Albert Lacombe

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Photographie du Père Lacombe

Le père Albert Lacombe, de la congrégation des Oblats, né à Saint-Sulpice, comté de L'Assomption le 28 février 1827 et mort à Midnapore, à quelques milles de Calgary, en Alberta le 12 décembre 1916, est une figure des missions de l'Ouest.

Il fut un contemporain de Mgr Bourget et de Mgr Taché. Les villes de Saint-Albert et de Lacombe ont reçu leur nom en l'honneur du Saint patron du Père Lacombe (Musée Héritage Museum de Saint-Albert).

Études et sacerdoce[modifier | modifier le code]

Ses études faites au Collège de l'Assomption, le jeune Albert s'était tout de suite destiné au sacerdoce et il entra dans le clergé séculier. Ordonné prêtre à Saint-Hyacinthe, par Mgr Bourget, le 13 juin 1849, il partit, le 1er août, pour les missions de l'Ouest. C'était cinq ans après Mgr Laflèche et quatre ans après Mgr Taché. Il passa là, sous Mgr Provencher, un peu plus d'un an. Aux approches de l'hiver de 1850-1851, il revint dans son diocèse de Montréal et fut pendant quelques mois vicaire à Berthier. Mais, ayant vu de près les Oblats à l'œuvre dans l'Ouest, il était revenu à Montréal avec l'intention d'entrer dans leur congrégation.

Vœux[modifier | modifier le code]

En mars 1852, à Sorel, il eut l'occasion de rencontrer Mgr Taché, tout jeune évêque, et les choses s'arrangèrent selon son désir. À la fin de juin, en ayant obtenu l'autorisation de Mgr Bourget, il repartait avec Mgr Taché pour les lointaines missions. Il fit son noviciat, par privilège, à la mission Sainte-Anne, sous la direction du Père Rémas, et, le 17 septembre 1854, il prononçait ses vœux d'Oblat. Ce fut ensuite, pour plus de soixante ans, une vie de missionnaire qu'il choisira.

Missions[modifier | modifier le code]

En 1861, le père Lacombe fondait Saint-Albert. En 1873, il entreprenait son premier voyage en Europe, dans le dessein de publier à Paris — ce qu'il fit — une grammaire et un dictionnaire de la langue des Cris. Il fit le pèlerinage de Lourdes, se rendit à Rome et jusqu'en Terre Sainte. C'est au cours de ce voyage qu'il connut le cardinal Manning à Londres et Louis Veuillot à Paris. À Rome, il a été admis en audience auprès de Pie IX. À son retour dans l'Ouest, en juillet 1874, il fut nommé par Mgr Taché, curé de Sainte-Marie de Winnipeg.

En 1879, il faisait un deuxième voyage en Europe et se rendait encore cette fois à Rome où il fut reçu à plusieurs reprises par Léon XIII. À l'automne de 1880, tout en restant attaché à sa cure de Winnipeg, il était chargé de la desserte spirituelle des nombreux ouvriers catholiques employés à la construction du Pacifique Canadien. En avril 1882, à sa grande joie, il se voyait assigné à son ancienne mission de Saint-Albert, ayant toujours à s'occuper, entre temps, des travailleurs du grand chemin de fer. Il s'intéressa beaucoup, par ailleurs, au succès de cette vaste entreprise. C'est grâce à lui, par exemple, qu'on put décider les Pieds-Noirs à laisser passer « la ligne » sur leur territoire.

Les autorités du Pacifique ont maintes fois reconnu et loué ses bons services. Toute sa vie, dans la suite, il eut sa « passe » pour voyager dans leurs wagons de luxe. On a même raconté qu'un jour, en août 1884, lord Stephen lui céda pour quelques heures la présidence de la compagnie ! Le soulèvement des Métis de Louis Riel, en 1885, occasionna au père Lacombe bien des soucis et des démarches. C'est son influence qui maintint Crowfoot (Pied-de-Corbeau) et ses Pieds-Noirs, à cette époque, dans la loyauté aux autorités fédérales. Les hommes de sa génération n'ont pas oublié son voyage triomphal, en 1887, avec ce même Crowfoot et d'autres chefs sauvages, à Ottawa, à Montréal et à Québec.

Il eut à s'occuper aussi, en 1890 et en 1900, d'abord avec Mgr Taché, puis avec Mgr Langevin, qu'il accompagna à Ottawa, de l'angoissante question des écoles. Il aida les deux archevêques dans leur défense de cette cause qui leur était sacrée, qui reste en un sens toujours pendante. Bien souvent, d'ailleurs, au cours de sa longue vie de missionnaire, le Père Lacombe est revenu, dans sa province natale de Québec, visiter les villes, paroisses, couvents et collèges. Toujours, il prêchait et il quêtait ! Il pouvait être à Sainte-Thérèse, à Saint-Jean-Baptiste-de-Montréal ou à l'archevêché.

Sa physionomie était familière tous. Elle avait aussi un cachet bien marqué. De taille moyenne, un peu courbée sur la fin, d'une figure énergique et douce à la fois, encadrée depuis longtemps d'une belle chevelure blanche dont les longues boucles lui descendaient sur le cou, avec des traits fortement accentués et des yeux clairs et vivants, il possédait, même devenu octogénaire, une vitalité et une robustesse peu communes. La discipline de la vie religieuse, fidèlement observée jusque dans les solitudes immenses, en ajoutant à sa force de volonté native, lui avait assuré une vigueur morale qui était peut-être aussi étonnante, sinon plus, que sa vigueur physique. Dans les deux sens, c'était un athlète qui, sans le chercher, en imposait à tous.[non neutre]

Esprit fin et perspicace, cœur délicat et aimant, ce qui veut dire très sensible, il était né avec le goût du beau et il savait le discerner partout et chez tous. Et pourtant il a partagé presque toute sa vie l'existence des hommes les plus simples et les plus frustes. Pour eux, ainsi qu'ils disaient en langue indigène, c'était par excellence « l'homme au bon cœur ». Ce fut là le secret de sa puissance d'action. Quand, dans ses courses dans les centres québécois, il parlait de ses chers enfants des missions, il trouvait naturellement des accents émouvants. D'ordinaire, à peine avait-il commencé son discours que les larmes jaillissaient de ses yeux. Très vite, beaucoup de ses auditeurs pleuraient avec lui[réf. souhaitée]. Aussi, ses « quêtes » étaient-elles fructueuses, car à un tel apôtre on ne pouvait guère refuser.

En 1887 et en 1892, l'inlassable apôtre, dans le dessein d'aider à la colonisation, organisa d'importants voyages de plusieurs évêques et autres personnages de l'Est vers l'immense pays de l'Ouest. De Québec à Victoria du juge Routhier raconte celui de 1892.

En 1896, il cofonde avec le missionnaire Adéodat Thérien, la communauté métisse de Saint-Paul-des-Métis. Le père Albert Lacombe organise la colonisation. Mais déjà âgé, il confie au père Adéodat Thérien la tâche d’organiser et de maintenir la colonie.

En 1899, lors de la course des chercheurs d'or au Klondike, il servit d'interprète, à la demande du gouvernement d'Ottawa, à la commission royale chargée de négocier avec les tribus sauvages dont les blancs envahissaient les territoires. Il célébra ses noces d'or sacerdotales, pendant ce voyage, sous la tente, à soixante milles au nord d'Athabaska. En 1900-1901, déjà septuagénaire, il entreprit, à la demande de Mgr Langevin, dans l'intérêt surtout des Ruthènes émigrés au Canada, son troisième voyage en Europe.

Voyage en Europe[modifier | modifier le code]

Il fut reçu au Vatican par Léon XIII et à la cour d'Autriche par l'empereur François-Joseph. En 1904-1905, il fit un dernier voyage à Rome (où il eut la joie d'être béni par Pie X) et se rendit jusqu'en Terre Sainte. Sa dernière œuvre fut la fondation, à 82 ou 83 ans, de son "Home" de Midnapore, pour les Métis pauvres, à neuf milles au sud de Calgary. La générosité d'un riche Anglais, M. Burns, et une dernière tournée de quêtes dans la vieille province de Québec lui permirent d'assurer cette œuvre qu'il confia aux bonnes Sœurs de la Providence de Montréal.

Vers le même temps, par obéissance à ses supérieurs, il dicta ses « mémoires » à une Sœur de la Providence. Un ouvrage intitulé Le Père Lacombe, de plus de cinq cents pages, illustré, édité à Montréal en {{refsou1917}}, conserve ces « mémoires » à la postérité. Une édition anglaise en avait paru précédemment, en 1910. En 1909, il fêta, dans son "Home" de Midnapore, ses noces de diamant de prêtrise. En 1912, à 85 ans, il fit son dernier voyage dans sa province natale. Il vécut encore quelques années, affaibli par l'âge, mais l'âme toujours vaillante. Le 12 décembre 1916, il décédait à Midnapore et s'en allait, confiant, vers le Dieu de bonté qu'il a toute sa vie si généreusement servi.

Postérité[modifier | modifier le code]

Le 1er juillet 1929, on lui a élevé, à Saint-Albert, aux portes d'Edmonton, où reposent ses restes mortels, un monument qui perpétuera son souvenir. Le père Lacombe, « l'homme au bon cœur », a été, sans aucun doute, dans toute la force du terme, un grand, un très grand missionnaire, et l'un des plus illustres compatriotes canadiens.

Notes et références[modifier | modifier le code]

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