Alexandre Martin

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Alexandre-Albert Martin, dit « l'ouvrier Albert ».

Alexandre-Albert Martin, né le 27 mars 1815 à Bury[1] (Oise) et mort le 27 mai 1895 à Mello[2] (Oise), et surnommé l’« ouvrier Albert », est un homme politique français connu pour son engagement socialiste lors de la Révolution de 1848.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils de cultivateur, Alexandre-Albert Martin apprend l'état de mécanicien modeleur chez l'un de ses oncles. Il fait ensuite son tour de France et s'établit à Paris. Jeune homme téméraire[réf. nécessaire], il fonde à Lyon en 1832 La Glaneuse, un journal républicain, dont le gérant se nomme Granier. Son journal est condamné par le gouvernement pour l'avoir attaqué à plusieurs reprises. Bien que membre de diverses sociétés secrètes impliquées dans les mouvements révolutionnaires au cours des années 1830 et 1840, en particulier Les Saisons, il semble n'avoir eu aucune ambition politique. En 1840, à Paris, il fonde avec d'autres ouvriers un nouveau journal républicain, L'Atelier, et ce sans cesser son activité d'ouvrier.

Quand éclate la Révolution de février 1848, Albert est ouvrier chez M. Jean-Félix Bapterosses, fabricant de boutons. Il prend les armes le 23 février et, le 24 au soir, porté par sa réputation d'écrivain révolutionnaire et de travailleur ainsi que par son amitié avec Louis Blanc, il est nommé au sein du gouvernement provisoire. Albert avait participé en outre avec Louis Blanc à la campagne des Banquets. En toute modestie, il a toujours contesté le titre honorable d'« ouvrier Albert ».

Devenu vice-président de la commission des délégués de Luxembourg, une organisation ouvrière et patronale ayant pour but de former un ministère du Travail, il approuve la politique de Louis Blanc. Après une brève présidence de la commission des récompenses nationales, il est élu représentant du peuple à l'Assemblée constituante dans le département de la Seine par 133 041 voix sur 215 000 votants ; il quitte son poste après quelques jours. Il arrive toutefois à la commission du Luxembourg comme vice-président, mais les élections d'avril sont un triomphe pour les républicains modérés et il se voit exclu du gouvernement. Le 15 mai, une violente manifestation populaire provoque une réaction de la Garde nationale. Albert, qui était à sa tête, est arrêté et emprisonné à Vincennes.

Plaque de la rue Albert dans le 13e arrondissement de Paris

Lors de son procès devant la Haute Cour de justice de Bourges, l’année suivante, il refuse de se défendre, considérant le tribunal comme incompétent. Reconnu coupable, il est déporté à la citadelle de Belle-Île, où il reste quatre ans, puis incarcéré à la prison de Tours pendant cinq ans.

Amnistié en 1859, il travaille à Paris comme inspecteur du matériel et de l'outillage de la Compagnie parisienne du gaz[3], mais se tient à l’écart de la vie politique. En 1870, le gouvernement de la Défense nationale le nomme à la commission des Barricades, mais il est battu en 1871 aux élections à l'Assemblée nationale. En 1879, il essaie une dernière fois de se faire élire au Sénat, mais sans succès. À sa mort en 1895, le gouvernement lui accorde des obsèques nationales et lui fait élever une pierre tombale. L’année suivante, la ville de Paris donne son nom à une rue du 13e arrondissement. Un portrait de lui par Joseph Navlet est conservé au musée Carnavalet à Paris.

Sources[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Archives départementales de l'Oise, état-civil numérisé de la commune de Bury, NMD 1812-1819, vue 120 de la numérisation. Il est fils de Joseph Martin, propriétaire, et de Marie-Pauline Ribou.
  2. Archives départementales de l'Oise, état-civil numérisé de la commune de Mello, NMD 1894-1898, vue 50 de la numérisation.
  3. Qualité mentionnée sur son acte de décès.

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