Albert de Rocca

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Albert Jean Michel Rocca, dit John dans sa famille, né le 27 janvier 1788 à Genève, mort poitrinaire le 31 janvier 1818 (à 30 ans) à Hyères, est un lieutenant français durant les guerres napoléoniennes et le second époux de Germaine de Staël.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils cadet de Jean-François Rocca, avocat et conseiller de la République de Genève, et de Jeanne-Judith Bardin[1], il voit le jour dans une famille noble de la République de Genève d'origine piémontaise. Citoyen français après l'annexion de Genève, le 15 avril 1798, il étudie à l'École polytechnique, à Paris, avant d'entrer dans l'armée française ; il sert comme officier dans le 2e régiment de hussards en Prusse puis pendant la guerre d'Espagne. Grièvement blessé[2] le 1er mai 1810 lors d'une embuscade près de Ronda[3], il perd l'usage d'une de ses jambes et doit renoncer à la carrière militaire. Sa valeureuse conduite lui vaut d'être nommé chevalier de la Légion d'honneur à l'âge de 22 ans[4].

De retour à Genève, il rencontre au printemps 1811 Germaine de Staël, qui, exilée de Paris par Napoléon, réside dans son château de Coppet. Après avoir échangé avec lui une promesse de mariage en mai 1811[5],[6], Madame de Staël met secrètement au monde, le 7 avril 1812, un fils baptisé Louis-Alphonse Rocca (chétif, le garçon sera élevé par sa sœur aînée Albertine, avant de mourir à l'âge de 26 ans en 1838)[7].

Le 23 mai 1812, Madame de Staël se lance dans un tour européen qui la mène à Vienne, Moscou, Saint-Pétersbourg, Stockholm et Londres, où elle fait paraître De l'Allemagne. Après leur mariage secret au château de Coppet le 10 octobre 1816[8],[9], ils s'installent ensemble à Paris pendant la Seconde Restauration. Germaine de Staël est victime, le 5 janvier 1817, d'une attaque qui la laisse paralysée, et décède le 14 juillet 1817, suivie peu après par son époux, qui meurt de la tuberculose à Hyères, dans le Var, le 31 janvier 1818.

Il a laissé deux descriptions d'événements militaires auxquels il a participé : Mémoires sur la guerre des Français en Espagne et La campagne de Walcheren et d'Anvers (qui décrit l'échec d'un débarquement britannique en Belgique). Son portrait, en hussard de Chamborant, avec son cheval Sultan, une peinture à l'huile de Pierre-Louis Bouvier, décore toujours la chambre de Madame de Staël à Coppet.

Éditions[modifier | modifier le code]

  • Mémoires sur la guerre des Français en Espagne, Paris, Gide fils, H. Nicolle, 1814, 384 p.
  • Campagne de Walcheren et d'Anvers, en 1809, Paris, Gide fils, 1815, 34 p.
  • Mémoires sur la guerre des Français en Espagne (avec « La campagne de Walcheren et d'Anvers en 1809 », et un « Appendice contenant la traduction du récit officiel de la bataille de Médellin »), Paris, Gide fils, 1817, 368 p.
  • Comtesse Jean de Pange, Un manuscrit inédit de Jean Rocca, second mari de Mme de Staël. Étude avec citation de fragments du roman inédit Le Mal du pays, Paris, H. Champion, 1930, 13 p.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jacques Augustin Galiffe, John-Barthélemy-Gaifre Galiffe, Eugène Ritter, Louis Dufour-Vernes, Notices généalogiques sur les familles- genevoises, depuis les premiers temps jusqu'à nos jours, Genève, J. Barbezat, 1831, p. 483.
  2. Voir les Lettres inédites de J.C.L. de Sismondi, de M. de Bonstetten, de Madame de Staël et de Madame de Souza à Madame la comtesse d'Albany (introduction de Saint-René Taillandier), Paris, Michel Lévy frères, 1863, p. 347-348, note 1.
  3. Cahiers staëliens : Organe de la Société des études staëliennes : index Occident et Cahiers staëliens (1930-1939), Cahiers staëliens, nouvelle série (1962-1978), Paris, Société des études staëliennes, 1979, 71 pages, p. 60.
  4. André Palluel-Guillard, L'aigle et la croix : Genève et la Savoie, 1798-1815, Éditions Cabedita,‎ 1999, 662 p. (ISBN 978-2-8829-5260-8), p. 359.
  5. Maurice Levaillant, Une amitié amoureuse Madame de Staël et Madame Récamier : lettres et documents inédits, Paris, Hachette, 1956, 383 pages, p. 286 et 350.
  6. Benjamin Constant, Lettres à Madame Récamier : 1807-1830 (édition critique avec introduction et commentaires par Éphraïm Harpaz), Paris, C. Klincksieck, 1977, 309 pages, p. 262 (ISBN 2-252-01847-X).
  7. Marcel Laurent, Prosper de Barante et Madame de Staël, Saint-Laure, M. Laurent, 1972, 176 pages, p. 60.
  8. L'acte est dressé par le pasteur Gerlach. Sont témoins du mariage Miss Frances Randall et le frère de l'époux, le juge Charles-Jean-Louis Rocca. Voir Benjamin Constant, Lettres à Madame Récamier : 1807-1830 (édition critique avec introduction et commentaires par Éphraïm Harpaz), Paris, C. Klincksieck, 1977, 309 pages, p. 262 (ISBN 2-252-01847-X).
  9. Arnaud Chaffanjon, Napoléon et l'univers impérial, Paris, Serg, 1969, 406 pages, p. 373.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • André Palluel-Guillard, L'aigle et la croix : Genève et la Savoie, 1798-1815, Yens-sur-Morges, Éditions Cabedita, 1999, 662 pages, p. 618 (ISBN 2-88295-260-0)
  • J. Christopher Herold, Mistress to an Age : A Life of Madame de Stael, Grove Press, 2002, 512 pages (ISBN 0-8021-3837-3)
  • Pauline Laure Marie de Broglie Pange, Le dernier amour de Madame de Staël d'après des documents inédits, Genève, La Palatine, 1944, 255 pages, p. 159

Lien externe[modifier | modifier le code]