Alde l'Ancien

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Gravure d'un portrait de Aldus Manutius.

Aldo Manuzio (Aldus Manutius en latin, Alde Manuce, Alde l’Ancien ou Aldo Manuce en français), (né en 1449 à Bassiano dans les Marais pontins et mort le 6 février 1515 à Venise)[1], était un imprimeur-libraire installé à Venise, qui joua un rôle fondamental dans la diffusion de la culture humaniste en Italie, et particulièrement de la littérature grecque.

Biographie[modifier | modifier le code]

En 1494, Manuce ouvre son imprimerie à Venise. Il travaille avec de nombreux collaborateurs ; parmi eux, Andrea Torresani, l'un des éditeurs vénitiens les plus célèbres depuis les années 1480 et dont il épousera la fille Maria en 1505. Torresani lui procura la maîtrise technique complétée par celle des caractères gravés par le tailleur de poinçons bolonais Francesco Griffo. Dès ses premiers livres non datés ainsi que son premier livre daté, une grammaire grecque, Alde Manuce peut ainsi imprimer en grec. L'impression en grec avait été difficile à mettre en place quoique des mots grecs soient présents dans les premiers livres imprimés en Italie, à Subiaco, dès 1465. Au moment où Alde Manuce commence son activité, les imprimeurs ont réussi à maîtriser les accents et esprits nécessaires à la compréhension du texte. Ils cherchent encore trop souvent à reproduire les ligatures des manuscrits, ce qui demande un grand nombre de caractères. Alde Manuce utilise dans sa carrière quatre fontes grecques successives (en 1495, 1496, 1499 et 1502), gravées pour lui par Francesco Griffo qui utilise comme modèles les écritures d'érudits grecs réfugiés. Ces caractères cursifs furent les plus imités et firent disparaître les styles d'écriture, copiés sur les manuscrits byzantins, qui avaient perduré. Manuce s'associa aussi avec son ancien élève Alberto III Pio, seigneur de Carpi, qui n'est autre que le neveu de Pic de la Mirandole. L'argent était géré par la plus grande banque vénitienne de l'époque, la banque Agostino.

On doit à Alde Manuce l'impression de nombreux ouvrages importants, mais aussi des progrès dans l'imprimerie. Le premier, en effet, en 1501, il utilisa les caractères italiques, au moment où il lançait l'édition de petits ouvrages in-octavo plus petits, moins chers et plus maniables que les in-quarto ou in-folio. Ces caractères penchés, gravés par Griffo, permettent de mettre plus de texte dans une seule page.

Alde Manuce reçoit aussi l'aide de nombreux érudits venus de l'Empire byzantin, qu'ils avaient fui après la conquête de l'Empire par les Ottomans. Ces érudits grecs, Marcus Musurus, Arsène Apostolios, Démétrios Doucas, préparent pour Alde ses éditions grecques et participent à l'Académie qu'il crée. Avec l'aide de ce groupe d'humanistes, Alde Manuce publie de nombreux ouvrages importants, parmi lesquels on peut citer les editiones principes de la Rhétorique et de la Poétique d'Aristote, les œuvres d'Aristote en quatre volumes, les comédies d'Aristophane ainsi que de outils pour l'apprentissage de la langue : grammaires grecques (il en écrivit une lui-même qui fut éditée sur ses presses après sa mort), auteurs grecs utilisés pour l'étude de la langue, etc.

Un de ses livres les plus célèbres reste l'Hypnerotomachia Poliphili attribuée à Francesco Colonna, parue en 1499 et souvent répertorié comme l'un des plus beaux livres de la Renaissance. Ce texte, récit en néo-latin des songes de Poliphile amoureux, est en effet accompagné de très nombreuses gravures et sa mise en page est originale et parfaite.

Aucune des œuvres publiées par Alde Manuce ne l'est pour un but lucratif, toutes les œuvres sont humanistes. On reconnaît, par ailleurs, la marque de cet éditeur car il s'agit d'un dauphin s'enroulant autour d'une ancre suivi de la phrase « Festina lente » (« hâte-toi lentement »). Après sa mort, ses presses furent continuées par son beau-frère et son beau-père, les Torresani d'Asola, puis reprises à partir de 1533 par son fils Paul Manuce. Son petit-fils Alde le Jeune fut lui-même imprimeur. Les réserves de ses livres imprimés sont telles que deux cents ans après sa mort on trouvera certains d'entre eux encore neufs.

Galerie[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Dupont, p. 11-15

Bibliographie[modifier | modifier le code]

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  • Verena von der Heyden-Rynsch, Aldo Manuzio, le Michel-Ange du livre. L’art de l'imprimerie à Venise, trad. de l'allemand par Sébastien Diran, Gallimard, 2014.

Article connexe[modifier | modifier le code]