Alexandre Lokchine

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Alexandre Lokchine

Alexandre Lokchine (en russe : Александр Лазаревич Локшин) est un compositeur soviétique et russe né le 19 septembre 1920 à Biïsk (kraï de l'Altaï en Sibérie) et décédé le 11 juin 1987 à Moscou (Union soviétique).

Biographie[modifier | modifier le code]

Son père, Lazar Lokchine, était comptable et sa mère Maria Korotkina était sage-femme. Alexandre Lokchine commence à jouer du piano à l'âge de 6 ans. En 1930, sa famille déménage à Novosibirsk, où il reçoit une éducation musicale. En 1936, il est envoyé au Conservatoire de Moscou où il suit notamment des cours de composition avec Nikolaï Miaskovski. Il admire alors la musique de Scriabine et Debussy. En mai 1941, Lokchine est reçu membre de l’Union des compositeurs de l’URSS. Dans le même temps, il est exclu du Conservatoire pour avoir présenté une œuvre musicale inspirée de Charles Baudelaire, classé parmi les écrivains « subversifs » par la censure. Miaskovski intercède en sa faveur et lui permet de poursuivre ses études.

À l'automne, il retourne à Novosibirsk comme dirigeant du cercle musical de la Maison de culture de l’usine Tchkalov, qui organise des concerts dans des hôpitaux. En avril 1943, l’Orchestre philharmonique de Léningrad joue son poème symphonique Attends-moi, écrit sur les vers de Constantin Simonov.

De 1944 à 1949, Lokchine enseigne au Conservatoire de Moscou l’instrumentation, la lecture des partitions, la littérature musicale.

En juin 1948, Lokchine est accusé de propagande de la musique « idéologiquement hostile » de compositeurs qu'il admire, Gustav Mahler, Alban Berg, ainsi que ses contemporains Dmitri Chostakovitch et Igor Stravinski. Il est chassé du Conservatoire une seconde fois, sans que ses amis Miaskovski et la pianiste Maria Yudina ne parviennent cette fois-ci à sauver la situation.

Proche du compositeur Boris Tichtchenko et des chefs d’orchestre Roudolf Barchaï et Arvid Jansons (père de Mariss), ses rapports avec Dmitri Chostakovitch ont toujours gardé une certaine distance. Malgré l’affinité de leurs goûts musicaux et littéraires, Lokchine, tout en admirant la musique et la personnalité de Chostakovitch, voulait se distinguer de son contemporain.

Compositions[modifier | modifier le code]

À partir des années 1950, Lokchine compose autant pour la radio, le cinéma et le théâtre. Dans le même temps, il n'en néglige pas pour autant le répertoire plus sérieux, avec la composition de 11 symphonies, 3 quintettes, quelques suites, une série de compositions pour orchestre de chambre et des cantates. La plupart de ses œuvres sont exécutées à Moscou et à Léningrad, sa troisième symphonie à Londres, sa cinquième à Moscou, Londres, Amsterdam et New York.

En 1981, il compose le poème symphonique L’Orage sur des vers de Nikolaï Zabolotski.

Outre ses 11 symphonies, Lokchine a composé un quintette pour cordes, un oratorio comique Tarakanitché (« La blatte ») où il moque un régime dictatorial, Trois scènes d’après le Faust de Goethe, et la pièce pour orchestre de chambre et soprano L’Art poétique.

Symphonies[modifier | modifier le code]

  • Symphonie no 1 Requiem, avec chœur (1957)
  • Symphonie no 2 Épigrammes grecs, avec chœur (1963)
  • Symphonie no 3, avec baryton et chœur d'hommes (1966)
  • Symphonie no 4 Sinfonia stretta (1968)
  • Symphonie no 5 Sonnets de Shakespeare, avec baryton, orchestre à cordes et harpe (1969)
  • Symphonie no 6, avec baryton et chœur (1971)
  • Symphonie no 7, avec contralto et orchestre de chambre (1972)
  • Symphonie no 8, avec ténor (1973)
  • Symphonie no 9, avec baryton et orchestre à cordes (1975)
  • Symphonie no 10, avec contralto et chœur (1976)
  • Symphonie no 11, avec orchestre de chambre (1976)

Autres œuvres symphoniques[modifier | modifier le code]

  • Les fleurs du mal, poème symphonique avec soprano (1939)
  • Attends-moi, poème symphonique avec mezzo-soprano (1942)
  • Suite symphonique Altai (perdue)
  • Fantaisie hongroise pour violon et orchestre (1952)
  • Sur la piste de la jungle, suite pour orchestre (d'après la musique composée pour le film d'Alexandre Zgouridi) (1959-60?)
  • Vo ves' golos (Parler clairement), poème symphonique avec basse (1968)
  • Trois scènes d'après le Faust de Goethe, pour soprano et orchestre (1980)
  • L'art de la poésie, pour soprano et orchestre de chambre (1981)
  • Sinfonietta no 1, pour ténor et orchestre de chambre (1983)
  • Variations pour basse et orchestre (1983)
  • Sinfonietta no 2, pour soprano et orchestre de chambre (1985)

Musique vocale[modifier | modifier le code]

  • Tarakanitché (La blatte), oratorio comique (1962)
  • Chants de Marguerite d'après le Faust de Goethe, pour soprano et orchestre (1973)
  • Mater Dolorosa pour chœur d'après des poèmes d'Anna Akhmatova (1977, dédié aux victimes des totalitarismes)

Musique de chambre[modifier | modifier le code]

  • Quintette pour clarinette et quatuor à cordes (1955, révisé en 1974)
  • Quintette pour deux violons, deux altos et un violoncelle (à la mémoire de Dmitri Chostakovitch). (1978)
  • Quintette d'après François Villon, pour ténor et quatuor à cordes (1981)
  • Quatuor à cordes (1984)

Musique pour piano[modifier | modifier le code]

  • Variations pour piano (1953)
  • Prélude et thème avec variations pour piano (1982)
  • Trois poèmes d'après Fiodor Sologoub, pour soprano et piano (1983)

Liens externes[modifier | modifier le code]