Alexandre Sergueïevitch Stroganov

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Alexandre Sergueïevitch Stroganov (Александр Сергеевич Строганов)
Portrait du comte Alexandre Sergueïevitch Stroganov, une œuvre de Alexandre Grigorievitch Varnek (1814)
Portrait du comte Alexandre Sergueïevitch Stroganov, une œuvre de Alexandre Grigorievitch Varnek (1814)

Titre baron
Autre titre Comte
Distinctions Ordre de Sainte-Anne (1ère classe) Ordre de Sainte-Anne
Autres fonctions Chambellan, sénateur, membre du Conseiller d'État, conseiller privé
Biographie
Dynastie Famille Stroganov
Naissance 3 janvier 1733
Moscou
Décès 27 septembre 1811 (à 78 ans)
Saint-Pétersbourg
Père Sergueï Grigorievitch Stroganov
Mère Sofia Kirillovna Narychkina
Conjoint Iekaterina Petrovna Troubetskaïa
Enfants Pavel Alexandrovitch Stroganov
  • Sofia Alexandrovna Stroganova

Stroganov v2 p16.png

Comte Alexandre Sergueïevitch Stroganov (en alphabet cyrillique : граф Александр Сергеевич Строганов), né le 3 janvier 1733 à Moscou, décédé le 27 septembre 1811 à Saint-Pétersbourg. Homme d'État russe, membre du Conseil d'État, sénateur, conseiller privé (15 septembre 1811), grand chambellan (1797), collectionneur et philantrope. Il fut le plus grand propriétaire terrien, le plus riche des membres de la famille Stroganov[1].

Famille[modifier | modifier le code]

La princesse Anna Mikhaïlovna Vorontsova vers 1758, une œuvre du peintre Louis Tocqué (1696-1772)

Fils unique du baron Sergueï Grigorievitch Stroganov et de son épouse Sofia Kirillovna Narychkina.

Le 18 février 1758, il épousa la princesse Anna Mikhaïlovna Vorontsova (1743-1769), elle était la fille du comte Mikhaïl Illarionovitch Vorontsov, en novembre 1782, le couple se sépara, ils divorcèrent le 7 février 1765.

Le 27 juillet 1769, il épousa Iekaterina Petrovna Troubetskaïa, fille du prince Piotr Nikititch Troubetskoï et de son épouse la princesse Natalia Ivanovna Khonvanskaïa. En 1779, elle quitta son époux pour Ivan Nikolaïevitch Rimski-Korsakov.

Deux enfants naquirent de cette dernière union[modifier | modifier le code]

Biographie[modifier | modifier le code]

Portrait de la princesse Iekaterina Petrovna Troubetskaïa, seconde épouse du comte Alexandre Sergueïevitch Stroganov, une œuvre du peintre Jean-Baptiste Lampi - Musée russe

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Le jour de sa naissance, il fut inscrit dans un régiment de la Garde impériale[2]. Le jeune Alexandre Sergueïevitch reçut une solide éducation au palais Stroganov. En 1752, obéissant à la volonté de son père, il poursuivit ses études à l'étranger, en 1752, il assista à des conférences aux universités de Berlin, Hanovre, Genève, en 1754, il se rendit à Bologne où il acquit des connaissances sur les trésors artistiques de l'Italie. EN 1756, à Paris, il étudia la chimie, la physique et la métallurgie[3]. Lors de son séjour dans la capitale française, il fréquenta des loges maçonniques et des martinistes, en ces lieux, il fit la connaissance de Voltaire[1]. Au cours de son séjour à l'étranger, il hanta les salles de ventes, les collections privées, tout particulièrement celle du duc de Choiseul et de Louis François Joseph de Bourbon-Conti, prince de Conti, il enrichit sa famille de nouvelles collections de tableaux, de sculptures et autres objets d'art, celle-ci sera connue dans toute l'Europe. Il côtoya des artistes français tels que : Jean-Baptiste Greuze, Horace Vernet, Jean-Antoine Houdon. Dans ses lettres, son père lui donnait ce conseil : « Laisse aux Français le soin de t'apprendre la danse »[4].

De retour en Russie[modifier | modifier le code]

Le comte Alexandre Sergueïevitch Stroganov, son épouse, Iekaterina Petrovna Troubetskaïa, ses enfants : Pavel Alexandrovitch et Sofia Alexandrovna, peinture de l'École française, Musée de l'Ermitage

En 1757, après une longue séparation, son père exhorta son fils à rentrer en Russie, en outre, celui-ci avait pour son fils des projets de mariage. Le 18 février 1758, Alexandre Sergueïevitch épousa princesse Anna Mikhaïlovna Vorontsova. Le jour de ses fiançailles, l'impératrice le nomma chambellan. Après le décès de son père survenu en 1756, il continua la décoration du palais Stroganov.

Blason des comtes palatins de la famille Stroganov

De retour en Russie, il fut l'un des proches d'Élisabeth Ire de Russie. En service à la cour impériale de Russie, l'impératrice l'envoya à la cour des Habsbourg d'Autriche, le 29 mai 1761, l'empereur François Ier d'Autriche lui conféra la dignité de comte palatin[5]. L'empereur autrichien parlait du baron en ces termes : « voici un homme qui dépense sans compter et fait tout pour se ruiner, mais sans y parvenir » [4]!

Le coup d'État renversant le tsar Pierre III de Russie laissa des traces dans la vie conjugale du couple Stroganov, l'épouse d'Alexandre Sergueïevitch, la princesse Anna Mikhaïlovna Vorontsova comme son père furent les partisans du tsar détrôné, quant à Alexandre Sergueïevitch, il apporta son soutien à l'impératrice Catherine II. En 1764, la princesse se sépara de son époux et regagna le domicile paternel. Le couple divorça le 7 février 1765[3].

Catherine II de Russie le nomma sénateur[6],

En 1766, au sein de la commission de l'élaboration du nouveau code de lois, le baron Stroganov préconisa l'ouverture d'écoles pour les paysans[6].

Le 27 juillet 1769, il épousa la princesse Iekaterina Petrovna Troubetskaïa. Le couple séjourna sept ans à Paris, Alexandre Sergueïevitch enrichit sa collection de peintures et d'art appliqué[3]. Au cours de leur séjour dans la capitale française, naquit Pavel Alexandrovitch, leur fils unique. En 1779, le couple fut de retour en Russie. Lors de ce retour à la cour impériale, le baron fut une fois de plus confronté à une terrible tragédie, son épouse, Iekaterina Petrovna Troubetskaïa s'éprit de Ivan Nikolaïevitch Rimski-Korsakov (1734-1831) de dix ans son cadet et ancien favori de Catherine II de Russie, elle quitta son époux et ses enfants et s'installa avec son amant à Saratov puis à Moscou. Le divorce fut prononcé quelques années plus tard. Le baron fut contraint de céder une maison, de l'argent et le domaine de Bratsevo.

Le domaine de Bratsevo à Touchino en 2010

Le baron Stroganov demeura à la cour, élevant seul son fils, il confia son éducation au futur jacobin Charles-Gilbert Romme.

Le 21 avril 1798, Paul Ier de Russie lui accorda le titre de comte de l'Empire russe et lui confia le poste de Président de l'Académie des Beaux-Arts et directeur de la Bibliothèque publique impérial (1800), à ce poste, il succéda Marie-Gabriel-Florent-Auguste de Choiseul-Gouffier[7]. Il fut chargé de diriger la construction de la cathédrale de Notre-Dame de Kazan à Saint-Pétersbourg. En 1784, il fut nommé chef de la noblesse de Saint-Petersbourg. Les dix dernières années de sa vie, le comte les consacra à la construction de Notre-Dame de Kazan[3].

Le comte Stroganov fut également un grand mécène, il accorda son soutien à d'innombrables artistes russes comme le poète et traducteur de l'Iliade Piotr Petrovitch Gneditch (1855-1925), Letvisky, un portraitiste, le compositeur Dmitri Stepanovitch Bortniansky (1751-1825), le sculpteur Ivan Martos (1734-1835), le fabuliste Ivan Andreevitch Krylov, le poète Gavrila Romanovitch Derjavine et tant d'autres artistes[8].

Lors de ses différents séjours à l'étranger, il amassa des collections de peintures signées de la main de grands maîtres, des estampes, des pierres précieuses, des pièces de monnaies, des médailles (pour ces dernières plus de 60 000)[3]. Une fois par semaine, le comte ouvrait sa galerie afin de permettre aux visiteurs de venir admirer ses collections[7].

La datcha Stroganova, construite par l'architecte Andreï Nikiforovitch Voronikhin en 1797

En 1743, son père, le baron Sergueï Grigorievitch Stroganov acquit une maison, ses dépendances et un jardin face à l'île Kammeny (située entre la grande et la petite Néva et la rivière Krestovka, en 1754, Sergueï Grigorievitch fit construire dans le parc, le pavillon Rinaldi, du nom de son architecte Antonio Rinaldi. Déjà en 1750, l'architecte italien pensa à améliorer l'étang, en son centre, il fit élever une statue de marbre représentant Neptune debout sur des hippocampes. À son décès, son fils, le comte Alexandre Sergueïevitch hérita de son domaine. En 1772, ce dernier élargit la propriété, il acheta au comte Iakov Alexandrovitch Bruce (1732-1791) des étendues d'eau entourant une maison construite à l'embouchure de la Tchiornaïa Retchka (un des affluents de la Grande Néva), le Manoir Mandarovou[9]. (aujourd'hui Datcha Saltykova), héritée par ses petites-filles, Elizaveta Pavlovna et Adelaïda Pavlovna (dite Aglaïa) épouses Saltykova et Golitsyna).

En 1795, le comte fit construire pour son fils Pavel Alexandrovitch et son épouse, trois pavillons sur la rive de la grande Néva. Deux petites constructions agrémentées d'un étage, au centre, un bâtiment doté d'un balcon semi-circulaire et coiffé d'un petit dôme, il fut baptisé Datcha Stroganova. Initialement ce projet fut confié à l'architecte Fiodor Ivanovitch Demertsovou, ce dernier commença la construction, mais le bâtiment fini, il subit une modification partielle[10].

Sa personnalité lui permit de traverser différents règnes, il n'appartint à aucun clan politique, il sut s'attirer les faveurs des différents monarques qui se succédèrent. Ses contemporains le décrivirent comme un homme bienveillant y compris avec ses moujiks, il fit de l'un de ses serfs, Andreï Nikiforovitch Voronikhin (1759-1854), un architecte de renommée[11]. Son œuvre majeure fut la cathédrale Notre-Dame-de-Kazan de Saint-Pétersbourg.

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Décès et inhumation[modifier | modifier le code]

Le comte Alexandre Sergueïevitch Stroganov décéda le 27 septembre 1811 à Saint-Pétersbourg, il fut inhumé au Cimetière Saint-Lazare du monastère Saint-Alexandre-Nevski à Saint-Pétersbourg.

À savoir[modifier | modifier le code]

En 1796, lors de la visite à Saint-Pétersbourg du roi de Suède Gustave IV, Alexandre Sergueïevitch Stroganov mis en place pour Sa Majesté l'Impératrice Catherine II, un jeu d'échecs vivant au palais Stroganov. L'échiquier se présentait ainsi : dans le parc, sur le gazon vert et jaune, les domestiques vêtus de vêtements de l'époque médiévale se déplaçaient suivant les règles du jeu d'échecs[12].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Liens internes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]