Alassane Ouattara

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
(Redirigé depuis Alassane Dramane Ouattara)
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Ouattara et ADO.
Alassane Ouattara
Alassane Ouattara, lors de la cérémonie de remise du prix Félix-Houphouët-Boigny pour la recherche de la paix à l'UNESCO, le 14 septembre 2011.
Alassane Ouattara, lors de la cérémonie de remise du prix Félix-Houphouët-Boigny pour la recherche de la paix à l'UNESCO, le 14 septembre 2011.
Fonctions
4e président de la République de Côte d'Ivoire
En fonction depuis le 6 mai 2011
(&&&&&&&&&&&011633 ans, 2 mois et 6 jours)
Élection 28 novembre 2010
Premier ministre Guillaume Soro
Jeannot Kouadio-Ahoussou
Daniel Kablan Duncan
Prédécesseur Laurent Gbagbo
27e président de la CEDEAO
17 février 201228 mars 2014
(&&&&&&&&&&&&07702 ans, 1 mois et 11 jours)
Prédécesseur Goodluck Jonathan
Successeur John Dramani Mahama
Ministre ivoirien de la Défense
En fonction depuis le 13 mars 2011
Président Lui-même
Premier ministre Jeannot Kouadio-Ahoussou
Daniel Kablan Duncan
Gouvernement Kouadio-Ahoussou
Kablan Duncan IV
Prédécesseur Guillaume Soro
Président du
Rassemblement des républicains
En fonction depuis le 1er août 1999
Prédécesseur Djéni Kobina
3e Premier ministre de Côte d'Ivoire
7 novembre 19909 décembre 1993
Président Félix Houphouët-Boigny
Gouvernement Ouattara
Prédécesseur Félix Houphouët-Boigny (1959)
Successeur Daniel Kablan Duncan
Biographie
Nom de naissance Alassane Dramane Ouattara
Date de naissance 1er janvier 1942 (72 ans)
Lieu de naissance Dimbokro, AOF
Nationalité ivoirienne
Parti politique PDCI puis RDR
Conjoint Dominique Nouvian
Enfant(s) Loïc Folloroux
Nathalie Folloroux
Fanta Ouattara
Dramane Ouattara
Diplômé de Université de Pennsylvanie
Profession Économiste
Religion Islam

Alassane Ouattara
Premiers ministres ivoiriens
Présidents de la République de Côte d'Ivoire


Alassane Dramane Ouattara, souvent désigné sous ses initiales « ADO », né le 1er janvier 1942 à Dimbokro, est un homme d'État ivoirien. Il est président de la République de Côte d’Ivoire depuis le 6 mai 2011.

Économiste de profession ayant notamment travaillé au FMI, il est Premier ministre de Côte d’Ivoire de 1990 à 1993, période pendant laquelle il assainit les finances publiques du pays et relance l’économie au prix d’une politique de rigueur budgétaire. Il est élu en 1999 à la tête du Rassemblement des républicains (RDR), mais ne peut se présenter aux élections présidentielles de 1995 et 2000 à cause du concept d’ivoirité.

Candidat à l'élection présidentielle de 2010, il est élu président de la République avec 54,1 % des voix selon la commission électorale indépendante et la quasi-totalité de la communauté internationale. Il exerce pleinement ses fonctions de chef d'État depuis l'arrestation de Laurent Gbagbo, qui refusait de quitter le pouvoir. Son investiture, qui officialise cet état de fait, a lieu le 21 mai 2011.

Depuis lors, il conduit une politique libérale et interventionniste visant à relancer l'économie du pays après la grave crise postélectorale que celui-ci a connu, produisant une forte croissance économique. Son administration investit également dans la réhabilitation de l'ensemble des infrastructures, et encourage les investissements dans le pays et le développement des TPE et PME. Alassane Ouattara est cependant critiqué pour sa gestion de l'armée et de la justice, accusées par les partis d'opposition de perpétrer des exactions contre des partisans de son prédécesseur et de se livrer à une « justice des vainqueurs ».

Famille[modifier | modifier le code]

Il est le fils de Dramane Ouattara, enseignant et commerçant prospère, et de Hadja Nabintou Ouattara (née Cissé). Il descend de l'empereur Sékou Oumar Ouattara (1665-1745), premier roi de la dynastie des Ouattara de l'empire Kong, à cheval sur les actuels Mali,Ghana, Burkina Faso et Côte d'Ivoire[1],[2].

En 1984, Alassane Ouattara, alors vice-gouverneur de la BCEAO à Dakar[3], rencontre Dominique Nouvian, femme d'affaires qui gère les propriétés immobilières du président ivoirien Félix Houphouët-Boigny et de son homologue gabonais Omar Bongo au sein du groupe Aici et gère les franchises Jacques Dessange aux États-Unis. Il l'épouse le 24 août 1991, à la mairie du XVIe arrondissement de Paris[4].

Son épouse est chrétienne[5],[6], ce qui est admis par l'Islam, qui n'exige la conversion pour le mariage que des hommes.

Il est père de deux enfants, issus d'un premier mariage avec l'Américaine Barbara Jean Davis[7].

Carrière d'économiste[modifier | modifier le code]

Inscrit à l'Institut de technologie de Drexel puis à l'université de Pennsylvanie grâce à l'obtention d'une bourse, il obtient en 1967 un master en économie. Entré en tant qu'économiste au Fonds monétaire international (FMI) l'année suivante, il poursuit ses études et obtient un doctorat d'État en sciences économiques en 1972.

Un an plus tard, il intègre la Banque centrale des États de l'Afrique de l'Ouest (BCEAO), dont il est vice-gouverneur de 1983 à 1984. Il retourne ensuite au FMI pour y occuper les fonctions de directeur du département Afrique à partir de novembre 1984, après quoi il devient, en octobre 1988, gouverneur de la BCEAO[8].

Carrière politique[modifier | modifier le code]

Premier ministre (1990-1993)[modifier | modifier le code]

Le 18 avril 1990, il est appelé pour résoudre la crise financière provoquée par la chute des cours des matières premières et par le poids de la dette extérieure, en tant que président du Comité interministériel de la coordination du programme de stabilisation et de relance économique. Il est ensuite nommé Premier ministre, fonction créée à la suite d'une modification de la Constitution, le 7 novembre 1990. Quelques jours plus tard, se tiennent les premières élections législatives multipartites, qui sont remportées par le Parti démocratique de Côte d'Ivoire, ancien parti unique dont est membre Alassane Ouattara.

Comme Premier ministre, il mène une politique de rigueur budgétaire qui est durement ressentie par la population. Mais le programme de stabilisation et de relance économique qu'il met en œuvre (dévaluation du franc CFA, réduction des dépenses, élargissement de la base taxable, privatisations…) finit par assainir les finances publiques et redonner confiance aux bailleurs de fonds[réf. nécessaire]. En outre, il crée la carte de séjour pour les travailleurs étrangers. Pendant cette période, le chef de l'opposition Laurent Gbagbo est condamné à deux ans de prison le 6 mars 1992, puis libéré le 31 juillet suivant.

Le président Félix Houphouët-Boigny, « père » de l'indépendance de la Côte d'Ivoire, étant gravement malade, les convoitises se multiplient entre ses différents « héritiers » potentiels. Alassane Ouattara, qui assure l'essentiel du pouvoir du fait des hospitalisations à l'étranger du président, est écarté par la modification constitutionnelle de 1990 qui prévoit que le président de l'Assemblée nationale, en l'occurrence Henri Konan Bédié, assure l'intérim en cas de décès du chef de l'État. Le 7 décembre 1993, Alassane Ouattara prononce à la Radiotélévision ivoirienne une allocution dans laquelle il annonce la mort de Félix Houphouët-Boigny et déclare que « la Côte d'Ivoire est orpheline ». Il donne sa démission deux jours plus tard, après quoi le président de la République par intérim, Henri Konan Bédié, nomme Daniel Kablan Duncan au poste de Premier ministre.

Présidence d'Henri Konan Bédié (1993-1999)[modifier | modifier le code]

Après avoir quitté ses fonctions de chef du gouvernement, Alassane Ouattara entame une « traversée du désert » et devient, en juillet 1994, directeur général adjoint du Fonds monétaire international (FMI) : il est le premier Africain à occuper une fonction de cette importance au sein de l'institution internationale. Il a sous sa responsabilité plus de 80 pays et remplace le directeur général, Michel Camdessus, lorsqu'il est absent.

En décembre 1994, l'Assemblée nationale vote une modification du code électoral qui prévoit notamment que nul ne peut être élu président de la République s'il « n'est Ivoirien de naissance, né de père et mère eux-mêmes Ivoiriens de naissance », s'il n'a pas résidé de façon continue en Côte d'Ivoire pendant les cinq années qui précèdent le scrutin ou encore s'il a la nationalité d'un autre État[9]. Le développement du concept d'« ivoirité » vise ainsi à empêcher la candidature d'Alassane Ouattara, dont les opposants affirment que le père est d'origine burkinabée et qui est par ailleurs domicilié à Washington en tant que directeur général adjoint du FMI. Des haines ethniques et des violences politiques éclatent alors en Côte d'Ivoire. Le président Bédié refusant de faire modifier le code électoral, Alassane Ouattara renonce à se présenter et le « Front républicain », alliance entre le Front populaire ivoirien de Laurent Gbagbo et le Rassemblement des républicains de Côte d'Ivoire qui soutient Alassane Ouattara, décide de boycotter l'élection[10]. Finalement, Henri Konan Bédié est élu le 22 octobre 1995, avec 96,44 % des suffrages.

Alassane Ouattara quitte ses fonctions de directeur général adjoint du Fonds monétaire international le 31 juillet 1999 pour effectuer son retour en politique. Le lendemain, lors d'un congrès se déroulant au palais des Sports de Treichville, il est désigné par ses partisans, désormais nombreux dans le pays, président du Rassemblement des républicains (RDR)[11], parti centriste et libéral fondé par le député Djéni Kobina cinq ans auparavant. Il annonce alors son intention de se présenter à l'élection présidentielle de 2000 et estime bénéficier d'une « parfaite éligibilité » en remplissant les conditions requises « en matière de nationalité, de filiation et de résidence ». Mais le pouvoir en place lance contre lui un mandat d'arrêt pour « faux sur l'identité et usage de faux documents administratifs », ce qui le pousse à s'exiler en France de septembre à décembre 1999.

Comité national de Salut public (1999-2000)[modifier | modifier le code]

À Noël 1999, une mutinerie éclate à Abidjan. Le général Robert Guéï prend la tête du mouvement, qui se transforme en coup d'État contre le président Henri Konan Bédié. Alors que les prisonniers politiques sont libérés, Alassane Ouattara, qui comme Laurent Gbagbo parle de « révolution des œillets », rentre de son exil le 29 décembre 1999. Robert Guéï installe un gouvernement de transition, composé de militaires et de civils. Une commission consultative est formée par les militaires, avec des représentants de tous les partis, pour rédiger une nouvelle Constitution qui doit être soumise au vote de la population dans les plus brefs délais.

Les propositions de cette commission en matière de conditions de nationalité pour se présenter à la présidence de la République ne constituent pas un assouplissement par rapport à celles de la Ire République : seuls peuvent se présenter les Ivoiriens nés de père et de mère eux-mêmes ivoiriens d'origine. Des tensions ont alors lieu et débouchent en mai 2000 sur le départ du gouvernement des ministres RDR, qui y étaient majoritaires depuis le coup d'État. Alassane Ouattara, officiellement investi candidat du RDR le 14 août 2000, voit alors, tout comme treize autres personnalités politiques, sa candidature à l'élection présidentielle écartée par la Cour suprême, qui estime qu'il est de « nationalité douteuse » au vu de la nouvelle Constitution, adoptée par référendum en juillet 2000[12].

Cette situation provoque des troubles qui font de nombreuses victimes dans le pays, à l'instar du célèbre « charnier de Yopougon », dans lequel sont entassés 57 cadavres de partisans supposés de Ouattara[13],[14]. Cette découverte intervient quelques jours après une élection contestée qui a porté Laurent Gbagbo à la tête de la Côte d'Ivoire et au lendemain d'affrontements violents entre partisans du parti du président élu et militants du RDR qui ont envahi les rues d'Abidjan pour réclamer la tenue d'un nouveau scrutin[14].

Opposant à Laurent Gbagbo (2000-2011)[modifier | modifier le code]

Quelques semaines plus tard, la candidature d'Alassane Ouattara, qui souhaite se présenter aux élections législatives dans la ville de Kong, est encore rejetée par la Cour suprême, alors qu'elle avait été jugée recevable par la Commission électorale. Le RDR décide alors d'organiser une manifestation, qui est réprimée, et de boycotter ces élections. Alassane Ouattara se réfugie à nouveau en France en novembre 2000, et le Rassemblement des républicains acquiert une assise politique de plus en plus importante dans le pays : lors des élections municipales de mars 2001, le RDR remporte ainsi 64 communes contre notamment 59 pour le PCDI et 33 au FPI du président Gbagbo. Alassane Ouattara revient en Côte d'Ivoire le 30 novembre 2001 pour participer au « Forum pour la réconciliation nationale », journées d'écoutes et de dialogues réunissant les principaux responsables politiques du pays, organisé par Laurent Gbagbo sous la pression de la communauté internationale. Une rencontre visant à garantir le retour à la paix et à la stabilité est organisée le 22 janvier 2002, à Yamoussoukro, entre les dirigeants des quatre principaux partis politiques de Côte d'Ivoire : le RDR (Alassane Ouattara), le PDCI (Henri Konan Bédié), le FPI (Laurent Gbagbo) et l'UDPCI (Robert Guéï). Elle aboutit à dix recommandations, qui, tout comme les résolutions prises au Forum pour la réconciliation nationale, ne seront jamais appliquées.

Le 19 septembre 2002 a lieu une tentative de coup d'État militaire des rebelles du Nord, de manière simultanée à Abidjan, Bouaké et Korhogo. Ce putsch est utilisé comme prétexte par le pouvoir pour se débarrasser d'opposants, tels que l'ancien chef d'État Robert Guéï[10]. Le 20 septembre, Alassane Ouattara manque de peu d'être assassiné : alors que sa propriété, située sur les bords de la lagune Ébrié à Cocody, est incendiée et pillée par les partisans de Laurent Gbagbo (« escadrons de la mort »), il escalade avec son épouse le mur qui sépare sa résidence de l'ambassade d'Allemagne et s'y réfugie[15],[2]. À partir de cette date, une rébellion qui dit soutenir Alassane Ouattara occupe la moitié nord du pays. S'estimant menacé à Abidjan, celui-ci prend deux mois plus tard le chemin de l'exil vers le Gabon puis vers la France le mois suivant.

Alassane Ouattara signe les accords de paix de Linas-Marcoussis (janvier 2003), d'Accra II (mars 2003) puis III (juillet 2004), afin de mettre un terme à la crise politico-militaire. En avril 2005, une médiation menée par le président sud-africain Thabo Mbeki pousse Laurent Gbagbo à accepter la candidature d'Alassane Ouattara à l'élection présidentielle prévue en octobre suivant[16]. L'élection est néanmoins repoussée, officiellement pour des retards dans les préparatifs. Le 26 janvier 2006, Alassane Ouattara revient en Côte d'Ivoire, après trois ans d'exil en France, pour mener campagne en vue du scrutin présidentiel à venir[17],[18]. Laurent Gbagbo, Alassane Ouattara, Henri Konan Bédié et le chef de la rébellion Guillaume Soro se rencontrent le 28 février 2006 puis le 5 septembre suivant, à Yamoussoukro, pour tenter de relancer le processus de paix. Le 4 avril 2007, conformément à l'accord de Ouagadougou, qui vise à ramener la paix et à réunifier le pays, le chef des Forces nouvelles Guillaume Soro est nommé Premier ministre.

Élection présidentielle de 2010[modifier | modifier le code]

Après avoir été repoussée à six reprises par Laurent Gbagbo, l'élection présidentielle a finalement lieu à la fin de l'année 2010. Quatorze candidats sont en lice. Au premier tour, le 31 octobre, Alassane Ouattara obtient 32,07 % des voix et se place en deuxième position, derrière le président sortant, Laurent Gbagbo, qui rassemble 38,04 % des suffrages. Le 7 novembre, Alassane Ouattara obtient le soutien d'Henri Konan Bédié, arrivé en troisième position avec 25,24 % des voix, puis est investi trois jours plus tard candidat du Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix (RHDP), alliance des quatre principaux partis d'opposition.

Lors du second tour, qui se déroule le 28 novembre 2010, le taux de participation s'élève à 81,1 %. Les deux camps s'accusent d'avoir empêché le vote d'électeurs dans certaines régions. Le 2 décembre, les résultats donnés par la Commission électorale indépendante, qui n'est cependant pas habilitée à prononcer les résultats définitifs, donnent Alassane Ouattara vainqueur avec 54,10 % des voix. Ce même jour, le Conseil constitutionnel, composé presque exclusivement de partisans de Laurent Gbagbo[10], invalide ces résultats et, le lendemain, proclame le président sortant réélu avec 51,45 % des suffrages[19] en invalidant les résultats dans sept départements du Nord (soit 13 % des votants) sous prétexte de fraudes. La représentante de la diplomatie de l'Union européenne, Catherine Ashton, et le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, considèrent pour leur part que le vainqueur de l'élection est Alassane Ouattara[20]. Les présidents français Nicolas Sarkozy et américain Barack Obama, puis la quasi-totalité de la communauté internationale, appellent dès lors Laurent Gbagbo à quitter le pouvoir[21],[22].

Alassane Ouattara et Laurent Gbagbo prêtent tous les deux serment le 4 décembre 2010[23]. Alassane Ouattara reconduit alors le Premier ministre Guillaume Soro dans ses fonctions, après que celui-ci a reconnu son élection et lui ait remis sa démission. Laurent Gbagbo nomme de son côté Gilbert Marie N'gbo Aké au poste de Premier ministre.

Tensions après le scrutin[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Crise ivoirienne de 2010-2011.

Avec son gouvernement, ses conseillers et ses proches, Alassane Ouattara est reclus à l'Hôtel du Golf, assiégé par les forces de Laurent Gbagbo[2]. Refusant initialement le recours à la force pour faire quitter le pouvoir au président sortant[2], il obtient le soutien de nombreux États étrangers, ainsi que celui d'instances économiques et financières tant régionales (Banque centrale des États de l'Afrique de l'Ouest) qu'internationales, et parvient à paralyser l'économie et assécher les finances de l'État ivoirien, notamment les zones encore contrôlées par son adversaire[24].

Cette situation ne satisfait néanmoins aucun des protagonistes ; Alassane Ouattara concède alors que « les voies pacifiques sont épuisées »[25]. Début mars, la tension gagne l'ouest du pays, où les Forces nouvelles prennent le contrôle de nouveaux territoires. Le 28 mars, une vaste offensive des forces pro-Ouattara, rebaptisées Forces républicaines de Côte d'Ivoire (FRCI), est lancée : en quelques jours, celles-ci prennent notamment le contrôle de la capitale politique Yamoussoukro et du stratégique port de San-Pedro, puis se dirigent vers Abidjan[26]. Les FRCI y entrent sans rencontrer de réelle résistance, l'armée régulière et la gendarmerie se rangeant aux côtés d'Alassane Ouattara. Laurent Gbagbo et son épouse se retranchent dès lors dans la résidence présidentielle, protégés par un dernier carré de fidèles qui, le 9 avril, attaquent au mortier l'Hôtel du Golf dans lequel réside Alassane Outtara[27]. La résidence présidentielle est assiégée jusqu'à ce que Laurent Gbagbo soit arrêté, avec son épouse Simone, le 11 avril 2011 . Conduit à l'Hôtel du Golf, il est transféré deux jours plus tard à Korhogo (nord de la Côte d'Ivoire)[28].

Président de la République (depuis 2011)[modifier | modifier le code]

Alassane Ouattara (au centre), avec le maire de Paris Bertrand Delanoë, en janvier 2012.

Les médias insistent sur le fait qu'Alassane Ouattara doit avant tout rétablir la sécurité et réconcilier les Ivoiriens, divisés par plusieurs mois d'une crise qui aurait provoqué près de 3 000 morts[29],[30],[31]. Le jour même de l'arrestation de Laurent Gbagbo, Alassane Ouattara prononce une allocution dans laquelle il annonce sa volonté de créer une « commission vérité et réconciliation qui fera la lumière sur tous les massacres, crimes et autres violations des droits de l'homme », et appelle « à s'abstenir de toute acte de représailles et de violences »[32]. Deux jours plus tard, il affirme avoir pris contact avec le procureur de la Cour pénale internationale, Luis Moreno Ocampo, pour engager des investigations sur les massacres commis[33]. En outre, pour redresser l'économie (4 400 milliards de francs CFA ont été perdus pendant la crise, la croissance a chuté à - 8 %, les exportations de cacao ont été stoppées), il propose notamment un plan d'urgence de 45 milliards de francs CFA[34].

Investiture et prise de pouvoir[modifier | modifier le code]

Dans une décision en date du 4 mai 2011, le Conseil constitutionnel ivoirien « proclame monsieur Alassane Ouattara président de la République » et « prend acte des décisions prises » par celui-ci[35]. Deux jours plus tard, le 6 mai, il prête serment au palais présidentiel d'Abidjan, en présence notamment des membres du gouvernement, des diplomates, des responsables militaires, des chefs de partis politiques[36],[37]. Sa cérémonie d'investiture se déroule en présence de chefs d'État étrangers le 21 mai à Yamoussoukro[38].

Le quatrième gouvernement Guillaume Soro est formé le 1er juin 2011. Il comprend 36 ministres, dont quatorze membres du RDR, huit membres du PDCI et cinq représentants des Forces nouvelles, les autres ministres étant issus de la société civile et de petits partis. Le FPI, dont le comité central souhaitait notamment la libération de Laurent Gbagbo, ne participe pas à ce gouvernement[39]. Le 9 août suivant, le président Ouattara demande aux ministres de signer une « charte d'éthique » pour lutter contre la corruption et le népotisme[40].

À l'issue des élections législatives de décembre 2011, boycottées par le Front populaire, le RDR obtient la majorité absolue des sièges à l'Assemblée nationale[41].

Processus de réconciliation[modifier | modifier le code]

Le 20 juillet 2011, Alassane Ouattara signe un décret créant une commission nationale d'enquête (« Commission dialogue, vérité et réconciliation ») sur les violences postélectorales de 2010-2011. Cette commission, qui disposera de six mois pour transmettre ses conclusions et recommandations, doit mener des enquêtes « non judiciaires » pour aider à comprendre « comment et pourquoi des violations aussi graves et massives » des droits de l'homme ont pu être commises. Présidée par l'ancien Premier ministre Charles Konan Banny, la commission d'enquête devra travailler « en parfaite synergie avec toutes les organisations nationales et internationales de défense des droits de l'homme »[42]. Mais rapidement, la commission piétine et souffre d’un déficit de consultation des citoyens dans la prise des décisions. Elle déplore une société profondément divisée, et se révèle impuissante par rapport aux violences armées qui interviennent encore régulièrement en Côte d'Ivoire[43].

Réforme de l'armée et de la sécurité intérieure[modifier | modifier le code]

Les premières décisions prises par le gouvernement, destinées à réformer les forces de sécurité intérieure, ont été la dissolution de plusieurs unités spéciales (compagnie républicaine de sécurité, brigade anti-émeute et détachement mobile d’intervention rapide) impliquées dans des violences et crimes lors de la crise ivoirienne de 2010-2011 et auparavant. Le centre de commandement des opérations de sécurité, dont les unités étaient assimilés aux « escadrons de la mort », est également dissout[44].

Après l'accord de défense signé en janvier 2012 avec la France, Alassane Ouattara fusionne les différentes factions armées et les éléments ralliés de l'ancien régime au sein de l'armée ivoirienne régulière et lance un programme de formation des militaires ivoiriens par des formateurs français[45], ce qui suscite une polémique sur l'intégration de soldats « instables » ou ayant commis des crimes ou des pillages dans les précédents conflits[46]. Ceci met fin à une décennie de crise et de division politique du pays entre nord et sud.

À partir d'août 2012, alors que la sécurité du pays s'était sensiblement améliorée, plusieurs attaques ciblant l'armée ivoirienne et certains groupes de populations sont perpétrées, tandis que de nombreuses évasions se produisent. La réforme et la professionnalisation de l'armée prenant du retard (quand bien même il s'agit d'une priorité pour Alassane Ouattara[47]), le ministère des affaires étrangères français et les Nations unies demandent plus fermement d'entreprendre des actions concrètes afin d'écarter les éléments perturbateurs dans l'armée et d'accélérer le processus de réconciliation, en panne. En effet, la nouvelle armée ivoirienne est constituée principalement d'hommes issus du nord de la Côte d'Ivoire, tandis que de nombreux gradés de l'ancienne armée du Sud, parfois mieux formés pour gérer des brigades et des unités, ont été mis à l'écart lors de la purge accompagnant la fusion des forces du Nord et du Sud[48].

Pour lutter contre les barrages illégaux et le racket au sein de l'armée et des forces de l'ordre, une unité de lutte contre le racket a été mise en place à la fin de l'année 2011[49]. Si cela s'est traduit par la condamnation de policiers et de gendarmes véreux par un tribunal militaire[50], les efforts entrepris apparaissent peu efficaces par rapport à l’ampleur du phénomène.

Gestion des droits de l'homme[modifier | modifier le code]

Plusieurs anciens chefs de guerre du Nord, désormais intégrés dans l'armée, se trouvent dans le collimateur de plusieurs organisations des droits de l'homme. Ils sont en effet dénoncés pour des arrestations arbitraires, de mauvais traitements, des actes de racket et des exactions, pendant et après la crise postélectorale[51]. En décembre 2012, des officiers de l’armée ivoirienne dénoncent le manque de discipline et le non-respect de la chaîne de commandement de ces anciens chefs de guerre, tandis que Mamadou Diané, conseiller aux Droits de l’homme auprès d’Alassane Ouattara, affirme que « les procédures ont été respectées » et réfute ces accusations[52].

À la suite de la publication d'un rapport d'Amnesty International, le 23 octobre 2012[53], plusieurs de ces chefs de guerre sont démis de leur fonction et placés à d'autres postes au sein de l'armée[54],[55]. Cependant, l'armée ivoirienne reste régulièrement accusée d'agir de façon non-professionnelle et d'effectuer des règlements de compte. Amnesty International continue de dénoncer les violences commises par l'armée ivoirienne et les chasseurs traditionnels Dozos depuis avril 2011, dans un rapport intitulé « loi des vainqueurs » et rendu public le 25 février 2013[56]. L'ONG accuse également l'administration Ouattara de tolérer ces représailles et répressions contre les personnes présumées pro-Gbagbo, au nom de la sécurité, et souligne l'existence de détentions arbitraires et de traitements inhumains et dégradants[56]. Enfin, l'ONG appelle à briser le cycle des abus et de l'impunité, indiquant que des soutiens d'Alassane Ouattara sont soupçonnés d'avoir commis aussi de graves crimes pendant la crise ivoirienne de 2010-2011, alors qu'aucun d'entre eux n'a été inquiété par la justice ivoirienne, pas plus que les militaires accusés d'avoir commis des exactions après les vagues d'attaques armées de 2012[56],[57],[58].

Climat de violence persistant[modifier | modifier le code]

Malgré la formation de nouveaux cadres et le renforcement des effectifs de la police nationale, de la gendarmerie et des FRCI, ceux-ci continuent d'être régulièrement la cible d'attaques armées violentes[59]. Les installations stratégiques sont également visées : en octobre 2012, la centrale thermique d'Azito, située à Abidjan et fournissant la majeure partie de l'électricité du pays, est attaquée par deux fois, endommageant les machines de la centrale et la poussant à réduire temporairement son activité[60].

Le 17 août 2012, Mamadou Koulibaly estime que près de 100 000 hommes circulent avec des armes et commettent des exactions afin de vivre et subvenir à leurs besoins, sans aucune tendance proGbagbo ou proOuattara. Il remarque également que les miliciens de l'ancien président Laurent Gbagbo et des Jeunes patriotes n'ont pas été désarmés et n'ont pas été pris en charge par les services de réintégration de l'État. De l'autre côté, des hommes s'étant battus aux côtés des forces d'Alassane Ouattara sont frustrés de n'avoir finalement rien reçu en échange de leur combat et circulent toujours armés[61]. Cette frustration est partagée par de nombreux Ivoiriens apeurés ou anxieux par rapport à la mauvaise gestion de l'ensemble des forces de l'ordre et le retour d'un climat de forte insécurité dans le pays[62].

Le 6 octobre 2012, un rapport intermédiaire confidentiel de 26 pages, rédigé par cinq experts des Nations unies sur la Côte d'Ivoire, met en lumière un complot visant à renverser Alassane Ouattara[60]. Le rapport souligne que ce complot repose sur un réseau de groupes armés situés au Ghana et au Libéria, et sont clairement soutenus politiquement et financièrement par des proches de Laurent Gbagbo et d'anciens dignitaires pro-Gbagbo exilés. De plus, des connexions ont été établies entre ces pro-Gbagbo exilés et la junte militaire malienne ainsi qu'avec le groupe islamiste Ansar Dine[63]. Ces deux entités souhaitent compromettre les efforts au Mali effectués par Alassane Ouattara, également président en exercice de la CEDEAO, quitte à déstabiliser l'Afrique de l'Ouest[64].

Les violences contre les forces de l’ordre n’ont cessé qu’à partir de novembre 2012. Cependant, le taux de criminalité reste élevé dans les zones urbaines et sur les routes, notamment la nuit[65].

Réformes économiques, de l'agriculture et structurelles[modifier | modifier le code]

À partir de janvier 2012 est lancée la réforme de la filière café-cacao (parfois appelée « réforme Ouattara » par les médias), qui représente à ce moment près de 40 % des exportations et 10 % du PIB du pays. L'objectif est de relancer l'économie agricole en augmentant la production et le rendement des plantations. Le Conseil du café-cacao conduisant la réforme souhaite encourager l'utilisation de semences sélectionnées et de produits phytosanitaires homologués, lutter contre les maladies affectant les plantations tels que le Swollen shoot, faciliter l'accessibilité et la disponibilité des engrais et inciter les producteurs à cultiver le cacao plutôt que d'autres plantes. Enfin, une police de contrôle doit être mise en place pour prévenir le non-respect des itinéraires techniques de la récolte cacaoyère affectant la qualité du produit[66]. La réforme se heurte cependant à l'inquiétude et au scepticisme des producteurs, qui font face à une forte concurrence avec le Ghana et sont dépendants du cours du cacao[67]. La réforme permit tout de même d'atteindre le point d'achèvement de l'initiative PPTE et d'alléger sensiblement la dette extérieure de l'État ivoirien[68].

D'autres pans de l'agriculture ivoirienne font aussi l'objet de réformes importantes, conduites par le ministre de l'Agriculture Mamadou Sangafowa. Ces réformes visent à accroître la professionnalisation et de la représentativité du secteur, à assainir le mouvement des coopératives agricoles, à créer une interprofession par la filière, et à une refonte de la Chambre d'agriculture. Le gouvernement applique également de façon plus stricte le code foncier rural pour lutter contre les conflits fonciers, cause de nombreux affrontements mortels dans les campagnes. L'ensemble doit permettre de renforcer le cadre institutionnel, maîtriser les coûts et encourager l'investissement agricole. L'État investit 1 000 milliards de francs CFA répartis sur cinq ans pour moderniser l'outil de production et relancer le secteur[69].

En 2013, de nouveaux plans (tels que le PRICI) sont mis en œuvre pour poursuivre la réhabilitation de l'ensemble des infrastructures publiques à travers le pays, et de renforcer sensiblement le secteur agricole dans le but d'augmenter le revenu des paysans et de stimuler la croissance intérieure du pays. L'objectif à l'horizon 2015 est de restaurer une classe moyenne ivoirienne affaiblie par les précédents troubles politiques, et de réduire le taux de pauvreté, de plus de 50 % aujourd'hui à 25 % de la population[70].

Réhabilitation des infrastructures[modifier | modifier le code]

Les infrastructures, telles que les routes et la majorité des bâtiments publics, ne sont plus entretenues depuis la fin des années 90 et apparaissent, au début du mandat d'Alassane Ouattara, souvent sérieusement dégradées, voire insalubres.

En 2010, 80 % du réseau routier a plus de 15 ans et se trouve en très mauvais état[71],[72]. Une de ses promesses électorales étant de faire de la Côte d'Ivoire un pays émergeant, il met en œuvre dès la fin de l'année 2011 un programme de développement et de renforcement des infrastructures routières. Ce programme a permis un investissement de 52 milliards de francs CFA en 2012, pour la réfection d'un tiers du réseau routier ivoirien et la construction de nouveaux ponts[73], et doit permettre des investissements plus importants encore en 2013[74].

Le bâtiment de la présidence de l'université Félix Houphouët-Boigny, remise à neuf, en août 2012.

Le 19 avril 2012, les universités publiques ivoiriennes sont fermées sur ordre du gouvernement, en raison de leur état de délabrement très avancé et de leur insalubrité. Le ministre de l'Enseignement supérieur Cissé Bacongo, avec le gouvernement ivoirien, investit 110 milliards de francs CFA (152 millions d’euros) pour réhabiliter les universités[75]. Les villages précaires, qui avaient grandi dans l'enceinte de certains campus, ont été rasés[76], tandis que les installations ont été entièrement remises à neuf, permettant par la même occasion d'augmenter les capacités d'accueil des universités[77]. Les universités ont officiellement rouvert le 3 septembre 2012 lors de cérémonies officielles, après avoir été renommées des noms de personnalités ivoiriennes, dont celui du président en exercice[78],[79].

Lutte contre la traite d'enfants[modifier | modifier le code]

Pendant le premier semestre 2012, le gouvernement et le nouveau Comité national de surveillance, présidé par Dominique Ouattara, ont intensifié la lutte contre la traite et le travail des enfants. La création de nouvelles structures et l'application de mesures concrètes, particulièrement dans la cacao-culture où le phénomène sévit, ont permis à la Côte d'Ivoire de remonter à la catégorie 2 dans le classement sur la traite des enfants établi par le Département d'État américain et évite au pays d'être éligible au blocage d'aides financières ou humanitaires. Le rapport établit en revanche que des efforts sont encore à fournir afin d'accroître la traque et la répression des délits de travail forcé des enfants et des réseaux d'exploitation de femmes et d'hommes[80].

Lutte contre la corruption[modifier | modifier le code]

Une affiche de campagne gouvernementale anti-corruption dans l'ouest ivoirien. Selon le SNGRC, 85 % des Ivoiriens sont confrontés quotidiennement à la corruption, au népotisme et au favoritisme en 2013[81]. Ceux-ci prospèrent en l'absence quasi totale d'un système d'intégrité dans le fonctionnement des institutions et de la société civile ivoirienne.

Le gouvernement fait face à une corruption endémique et à un système judiciaire défaillant. Une affaire marquante du début de mandat est l'affaire des déchets toxiques déversés à Abidjan, ayant causé la mort de 17 personnes et intoxiqué plusieurs milliers d'autres en 2006 : celle-ci contraint Alassane Ouattara à limoger le ministre de l'Intégration africaine, Adama Bictogo, impliqué dans le scandale. Plus de 4,65 milliards de francs CFA (7 millions d'euros) destinés à l'indemnisation des victimes ont été détournés[82]. De plus, bon nombre de personnes s'inscrivent en tant que victimes d'intoxications alors qu'il n'en est rien, dans le but de toucher « de l'argent cadeau », tandis que bon nombre de victimes avérées attendent leur indemnisation[83].

Le 2 août 2012, Alassane Ouattara limoge un autre haut fonctionnaire ivoirien, Adama Meïté, directeur des finances et du patrimoine au ministère de l'Enseignement supérieur, et ordonne une enquête sur un contrat litigieux conclu pour la réhabilitation des universités publiques. Le premier ministre Jeannot Ahoussou-Kouadio diligente également une enquête sur les conditions d'attribution de ce marché public[84].

Le 17 octobre 2012, le gouvernement Ahoussou-Kouadio rend publique la suspension d'une dizaine de magistrats pour abandon de poste, abus de pouvoir, extorsion de fonds et corruption[85]. Cette annonce a suscité la satisfaction d'une association de défense des victimes de l'affaire du Probo Koala, mentionnant que certains des magistrats suspendus sont impliqués dans le détournement de fonds destinés à indemniser des victimes de cette affaire[86]. Cette annonce a cependant suscité l'indignation de trois syndicats de magistrats ivoiriens, de par la transgression de l'article 39 de la loi 94-498 du 6 septembre 1994 édictant que « la décision de suspension provisoire est prise dans l'intérêt du service et qu'elle ne peut être rendue publique »[87]. Si ces syndicats cautionnent la suspension de magistrats véreux, il craignent que cela ne jette le discrédit sur l'ensemble de la profession de magistrat en Côte d'Ivoire, déjà gangrénée par la corruption[87].

En dépit des actions entreprises, de brigades mises en place et de procès de militaires véreux, la corruption reste omniprésente sur l'ensemble du territoire et dans de nombreux domaines. Le racket opéré par les forces de l'ordre reste, à l'image de la situation du pays, très fréquente[88].

De plus, l'armée est accusée par les Nations unies de se livrer à la contrebande de plusieurs ressources du pays. La contrebande de cacao (153 000 tonnes sur un total de 1,47 million de tonnes) génère un manque à gagner de plus de 200 milliards de francs CFA (305 millions d'euros), tandis que la contrebande de noix de cajou représentant un tiers de la production nationale génère un manque à gagner de près de 65 milliards de francs CFA (99 millions d’euros). Ce pillage se fait tant par le biais de réseaux politiques et économiques liés aux combattants des ex-Forces nouvelles, que par des partisans de l'ancien président Laurent Gbagbo via le commerce souterrain d'or et de diamants. C'est ainsi que les Nations appellent le gouvernement ivoirien le 28 avril 2013 à « démanteler immédiatement le réseau militaro-économique, combattre tous types d’imposition illégale et renforcer la sécurité intérieure pour éviter le racket, les vols et le pillage de la part de groupes armés illégaux »[89],[90]. En réaction, le garde des sceaux Mamadou Gnénéma Coulibaly demande des preuves afin d'ouvrir des investigations, et demande à faire confiance aux magistrats ivoiriens[91],[92]. Le rapport souligne en outre que les anciens « com-zones » ont été intégrés dans l'armée régulière « sans que les commandants aient abandonné leurs activités économiques prédatrices sur le mode des seigneurs de la guerre, qu'ils ont aujourd'hui étendues à l'ensemble du territoire ivoirien »[89].

Politique internationale[modifier | modifier le code]

Alassane Ouattara (à droite), après une réunion avec le président américain, Barack Obama, le 29 juillet 2011 à la Maison-Blanche.

Le début du mandat d'Alassane Ouattara est marqué par plusieurs voyages à l'étranger, dans le but de renforcer les relations entre la Côte d'Ivoire et plusieurs pays développés, et de nouer de nouveaux partenariats économiques. Les relations avec l'Afrique du Sud se sont brièvement refroidies du fait du soutien affiché du président sud-africain, Jacob Zuma, à Laurent Gbagbo pendant la crise postélectorale[93],[94],[95].

Dès juillet 2011, Alassane Ouattara entame de nombreux voyages de diplomatie économique, rencontrant bon nombre de chefs d'États et de gouvernements, et de directions d'institutions financières de premier plan. Ceci aboutit à la mise en place d'initiatives et le déblocage de sommes conséquentes destinés à soutenir la reconstruction du pays après la crise post-électorale. L`obtention du point d'achèvement de l'initiative PPTE, lancée en 1996, permet à la Banque mondiale et au Fonds monétaire international d'alléger sensiblement la dette extérieure ivoirienne de 4,4 milliards de dollars (soit plus de 2,351 milliards de francs CFA)[96],[97],[98]. La Côte d'Ivoire postule enfin à l'éligibilité au processus MCC (Millenium Challenge Corporation), qui permettrait au pays de profiter de 400 à 500 milliards de francs CFA pour financer son développement[99].

Cette diplomatie économique très active dans plusieurs pays du Nord et du Sud permettent la signature de nombreux contrats avec des partenaires de plusieurs pays d'Europe, d'Amérique du Nord et d'Asie (tels que la construction du pont Henri-Konan-Bédié, l'exploitation de nouveaux gisements de pétrole, la réhabilitation et construction de routes, d'hopitaux et de barrages, etc.). Un nouvel accord de défense est signé, permettant à la France de maintenir 300 soldats sur le territoire ivoirien[100],[101],[102]. L'achèvement de l'initiative PPTE ouvre la voie à la signature d'un contrat de désendettement-développement de 2 milliards d'euros (1 312 milliards de francs CFA) avec la France, devrait permettre de soutenir l'économie ivoirienne[96], tandis que des formations par des militaires français sont à nouveau effectués.

D'autres contrats économiques ont également été signés avec d'autres pays, tels que l'extension de la centrale thermique d'Azito (dans la commune de Yopougon), dont le contrat de 300 millions d'euros (196,787 milliards de francs CFA) a été remporté par General Electric et le Sud-Coréen Hyundai, au grand dam d'Alstom[101]. Ce projet, lancé en octobre 2011 par le président ivoirien, permettra à la Côte d'Ivoire d'acquérir son indépendance énergétique courant 2013, de mettre fin au délestage très fréquent et de vendre de l'électricité à ses voisins[103].

Par la suite, Alassane Ouattara poursuit de nombreux voyages avec plusieurs ministres selon le secteur d'activité, dans le but d'attirer un maximum d'investisseurs étrangers venant de nombreux pays, et de réhabiliter rapidement l'image de la Côte d'Ivoire aux yeux des investisseurs et chefs d'entreprises. Les actions entreprises en ce sens attirent bon nombre d'investisseurs étrangers en mission de prospection[104],[105]. Certaines firmes étrangères se sont ensuite implantées pour ouvrir des franchises ou des filiales[106].

Dates clés de sa carrière[modifier | modifier le code]

  • avril 1968 - août 1973 : économiste au FMI
  • août 1973 - février 1975 : chargé de mission au siège de la Banque centrale des États de l'Afrique de l'Ouest (BCEAO)
  • février 1975 - décembre 1982 : conseiller spécial du gouverneur et directeur des études de la BCEAO
  • janvier 1983 - octobre 1984 : vice-gouverneur de la BCEAO
  • novembre 1984 - octobre 1988 : directeur du département Afrique au FMI
  • mai 1987 - octobre 1988 : conseiller spécial du directeur général du FMI
  • octobre 1988 - décembre 1993 : gouverneur de la BCEAO
  • avril - novembre 1990 : président du Comité interministériel de la coordination du programme de stabilisation et de relance économique de la Côte d'Ivoire
  • novembre 1990 - décembre 1993 : Premier ministre
  • depuis décembre 1993 : gouverneur honoraire de la BCEAO
  • juillet 1994 - juillet 1999 : directeur général adjoint du FMI
  • depuis juin 1999 : président fondateur de l'Institut international pour l'Afrique (IIA)
  • depuis août 1999 : président du Rassemblement des républicains de Côte d'Ivoire (RDR)
  • décembre 2010 : se proclame vainqueur de l'élection présidentielle après l'annonce des résultats provisoires par le président de la CEI, prête serment « en qualité de président de la République de Côte d'Ivoire » et reconduit Guillaume Soro au poste de Premier ministre
  • mai 2011 : proclamé puis investi président de la République
  • depuis février 2012 : président de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest[107]

Distinctions[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Marwane Ben Yahmed, « Présidentielle : les deux mondes de Gbagbo et Ouattara », site de Jeune Afrique, 27 novembre 2010.
  2. a, b, c et d « La métamorphose d'Alassane Ouattara », Le Point, no 2012, 7 avril 2011, pp. 60-64.
  3. http://www.aeud.fr/Qui-est-Dominique-Ouattara-Epouse.html
  4. « Quand Paris boudait Ouattara à cause de sa femme française » sur Rue89
  5. « La revanche des Ouattara », Le Parisien, 17 avril 2011.
  6. - Biographie de la première dame ivoirienne
  7. « Famille ».
  8. Jean-Marc Balencie et Arnaud de la Grange, Les Nouveaux Mondes rebelles, Michalon, 2004, Paris, p. 142.
  9. « Côte d'Ivoire: le code électoral de l'exclusion », Libération, 8 septembre 1995.
  10. a, b et c « Alassane Ouattara, du FMI à la présidence ivoirienne », nouvelobs interactif, 11 avril 2011.
  11. « ADO est élu président du RDR, le 1er août 1999 », site officiel d'Alassane Ouattara.
  12. La constitution ivoirienne vue par 7 juristes français
  13. Human Rights Watch, 28 août 2001, « Le Nouveau Racisme, La manipulation politique de l'ethnicité en Côte d'Ivoire »
  14. a et b « Rapport : enquête sur le charnier de Yopougon du 26 octobre 2000 » sur le site de la Fédération internationale des ligues des droits de l'Homme, 22 décembre 2000.
  15. « Gbagbo, la fuite en avant », Le Point, 9 décembre 2010.
  16. « Alassane Ouattara, visage de la crise identitaire en Côte d'Ivoire », Le Point, 28 novembre 2010.
  17. (en) Opposition « Opposition Leader Returns, Calls for Peace, as UN Mulls Sanctions », allafrica.com, 26 janvier 2006.
  18. « Si j’étais président… », Jeune Afrique, 14 décembre 2008.
  19. « La proclamation de la victoire de Laurent Gbagbo conduit le pays dans l'impasse », France 24, 4 décembre 2010.
  20. « L'ONU, l'UE, Obama et Sarkozy félicitent Ouattara », Le Figaro, 4 décembre 2010.
  21. « Côte d'Ivoire : l'ONU, Obama et Sarkozy appellent Gbagbo à s'incliner », Le Parisien, 3 décembre 2010.
  22. « Le “non” de Gbagbo à la communauté internationale », TF1-LCI, 18 décembre 2010.
  23. « Côte d'Ivoire : Gbagbo prête serment...Ouattara aussi », Le Parisien, 4 décembre 2010.
  24. « Gbagbo en difficultés financières, l'économie ivoirienne est affectée », Radio Nederland Wereldomroep, 5 février 2011.
  25. « Côte d'Ivoire: la revanche de Ouattara », L'Express, 12 avril 2011.
  26. « Côte d'Ivoire: Alassane Ouattara conquiert Yamoussoukro et San Pedro », RTBF, 31 mars 2011.
  27. « L'hôtel de Ouattara visé par des tirs de mortier à Abidjan », dépêche Reuters reprise par Le Point, 9 avril 2011.
  28. « Laurent Gbagbo est à Korhogo », Europe 1, 13 avril 2011.
  29. « Côte d'Ivoire: réconciliation et sécurité, vaste programme pour Ouattara », La Dépêche du Midi, 11 avril 2011.
  30. « Alassane Ouattara réussira-t-il à relever la Côte d'Ivoire ? », Jeune Afrique, 25 avril 2011.
  31. « “Les Ivoiriens aspirent à la paix ” », La Croix, 27 avril 2011.
  32. « Le discours de Ouattara après l'arrestation de Gbagbo », Libération, 11 avril 2011.
  33. « Alassane Ouattara a pris contact avec la Cour pénale internationale », site de Radio France internationale, 14 avril 2011.
  34. « Côte d'Ivoire: “Le développement économique est un moyen de régler le conflit” », Le Journal du dimanche, 13 avril 2011.
  35. « Voici la décision qui déclara Ouattara Président élu », Le Patriote, 6 mai 2011.
  36. « Ouattara a prêté serment, l'audition de Gbagbo reportée », RFI, 6 mai 2011.
  37. « Alassane Ouattara aux membres du Conseil constitutionnel : “Cette décision vous réconcilie avec votre serment et votre conscience” », abdijan.net, 7 mai 2011.
  38. « Ouattara solennellement investi président de la Côte d'Ivoire », Le Monde, 21 mai 2011.
  39. « En Côte d'Ivoire, le nouveau gouvernement connu », site de Radio France internationale, 2 juin 2011.
  40. « Le gouvernement ivoirien va adopter une charte d'éthique », Ouest-France, 9 août 2011.
  41. « Législatives en Côte d'Ivoire: le parti du président Ouattara obtient la majorité à l'Assemblée nationale », Radio France internationale, 16 décembre 2011.
  42. « Côte d’Ivoire : une commission d’enquête pour faire la lumière sur les exactions commises après les élections », RFI, 21 juillet 2011.
  43. Côte d'Ivoire, la difficile réconciliation - Slate Afrique. Consulté le 8 novembre 2012
  44. Réforme de la sécurité intérieure: La Crs, la Bae, le Cecos et le Demir dissous - article de Nord-Sud publié dans Abidjan.net le 25 mai 2011. Consulté le 31 janvier 2013.
  45. Formation de militaires ivoiriens/Le nouvel accord de Défense actionné - Le Patriote sur Abidjan.net
  46. Polémique autour de la formation de cadres FRCI par l'armée française - RFI Afrique
  47. Réformer l'armée, Les 10 chantiers de Ouattara - Slate Afrique
  48. Accélérer la réforme de l’armée, Ouattara sur deux fronts - Slate Afrique
  49. Lutte contre le Racket / Tuo Fozié et ses éléments installés, hier - article de Soir Info publié sur Abidjan.net le 8 octobre 2011. Consulté le 31 janvier 2013.
  50. 6 policiers et un gendarme condamnés de 4 à 20 mois de prisons pour racket - article publié sur Koaci.com le 10 janvier 2013.
  51. Ces chefs de guerre qui ont porté Ouattara au pouvoir - Slate Afrique. Consulté le 13 janvier 2013.
  52. Ouattara tarde à réconcilier la Côte d'Ivoire - article du Figaro paru le 5 décembre 2012. Consulté le 13 janvier 2013.
  53. Amnesty International dénonce tortures et détentions arbitraires - article publié sur Le Monde.fr le 26 octobre 2012. Consulté le 31 janvier 2013.
  54. Armée ivoirienne: des ex-rebelles nommés chefs adjoints de bataillons - article de l'AFP publié le 8 novembre 2012 sur Abidjan.net. Consulté le 31 janvier 2013.
  55. Police militaire, Zacharia Koné remercié ! - article publié sur Koaci.com le 7 novembre 2012. Consulté le 31 janvier 2013.
  56. a, b et c Représailles et répression s'exercent au nom de la sécurité - Amnesty International
  57. Graves abus de l'armée ivoirienne contre des pro-Gbagbo - article du journal Le Monde paru le 26 février 2013.
  58. Amnesty International et la «loi des vainqueurs» en Côte d'Ivoire - article de RFI.fr en date du 27 février 2013.
  59. Côte d'Ivoire - Ces attaques armées qui visent les forces de l'ordre Soir Info sur Slate Afrique
  60. a et b Côte d'Ivoire: ces revanchards qui veulent d'une nouvelle guerre - Fraternité Matin sur Slate Afrique. Consulté le 8 novembre 2012.
  61. Mamadou Koulibaly, ancien président de l'Assemblée nationale Mamadou Koulibaly, ancien président de l'Assemblée nationale - RFI
  62. Armée Ivoirienne : un malaise né du recrutement et du DDR - Blogue 'La côte d'ivoire au jour le jour'
  63. L'ONU fait état de liens entre proGbagbo et groupes islamistes - Le Monde Afrique. Consulté le 8 novembre 2012
  64. Côte d’Ivoire : un rapport de l’ONU riche en révélations - Radio France International. Consulté le 8 novembre 2012
  65. (en) Cote d’Ivoire 2012 OSAC Crime and Safety Report. Consulté le 31 janvier 2013.
  66. Filière Café-cacao : Lambert Kouassi Konan explique la réforme - Le Mandat sur Abidjan.net
  67. Dossier/Réforme de la filière café-cacao : Les grosses inquiétudes des producteurs - Le Mandat sur Abidjan.net
  68. La réforme de la filière café-cacao conditionne l'annulation de la dette - consciencejeune.over-blog.com
  69. Après la filière café-cacao, Plusieurs autres réformes adoptées en 2012 - Le Mandat sur Abidjan.net
  70. « La Côte d'Ivoire mise sur l'agriculture », Le Figaro,‎ 6 décembre 2012.
  71. « Le réseau routier comprend environ 68 000 km de routes classées dont 6 500 km de routes bitumées. 80 % du réseau a plus de 15 ans ; nids de poule et chaussées déformées abondent. » - diplomatie.gouv.fr
  72. Pays des routes abîmées attend son président - Acturoutes
  73. Après le pont Henri-Konan-Bédié : Deux autres grands chantiers s’ouvrent - Le Mandat sur Abidjan.net
  74. Réseau routier: Des investissements "encore plus importants" en 2013 (Ouattara) - Agence Ivoirienne de Presse sur Abidjan.net
  75. Enseignement supérieur / Réhabilitation de l’université de Cocody - Le ministre Cissé Bacongo débloque un fonds pour les travaux - L'Intelligent d'Abidjan sur Abidjan.net
  76. Déguerpissement de Wassa, Blengué, Chu-village / Campus de Cocody : l’assainissement continue - Nord-Sud sur Abidjan.net
  77. Des universités flambant neuves pour un "départ nouveau" de l’enseignement supérieur - Afriscoop.com
  78. Article de description du reportage réalisé par France 24 traitant de la réouverture de l'université FHB
  79. L'université de Cocody, à Abidjan, rouvre ses portes - Le Monde Afrique
  80. Intensification de la lutte contre le travail des enfants : Les Usa saluent les efforts du gouvernement ivoirien - Le nouveau réveil sur Abidjan.net
  81. Julien Clémençot, « Côte d'Ivoire : corruption et favoritisme demeurent », sur Jeune Afrique Économie,‎ 5 août 2013 (consulté le 12 février 2014)
  82. L'affaire des déchets toxiques emporte un ministre de Ouattara - Abidjan... sur le pouce - Blog Slate Afrique
  83. Déchets toxiques: Beaucoup d’argent a circulé…et ça continue - Abidjan... sur le pouce - Blog Slate Afrique
  84. « Université d'Abidjan: un haut responsable limogé après un contrat litigieux », Le Nouvel Observateur,‎ 2 août 2012
  85. Ouattara peut-il vraiment lutter contre la corruption? - Le Pays sur Slate Afrique. Consulté le 8 novembre 2012.
  86. 8 magistrats suspendus, des victimes de déchets toxiques satisfaites - Connection Ivoirienne. Consulté le 8 novembre 2012
  87. a et b Sanctions annoncées contre certains membres du corps judiciaire, Les magistrats en colère, dénoncent une violation de la loi - La dépêche d'Abidjan. Consulté le 8 novembre 2012
  88. Exclusif : un policier filmé en flagrant délit de racket sur Tiken Jah Fakoly - article des Observateurs de France 24 publié le 8 avril 2013
  89. a et b Côte d'Ivoire: d'ex chefs de guerre accusés par l'ONU de pillages - article de Jeune Afrique publié le 28 avril 2013.
  90. En Côte d’Ivoire, l’ONU accuse l’armée de piller les ressources - article de La Croix publié le 29 avril 2013.
  91. Justice: M. Gnénéma réaffirme la volonté du gouvernement à lutter contre l’impunité - article de Fraternité Matin publié le 29 avril 2013.
  92. Le gouvernement ivoirien veut "des preuves" sur les pillages d’ex-rebelles - article de l'AFP sur Abidjan.net publié le 29 avril 2013.
  93. Les pressions "amicales" de Jacob Zuma sur Laurent Gbagbo - Jeune Afrique
  94. Tentative avortée de dialogue - Zuma demande à Gbagbo de partir - Nord-Sud sur Abidjan.net
  95. Zuma garde le silence sur la crise ivoirienne - Slate Afrique
  96. a et b FMI et Banque mondiale viennent de donner leur feu vert à l'allègement de la dette ivoirienne. Le feu vert des institutions multilatérales ouvre aussi la voie à une aide de 2 milliards d'euros avec la France. - Les Échos
  97. Le FMI et la Banque mondiale annoncent un allègement de plus de 4 milliards de dollars EU de la dette de la Côte d'Ivoire - Communiqué du Fonds monétaire international sur imf.org
  98. Côte d`Ivoire: un allègement de la dette atteignable d`ici juin 2012 (FMI) - Association France Presse sur Abidjan.net
  99. http://www.rfi.fr/afrique/20120117-abidjan-hillary-clinton-encourage-le-president-alassane-ouattara - RFI Afrique
  100. Ouattara en France : comme au temps de la Françafrique ? - Le Nouvel Observateur
  101. a et b La visite d’Alassane Ouattara en France: entre enjeux économiques, politiques et diplomatiques - RFI Afrique
  102. Coopération / Visite du Président Alassane Ouattara en France : Intérêts et enjeux d’un déplacement - L'Intelligent d'Abidjan sur Abidjan.net
  103. Énergie : montée en puissance de la Côte d'Ivoire pour 2013 - Jeune Afrique
  104. Des investisseurs optent pour la destination Côte d'Ivoire - article de l'Infodrome publié le 5 juillet 2012. Consulté le 31 janvier 2013.
  105. Offensive ivoirienne auprès des investisseurs américains - article de Koaci.com publié le 8 janvier 2013. Consulté le 31 janvier 2013.
  106. La Côte d’Ivoire choisie par une firme pour l’expansion de ses activités - article de l'AIP publié le 28 janvier 2013.
  107. Ouattara élu président de la Cédéao, Le Figaro, 17 février 2012.
  108. Le Patriote, « Ouattara, Grand-croix : l’ordre national du Bénin », sur http://news.abidjan.net,‎ 11 mars 2013 (consulté le 16 mars 2014)
  109. Université d'Abomey-Calavi, « Visite du président Ivoirien au Bénin: Alassane Ouattara élevé au rang de Docteur Honoris Causa de l’UAC », sur http://www.uac.bj (consulté le 13 mars 2014)
  110. « Le Chef de l'Etat a été fait Docteur Honoris CAUSA , en présence du Président Goodluck Jonathan », sur http://www.lebanco.net,‎ 14 septembre 2013 (consulté le 16 mars 2014)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :