Albert Victor de Clarence

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Albert-Victor de Clarence

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Photographie du prince par William et Daniel Downey.

Biographie
Titulature Prince du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande
Duc de Clarence et Avondale
Dynastie Maison de Saxe-Cobourg et Gotha
Nom de naissance Albert Victor Christian Edward
Naissance 8 janvier 1864
Windsor (Royaume-Uni)
Décès 14 janvier 1892 (à 28 ans)
Sandringham (Royaume-Uni)
Sépulture Chapelle Saint-Georges (Windsor)
Père Édouard VII du Royaume-Uni
Mère Alexandra de Danemark
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Ducs de Clarence et Avondale

Albert Victor Christian Édouard de Galles (en anglais, Albert Victor of Wales), prince du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande devenu duc de Clarence et Avondale, est né le 8 janvier 1864 à Windsor, dans le Berkshire (Royaume-Uni) et décédé le 14 janvier 1892 à Sandringham House, dans le Norfolk (Royaume-Uni). Fils aîné d’Albert-Édouard du Royaume-Uni, prince de Galles (futur Édouard VII) et le petit-fils de la souveraine britannique régnante, la reine Victoria. Immédiatement après sa naissance, le prince Albert-Victor de Galles est deuxième dans l’ordre de succession au trône, mais il n’a ni survécu à son père, ni à sa grand-mère.

De nombreux aspects de la vie du prince font l'objet de spéculations et de théories du complot, notamment sur son intelligence, sa sexualité ou sa santé mentale, la plus célèbre d'entre elles le rendant suspect dans les meurtres commis par Jack l'éventreur.

Premières années[modifier | modifier le code]

Albert Victor de Galles en 1875

Le prince Albert Victor est né le 8 janvier 1864 à Frogmore House, Windsor, dans le Berkshire. Son père est Albert Édouard, prince de Galles, fils aîné de la souveraine britannique régnante, la reine Victoria et d'Albert, prince de Saxe-Cobourg-Gotha. Sa mère est la princesse de Galles, née princesse Alexandra du Danemark. À la demande de la reine, il fut appelé Albert mais était familièrement surnommé Eddy. En tant que petit-fils du souverain, il portait dès sa naissance le titre de Son Altesse Royale le prince Albert Victor de Galles.

Le baptême du prince eut lieu à la chapelle privée de Buckingham Palace le 10 mars 1864 par Charles Thomas Longley, Archevêque de Cantorbéry. Ses parrains et marraines sont :

Éducation[modifier | modifier le code]

Albert Victor de Galles en 1880

Le prince Georges de Galles (futur roi George V), né le 3 juin 1865, est le cadet du prince Albert Victor. Étant donné la faible différence d'âge entre les deux princes, ils furent élevés ensemble. La reine désigna John Neale Dalton comme précepteur. Mais, vu l'importance du rôle qui attendait le prince Albert Victor, il eut un programme d'étude exigeant, bien qu'il n'y ait jamais excellé.

Plus tard, les deux frères servirent comme cadets dans la marine sur le HMS Bacchante, accompagnés de John Dalton. Ils voyagèrent dans l'Empire britannique aux colonies d'Australie et de l'Extrême-Orient. En rentrant au Royaume-Uni, ils furent séparés et Albert Victor étudia au Trinity College (Cambridge). Néanmoins, le prince ne montrait que peu d'intérêt pour les curiosités intellectuelles, bien qu'il fût actif dans la vie étudiante. À son départ en 1885, il rejoint l'armée au 10e régiment de Hussards.

Réputation[modifier | modifier le code]

Dans sa biographie de la reine Mary, James Pope-Hennessy écrit par euphémisme que la vie privée du prince était dissipée et qu'il était intellectuellement lent. Néanmoins, un historien au moins (Andrew Cook), a essayé de le réhabiliter en supposant que son manque de progrès dans les matières académiques était partiellement dû au caractère tyrannique de John Dalton, son précepteur ; que le prince était libéral, notamment au sujet de l'"Irish Home Rule" (autonomie de l'Irlande) ; qu'il était charmant et chaleureux et que sa réputation a été volontairement ternie dans les milieux officiels pour relever l'image de son frère, le prince George, futur roi George V.

Fiancées potentielles[modifier | modifier le code]

Trois fiancées furent envisagées pour le prince :

Titre de duc royal[modifier | modifier le code]

Le 24 mai 1890, le prince Albert Victor est créé duc de Clarence et Avondale et comte d'Athlone. Son titre est désormais Son Altesse Royale le duc de Clarence et Avondale.

Fiançailles[modifier | modifier le code]

Le duc de Clarence se fiança le 3 décembre 1891 avec la princesse Mary de Teck (surnommée May dans sa famille), fille de la princesse Mary Adélaïde, duchesse de Teck (cousine de la reine Victoria) et du prince Francis, duc de Teck. La reine Victoria et la duchesse de Teck étaient toutes deux des petites-filles du roi George III.

Le duc est décédé de pneumonie à Sandringham House avant le mariage. Le prince George, son frère cadet, prit sa place dans la succession et devint le roi George V en 1910. Le prince George épousera la princesse Mary qui deviendra la reine Mary lors de l'accession de George au trône.

Le scandale de Cleveland Street[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Scandale de Cleveland Street.

En juillet 1889, le Metropolitan Police Service mit au jour une maison close pour hommes à Cleveland Street (Londres). Le scandale de Cleveland Street qui en résulta impliqua des personnalités de premier plan de la société britannique, comme Lord Arthur Somerset et le Comte d'Euston. Des rumeurs se répandirent dans les hautes sphères de Londres sur l'implication du prince, et des documents officiels publiés par le Public Record Office en 1975 font des références codées à cette affaire.

Il a été suggéré que ces rumeurs avaient été répandues par Arthur Newton, l'avocat de Lord Arthur Somerset, afin de détourner l'attention de son client, ce qui par conséquent, invalide leurs dires. Néanmoins, des lettres privées de Lord Somerset à son ami Lord Esher peuvent suggérer l'implication du prince. Somerset y écrit que c'est lui qui, à l'origine, déclara aux responsables de la couronne que « je pensais qu'ils devaient savoir. S'ils avaient agi sagement, apprenant ce que je savais et, par conséquent, ce que d'autres savaient, ils auraient étouffé l'affaire au lieu de l'attiser comme ils l'ont fait ».

Ce qui semble clair, c'est qu'au plus haut niveau, l'affaire a été couverte. Rayner Goddard, Lord Chief Justice of England and Wales, déclara à Harold Nicolson, biographe officiel du roi George V, que, vu l'implication du prince dans cette affaire, "un avocat a dû commettre un parjure pour l'innocenter" (Lees Milnes, Harold Nicolson). Cependant, ces propos peuvent se rapporter à Lord Somerset et à son avocat plutôt qu'au prince. Arthur Newton, l'avocat de Lord Somerset, fut en effet condamné à six semaines de prison pour obstruction à la justice.

Requête en paternité[modifier | modifier le code]

Peut-être, pour éviter les commérages qui se répandirent durant l'affaire de Cleveland Street, le prince fut-il envoyé au Raj britannique en 1889. Il y rencontra Margery Haddon, épouse de l'ingénieur civil Gordon Haddon. L'année suivante, Madame Haddon mit au monde un fils, Clarence Guy Gordon Haddon. Après la mort du prince, Haddon vint en Angleterre et affirma que le prince était le père de son fils.

Il n'existe pas de preuve que Clarence Haddon est le fils du prince.

Les affirmations de Madame Haddon furent rapportées à la famille royale qui commanda une enquête secrète au chef de la Branche Spéciale de la police. Les documents retrouvés aux Archives Nationales montrent qu'on ne trouva aucune preuve à ce sujet.

Dans les années 1920, Clarence Haddon vint en Angleterre pour reprendre ce récit et publia un livre, Mon Oncle George V. Un voyage aux États-Unis lui fut payé sur les fonds de la police mais il revint en Angleterre pour réitérer les mêmes revendications.

Jack l'éventreur[modifier | modifier le code]

Dans les années 1960 et 1970, on prétendit que le prince Albert Victor aurait commis ou aurait été responsable des meurtres de Jack l'éventreur en 1888[1]. On prétendit de plus que le prince avait eu une liaison avec une des victimes, Martha Tabran, et qu'il était le père d'un enfant vivant dans le quartier de Whitechapel à Londres. Également que, soit le prince, soit plusieurs hauts responsables, auraient commandité les meurtres afin de couvrir ses frasques. Ces rumeurs furent beaucoup propagées, mais les historiens[2] ont apporté des preuves indiscutables de l'innocence du prince.

Par exemple, le 30 septembre 1888, date des meurtres d'Elisabeth Stride et de Catherine Eddowes, le prince était à Balmoral (la résidence royale en Écosse) en présence de la reine Victoria, et d'autres membres de la famille royale, de princes de l'Empire allemand en visite et de nombreux membres de l'intendance. Des journalistes l'y ont également vu. D'après la liste des engagements royaux, il ne pouvait être à proximité d'aucun des lieux où ont eu lieu ces meurtres.

Fin de vie[modifier | modifier le code]

Le prince Albert Victor est mort de pneumonie (une complication de la grippe) à Sandringham House dans le Norfolk le 14 janvier 1892. Néanmoins, des rumeurs et des théories du complot, infondées et hautement improbables, vu le nombre de témoins à son décès, donnent d'autres versions. L’une d’elles prétend qu’il serait mort de la syphilis ; une autre d’une overdose de morphine, volontairement administrée, d'après une autre rumeur il aurait survécu dans un hôpital psychiatrique jusque dans les années 1920 sur l’île de Wight et que sa mort aurait été simulée pour falsifier l’ordre de succession au trône. Il n'existe aucun indice pour conforter l’une ou l’autre de ces allégations.

La mère du prince (la reine Alexandra), ne se remit jamais complètement du décès de son fils et conserva comme un lieu de pèlerinage la pièce dans laquelle il est mort. Le prince est enterré à la Albert Memorial Chapel, à côté de la chapelle Saint-Georges au château de Windsor. Sa tombe est l’un des exemples les plus représentatifs de la sculpture Art nouveau en Grande-Bretagne. Elle a été réalisée par Alfred Gilbert.

Titres, Titulature, honneurs[modifier | modifier le code]

Armes du prince Albert Victor, duc de Clarence et Avondale.

Titulature[modifier | modifier le code]

  • 8 janvier 1864 — 24 mai 1890 : Son Altesse royale le prince Albert-Victor de Galles
  • 24 mai 1890 — 14 janvier 1892 : Son Altesse royale le duc de Clarence et Avondale

À sa mort, la titulature complète du duc était Major Son Altesse Royale le prince Albert Victor Christian Édouard de Galles, duc de Clarence et Avondale, comte d'Athlone, Chevalier Royal du Nobilissime ordre de la Jarretière, Chevalier de l’Illustrissime ordre de Saint-Patrick, aide-de-camp personnel de la reine

Honneurs[modifier | modifier le code]

Honneurs britanniques

Honneurs étrangers

  • Drapeau des Pays-Bas Chevalier Grand Croix, Ordre du Lion Néerlandais
  • Flag Portugal (1830).svg Grand Croix, Ordre de la Tour et de l'Épée
  • Drapeau de l'Espagne Grand Croix, Ordre de Charles III
  • Drapeau de la Turquie Grand Croix, Ordre de Osmanli
  • Drapeau : Roumanie Grand Croix, Ordre de l'Étoile
  • Drapeau de l'Italie Grand Croix, Order de l'Annonciation
  • Drapeau du Brésil Grand Croix, Ordre de la Croix du Sud

Carrière Militaire[modifier | modifier le code]

Nominations militaires honorifiques[modifier | modifier le code]

  • Colonel honoraire, 4e Bombay Cavalry
  • Colonel honoraire, 1er Punjab Cavalry
  • Colonel honoraire, 4e Regiment, Bengal Cavalry

Références[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Aronson, Theo. Prince Eddy and the Homosexual Underworld. London : J. Murray, c1994.
  • Hyde, H. Montgomery. The Cleveland Street Scandal. London : W. H. Allen, 1976.
  • Knight, Stephen. Jack the Ripper: The Final Solution. New York : McKay, 1976.
  • Lees-Milne, James. The Enigmatic Edwardian: The Life of Reginald, 2nd Viscount Esher. London : Sidgwick & Jackson, 1986.
  • Lees-Milne, James. Harold Nicolson (two vol.), Chatto & Windus 1980-81.
  • Sams, Ed. Victoria's Dark Secrets. Ben Lomond, CA : Yellow Tulip, ?. Web link
  • Simpson, Colin, Lewis Chester and David Leitch. The Cleveland Street Affair. Boston : Little, Brown, c1976.
  • Cook, Andrew. Prince Eddy: The King Britain Never Had, Tempus Publishing Ltd, 2006. (ISBN 0-7524-3410-1). Also a one-hour TV program on Channel 4 (UK), 21 November 2005.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. En 1970, Thomas E.A. Stowell, dans la revue The Criminologist, laissa entendre que Jack l'éventreur était d'une famille riche et puissante, ce qu'on interpréta comme désignant le Prince Albert Victor (Duc de Clarence et d'Avondale). Voir Robin Odell, Ripperology, The Kent State University Press, 2006, p. 110-111.
  2. Michael Harrison, Clarence : The Life of HRH the Duke of Clarence and Avondale 1864-1892, 1972; cité par Robin Odell, Ripperology, The Kent State University Press, 2006, p. 113.