Alexandre II d'Écosse

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Alexandre II
sceau d'Alexandre II d'Écosse avec le roi en majesté.
sceau d'Alexandre II d'Écosse avec le roi en majesté.
Titre
Roi d'Écosse
12141249
Prédécesseur Guillaume Ier
Successeur Alexandre III
Biographie
Date de naissance 24 août 1198
Lieu de naissance Haddington
Date de décès 6 juillet 1249
Lieu de décès île de Kerrera dans la baie d'Oban
Sépulture Abbaye de Melrose
Père Guillaume Ier d'Écosse
Mère Ermengarde de Beaumont-au-Maine
Conjoint Jeanne d'Angleterre,Marie de Coucy
Enfant(s) Alexandre III d'Écosse, Marjorie fille illégitime.

Alexandre II, né le 24 août 1198 à Haddington, mort le 6 juillet 1249 sur l'île de Kerrera dans la baie d'Oban, est roi d'Écosse de 1214 à 1249, fils de Guillaume Ier le Lion, et d'Ermengarde de Beaumont. Il succède à son père, et est couronné à l'Abbaye de Scone le 5 décembre 1214[1].

Prince héritier[modifier | modifier le code]

Alexandre est le seul fils parmi les enfants légitimes du roi Guillaume Ier et de son épouse Ermengarde. Il est reconnu par la noblesse écossaise comme héritier du trône le 12 octobre 1201 à Musselburgh et il est mentionné dans les traités conclus en 1209 et 1212 entre son père et le roi Jean Ier d'Angleterre. Bien que les termes exacts ne soient pas connus, dans le premier traité Alexandre rend l'hommage féodal à Jean pour les domaines et droits que son père détient de la couronne anglaise. Non pas le Northumberland comme cela a été dit, mais Tynedale et Huntingdon. Guillaume Ier confie de plus au roi Jean le soin de marier ses deux filles aînées ; Marguerite et Isabelle, dans l'espoir qui sera d'ailleurs déçu, qu'au moins l'une devienne la belle-fille du roi. Dans le traité de 1212 Jean négocie peut-être avec la promesse d'une union entre Alexandre et sa fille aînée Jeanne († 1238) qui épousera Alexandre II en 1221, le Northumberland comme dot[2].

Après avoir été armé chevalier par Jean sans terre à Clerkenwell dans le Middlesex le 4 mars 1212 Alexandre seconde son père père âgé dans le gouvernement du royaume. Il prend le commandement de la campagne de l'été 1212 dans le comté de Ross et le Moray contre Gothred MacWilliam. Pendant sa dernière maladie Guillaume fait confirmer par les membres de sa cour, leur appui à Alexandre qui est couronné roi à Scone le 5 décembre 1214, le jour suivant la mort de son père[3].

Relations avec l'Angleterre[modifier | modifier le code]

Période de conflits[modifier | modifier le code]

Les relations avec le roi Jean d'Angleterre, qui réclame la suzeraineté sur l'Écosse, sont conflictuelles car le roi Alexandre II revendique de son côté ses droits sur le Northumberland[2].

Alexandre II est un des signataires de la « Magna Carta » imposée par les grands barons au roi le 15 juin 1215. Après la répudiation de la charte par Jean, Alexandre II qui reproche en outre au roi de n'avoir toujours pas organisé les mariages de ses sœurs prévus par le traité de 1209, à l'automne 1215, traverse la Tweed, envahit le Northumberland et assiège Norham le 19 octobre 1215. Les grands barons du nord de l'Angleterre menés par Robert de Ros et Eustace de Vescy, tous deux époux de filles illégitimes du roi Guillaume Ier, en révolte ouverte contre leur roi n'hésitent pas à rendre hommage à Alexandre II le 22 octobre 1215 à Felton près d'Alnwick. Après l'incendie de Newcastle upon Tyne en décembre, le roi Jean Sans terre à la tête d'une armée de mercenaires mène une expédition de représailles dans le nord en janvier 1216. Il s'empare des châteaux des rebelles dont Carlisle et Richmond et oblige les barons félons du Yorkshire à se réfugier en Écosse où ils font allégeance à Alexandre II le 11 janvier 1216 à Melrose. Jean prend Berwick et ravage le Lothian. Mais la situation se retourne en février lorsque Alexandre II contre-attaque. En juillet 1216 il assiège et prend la ville de Carlisle dont le château tombe peu après. À mi septembre de la même année Alexandre II rend hommage à Douvres, pour Huntingdon et les comtés du nord au prince Louis de France qui tente de se faire proclamer roi d'Angleterre[4].

Après la mort du roi Jean sans Terre en octobre 1216, et la défaite des français et des rebelles anglais à Lincoln le 20 mai 1217, le traité de Kingston le 12 septembre 1217 met fin à l'intervention française et le royaume d'Écosse est mis en Interdit et le roi excommunié par le légat du Pape Honorius III. Alexandre II doit restituer Carlisle le 1er décembre et se soumettre en personne à Northampton au fils du roi défunt, Henri III d'Angleterre, lui rendre hommage pour Tynedale et Huntingdon alors qu'Henri ignore les revendications écossaises sur les comtés du nord. Au début de 1218 l'interdit sur le royaume d'Écosse est levé[5].

Période de paix[modifier | modifier le code]

La réconciliation est scellée le 19 juin 1221 et confirmée par le mariage du roi Alexandre II avec Jeanne d'Angleterre la sœur d'Henri III. Alexandre doit renoncer au comté de Northumberland, mais reçoit en échange quelques fiefs dans le Cumberland. L'union la même année de Marguerite d'Écosse avec Hubert de Burgh Justiciar et comte de Kent suivie en 1225 de celle d'Isabelle avec Roger (III) Bigod futur comte de Norfolk clos les derniers différents liés au traité de 1209. Alexandre II donne son approbation à ces mariages et impose une aide de 10 000 livres à l'Écosse pour doter le deux princesses[6].

Le roi d'Écosse rend une visite amicale à Henri III d'Angleterre à Worcester en juillet 1223 et à York en décembre 1229. En 1235 il donne en mariage à Gilbert le Maréchal, comte de Pembroke, sa jeune sœur Marjorie ou Marguerite qui avait été promise précédemment à Thibaut IV de Champagne en 1219, Richard de Cornouailles en 1227 et au roi Henri III lui-même en 1231. Par le traité de York signé le 25 décembre 1237 Alexandre II renonce définitivement à ses prétentions sur le Northumberland la Cumbrie et le Westmorland en compensation il reçoit la promesse de domaines en Angleterre[7].

Il recoit de nouveau Henri III lors de son second mariage avec Marie de Coucy à Roxburgh le 15 mai 1239. Le roi d'Angleterre craignant qu'il prélude une alliance contre lui avec le roi Louis IX de France mobilise ses troupes. Alexandre II prépare également son armée mais une négociation met fin à cette tension et se termine avec le traité de Newcastle upon Tyne du 14 août 1244 qui engage le roi d'Écosse à ne pas déclarer d'hostilités contre l'Angleterre sauf de manière défensive. L'accord prévoit en outre l'union future du prince héritier Alexandre avec Marguerite la fille aînée du roi Henri III[7].

La période de paix ininterrompue entre les deux royaumes s'étendra finalement de décembre 1217 à mars 1296.

Consolidation du royaume[modifier | modifier le code]

Alexandre le guerrier & chevalier: revers du Grand Sceau d'Alexandre II, avec la légende : ALEXANDER DEO RECTOR E(T) REX SCOTTORUM (Alexandre, par (la grâce de) Dieu souverain et roi des Scots)

Bien que les tensions anglo-écossaises n'aient jamais été totalement éradiquées, l'importance d'une politique de conciliation d'Alexandre II pour la consolidation du royaume ne doit pas être surestimée. Il a à la fois la volonté et la possibilité de faire progresser le pouvoir royal dans le nord et l'ouest de l'Écosse avec une pugnacité sans précédent[2].

Relations avec l'Église[modifier | modifier le code]

La Bulle pontificale « Filia specialis » délivrée par Honorius III en 1218 fait suite à celles de Célestin III et d'Innocent III du règne précédent. Elle étend sa protection sur l'« Ecclesia Scoticana » du royaume d'Écosse qu'elle définit comme une « fille spéciale » du siège apostolique avec ses évêchés de St Andrews, Dunblane, Glasgow, Dunkeld, Brechin, Aberdeen, Moray, Ross et Caithness[8]

Comme un bienfaiteur de l'église, Alexandre II assortit sa piété d'une forte volonté politique. Ses préférences religieuses le porte à la fois vers les ordres traditionnels et les ordres nouveaux. Il favorise d'abord les nouveaux évêchés inclus dans le domaine royal d'Argyll, de Caithness, de Moray, et ensuite celui de Whithorn dans le Galloway, mais impose aux titulaires des sièges un strict contrôle. Il est généreux avec les chanoines réguliers de saint Augustin de Scone, les moines bénédictins de Coldingham et l'abbaye de Dunfermline, mais aussi avec les cisterciens de l'abbaye de Coupar en Angus, de l'abbaye de Melrose et de celle de Newbattle près de Dalkeith, les moniales cisterciennes de Manuel, et les Tironiens d'Arbroath. En 1227-1229, il fonde avec sa mère, la reine Ermengarde, un monastère cistercien à Balmerino, dans le comté de Fife, la dernière des quatre filles écossaises de Melrose. Vers 1230, il crée un prieuré à Pluscarden, en Moray, pour les Valliscauliens, un nouvel ordre monastique bourguignon qui ne s'était encore jamais implanté en Grande-Bretagne, en 1230-1231, il a introduit les ordres mendiants en Écosse, les premiers Dominicains viennent peut-être de Paris, et à sa mort neuf couvents de Dominicains et au moins trois couvents Franciscains ont été mis en place, presque tous de fondations royales[9].

Dans le nord[modifier | modifier le code]

Alexandre II doit faire face aux ultimes tentatives des Meic Uilleim de Moray. En janvier/février 1215 Domnall Ban MacWilliam proclame à son tour, ses prétentions à la couronne mais il est vaincu et pris et exécuté par un noble local, Farquhar MacTaggart en Ross le 19 juin 1215[10].

Au début de 1221 Alexandre II vient à Inverness mater la révolte d'un petit chef des highlands, Donald MacNeil. En 12211222 il conduit une grande campagne contre l'Argyll dont le résulta semble avoir été le transfert du Kintyre, et peut être du Cowal, sous son autorité directe, et la fortification de Tarbert comme place royale. Après que son principal agent dans l'extrême nord l'évêque Adam de Caithness, ait été tué en septembre 1222 du fait de son zèle à importer dans son diocèse les normes, notamment fiscales, de l'Église conformes avec celles du reste de l'Europe, Il met sur pieds une expédition punitive à l'automne de la même année, les meurtriers sont mutilés, et il confisque temporairement une partie du territoire du comté à Jean Haraldsson, comte de Caithness accusé de ne pas avoir protégé le prélat contre ses sujets[11].

Il doit retourner dans le nord pour combattre une nouvelle révolte des Meic Uilleim en 1228. il laisse le soin à William Comyn, († 1233), comte de Buchan[12], d'achever la pacification du Moray ; Un nommé Gillescop est défait et tué et une petite enfant, dernière héritière des Meic Uilleim à la tête fracassée sur la croix du marché de Forfar[13].

Le nord est complètement discipliné, et Alexandre II met une touche finale à l'établissement de l'autorité royale dans la décennie 1230 en y implantant dans les highlands la grande seigneurie de Badenoch et celle Lochaber pour Walter Comyn, en rétablissant le comté de Ross pour Fearchar Mac Taggart, en créant le comté de Sutherland pour William (I) Murray, dont le cousin Gilbert devient le nouvel évêque de Caithness et enfin en mettant en place après le meurtre de Jean Haraldsson († 1231), avec Magnus d'Angus, une nouvelle lignée, favorable à l'Écosse dans le Caithness[14].

Dans l'ouest[modifier | modifier le code]

Dans le sud ouest Alexandre II impose d'une manière aussi ferme le pouvoir royal. Après la mort d' Alan de Galloway en 1234, qui laisse un fils bâtard, Thomas, et trois filles légitimes. Alexandre II décide à mettre fin aux vestiges de l'indépendance du Galloway. Ignorant le droit de succession selon les coutumes celtiques, il impose un partage de la province entre les trois héritières et leurs époux Anglo-normands et déshérite le fils illégitime. les Galwegiens se soulèvent en faveur de Thomas qui s'était exilé en Ulster, le roi avance au Galloway le 15 juillet 1235 avec l'indispensable Farquhar MacTaggart, désormais comte de Ross, il met en fuite l'armée rebelle dans une contre attaque à un assaut du camp royal. Alexandre II laisse derrière lui Walter Comyn, comte de Menteith[15], comme gouverneur militaire et avant la fin de l'année Thomas qui était revenu avec une troupe ds guerriers des Hébrides et irlandais, est capturé, et interné à vie pendant que deux de ses alliés irlandais sont écartelés à Édimbourg[2].

Avec maintenant la flotte de 200 navires du Galloway à sa disposition Alexandre II peut intervenir sur la côte ouest de l'Écosse. Dans cette région les puissants chefs des Hébrides d'origine Norvégiens-Gaëls contrôlent les îles et la terre ferme écossaise sous la suzeraineté théorique du royaume de Norvège qui ne redevient effective qu'avec le roi Haakon IV de Norvège. Pendant la décennie 1220 Alan de Galloway fait campagne avec l'accord d'Alexandre II contre Skye, Lewis, et l'île de Man, sans autre résultat que de provoquer la colère d'Haakon IV qui réagit. À la suite d'une attaque du royaume de Man par Alan de Galloway le roi Olaf II de Man se réfugie auprès de son suzerain le roi de Norvège en janvier/février 1230. Il revient avec une flotte commandée par Uspak Haakon et est réinstallé comme roi au printemps de la même année. En 12301231 la flotte coalisée venue de Norvège des Orcades et des Hébrides attaque les possessions écossaise de l' Île de Bute et du Kintyre, le royaume d'Écosse doit faire face à une situation aussi grave que lors de l'invasion du roi Jean d'Angleterre en 1216. Heureusement le chef de l'expedition Uspak Haakon meurt de blessures reçues au combat et les norvégiens se retirent[16].

Alexandre II comprend rapidement qu'il est indispensable d'incorporer la totalité des Hébrides dans son royaume, et en 1244 il fait sa premier proposition d'acquisition des îles à Haakon IV. Le roi de Norvège la rejette et charge en 1248 Ewen MacDougall de renforcer son autorité dans « les Isles ». Alexandre II mène une expédition d'été de grande envergure avec une flotte et une armée qui débute victorieusement en chassant Ewen de son domaine sur la terre ferme, mais la mort soudaine du roi au large d'Oban, met une fin prématurée à l'entreprise, reportant l'annexion définitive des « Isles de l'ouest » par l'Écosse à 1266[17].

Alexandre II meurt, d'une fièvre, âgé de 51 ans, après 35 ans d'un règne effectif, le 8 juillet 1249, dans l'îlot de Kerrara au large d' Oban[18]. Il est est inhumé à l'Abbaye de Melrose.

Unions et postérité[modifier | modifier le code]

Alexandre II épouse en premières noces le 18 juin 1221 à York Jeanne d'Angleterre (1210 † 1238), fille de Jean sans Terre, roi d'Angleterre, et d'Isabelle d'Angoulême. Ce mariage est resté sans enfants.

Veuf, le roi se remarie le 15 mai 1239 à Roxburgh avec Marie de Coucy, fille d'Enguerrand III de Coucy et Marie de Montmirail. Ils ont un fils, futur roi d'Écosse :

Le roi Alexandre II laisse par ailleurs une fille illégitime :

  • Marjorie, qui épouse Alan Durward († 1275), un fidèle de son administration depuis 1244.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Michael Brown The Wars of Scotland 1214~1371' The New Edinburgh History of Scotland. Edinburgh University Press (2004)(ISBN 0-7486-1238-6)
  2. a, b, c et d (en) Keith Stringer « Alexander II (1198–1249), king of Scots », Oxford Dictionary of National Biography, Oxford University Press, 2004.
  3. (en) Richard Oram Domination and Lordship Scotland 1070-1230 Edinburgh University Press (Edinburgh 2011) (ISBN 9780748614974) p. 175
  4. (en) Michael Brown op.cit p. 22-23.
  5. (en) Michael Brown op.cit p. 23.
  6. (en) Michael Brown op.cit p. 24
  7. a et b (en) Michael Brown op.cit p. 26
  8. (en) Gordon Donaldson, Scottish historical documents Scottish Academic Press (Edinburgh & Londres 1974) (ISBN 0701116048) « 1218: Filia specialis Bull of Honorius III » p. 30-32.
  9. (en) Richard Oram p. 357-359
  10. (en) Richard Oram op.cit p. 176
  11. (en) Richard Oram op.cit p. 186
  12. depuis son union avec l'héritière du comté en 1212
  13. (en) R. Andrew McDonald Treachery in the remotest territories of Scotland: Northerne ressitance to the Canmore Dynasty 1130-1230 Canadian Journal of History vol.33 (August 1999)
  14. (en) Michael Brown op.cit p. 29
  15. de Jure Uxoris vers 1234 à 1258
  16. (en) Michael Brown op.cit p. 78-79
  17. (en) Michael Brown op.cit p. 43
  18. (en) Michael Brown op.cit p. 347

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Richard Oram Domination and Lordship Scotland 1070-1230 Edinburgh University Press (Edinburgh 2011) (ISBN 9780748614974).
  • (en) Michael Brown The Wars of Scotland 1214~1371' The New Edinburgh History of Scotland. Edinburgh University Press (2004)(ISBN 0-7486-1238-6)
  • (en) G.W.S. Barrow Kingship and Unity Scotland 1000~1306 Edinburgh University Press (1981) (ISBN 0-7486-0104-X)
  • (en) Keith Stringer « Alexander II (1198–1249), king of Scots », Oxford Dictionary of National Biography, Oxford University Press, 2004.
  • (en) Mike Ashley The Mammoth Book of British Kings & Queens (England, Scotland and Wales) Robinson, Londres (1998)(ISBN 1841190969) « Alexander II The Peaceful » p. 407-408.