Alexandre Colonna Walewski

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Alexandre-Florian-Joseph
Colonna Walewski
Le comte Walewski en 1855.
Le comte Walewski en 1855.

Naissance
Walewice
(Drapeau du Duché de Varsovie Duché de Varsovie)
Décès (à 58 ans)
Strasbourg
(Drapeau de l'Empire français Empire français)
Origine Drapeau de la Pologne Pologne
Allégeance Drapeau du Royaume du Congrès Royaume du Congrès
Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Drapeau de la France République française
Drapeau de l'Empire français Empire français
Conflits Insurrection polonaise de novembre 1830
Distinctions Légion d'honneur (Grand-croix),
Virtuti Militari (Croix d'Or),
OSM (Chevalier)
Autres fonctions Ministre d'État de 1860 à 1863
Président du Corps législatif de 1865 à 1867.
Famille Bonaparte,
Colonna,
d'Ornano,
Montagu,
di Ricci,
Poniatowski.
Signature
Alexandre Florian Joseph Colonna Walewski signature.svg

Alexandre Florian Joseph Colonna, comte Walewski, né le au château de Walewice (Pologne) et mort le à Strasbourg, est un homme politique franco-polonais, particulièrement connu pour être le fils naturel de Napoléon Ier.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils de Napoléon Ier[modifier | modifier le code]

Il naît dans le duché de Varsovie, créé lors du traité de Tilsit (1807). Peu après ces événements, Napoléon Ier rencontre Marie Walewska, née Łączyńska, épouse du comte Athanase Walewski (1736-1815)[1]. L'enfant né de cette liaison est néanmoins reconnu par Walewski dont il porte le nom.

Il est fait comte de l'Empire par un décret impérial du et des lettres patentes du 15 juin suivant, dont l'article 4 précise que ce titre est « transmissible à la descendance directe et légitime, naturelle ou adoptive » et accordent au bénéficiaire un revenu annuel de 170 000 francs.

En , il accompagne sa mère à l'Île d'Elbe pour rendre visite son père biologique.

Lorsque Marie, devenue veuve, puis remariée au comte Colonna d'Ornano, meurt en couches le , la tutelle d'Alexandre est attribuée à son oncle maternel, Teodor Michał Łączyński.

En Pologne et en Afrique[modifier | modifier le code]

Revenu en Pologne en 1824 (le duché de Varsovie étant devenu le royaume de Pologne en 1815), il refuse de servir dans l'armée russe et, malgré la surveillance de la police, parvint à s'embarquer pour l'Angleterre. De là, il se rend à Paris d'où son extradition est refusée au gouvernement russe par le ministère Villèle, malgré ses idées libérales.

Après la révolution de Juillet 1830, il est chargé d'une mission secrète en Pologne par Sébastiani, ministre des Affaires étrangères de Louis-Philippe Ier.

Suite au déclenchement de l'insurrection polonaise (29 novembre 1830), il se met au service du gouvernement insurrectionnel et est délégué à Londres pour solliciter l'appui de l'Angleterre. Après la prise de Varsovie (septembre 1831), il revient à Paris.

En 1833, il se fait naturaliser français et est nommé officier d'ordonnance du maréchal Gérard.

Ayant perdu sa femme après deux ans de mariage, il demande à être envoyé en Afrique, et est nommé capitaine dans la Légion étrangère ; il passe ensuite au 2e chasseurs d'Afrique et devient directeur des affaires arabes à Oran.

Écrivain et homme politique[modifier | modifier le code]

Alexandre Walewski, photographié en 1856 par Pierre-Louis Pierson.

De retour en France il passa capitaine au 4e hussards, donna sa démission en 1837 et se fit connaître comme écrivain et comme auteur dramatique : L'École du monde ou la coquette sans le savoir, comédie représentée au Théâtre-Français le , n'eut qu'un succès d'estime ; la même année, il vendit son journal, Le Messager des Chambres, à Adolphe Thiers qui l'envoya en mission près de Méhémet Ali pour obtenir son consentement au Traité de Londres (1839) ; le ministère Guizot l'attacha à la légation de Buenos Aires.

Après son élection à la présidence de la République, le prince Louis-Napoléon Bonaparte le nomma (1849) ministre plénipotentiaire à Florence, ambassadeur à Naples (1850), à Madrid (1851) et à Londres (1851), où il négocia habilement la reconnaissance du Second Empire par le cabinet britannique. Élevé à la dignité de sénateur le , il succéda, le 7 mai suivant à Édouard Drouyn de Lhuys, comme ministre français des Affaires étrangères, et, en cette qualité, présida la conférence de Paris (1856) après la guerre de Crimée et signa le traité le .

Échec à la présidence du Corps législatif[modifier | modifier le code]

Opposé à Napoléon III sur la question italienne, il démissionna, remplacé par Pierre Jules Baroche le , et fut nommé membre du conseil privé, puis le 29 novembre suivant ministre d'État avec la direction des Beaux-Arts. Le , il posa la première pierre de l'opéra Garnier. Plus tard, il présenta un projet de loi sur la propriété artistique et littéraire, donna sa démission de ministre le , et sa démission de sénateur en 1865, pour se faire élire député au Corps législatif, le , dans la 2e circonscription des Landes, en remplacement de M. Corta, démissionnaire en sa faveur. L'empereur l'ayant destiné à remplacer à la présidence du Corps législatif son demi-frère le duc de Morny décédé, il le nomma à ces fonctions avant même que son élection eût été validée ; l'opposition dira alors : « Chassez le naturel, il revient au galop ! ».

Le nouveau président parut incliner vers le régime parlementaire, et montra vis-à-vis de l'opposition une impartialité qui déplut à Rouher. Sur son refus de rappeler à l'ordre Adolphe Thiers, la majorité souleva un tumulte et Walewski donna sa démission de député (). Il entra au Sénat, présenta Émile Ollivier à l'Empereur, mais cette entrevue n'ayant pas apporté les résultats espérés, il parut renoncer à la politique active et alla faire un voyage en Allemagne. Il mourut le d'une apoplexie à Strasbourg, en revenant en France. L'État accorda à sa veuve, petite-fille du prince Poniatowski une pension de 20 000 francs. Walewski avait reconnu le fils qu'il avait eu de Mlle Rachel; il repose dans la 66e division du cimetière du Père-Lachaise[2].

Armoiries Colonna-Walewski

Vie familiale[modifier | modifier le code]

1) Louise-Marie (1833) ;
2) Georges-Edouard-Auguste ( - Paris - Paris, inhumé en 1835 au cimetière du Père-Lachaise, 67e division, dans le caveau de la famille d'Ornano) ;
3) Alexandre-Antoine-Jean ( - Marly-le-Roi - Turin), comte Colonna Walewski (reconnu en 1844 et adopté par Walewski en 1860), consul général de France, marié le (Paris) avec Jeanne-Claire-Marie Saladduchin ( - Paris - Palerme);

il est l'arrière-grand-père d'Alexandre Colonna Walewski, comte Colonna-Walewski, né en 1934 ;

4) Isabelle ( - Buenos Aires - Buenos Aires, inhumée au cimetière de Recoleta et depuis transféré au cimetière du Père-Lachaise, 67e division, dans le caveau de la famille d'Ornano) ;
5) Charles-Zanobi-Rodolphe, 2e comte Walewski ( - FlorenceMort pour la France le à Villers-Cotterêts), Lieutenant-colonel au 131e régiment d'infanterie de ligne, marié à Félicie Douay, sans postérité ;
6) Catherine-Elisabeth-Elise (Elisa) ( - Florence - Paris 8e), mariée le (Paris), avec Félix ( - Constantinople - La Chartre-sur-le-Loir), fils du comte de Bourqueney, Lieutenant des mobiles de la Seine (1870-1871), secrétaire d’ambassade (1887), ministre plénipotentiaire et directeur du protocole (1893-1895), chevalier de la Légion d'honneur ;
7) Eugénie-Louise-Irène ( - Paris, baptisée le - chapelle du Palais des Tuileries - Arcachon), mariée le (Paris) avec Frédéric Mathéus ( - Ecouis - Paris), comte romain, auditeur au Conseil d'État.
Couronne ducale impériale

Hommage et honneurs[modifier | modifier le code]

Titre nobiliaire[modifier | modifier le code]

Distinctions[modifier | modifier le code]

Fonctions non-politiques[modifier | modifier le code]

Pensions, rentes[modifier | modifier le code]

Publications[modifier | modifier le code]

  • Un mot sur la question d'Afrique en 1837 ;
  • L'Alliance anglaise en 1838 ;

Iconographie[modifier | modifier le code]

Henri d'Ainecy, comte de Monpezat, Le comte Walewski et la comtesse Walewska en phaéton (coll. de la comtesse Walewska en 1922), tableau reproduit dans l'article de Léandre Vaillat relatif à l'exposition « Le décor de la vie sous le Second Empire » au pavillon de Marsan du musée du Louvre (L'Illustration no 4136, 10/06/1922 - arch. pers.)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Il meurt le à Walewice), cf. www.napoleontrois.fr
  2. Paul Bauer, Deux siècles d'histoire au Père-Lachaise, Mémoire et Documents,‎ (ISBN 978-2914611480), p. 778-780
  3. www.burkespeerage.com

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]