaron Sachs (2006). The Humboldt Current: Nineteenth-Century Exploration and the Roots of American Environmentalism, Viking (New York) : xii + 496 p.

Études[modifier | modifier le code]

  • Jean Théodoridès (1965). Une amitié de savants au siècle dernier : Alexander von Humboldt et Achille Valenciennes. Biologie médicale, Hors série, février 1965 : cxxix p.
  • Charles Minguet, Alexandre de Humboldt, Voyages dans l'Amérique équinoxiale, 2 vol., Paris : Maspero, 1980.
  • Pierre Gascar, Humboldt l'explorateur, Paris : Gallimard, 1985.216 p. (ISBN 2-07-070570-6)
  • Douglas Botting, Humboldt, un savant démocrate, Paris : Belin, 1988.
  • Jean-Paul Duvilos et Charles Minguet, Humboldt: savant-citoyen du monde, Paris: Gallimard, coll. "Découvertes Gallimard", 1994.
  • Thomas Gomez et Centre de recherches ibériques et ibéro-américaines, Humboldt et le monde hispanique: Actes du colloque international, 17-18 novembre 2000, Université Paris-X-Nanterre, 2002.
  • Christian Helmreich (2003), L'anthropologie dans l'œuvre américaine d'Alexandre de Humboldt, Revue Germanique Internationale, 21, p. 121-132.
  • (de) Gerard Helferich, Humboldt's Cosmos: Alexander von Humboldt and the Latin American journey that changed the way we see the world, New York, Gotham Books,‎ 2004, 1e éd., relié (ISBN 978-1-59240-052-2, OCLC 54758735, LCCN 2004042518)
  • Daniel Kehlmann, Les Arpenteurs du monde, Actes Sud 2006 (titre original : Die Vermessung der Welt, 2005)
  • Mireille Gayet, Alexandre de Humboldt : le dernier savant universel, Paris : Vuibert, 2006.
  • Jean Clair (Académie française), De Humboldt à Hubble : Le cosmos et l'art moderne, Paris : L'Échoppe, 2008.
  • Eduardo Muratta Bunsen Las miradas de Alexander von Humboldt o la tensión entre Próspero y Calibán, Oliver Lubrich / Christine A. Knoop (eds.), Cumaná 1799, Bielefeld : Aisthesis Verlag 2012. (ISBN 978-3-89528-958-3)
  • Jean-Marie Pelt, "Alexander von Humboldt et Aimé Bonpland en Amérique équinoxiale" dans La Cannelle et le panda : les grands naturalistes explorateurs autour du Monde, éd. Fayard 1999 (ISBN 978-2213-60466-4)
  • Bénédicte Savoy, David Blankenstein (éd.), Les frères Humboldt. L'Europe de l'esprit, catalogue de l'exposition à l'Observatoire de Paris mai-juillet 2014, Paris, deMonza/PSL, 2014

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jean-Marie Pelt, "Alexander von Humboldt et Aimé Bonpland en Amérique équinoxiale" dans La Cannelle et le panda : les grands naturalistes explorateurs autour du Monde, éd. Fayard 1999 (ISBN 978-2213-60466-4)
  2. Alexander von Humboldt sur larousse.fr
  3. Alexander von Humboldt sur visitberlin.de
  4. Julius Lowenberg, Robert Av-Lallemant, Alfred Dove, Life of Alexander Von Humboldt, New York, Cosimo, Inc.,‎ 2009, 438 p. (ISBN 1605209228), p. 31
  5. Cité par Jean-Pierre Duviols et Charles Minguet, Humboldt savant-citoyen du monde, Gallimard, 1994, p. 15.
  6. Duviols et Minguet, p. 20.
  7. Numa Broc, Les montagnes vues par les géographes et les naturalistes de langue française au XVIIIe siècle, CTHS, 1969
  8. Voir page 226 in Humboldt's Cosmos: Alexander Von Humboldt and the Latin American Journey that Changed the Way We See the World, Gerard Helferich, Gotham, 2004
  9. Visualiser la carte
  10. Sachs (2006) : 6.
  11. Plaque commémorative sur la maison
  12. Duviols et Minguet, p. 60
  13. Duviols et Minguet, p. 61
  14. Les Membres de l'Académie des sciences depuis sa création sur le Site de l'Académie des sciencesIn memoriam - Les membres de l'Académie des sciences
  15. Duviols et Minguet, p. 65
  16. Duviols et Minguet, p. 76
  17. Duviols et Minguet, p. 77
  18. Duviols et Minguet, p. 97
  19. Sébastien Velut (École normale supérieure), Humboldt : le retour d’un père de la géographie, 2002, compte-rendu de débat sur le site des Cafés Géographiques
  20. Emmanuel de Martonne, Traité de géographie physique, Paris, 1925, p. 124-125. Cité sur le site de la Société de géographie
  21. Havelock Ellis, [Sexual Inversion, Studies in the Psychology of Sex, Volume 2, 1927 http://www.gutenberg.org/ebooks/13611#2_Page_39].
  22. Magnus Hirschfeld, Die Homosexualität des Mannes und des Weibes, Berlin, 1914, p. 665
  23. (de)Bernd-Ulrich Hergemöller, „Alexander von Humboldt“ in Mann für Mann. Ein Biographisches Lexikon, Frankfurt/M. 2001
  24. Aimé Bonpland et Alexander von Humboldt, Correspondance 1805-1858, Paris : L’Harmattan, 2004, Lettre du 30 décembre 1806
  25. Citations : Alexander Von Humboldt
  26. Cité par Christian Helmreich dans [Humboldt : le retour d’un père de la géographie http://www.cafe-geo.net/article.php3?id_article=48]
Humb. est l’abréviation botanique officielle de Alexander von Humboldt.
Consulter la liste des abréviations d'auteur ou la liste des plantes assignées à cet auteur par l'IPNI