Albert Dorville

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Albert Dorville (ou d’Orville), de son vrai nom : Albert Le Comte d’Orville, né le 12 août 1621 à Bruxelles (Belgique) et décédé le 8 avril 1662 à Agra en Inde, était un prêtre jésuite du XVIIe siècle, missionnaire en Chine et au Tibet, cartographe et explorateur.

Biographie[modifier | modifier le code]

Dans sa jeunesse, le jeune Albert, fils d’aristocrates, vécut à la cour du duc de Neubourg. Dorville entra dans la Compagnie de Jésus en 1646, et alors qu’il étudiait la théologie à Louvain il assista aux conférences sur la Chine données par le missionnaire jésuite italien Martino Martini, de passage à Louvain. Cela suscita en lui un grand désir d’y aller. Il obtint la permission de son provincial et, après son ordination sacerdotale en 1654, il rejoignit Martini à Rome et l'accompagna ensuite dans son voyage de retour en Chine.

Voyage d’exploration[modifier | modifier le code]

Partis de Lisbonne en avril 1657, Martini, Dorville et 17 autres compagnons (dont Ferdinand Verbiest et Philippe Couplet) arrivèrent à Macao le 17 juillet 1658. Après y avoir passé un certain temps pour s’initier à la langue chinoise, Dorville fut envoyé comme missionnaire dans la province de Shanxi. Il n’y resta pas longtemps, car il fut désigné pour accompagner Johann Grueber dans un voyage d’exploration dont l'objet était de découvrir une route plus courte pour relier la Chine à l’Europe. Partis de Pékin le 13 avril 1661, ils entrèrent au Tibet le 13 juillet, atteignirent sa capitale Lhassa le 8 octobre[1], y restant un mois, sous le règne du 5e Dalai Lama. Ils étaient les premiers Européens à visiter la capitale tibétaine après le franciscain Odoric de Pordenone, en 1328. Tout au long du voyage, Dorville fit de nombreux relevés cartographiques, déterminant avec précision la latitude et la longitude des lieux visités. Les voyageurs traversèrent le Népal et restèrent un mois à Katmandou (janvier 1662). Entrés en Inde le 8 février 1662, ils visitèrent Patna et arrivèrent à Âgrâ, la capitale de l’Empire moghol le 31 mars 1662. Dorville était cependant gravement malade et épuisé par le voyage : il mourut quelques jours après son arrivée à Âgrâ, le 8 avril 1662.

Intérêt et échec du voyage[modifier | modifier le code]

Après son arrivée à Rome, en 1664, Grueber fit une narration de ce voyage à Athanasius Kircher, qui la décrivit dans un livre en latin, China illustrata. De nombreuses et intéressantes observations géographiques, culturelles et socio-religieuses furent faites sur les pays visités et les peuples rencontrés ; on les trouve dans les Lettres édifiantes et curieuses envoyées de Chine et du Tibet. Mais quant à l’objectif premier du voyage, il fut considéré comme un échec : on continua, et pour de nombreuses années, à prendre de préférence le bateau entre Goa et Macao... La voie par terre était trop longue, éprouvante et dangereuse.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • H. Bosmans: Documents sur Albert Dorville de Bruxelles, missionnaire de la Compagnie de Jésus au XVIIe siècle, Louvain 1911.
  • C. Wessels: Early Jesuit travellers in Central Asia (1603-1721), La Haye, Martinus Nijhoff, 1924, pp. 164-202.
  • F. Braumann (ed): Johannes Grueber. Als Kundschafter des Papstes nach China (1656-1664), Stuttgart, 1985.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) A Brief Biography of the Fifth Dalai LamaThe German Jesuit, John Grueber and his Belgian companion, Albert d’Orville, entered Lhasa on 8 October 1661 and lived in the city during the height of the Fifth Dalai Lama’s reign.