Alexandre Gorbatov

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Alexandre Gorbatov
Naissance 21 mars 1891
(ancien calendrier : 9 mars 1891)
Pakhotino (actuellement Palekh), oblast d'Ivanovo
Décès 7 décembre 1973 (à 82 ans)
Moscou
Origine Russie
Allégeance Drapeau de la Russie Impériale Empire russe (1912)
Drapeau de l'URSS Union soviétique (1919)
Arme Troupes aéroportées
Grade Général d'armée
Années de service 19121958
Conflits Première Guerre mondiale
Guerre civile russe
Seconde Guerre mondiale
Commandement Red Army flag.svg Armée rouge
Faits d'armes Front de l'Est durant la Première Guerre mondiale, y compris les batailles de Tannenberg, de Galicie, de Przemysl, l'offensive de Gorlice-Tarnów, les deux batailles des lacs de Mazurie, les offensives Broussilov et Kerensky
Guerre civile russe
Front de l'Est durant la Seconde Guerre mondiale
Distinctions Ordre du drapeau rouge (4)
Héros de l'Union soviétique
Ordre de Lénine (3)
Ordre de la Révolution d'Octobre
Ordre de Souvorov de 1re classe (2)
Ordre de Koutouzov de 1re classe
Ordre de Souvorov de 2e classe
Ordre de Koutouzov de 2e classe
Ordre de l'Étoile rouge (2)

Alexandre Vassilievitch Gorbatov (en russe : Алекса́ндр Васи́льевич Горба́тов) (21 mars 1891 - 7 décembre 1973) fut un militaire russe, puis soviétique. Il a reçu le titre de Héros de l'Union soviétique.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Gorbatov naquit à Pakhotino, dans province d'Ivanovo, d’une famille d'agriculteurs pauvres. Il commença à travailler à l'âge de 14 ans pour gagner sa vie.

Première Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Engagé en 1912 dans l'armée tsariste, Alexandre Gorbatov participa comme sous-officier à la Première Guerre mondiale. Il servit dans un régiment de hussards de Tchernigov, où il gagna ses galons de caporal. Il participa à de nombreux engagements sur le front de l'Est, notamment aux batailles de Tannenberg, de Galicie, de Przemysl, à l'offensive de Gorlice-Tarnów, aux deux batailles des lacs de Mazurie, aux offensives Broussilov et Kerensky[1].

Guerre civile[modifier | modifier le code]

Après la révolution d'octobre 1917 et la contre-révolution de l'année suivante, Gorbatov s'enrôla en 1919 dans l'Armée rouge comme commandant (tous les officiers soviétiques étaient appelés "commandants", car les dirigeants soviétiques estimaient que le mot "officier" était trop occidental pour l'Armée rouge). Il se distingua dans la lutte contre Denikine et Petlioura, et reçut l'Ordre du drapeau rouge pour ses exploits[1].

Entre-deux-guerres[modifier | modifier le code]

Après la Guerre civile russe, il devint commandant d'un escadron de cavalerie (1921), d'un régiment (1921-1928), puis d'une brigade (1928-1931). Il obtint, en 1926, son diplôme de commandant de cavalerie, puis, en 1930, celui du Cours de formation supérieur pour officiers. Il devint, en 1931, commandant adjoint puis, en 1933, commandant de division de cavalerie des Gardes rouges.

Lors des Grandes Purges des officiers soviétiques, ordonnées en 1937 par le Secrétaire général du Parti communiste Joseph Staline, Gorbatov, alors sous les ordres de Yakir, fut exclu de l'Armée rouge. Arrêté en octobre 1938, il fut torturé, mais refusa d'avouer. Condamné à 15 ans de travaux forcés, comme "ennemi du peuple", il fut envoyé dans les mines d'or de la Kolyma. Lorsque le Conseil militaire réexamina les dépositions des "traîtres" de 1937, il reçut le soutien du maréchal Boudienny. Il fut alors ramené à Moscou pour subir de nouveaux interrogatoires. Il fut réintégré dans l'Armée rouge, à son grade antérieur, en mars 1941.

Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Au lendemain des premiers jours de l'Opération Barbarossa, entre octobre 1941 et juin 1942, Gorbatov fut successivement commandant adjoint, puis commandant de la 226e division de fusiliers. Avec son unité, il participa à la contre-offensive en Ukraine, sur le front sud-ouest, avant d'être engagé sur le front de Stalingrad. En octobre 1942, il devint adjoint de la 24e armée, puis commandant du 20e Corps de la garde, en avril 1943.

Après avoir accompli avec talent son devoir dans ces postes, il fut nommé, en juin 1943, commandant de la 3e armée, sur le front de Briansk. Il participa à la bataille de Koursk (opérations de Briansk, Orel et Bobrouisk). En juillet 1943, il planifia l'offensive sur Orel et les défenses fortifiées adverses le long de la rivière Zusha. Le 5 août, appuyé par la 63e armée, il libéra Orel. Sous son commandement, la 3e armée prit ensuite part aux offensives de l'automne 1943 et de l'hiver 1944. Elle connut des succès lors des franchissements des rivières Soj et Sky, écrasa les forces adverses près de Minsk et prit Bialystok. Gorbatov commanda ensuite lors de la campagne de 1944 en Biélorussie.

Il participa à l'invasion de l'Allemagne, en janvier-février 1945, tout d'abord sur le 2e front de Bielorussie, à l'est de la Prusse orientale, jusque sur l'Oder, puis sur le 1er front de Bielorussie, avant la bataille de Berlin, ce qui lui valut, le 10 avril 1945, le titre de héros de l'Union soviétique[2].

L'après-guerre[modifier | modifier le code]

Après la Seconde Guerre mondiale, Gorbatov fut nommé, en juin 1945, commandant soviétique de Berlin, sous les ordres du maréchal de l'Union soviétique Gueorgui Joukov, après la mort du général-colonel Nikolaï Berzarine. Il fut simultanément commandant de la 5ème armée de choc en Allemagne. Il devint commandant des troupes aéroportées de l'Union soviétique, de mars 1950 à mai 1954, commandant des troupes du district militaire de la Baltique, de 1954 à 1958, puis, à partir de 1958, il prit la tête du groupe des inspecteurs généraux du Ministère de la défense de l'URSS. Le 11 mars 1955, il fut fait Général d'armée (un rang de général à quatre étoiles, immédiatement inférieur à celui de maréchal).

Entre 1952 et 1961, il fut membre suppléant au Comité central du PCUS et député au Soviet suprême de l'URSS, lors des 2e, 3e et 4e législatures. Il fut citoyen d'honneur des villes d'Orel et de Gomel.

Alexander V. Gorbatov décéda le 7 décembre 1973. Il est enterré dans le cimetière de Novodiévitchi, à Moscou.

Son autobiographie fut publiée dans le numéro de mars-mai 1964 du magazine littéraire soviétique Novy Mir, puis éditée à l'Ouest sous le titre de "Years off My Life".

Décorations[modifier | modifier le code]

Mémoriaux[modifier | modifier le code]

Des rues de Briansk, Oufa et Gomel portent son nom. Un monument lui est consacré, sur le boulevard de la Victoire, à Orel.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Alexandre Vassilievitch Gorbatov, Les années et les guerres [« Годы и войны »].
  • (ru) Peter Dunayev, Звезда и крест комбата [« Etoiles et croix de guerre »], éd. Tsentrpoligraf,‎ 2007, 415 p. (ISBN 978-5-9524-2596-5).
  • (en) Adam Bruno Ulam et al., Stalin.
  • Michel Heller, Le monde concentrationnaire et la littérature soviétique.
  • (en) Geoffrey Jukes, Peter Simkins et Michael Hickey, The First World War : The Eastern Front, 1914-1918.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Erickson John (1984). The Road to Stalingrad: Stalin's War with Germany
  2. Keegan John (1999). The First World War