Aleijadinho

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Église du Tiers-Ordre de Saint-François à Ouro Preto. La façade est l'œuvre de Aleijadinho.

Antônio Francisco Lisboa, plus connu sous le surnom de Aleijadinho (né en 1730 ou 1738 à Vila Rica - aujourd'hui Ouro Preto, mort le 18 novembre 1814) est un sculpteur et architecte portugais du Brésil colonial, connu pour son travail sur de nombreuses églises du Brésil.

Son style est relié au baroque, et plus précisément au rococo.

Biographie[modifier | modifier le code]

Né au Brésil, à Vila Rica (Ville Riche), dont le nom a plus tard été changé pour Ouro Preto (Or Noir), en 1738 (certaines sources donnent 1730), il était le fils de Manuel Francisco de Costa Lisboa, un charpentier portugais, et de son esclave africaine, Isabel. Son père avait immigré au Brésil, où ses talents étaient tellement en demande qu'il semble avoir occupé la position d'architecte. Lorsque Antonio était jeune, son père se maria et il fut élevé chez son père en compagnie de ses demis-frères et demi-sœurs. C'est là, suppose-t-on, qu'il apprit les bases de l'architecture, de la sculpture, et des combinaisons de ces deux disciplines. Antonio apparait pour la première fois comme journalier sur le chantier de l'Église de Notre-Dame du Carmel, à Ouro Preto, église conçue par son père.

En peu de temps, il devint lui-même un architecte de renom ; il conçut et construisit la chapelle du Tiers-Ordre de Saint-François d'Assise à Ouro Preto. Il réalisa également les sculptures de l'édifice, la plus remarquable étant un bas-relief circulaire représentant saint François recevant les stigmates.

C'est peu après que les signes d'une maladie invalidante, probablement la lèpre, se manifestèrent, et peu après encore, Antonio reçut le surnom sous lequel il est resté connu : o Aleijadinho, littéralement « le petit infirme ».

Après cela, il devint de plus en plus secret, travaillant essentiellement de nuit. Lorsqu'il sortait en public, ses esclaves ou assistants le transportaient dans les rues à bord d'un palanquin couvert.

Les Douze Prophètes à Congonhas[modifier | modifier le code]

Son chef-d'œuvre fut les Douze Prophètes du sanctuaire de Bom Jesus de Matosinhos à Congonhas. Un homme d'affaires fortuné, Feliciano Mendes, avait fait bâtir l'église pour remplir un vœu formulé alors qu'il était gravement malade. Entre 1800 et 1805, Aleijadinho sculpta dans la stéatite les douze personnages, en faisant attacher par ses assistants son marteau et ses burins à ce qu'il restait de ses mains, qui ne comportaient alors plus de doigts. Comme il n'avait plus non plus de pieds pour se tenir debout, il se faisait attacher des garnitures aux genoux, afin de pouvoir grimper à l'échelle et monter en hauteur[1]. Les Douze Prophètes sont disposés autour du parvis et des escaliers en avant de l'Église.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Eduardo Galeano, Les veines ouvertes de l'Amérique latine, 1971, p. 83

Liens externes[modifier | modifier le code]

Voir aussi: http://dcc.unilat.org/Mirabilia/OuroPreto/Etude/8Fr.asp

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