Alexandre Men

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Alexandre Men

Alexandre Vladimirovitch Men (22 janvier 1935 - 9 septembre 1990), est un prêtre orthodoxe et théologien russe, prédicateur, auteur de livres sur la théologie et l'histoire du christianisme et des autres religions. Il a été assassiné.

Biographie[modifier | modifier le code]

Alexandre Men est né en 1935 d'un père juif non croyant, ingénieur. Sa mère, juive également, se convertit au christianisme et est baptisée dans l'Église orthodoxe en même temps que son fils, quelques mois après la naissance de celui-ci. Après avoir terminé ses études à l'école de Moscou en 1953, il entre à l'Institut de chasse d'Irkoutsk. Il est ordonné prêtre.

Il a été le premier prêtre autorisé à enseigner la religion dans un lycée de l'état soviétique. Il a écrit dans la clandestinité de nombreux livres qui sont une véritable catéchèse pour un monde déchristianisé[1]. Le 9 septembre 1990, il est tué à coups de hache par des inconnus. Il avait cinquante-cinq ans.

Son œuvre[modifier | modifier le code]

Bibliste éminent, Alexandre Men commence dans les années soixante à rédiger une histoire des religions en plusieurs volumes. Puis il dirige la réalisation d'une encyclopédie biblique et il écrit divers livres de vulgarisation sur l’Écriture sainte ainsi que sur l’Église et la liturgie orthodoxes. Enfin il compose une biographie de Jésus, Jésus, le Maître de Nazareth, qui portera à la foi des milliers de Soviétiques[2]. Ces ouvrages circulent d'abord clandestinement, écrits à la main ou à la machine. Puis ils sont rédigés en langue russe à Bruxelles et rejoignent l'Union soviétique par les voies les plus inattendues.

Le père Alexandre est ouvert à une vraie fraternité avec toutes les autres religions chrétiennes, avec le judaïsme et les autres grandes religions. Déjà sous le régime communiste, il établit des relations d’amitié profonde avec des communautés à caractère œcuménique et spirituel venues d'Europe occidentale : la Communauté des Béatitudes, la Communauté de Taizé, le Mouvement des Focolari, Communion et Libération, la Communauté de l'Emmanuel, les Petites Sœurs de Foucauld, Jean Vanier, Jeunesse-Lumière du père Daniel-Ange.

À l'aube de la perestroïka, il est le premier prêtre orthodoxe à franchir le seuil d'un Lycée d'État pour y donner des cours de religion. En dialogue ouvert avec le monde laïc et athée, il est invité de plus en plus souvent, par l'Union des cinéastes, des artistes, des écrivains, etc, à participer à des conférences et des débats ou tout simplement à « parler de Dieu ». Au cours des dernières années de sa vie, il intervient plusieurs fois par semaine dans des cinémas, des écoles, des universités, à Moscou et dans tout le pays, et même à la télévision d'état.

Publications[modifier | modifier le code]

  • Les Sources de la religion, Desclée, Paris, 1991.
  • Christ est ressuscité, Le Livre Ouvert, Éditions Mesnil Saint-Loup, 1992.
  • Le Christianisme ne fait que commencer, Éditions du Cerf/ Le Sel de la terre, Paris, 1996
  • Manuel pratique de prière, trad. de Michel Evdokimov, Éditions du Cerf, 1998.
  • À la recherche de la voie, de la vérité et de la vie (sept volumes), inédit en France.
  • Jésus, le Maître de Nazareth, Édition Nouvelle Cité, Monrouge, 1999, ISBN 2-85313-354-0

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Source[modifier | modifier le code]

  • Giovanni Guaïta dans son Introduction du livre Jésus, le Maître de Nazareth de Alexandre Men (pages 7 à 14).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Dixit Giovanni Guaita, son traducteur, très lié au père Men de son vivant.
  2. Jésus, le Maître de Nazareth est un best-seller en Russie avec plus de quatre millions d'exemplaires vendus jusqu'en 1999. Il fut le premier ouvrage d'"évangélisation" à grand titrage dans l'Union soviétique