Ealdred

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Ealdred
Biographie
Décès
York
Évêque de l’Église catholique
Archevêque d'York
10611069
Précédent Cynesige Thomas de Bayeux Suivant
Évêque de Hereford (de facto)
10561060
Précédent Léofgar Walter de Lorraine Suivant
Évêque de Worcester
10461062
Précédent Lyfing Wulfstan Suivant
(en) Notice sur www.catholic-hierarchy.org

Ealdred ou Aldred est un ecclésiastique anglo-saxon mort le 11 septembre 1069.

Après avoir été abbé de Tavistock, il est élu évêque de Worcester en 1046. À partir de 1056, il administre également le diocèse de Hereford après la mort de l'évêque Léofgar. Enfin, il est élu archevêque d'York à Noël 1060, même s'il n'abandonne l'évêché de Worcester qu'en 1062.

Selon Jean de Worcester, c'est Ealdred qui couronne Harold Godwinson roi d'Angleterre en 1066. Après la bataille d'Hastings, il fait partie des partisans d'Edgar Atheling, mais finit par se soumettre à Guillaume le Conquérant et le sacre le 25 décembre à Westminster.

Origines[modifier | modifier le code]

Ealdred est probablement né dans l'ouest de l'Angleterre, et pourrait être apparenté à Lyfing, son prédécesseur à la tête du diocèse de Worcester[1]. Sa famille est située dans le Devonshire et semble être aisée[2]. L'un de ses parents, Wilstan (ou Wulfstan), devient abbé de Gloucester grâce à l'influence d'Ealdred[1].

Moine du chapitre de la cathédrale de Winchester, Ealdred devient l'abbé du monastère de Tavistock vers 1027 et le reste jusque vers 1043[3]. Durant cette période, il soutient l'abbaye par des donations que le chroniqueur Guillaume de Malmesbury décrit comme splendides et nombreuses[4]. On ne connaît cependant aucun document d'époque se rapportant à sa carrière d'abbé[4]. Même après son départ de Tavistock, il conserve jusqu'à sa mort deux propriétés relevant de l'abbaye[2].

En 1046, Ealdred devient évêque de Worcester, un poste qu'il occupe jusqu'à sa démission en 1062[5]. Il est possible qu'il joue d'abord un rôle de suffragant, c’est-à-dire d'assistant de son prédécesseur Lyfing, avant d'entrer pleinement dans ses fonctions[1],[6]. En effet, il commence à apparaître en tant que episcopus (« évêque ») dès 1043, tandis qu'une charte émise à Tavistock en 1045 ou au début de l'année 1046 indique qu'à cette date, un nouvel abbé nommé Sihtric l'a déjà remplacé[4]. L'évêque Lyfing meurt le 26 mars 1046, et Ealdred prend sa succession peu de temps après. Cependant, il n'hérite pas des deux autres diocèses détenus par Lyfing, celui de Crediton et celui de Cornouailles : le roi Édouard le Confesseur les confie à Léofric, qui les combine pour former le diocèse d'Exeter en 1050[4].

Évêque de Worcester[modifier | modifier le code]

Conseiller royal et chef militaire[modifier | modifier le code]

Ealdred participe au gouvernement du royaume d'Angleterre sous le règne d'Édouard le Confesseur, dont il est un proche conseiller[7]. Il joue également un rôle de commandant militaire : dès 1046, il dirige une expédition contre les Gallois en réaction à une attaque conduite par les rois Gruffydd ap Rhydderch, Rhys ap Rhydderch (en) et Gruffydd ap Llywelyn. Cette campagne se solde par un échec à cause de la trahison de soldats gallois qui servaient dans l'armée anglaise[8].

En 1056, Ealdred participe aux négociations de paix avec les Gallois menées par les comtes Harold et Léofgar[9]. Édouard fait appel à lui après la mort de l'évêque Léofgar de Hereford, vaincu et tué par Gruffydd ap Llywelyn, qu'il avait attaqué avec le soutien du roi. Les détails des négociations sont inconnus, mais Gruffydd finit par jurer fidélité au roi Édouard[9], encore que ce serment ne semble assorti d'aucune obligation. Ainsi, Gruffydd n'est pas tenu de soutenir militairement Édouard, ni d'être présent à sa cour.

Voyages diplomatiques[modifier | modifier le code]

En 1050, Ealdred se rend à Rome « en mission pour le roi[10] ». Son objectif semble être d'obtenir l'autorisation du pape pour le déplacement du siège du diocèse de Crediton à Exeter. Il est possible que le voyage vise aussi à s'assurer que le roi puisse être libéré du vœu qu'il avait fait de se rendre en pèlerinage, si l'on en croit des sources postérieures à la conquête normande[1]. À Rome, Ealdred assiste à un concile aux côtés de son compatriote, l'évêque de Ramsbury Herman[11]. Les deux hommes sont très proches[12], au point que l'historien H.R. Loyn qualifie Herman de « sorte d'alter ego » d'Ealdred[13].

Durant son voyage de retour, Ealdred croise la route de Sven Godwinson, l'un des fils du comte Godwin de Wessex, exilé d'Angleterre quelques années auparavant pour avoir enlevé l'abbesse de Leominster et tué son cousin Beorn. Il lui donne probablement à cette occasion l'absolution pour ces forfaits[14]. De retour en Angleterre, l'évêque intercède en faveur de Sven pour qu'il soit rétabli dans ses titres et ses possessions de comte de Hereford[15],[16]. Ses raisons sont doubles : il est proche de la famille de Godwin, et le fief de Sven est proche de son diocèse. Or, la présence d'un comte puissant s'impose pour lutter contre les raids que subit la région, à l'image de ceux menés en 1049 le long de la rivière Usk par des aventuriers irlandais associés à Gruffydd ap Rhydderch[17]. C'est normalement à l'évêque de Hereford que revient la tâche de diriger la défense de la région, mais son titulaire à cette date, Æthelstan, est frappé de cécité, contraignant Ealdred à assurer cette tâche[18].

Le roi en habit doré porte son sceptre
L'empereur Henri III. Miniature du XIè siècle, Brême.

En 1051, la rébellion du comte Godwin contre le roi est une mauvaise nouvelle pour son allié Ealdred. L'évêque assiste au conseil royal de Londres qui prononce le bannissement de Godwin et de sa famille[19]. Plus tard la même année, il se voit confier la mission d'arrêter Harold, le fils de Godwin, et ses frères, mais il « ne parvient pas, ou ne se résout pas[20] » à le faire. Le bannissement de Godwin intervient peu après la mort de l'archevêque d'York Ælfric Puttoc, l'archevêque d'York. Ealdred comptait probablement lui succéder, mais les circonstances poussent le roi à lui préférer son chapelain Cynesige[19]. Néanmoins, Godwin rentre d'exil dès septembre 1052 et recouvre ses biens. Ealdred retrouve quant à lui la faveur du roi avant la fin 1053[19]. Il est possible qu'il ait accompagné Sven dans son pèlerinage en Terre Sainte vers cette époque, mais rien ne permet de l’affirmer avec certitude[21].

En 1054, Édouard le Confesseur envoie Ealdred en Germanie, afin d'obtenir l'aide de l'empereur Henri III pour arranger le retour en Angleterre d'Édouard l'Exilé, le neveu du roi et son héritier potentiel. Le jeune prince, qui a dû fuir l'Angleterre très jeune après la mort de son père et l'avènement de Knut en 1016, se trouve alors en Hongrie, à la cour du roi André Ier. Ealdred profite de ce voyage pour observer le fonctionnement de l'Église allemande durant son séjour d'un an auprès de l'archevêque de Cologne Hermann II[22]. Les bâtiments qu'il découvre l'impressionnent, et il reprend certains éléments d'architecture germaniques dans les constructions qu'il ordonne à son retour sur le sol anglais[12]. Cependant, sa mission se solde par un échec : les relations sont tendues entre l'empereur Henri et les Hongrois, et il ne peut pas (ou ne veut pas) aider Ealdred[23]. Ce dernier apprend toutefois qu'Édouard est bien vivant et qu'il réside à la cour de Hongrie. En fin de compte, le prince rentre en Angleterre en 1057, mais il meurt peu de temps après[24].

En 1058, Ealdred se rend en pèlerinage à Jérusalem ; c'est le premier évêque anglais à accomplir ce voyage[25]. Il traverse la Hongrie, et la Chronique anglo-saxonne atteste qu'« il [va] à Jérusalem dans un équipage jamais vu jusqu'alors[26] ». À Jérusalem, il offre un calice d'or à l'église du saint-Sépulcre[27]. Il est possible que son passage par la Hongrie soit lié à une tentative de préparer le retour de la famille d'Édouard l'Exilé, ou qu'il s'y rend à la recherche d'autres héritiers possibles pour le roi Édouard[26]. La date exacte de retour en Angleterre de la famille d'Édouard n'est pas connue. Il est possible qu'elle soit rentrée en même temps que lui en 1057, mais il n'est pas exclu qu'elle ait accompli le voyage en compagnie d'Ealdred en 1058[28].

Administration ecclésiastique[modifier | modifier le code]

Il n'existe aujourd'hui que très peu de documents contemporains de la présence d'Ealdred à la tête du diocèse de Worcester. Seuls cinq contrats signés de sa main nous sont connus, tous datés entre 1051 et 1053. Deux autres contrats se trouvent dans le cartulaire de Hemming, mais seulement sous forme de copies. Il est donc difficile d'établir comment le diocèse de Worcester est administré à l'époque d'Ealdred. Il semble toutefois que ce soit Wulfstan, prieur du chapitre de la cathédrale, qui assure la direction religieuse du diocèse. Sur le plan financier, la chronique d'Evesham atteste qu'Æthelwig, qui est nommé abbé d'Evesham en 1058, s'occupe d'administrer Worcester avant de devenir abbé[29].

De retour de son voyage en Germanie en 1054-1055, Ealdred rapporte un exemplaire du Pontificale Romano-Germanicum, un ensemble de textes liturgiques. Un exemplaire de cet ouvrage, dont le manuscrit est présent dans la bibliothèque Cotton, est identifié comme lui ayant appartenu[12]. Il est vraisemblable que la Règle de Chrodegang, un ensemble de règles de vie communautaire pour les chanoines, ait également été introduite en Angleterre par Ealdred avant 1059. Il a pu en rapporter un exemplaire de Germanie[30].

Durant cette période, Ealdred administre les abbayes de Winchcombe et Gloucester[31] et prend en charge les diocèses de Hereford[32] et de Ramsbury. Sa nomination à Hereford, qu'il conserve jusqu'en 1061, est sans doute due à sa connaissance des affaires galloises. Le diocèse avait subi une rude attaque de la part des Gallois en 1055 : Ealdred poursuit la reconstruction de la cathédrale et conforte les droits de son chapitre[9]. Le lien d'Ealdred avec le diocèse de Ramsbury tient aux tensions entre l'évêque Herman et Édouard le Confesseur : le premier souhaite transférer le siège du diocèse à l'abbaye de Malmesbury, ce que le roi refuse. Herman choisit donc de démissionner et s'exile dans un monastère sur le continent. Selon le chroniqueur Jean de Worcester, Ealdred reçoit la charge d'administrer le diocèse de Ramsbury durant l'exil d'Herman, de 1055 à 1058, mais aucun document d'époque n'en témoigne[12].

Archevêque d'York[modifier | modifier le code]

Une prise de pouvoir délicate[modifier | modifier le code]

Le texte illustré est découpé en trois parties horizontales, où on voit différentes personnes se presser au chevet d'un roi gisant : paysans, chevaliers puis ecclésiastiques
Page illustrée d'un manuscrit de la chronique de John de Worcester, Corpus Christi College, Oxford.

L'archevêque d'York Cynesige meurt le 22 décembre 1060, et Ealdred est élu à sa suite le jour de Noël suivant. Un évêque est rapidement nommé pour lui succéder à Heresford, mais aucun ne prend le siège de Worcester : il semble qu'Ealdred compte conserver Worcester en parallèle avec York, comme l'avaient fait plusieurs de ses prédécesseurs[26]. Plusieurs raisons peuvent expliquer ce choix : la première est politique, dans la mesure où les rois d'Angleterre préféraient nommer des évêques originaires du sud plutôt que du nord, espérant ainsi contrer la tendance septentrionale au séparatisme. L'autre raison réside dans la relative pauvreté du diocèse d'York par rapport à celui du Worcester. En détenant les deux à la fois, l'archevêque s'assurait des revenus suffisants[33]. Cette situation ne l'exempte pas de critiques : Guillaume de Malmesbury écrit ainsi qu'Ealdred, « abusant de la crédulité du roi Édouard et prétendant que c'était la coutume parmi ses prédécesseurs, avait acquis, par corruption plus que par raison, l'archevêché d'York tout en conservant son diocèse précédent ».

Ealdred se rend à Rome en 1061 pour recevoir le pallium, symbole de l'autorité de l'archevêque. Il voyage en compagnie d'un autre fils de Godwine Tostig, comte de Northumbrie. Mais à son arrivée à Rome, il est accusé de simonie (l'achat de charges ecclésiastiques) et de manque de connaissances : le pape Nicolas II lui refuse l'élévation au siège d'York et lui retire même Worcester. Cette version historique provient du Vita Edwardii, une biographie d'Édouard le Confesseur ; mais il est indiqué dans le Vita Wulfstani (biographie de Wulfstan, successeur d'Ealdred à Worcester) que Nicolas II refuse le pallium tant qu'Ealdred ne s'engage pas à proposer un successeur pour Worcester[34]. Cependant un autre chroniqueur, Jean de Worcester, ne mentionne aucune difficulté particulière lors du séjour à Rome, et au sujet de la nomination de Wulfstan il écrit que celui-ci est élu librement et unanimement par le clergé et le peuple[34]. John de Worcester affirme aussi qu'au moment de la consécration de Wulfstan, l'archevêque de Cantorbéry Stigand obtient de la part d'Ealdred la promesse que ni lui ni ses successeurs ne revendiqueront jamais aucun droit sur le diocèse de Worcester. Mais dans la mesure où Jean de Worcester écrit sa chronique après le début de la lutte d'influence entre York et Cantorbéry, cette affirmation doit être considérée avec prudence[35].

Quelle qu'en soit la raison, Ealdred renonce au diocèse de Worcester en 1062. Des légats du pape viennent en Angleterre pour tenir concile à Pâques 1062 et s'assurer de ce renoncement. Ealdred laisse donc place à Wulfstan, qu'il choisit lui-même, mais John de Worcester indique qu'il hésite beaucoup entre lui et Æthelwig. Les légats œuvrent en faveur de Wulfstan[36]. Wulfstan aurait dû théoriquement être consacré par l'archevêque de Cantorbéry car le diocèse de Worcester est situé dans la province de Cantorbéry, mais c'est Ealdred lui-même qui le consacre comme évêque, dans la mesure où la position de Stigand à la tête de l'archevêché n'est pas régularisée. Même s'il renonce à l'évêché, le fait d'avoir lui-même consacré son successeur permet à Ealdred de maintenir une influence considérable sur les affaires du diocèse. Il conserve certaines propriétés appartenant initialement à Worcester. Même après la conquête normande, Ealdred contrôle encore largement la région : c'est lui et non pas Wulfstan qui s'oppose à la tentative d'Urse d'Abbetot d'étendre son château sur le terrain jouxtant la cathédrale après la conquête[37]. Une histoire rapportée par Guillaume de Malmesbury rapporte qu'il écrit un texte à son encontre, qui démarre par une rime passée à la postérité : « Thou are called Urse. May you have God's curse[N 1].[38] »

Une fois nommé archevêque, Ealdred poursuit les travaux de construction à Beverley entamés par son prédécesseur Cynesige, et il fait restaurer et étendre d'autres églises de son diocèse[31]. Il fait construire des réfectoires pour les chanoines de York et Southwell. C'est aussi le seul évêque du règne d'Édouard le Confesseur à faire publier des lois ecclésiastiques qui s'efforcent de discipliner et de réformer le clergé[39]. Il organise un synode de son clergé peu avant 1066[40].

Après la mort d'Édouard le Confesseur[modifier | modifier le code]

Des personnages à droite forment un cortège funéraire et se dirigent vers une église à gauche
Cortège funéraire d'Édouard le Confesseur, tapisserie de Bayeux (détail).

Jean de Worcester affirme que c'est Ealdred qui couronne le roi Harold II en 1066, bien que les chroniqueurs normands mentionnent le nom de Stigand comme étant le prélat en charge. Étant donné la proximité d'Ealdred avec la famille de Godwin (dont Harold est le fils), il est vraisemblable que John de Worcester ait raison[1]. La position de Stigand comme archevêque était canoniquement problématique, et Harold lui avait déjà refusé, en tant que comte, de consacrer l'une de ses églises. Il est donc peu probable qu'il lui accorde ensuite le droit de procéder au couronnement royal[41]. L'argument selon lequel c’est Stigand qui aurait couronné Harold est toutefois soutenu par l'absence de toute autre source anglaise quant au nom du prélat qui dirige la cérémonie, tandis que toutes les sources normandes convergent pour indiquer qu'il s'agit de Stigand[42]. Quoi qu'il en soit, Ealdred et Harold sont proches, et Ealdred soutient la prétention d'Harold au trône. Il est possible qu'il accompagne le nouveau roi à York, peu après le couronnement, afin de s'assurer du soutien des nobles du nord.

Selon le chroniqueur médiéval Geoffrey Gaimar, après la bataille de Stamford Bridge, Harold confie à Ealdred le butin gagné sur Harold Hardrada[43]. Gaimar explique ce choix par le fait qu'Harold apprend le débarquement en Angleterre du duc Guillaume, et qu'il doit faire route vers le sud pour l'affronter[44]. Après la bataille d'Hastings, Ealdred joint sa voix à celles qui veulent élever le fils d'Édouard l'Exilé, Edgar Ætheling, au rang de roi ; mais il finit par se soumettre à Guillaume à Berkhamsted. John de Worcester raconte que le groupe qui soutenait Edgar hésite longuement quant à la conduite à tenir tandis que Guillaume écume le pays[45], suite à quoi Ealdred comme Edgar n'ont plus d'autre choix que de se soumettre à lui.

Ealdred couronne Guillaume le jour de Noël 1066. Une innovation apparaît dans la cérémonie : avant de procéder au couronnement lui-même demande à l'assemblée, en anglais, si tous sont d'accord pour que Guillaume devienne le roi. L'évêque de Coutances fait ensuite de même, mais en normand.

En mars 1067, Ealdred accompagne Guillaume lorsque celui-ci retourne en Normandie en compagnie d'autres dignitaires anglais : le comte Edwin de Mercie, le comte Morcar, Edgar Ætheling et l'archevêque Stigand. Ealdred procède au couronnement de Mathilde, la femme de Guillaume, à la Pentecôte de l'année 1068. Il est possible que le Laudes Regiae (un chant composé en l'honneur d'un souverain) chanté pendant le couronnement ait été composé par Ealdred lui-même pour l’occasion.

En 1069, quand les thegns du nord se rebellent contre Guillaume et tentent d'asseoir Edgar Ætheling sur le trône, Ealdred continue à soutenir Guillaume. Il est toutefois seul dans ce cas dans le nord. Il est possible qu'il ait pris une part active dans les tentatives pour calmer les rébellions du nord en 1068 et 1069.

Il est de retour à York en 1069 ; il y meurt le 11 septembre[5], et est inhumé dans sa cathédrale.

Postérité[modifier | modifier le code]

Un homme couronné porte un sceptre de la main droite et une église dans la main gauche
Jean de Beverley (vitrail à Beverley Minster).

La mort d'Ealdred fait sauter un verrou quant à la façon dont Guillaume entend traiter les Anglais[46]. L'archevêque était l'un des rares Anglais auxquels le roi accordait sa confiance, et après sa disparition, ils se font de plus en plus rares dans le gouvernement du pays, même s'ils n'en disparaissent pas complètement. Plusieurs évêques sont déposés à l'occasion d'un concile ecclésiastique réuni à Westminster en 1070. En 1073, il ne reste plus que deux évêques anglais, et à la mort de Guillaume en 1089, il n'en reste plus qu'un seul : Wulfstan II de Worcester[46].

Au cours de sa vie, outre le rôle politique et diplomatique qui est souvent le sien, Ealdred œuvre beaucoup pour restaurer la discipline dans les monastères et les églises placés sous son autorité[1],[39]. Il contribue à préserver et développer le patrimoine de l'église en commandant divers travaux[31], notamment à Gloucester ou à Beverley Minster ; il contribue à la diffusion du savoir par son importation du Pontificale, mais aussi par celle d'un manuscrit des Cambridge Songs (en) qu'il aurait également introduites en Angleterre[47]. Il fait écrire une hagiographie de Jean de Beverley et contribue largement à promouvoir le culte de ce saint fraîchement canonisé (en 1037)[48].

Certains historiens considèrent Ealdred comme « un prince-évêque d'un autre temps »[49]. D’autres estiment qu'« il a hissé le diocèse d'York au-delà de sa condition première de second plan ». Il reste connu pour ses compétences diplomatiques et administratives[49]. Il permet d'assurer une forme de continuité entre la société d'avant la conquête normande et celle qui en naît[50]. Un historien moderne avance qu'Ealdred pourrait être responsable de la compilation de la version D de la Chronique anglo-saxonne, et propose 1050 comme date de sa composition[43]. Ealdred figure effectivement de manière proéminente dans ce texte, et il est vraisemblable que cette version ait été compilée par un de ses clercs[51].

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Proposition de traduction : « Ton nom est Urse. Que Dieu te maudisse. »

Références[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

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  • (en) Patrick Wormald, The Making of English Law: King Alfred to the Twelfth Century, Blackwell Publishers,‎ 1999 (ISBN 0-631-22740-7)

Lien externe[modifier | modifier le code]

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