Alec Empire

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Alec Empire

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Alec Empire en DJ à la New Year's Eve party de Throbbing Gristle en 2005-2006

Informations générales
Genre musical Digital hardcore, industriel, techno
Années actives Depuis 1990
Labels Digital Hardcore Recordings
Force Inc.
Grand Royal
Phonogram

Alec Empire (né le 2 mai 1972) est un musicien allemand connu notamment pour être l'un des membres fondateurs du groupe Atari Teenage Riot, mais aussi pour sa brillante et prolifique carrière solo en tant qu'artiste, remixer et DJ. Fondateur du label berlinois Digital Hardcore Recordings.

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance et premières influences politiques[modifier | modifier le code]

Alec Empire, de son vrai nom Alexander Wilke, naît le 2 mai 1972, dans un Berlin-Ouest occupé où il vit jusqu'à l'âge de 17 ans[1]. Son père est un socialiste appartenant à la classe ouvrière, son grand-père fut tué dans un camp de concentration pendant la Seconde Guerre mondiale car il militait contre le régime fasciste, et non parce qu'il était juif, contrairement à ce qui a pu être diffusé par certains médias[2],[3]. Sa mère est la fille de l'inventeur de la première machine à tricoter à usage domestique, un autodidacte millionnaire, dont l'entreprise fit faillite à sa mort.

Il grandit pendant la Guerre froide près du Mur de Berlin, qu'il longe tous les jours pour se rendre à l'école. La présence de gardes-frontière armés lui fait prendre conscience très tôt qu'il vit dans une ville occupée[4],[5]. Il décrit le Berlin de l'époque comme « probablement l'endroit le plus à l'extrême gauche d'Allemagne dans les années 1970, des terroristes, beaucoup de manifestations, et sans doute les premières tentatives d'écouter les derniers tubes venant des États-Unis, grâce aux émissions radio que les soldats américains ont apportées à Berlin[6]. »

Premières influences musicales[modifier | modifier le code]

L'intérêt qu'il porte au rap le conduit à une carrière de break dancer dans les rues de Berlin à l'âge de 10 ans[7]. Plus tard, déçu par ce genre devenu de plus en plus commercial, il le délaisse pour un tout autre mode d'expression musicale. Il joue de la guitare depuis l'âge de 8 ans, ce qui, couplé avec son éducation politique, le conduit finalement à la création de son premier groupe, Die Kinder, à l'âge de 12 ans[7].

Vers l'âge de 16 ans, Empire finit par penser que le punk, en tant que mouvement plutôt que genre, est "mort" (même si l'attitude anti-establishment punk figurera de manière significative dans ses productions suivantes). Après avoir quitté Die Kinder, il fut fasciné par la scène rave, et après la réunification allemande, il se met à fréquenter les rave party dans l'est de Berlin, jugeant que la scène de son Berlin-Ouest natif est trop commerciale. À cette époque il créa un grand nombre de ce qu'il appelle « de la musique de DJ sans visage[8]. » En 1991, alors qu'il mixait sur une plage en France avec son amie Elias Hanin, il attira l'attention de Ian Pooley, ce qui conduisit à l'enregistrement d'une série de disques phonographiques sur le label Force Inc[8].

Empire est un producteur et un DJ prolifique qui gagne bien sa vie, néanmoins, il voit la scène rave comme décadente et égoïste. Cela le met en colère, parce que lui et ses amis sentaient bien qu'ils vivaient dans une ville impliquée dans les affaires politiques, et que la mort des gouvernements dirigés par les communistes avaient donné lieu à une montée du conservatisme en Allemagne, ce dont peu de gens se souciaient. Le mouvement néo-Nazi allemand avait envahi la scène, déclarant la trance techno la "vraie musique allemande" Empire riposte en samplant du funk des années 1960 et 1970 - un style de musique principalement afro-américain et en l'utilisant dans son travail solo. Lorsqu'il se rendit compte que ce n'était pas assez pour faire passer le message, il décide de former un groupe avec des personnes partageant cette même sensibilité : Hanin Elias (elle aussi ancienne punk) et Carl Crack (un MC swazi). Atari Teenage Riot est né.

Atari Teenage Riot (1992–2000)[modifier | modifier le code]

Il fonde Digital Hardcore Recordings. En 1992, il devient le leader-fondateur du groupe Atari Teenage Riot, groupe signé sur le label Grand Royal des Beastie Boys. Le premier album solo de Alec Empire sort en 1995. Ce dernier est intitulé Low On Ice. L'album est suivi, l'année suivante, par un deuxième album : « Les étoiles des filles mortes. » La même année sort The Destroyer, puis deux ans plus tard, The Curse Of The Golden Vampire, un album qu'il réalise en collaboration avec techno animal. En 2002, Alec publie Intelligence and Sacrifice[9],[10],[11]. Avec Atari Teenage Riot, Alec participe au chant ou à la production à six albums. Alec collabore également avec Björk en 1997, avec RL Burnside ou Ice. Il fait également la première partie de la tournée Européenne de Nine Inch Nails pour The Fragile avec son groupe Atari Teenage Riot.

Il sort en 2005, avec Nic Endo, son dernier album en date nommé Futurist, donnant une place plus importante aux guitares tout en conservant le son « electro » le caractérisant.

Discographie[modifier | modifier le code]

Albums[modifier | modifier le code]

  • Bass Terror EP, 1992
  • Low On Ice, 1995
  • Generation Star Wars, 1995
  • Low on Ice (The Iceland Sessions),1995
  • Destroyer, 1996
  • Etoiles des Filles Mortes, 1996
  • Hypermodern Jazz 2000.5, 1996
  • Curse of the Golden Vampire, 1998
  • Intelligence & Sacrifice, 2002
  • CD2 Live Sessions in London 2002, 2003
  • Live CBGB's NYC 1998, 2003
  • Alec Empire vs. Merzbow, 2004
  • Cheap EP, 2004 (12-Inch by the BRAINBOMBS, the B-Side contains the Alec Empire remix of "It's a burning hell")
  • Futurist, 2005
  • The Golden Foretaste Of Heaven, 2008

Singles[modifier | modifier le code]

Vidéos[modifier | modifier le code]

  • We All Die!, 1994
  • Low On Ice, 1995
  • Attack (avec Jon Spencer Blues Explosion), 1999
  • Addicted to You, 2002
  • The Ride, 2002
  • New World Order, 2002
  • Kiss Of Death, 2004
  • On Fire, 2007

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) John Bush, « Alec Empire Jump to discography », sur Allmusic (consulté le 15 juin 2013)
  2. (en) « Alec Empire - 2008 - II », sur FaceCulture,‎ 5 mars 2008 (consulté le 21 mars 2008) : « Durch die Nacht mit... Alec Empire und Robert Stadlober »
  3. (nl) Catherine Yates, « King of Pain », Kerrang!,‎ 6 avril 2002, p. 15-18.
  4. (en) [vidéo] « Alec Empire », sur OC-TV.net (consulté le 22 juillet 2007).
  5. (en) « Alec Empire », sur Contact Music (consulté le 15 juin 2013).
  6. (en) « Interview - The definitive Alec Empire Interview », sur Digital Hardcore Recordings (consulté le 30 janvier 2007).
  7. a et b (en) « Alec Empire », sur Drowned in Sound (consulté le 6 août 2006).
  8. a et b (en) « Force Inc. Music Works » (consulté le 27 janvier 2007).
  9. (en) « Alec Empire- Intelligence and Sacrifice Album Review », sur Contact Music (consulté le 15 juin 2013)
  10. (en) « Alec Empire : Intelligence And Sacrifice », sur NME,‎ 16 avril 2012 (consulté le 15 juin 2013)
  11. (en) Todd Burns, « Alec Empire », sur Stylus Magazine,‎ 1er septembre 2003 (consulté le 15 juin 2013)

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]