Alexandre-François de La Rochefoucauld

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Alexandre de La Rochefoucauld
Image illustrative de l'article Alexandre-François de La Rochefoucauld

Titre 1er comte de La Rochefoucauld
(18091841)
Successeur Alexandre Jules de La Rochefoucauld
Années de service 1791 - 1792
Conflits Guerres révolutionnaires
Distinctions Légion d'honneur
(Grand officier)
Chevalier de Saint-Louis
Ordre de l'Aigle noir
Biographie
Dynastie Maison de La Rochefoucauld
Nom de naissance Alexandre-François de La Rochefoucauld-Liancourt
Naissance 26 août 1767
Saint-Sulpice (Paris)
Décès 2 mars 1841 (à 73 ans)
Paris Xe
Père François XII de La Rochefoucauld
Mère Felicité de Lannion
Conjoint Adélaïde de Pyvart de Chastullé

Orn ext comte et pair GOLH.svg
Blason La Rochefoucauld.svg

Alexandre-François, 1er comte de La Rochefoucauld (né à Paris dans la paroisse de l'église Saint-Sulpice[1], le 26 août 1767 – mort à Paris Xe[1], le 2 mars 1841), est un militaire, diplomate et homme politique français.

Alexandre François de La Rochefoucauld était le fils cadet du duc de Liancourt et de Félicité-Sophie de Lannion[2], et le frère de François XIII, duc de La Rochefoucauld.

Biographie[modifier | modifier le code]

Alexandre François de La Rochefoucauld embrassa d'abord la carrière des armes et suivit, comme officier d'état-major à l'armée du Nord, le général La Fayette lors de la campagne de 1792. Les frontières françaises étaient alors menacées par les armées combinées de la Russie et de l'Autriche[3]. Après la chute de la monarchie, il quitta l'armée[3].

Cette manifestation et les tentatives qu'il fit, de concert avec sa famille[3], pour sauver le roi et la reine, appelèrent sur lui l'attention du nouveau gouvernement : mis hors la loi, il fut obligé de chercher son salut dans la fuite[3]. Il ne revint en France que sous Consulat[4], « tiré de sa retraite » par le coup d'État du 18 brumaire[3].

Il avait épousé, en 1788, la fille du comte de Chastulé, officier aux Gardes-Françaises, riche propriétaire à Saint-Domingue, et parent de Joséphine de Beauharnais, épouse du général Bonaparte. Ces liens de parenté amenèrent des « relations naturelles[3] » entre le premier Consul et lui.

Premier Empire[modifier | modifier le code]

Napoléon Ier, qui désirait se l'attacher, donna pour dame d'honneur à l'Impératrice des Français, Mme de La Rochefoucauld, et maria sa fille au prince Aldobrandini, frère du prince Borghèse.

Placé à la tête de l'administration de Seine-et-Marne, lors de la création des préfectures, le comte de La Rochefoucauld devint, en l'an IX (16 octobre 1801[2]), ambassadeur (ou chargé d'affaires[4] ou ministre plénipotentiaire[2] selon les sources) auprès de la cour de Saxe. Les ratifications du traité de Lunéville n'avaient pas encore été échangées : sa mission était d'amener l'électeur à des dispositions plus favorables à la France, il y parvint[3].

Le 9 vendémiaire an XII, il fut nommé membre de la Légion d'honneur, et en fut nommé commandant le 25 prairial de la même année.

Ambassade à Vienne[modifier | modifier le code]

La rupture du traité d'Amiens devait exercer une grande influence sur les affaires d'Allemagne.

La Rochefoucauld « montrant de l'habileté[4] » dans ces diverses missions diplomatiques, « ses talents diplomatiques le firent juger, dans ces circonstances difficiles, digne d'un plus grand théâtre[3] », et Napoléon l'envoya ambassadeur à Vienne (1er janvier 1805[2]) en remplacement de Champagny[4]. Il arriva dans cette ville le 6 janvier 1805.

L'érection du royaume d'Italie (1805), la réunion de la république de Gênes à l'Empire français, amenèrent bientôt, de la part de l'Autriche, des demandes formelles d'explication qui ne tardèrent pas à devenir des préludes de guerre[5]. Le comte de La Rochefoucauld éclaira l'Empereur sur les sourdes menées du cabinet de Vienne, sur les arméments considérables qui se faisaient dans les États héréditaires des Habsbourg, et l'instruisit du traité secret conclu entre l'Autriche, la Russie et l'Angleterre. Ayant reçu ordre de demander ses passeports, il quitta Vienne le 10 octobre 1805[5].

Il y fut accrédité de nouveau le 16 janvier 1806, après la signature du traité de Presbourg. Alors, le protectorat de la confédération du Rhin, dont Napoléon venait d'être investi, forçait François II du Saint-Empire de renoncer au titre d'empereur germanique. L'ambassadeur français sut, « avec une rare habileté »[5], atténuer l'impression que produisit à la cour de Vienne cette modification importante introduite dans le système politique de l'Europe, impression que devait rendre plus irritante encore l'invasion du royaume de Naples, l'érection du grand-duché de Berg et l'envahissement du Hanovre.

En 1806, il quitta l'ambassade de Vienne pour se rendre à Berlin, où Napoléon se trouvait alors. Il prit une part active aux négociations qui donnèrent à la Saxe une existence politique d'un ordre plus élevé (l'électorat de Saxe devenait le royaume de Saxe), et assurèrent ainsi son adhésion au système français[5].

Ambassade à Amsterdam[modifier | modifier le code]

Alexandre de La Rochefoucauld
Fonctions
1er Préfet de Seine-et-Marne
11 ventôse an VIII11 frimaire an VIII
Gouvernement Consulat
Successeur Jean-Baptiste Collin de Sussy
Ambassadeur de France
à Dresde (Drapeau de l'Électorat de Saxe Électorat de Saxe)
16 octobre 1801 – 1er janvier 1805
Ambassadeur de France
à Vienne (Flag of Austria.svg Archiduché d'Autriche)
1er janvier 1805 – 1806
Prédécesseur Jean-Baptiste Nompère de Champagny
Successeur Antoine François Andréossy
Ambassadeur de France
à Amsterdam (Flag of the Netherlands.svg Royaume de Hollande)
11 février 1808 – mai 1810
Prédécesseur Pierre Antoine Dupont-Chaumont
Successeur Absorption du royaume de Hollande par l'Empire français
Député de l'Oise
9 mai 1822 – 24 décembre 1823
Législature IIe législature de la Seconde Restauration
Groupe politique Royaliste constitutionnel
21 avril 1828 – 16 mai 1830
Législature IVe législature
Groupe politique Centre gauche
Prédécesseur Étienne Maurice Gérard
29 juillet 1830 – 31 mai 1831
Élection 3 juillet 1830
Législature Ire législature de la monarchie de Juillet
Groupe politique Centre gauche
Membre de la Chambre des pairs
2 juin 1815 – juillet 1815
Monarque Napoléon Ier
Législature Cent-Jours
19 novembre 1831 – 2 mars 1841
Monarque Louis-Philippe Ier
Législature Monarchie de Juillet
Biographie
Nationalité Drapeau de la France Française
Résidence no 100, rue Saint-Dominique (1814)[1]

Signature
Préfets napoléoniens
Liste des préfets de Seine-et-Marne
Liste des députés de l'Oise

Le 11 février 1808[2], il fut nommé à l'ambassadeur de Hollande : « il remplit, avec adresse et bonheur, cette nouvelle mission rendue si difficile par les dispositions secrètes[5] » du roi Louis-Napoléon, dont le zèle pour les intérêts du pays qu'il gouvernait lui faisait péniblement supporter l'autorité de l'Empereur, son frère, et le contrôle incessant auquel ses mesures étaient soumises.

En 1809, les Anglais débarquèrent en Zélande. L'ambassadeur français déploya, dans cette circonstance critique, une activité remarquable, et on lui dut, en grande partie, la promptitude avec laquelle furent réunis les moyens qui préservèrent Anvers et ses chantiers d'une ruine presque certaine ; il fut puissamment secondé par les Hollandais, dont « la loyauté et l'affabilité de son caractère avait captivé l'estime et l'affection[5] ».

Le roi de Prusse, connaissant toute son influence sur l'esprit des Hollandais, chargea le comte de La Rochefoucauld d'appuyer de son crédit un emprunt qu'il voulait faire en Hollande ; cet emprunt fut rempli, et, en reconnaissance de ce service, le monarque lui envoya le cordon de l'ordre de l'Aigle noir, que Napoléon lui permit de le porter.

En 1810, l'Empereur avait pris la résolution de réunir le royaume de Hollande à l'Empire, si son frère se refusait à adhérer rigoureusement au blocus continental. De La Rochefoucauld usa, dans cette circonstance délicate, « de toutes les ressources d'un esprit adroit[5] » ; mais l'irritation des esprits était telle, à Amsterdam surtout, qu'il y courut des dangers personnels. Napoléon le rendit, en quelque sorte responsable de l'abdication de son frère, et il dut porter le poids de son mécontentement. Aussi, rappelé à Paris à la fin de mai 1810, il manifesta le désir de ne plus être chargé de nouvelles missions ; et il se livra dès ce moment aux loisirs et aux charmes de la vie privée.

« À l'exemple de son vertueux père, il devint la Providence des malheureux ; il leur assura les secours qui soulagent la misère, et le travail qui la prévient. 150 ouvriers se réunirent dans une filature fondée par lui dans son domaine de Crèvecœur[5]. »

— Lievyns, Verdot, Bégat, Fastes de la Légion d'honneur.

Carrière parlementaire[modifier | modifier le code]

Bien qu'il eut « semblé renoncer à la politique[4] », il accepta toutefois, pendant les Cent-Jours (2 juin 1815) le titre de membre de la Chambre des pairs : il perdit cette dignité à la seconde Restauration.

Les électeurs du 3e arrondissement de l'Oise (Senlis) ne pouvaient pas trouver un « plus digne représentant[5] », aussi, il le « dédommagèrent[4] » en l'envoyant trois fois à la Chambre des députés, où sa place fut constamment marquée au centre gauche :

  1. le 9 mai 1822, avec 276 voix (358 votants, 440 inscrits), contre 46 à Louis-Étienne Héricart de Thury. Il siégea parmi les royalistes constitutionnels, mais ne fut pas réélu en 1824 ;
  2. le 21 avril 1828, en remplacement d’Étienne Maurice Gérard, qui avait opté pour Bergerac (Dordogne)[4]. Élu par 174 voix (290 votants, 376 inscrits), contre 64 à Michel Nicolas Gérard de Blincourt et 28 à Héricart de Thury, il combattit le ministère Polignac, fut des 221, et obtint sa réélection,
  3. le 3 juillet 1830, au collège de département de l'Oise, avec 173 voix sur 293 votants et 328 inscrits.

Le comte de La Rochefoucauld se rangea avec empressement sous le drapeau de 1830[5], et, partisan de la monarchie de Louis-Philippe Ier, il la défendit à la Chambre des députés jusqu'aux élections du 5 juillet 1831, où il échoua, puis à la Chambre des pairs, où l'appela une ordonnance royale du 19 novembre suivant. Le roi des Français le fit grand officier de la Légion d'honneur le 28 avril 1835.

Le comte Alexandre de La Rochefoucauld mourut à Paris le 2 mars 1841, « emportant avec lui l'estime et les regrets de ses concitoyens[5] ». Inhumé au cimetière du Père-Lachaise[6] (14e division, 2e ligne, no 26), son éloge funèbre fut prononcé au palais du Luxembourg par son collègue, le marquis de Pange[4].

Récapitulatifs[modifier | modifier le code]

Titres[modifier | modifier le code]

Décorations[modifier | modifier le code]

Rubans des décorations
Grand officier de la Légion d'Honneur Chevalier de l'ordre royal et militaire de Saint-Louis Ordre de l'Aigle noir

Armoiries[modifier | modifier le code]

Image Armoiries
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Blason Alexandre-François de La Rochefoucauld (1767-1841).svg
Armes du comte de La Rochefoucauld et de l'Empire

Écartelé : au premier d'azur à la tête de lion arrachée d'argent qui est le signe des ministres employés à l'extérieur, au deuxième et troisième de gueules plein. Au quatrième burelé d'argent et d'azur à trois chevrons de gueules brochant sur le tout. Le premier écimé.[7],[8]

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Blason La Rochefoucauld.svg
Armes du comte de La Rochefoucauld, pair de France

Burelé d'argent et d'azur, à trois chevrons de gueules, brochant sur le burelé, le premier chevron écimé.[9]

Ascendance & postérité[modifier | modifier le code]

Fils cadet de François XII (1747-1827), duc de La Rochefoucauld et de Félicité-Sophie de Lannion[2] (1745-1830), le comte de La Rochefoucauld avait pour frères et sœurs :

  1. François XIII Armand Frédéric (1765-1848), 8e duc de La Rochefoucauld, duc de Liancourt, etc, marié en 1794 avec Marie-Françoise de Tott (1770-1854), dont postérité ;
  2. Aglaé Émilie Joséphine (1774-1789) ;
  3. Frédéric Gaëtan (1779-1863), marquis de Liancourt, marié en 1808 avec Marie Caroline Petronilla Schall de Bell (vers1794/1795-1870), « gräfin » von Schall-Riaucour, dont postérité ;
  • Alexandre-François de La Rochefoucauld épousa, le 9 juin 1788 (mariage contracté à Paris le 9 juin 1788[2]), Adélaïde de Pyvart de Chastullé (16 août 1769 - 20 décembre 1814), 1re dame d'honneur de l'impératrice Joséphine (1804-1810), fille de François, comte de Pyvart de Chastullé et de Julie Laffilard. Ensemble, ils eurent :
    • Alexandrine Julie Clémentine (Paris, 20 août 1792 - Paris, 4 septembre 1792) ;
    • Adèle Marie Hortense Françoise (Paris, 15 septembre 1793 - Pise, 2 novembre 1877), dame du palais de l'impératrice Marie-Louise (1809-1814), mariée, le 11 avril 1809 à Paris, avec Francesco Borghèse (1776-1839), prince Aldobrandini et 7e prince de Sulmona (1832), dont postérité ;
    • Alexandre-Jules (Mello, 22 janvier 1796 - Paris, 21 avril 1856), 2e comte de La Rochefoucauld (1841), 2e duc d'Estissac (1840), colonel, aide de camp, député du Loiret, marié, le 11 septembre 1822 à Liancourt, avec Hélène Desolle (1803-1864), dont :
    • Wilfrid Marie François (Paris, 8 février 1790 - 24 septembre 1876), marié (morganatiquement), le 30 novembre 1829 à Sennecey-le-Grand, avec Maria Cécile Pauline Lhuillier (née le 23 mars 1812 à Saulieu), dont :
      • Eugénie (1825 - Poitiers, 1895), en religion ;
      • Eugène Marie Alexandre Wilfrid (né le 2 octobre 1829 à Sennecey-le-Grand, mort en Algérie) ;
      • Ernest Gustave François (né le 2 octobre 1829 à Sennecey-le-Grand) ;
      • Blanche (1836 - Paris, 20 octobre 1870), mariée en 1860 avec Henry Litolff (1818-1891), musicien ;
    • François Joseph Polydore (Paris, 15 mai 1801 -Paris, 15 avril 1855), secrétaire d'ambassade à Saint-Pétersbourg (1824), marié :
      (1°) le 2 décembre 1842 à Weimar avec Adélaïde Charlotte Nathalie de Bussche-Hünnefeld (17 février 1811 - 10 février 1847), dont un fils
      (2°) le 9 septembre 1852 à Paris, avec Marie-Christine de Pracomtal (1830-1905), sans postérité ;
      • (1°) François Marie Clément Ernest Jules Aymar (Weimar, 29 décembre 1843 - 1925), comte de La Rochefoucauld, marié à Amiens le 22 décembre 1867 (divorce en 1885), avec Adrienne Gabrielle Marie de Morgan de Belloy (1845-1920), fille d'Adrien Marie Joseph de Morgan de Belloy et de Sophie Charlotte de Gomer.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d Léonore LH/2361/33.
  2. a, b, c, d, e, f, g, h et i Courcelles 1827, p. 70.
  3. a, b, c, d, e, f, g et h Fastes 1844, p. 366.
  4. a, b, c, d, e, f, g et h Robert & Cougny 1891, p. 602.
  5. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j et k Fastes 1844, p. 367.
  6. Dans la sépulture de Alexandre François, comte de La Rochefoucauld (1765-1841) reposent :
  7. a, b et c Archives nationales BB/29/966, p. 307.
  8. a et b Révérend 1894, p. 48-49.
  9. Rietstap 1884.

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

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Chronologies[modifier | modifier le code]