Alan (Haute-Garonne)

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Alan
Église d'Alan.
Église d'Alan.
Blason de Alan
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Midi-Pyrénées
Département Haute-Garonne
Arrondissement Arrondissement de Saint-Gaudens
Canton Canton d'Aurignac
Intercommunalité Communauté de communes du Canton d'Aurignac
Maire
Mandat
Jean-Luc Guilhot
2014-2020
Code postal 31420
Code commune 31005
Démographie
Gentilé Alanais
Population
municipale
311 hab. (2011)
Densité 28 hab./km2
Géographie
Coordonnées 43° 13′ 50″ N 0° 56′ 25″ E / 43.2305555556, 0.94027777777843° 13′ 50″ Nord 0° 56′ 25″ Est / 43.2305555556, 0.940277777778  
Altitude Min. 271 m – Max. 520 m
Superficie 11,29 km2
Localisation

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Alan

Alan est une commune française située dans le département de la Haute-Garonne, en région Midi-Pyrénées.

Ses habitants sont appelés les Alanais.

Géographie[modifier | modifier le code]

Ancienne bastide située dans le sud de la Haute-Garonne, dans les Petites-Pyrénées, en Comminges.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Histoire[modifier | modifier le code]

La fondation du village date vraisemblablement de la période gallo-romaine. On a en effet retrouvé à Montoulieu, près d'Alan, une villa gallo-romaine.

Au XIe siècle Alan est une sauveté, c’est-à-dire, une cité créée par les ecclésiastiques dans un but économique. Il s'agissait de regrouper et de fixer tous les paysans errants, ainsi que les vagabonds, d'y établir une communauté agricole en mettant en valeur les terres et d'y permettre la sauvegarde des libertés.

Au XIIIe siècle la sauveté est remaniée en bastide. Elle est pourvue de coutumes par l'évêque de Comminges Bertrand de Miramont. Cette transformation permet la construction d'un village fortifié destiné à favoriser le peuplement. Les évêques, quant à eux, résident à Alan l'hiver dans le palais. Ce sont eux qui vont gérer la vie de la bastide jusqu'à la Révolution.

Dans la seconde moitié du XVe siècle l'un d'entre eux, ayant un goût prononcé pour les belles choses, y apporta quelques modifications. Il fit bâtir la tour d'angle et son grand escalier, ainsi que la porte en ogive du tympan de la vache. D'autres évêques y ajouteront encore leur touche personnelle. Les évêques ne se sont pas uniquement souciés de l'esthétisme du village, ils se sont aussi préoccupés du sort et de la santé de ses habitants, le plus souvent bien isolés.

Aussi au XVIIIe siècle l'évêque Gabriel Olivier de Lubière de Bouchet décide de fonder avec ses propres ressources un hôpital près de la chapelle Notre-Dame-de-Lorette, lieu de fréquents pèlerinages et offrandes.

On peut se demander pourquoi ce sont les évêques qui régissent Alan ?

Il existe une hypothèse qui, faute de documents, ne peut être attestée. Il est dit que le seigneur d'Alan serait mort à la bataille de Muret en 1213, alors qu'il combattait aux côtés de Pierre II d'Aragon. Dès lors, la seigneurie laissée vacante, aurait été confiée aux évêques de Comminges.

Il est aussi possible qu'il n'y ait pas eu de seigneur, les sauvetés étant des lieux investis par les religieux dans le but de prospérer et d'apporter la foi chrétienne. Certes les paysans versent l'impôt aux prélats, mais ils sont libres d'aller vivre où ils veulent, il n'y a pas de féodalité.

Des toponymes pré-celtiques et de vestiges gallo-romains attestent l'ancienneté de l'occupation humaine. Un autel votif dédié à la déesse topique Laha porte ainsi la dédicace en latin du pérégrin Severinus. Un premier village se serait développé autour du lieu-dit Saint-Pé. Au début du XIIe siècle la terre d'Alan appartient à l'évêque de Comminges et à Fortanier, seigneur de Benque. Elle est donnée par une charte aux Hospitaliers de Saint Jean-de-Jérusalem pour fonder une sauveté peut-être dans la partie méridionale en friche. Aucun vestige ne subsiste, et seule l'autorité de Gualtérius de Alano est ensuite mentionnée. La seigneurie laïque devient influente au XIIe siècle avec ses descendants. En 1270, une bastide est fondée en paréage par l'évêque de Comminges Bertrand de Miremont et le roi Phillippe III le Hardi. Le pouvoir des maisons comtales s'affaiblit après la croisade des Albigeois et une cour royale appelée « Jugerie de Rivière » est créée. La communauté en dépend, dotée d'une charte des coutumes en 1272. Le territoire passe ensuite sous la domination temporelle des évêques. Bertrand de Got, futur pape Clément V, est le premier à y résider en partie. Les troubles engendrés par la guerre de Cent Ans, les guerres féodales ne prennent fin qu'en 1490 avec l'annexion du comté de Comminges à la couronne. Une période de prospérité et d'extension commence, sous la direction des ecclésiastiques. Alan affirme son rôle de petite capitale spirituelle tandis qu'Aurignac représente le pouvoir politique. La Révolution met un terme à ce fonctionnement. À partir de 1881, la commune est marquée par l'exode rural. L'activité économique repose essentiellement sur l'agriculture et l'artisanat. L'exploitation des gisements de gaz de Latoue et d'Aulon apporte un nouvel espoir après la Seconde Guerre mondiale, mais la population continue de décroître. Depuis les années 1990, la proximité de la métropole toulousaine et l'intérêt suscité par le patrimoine architectural d'Alan attirent de nouveaux habitants et offrent de nouvelles perspectives.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason d"Alan

Les armes d'Alan se blasonnent ainsi : D'argent aux trois cyprès de sinople, chacun surmonté d'une étoile d'azur.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
juin 1995 en cours Jean-Luc Guilhot socialiste  
Les données manquantes sont à compléter.

Commune faisant partie de la Huitième circonscription de la Haute-Garonne

Démographie[modifier | modifier le code]

Évolution démographique[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants depuis 1793 est connue à travers les recensements de la population effectués à Alan depuis cette date. D’après le recensement Insee de 2007, Alan compte 305 habitants (soit une augmentation de 1 % par rapport à 1999).

En 2011, la commune comptait 311 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].
           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
898 986 1 101 1 082 1 093 1 090 1 115 1 161 1 004
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
1 007 887 903 912 907 902 903 802 813
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
810 802 797 701 678 562 515 388 298
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2008 2011
306 267 228 259 276 299 304 306 311
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[1] puis Insee à partir de 2004[2].)
Histogramme de l'évolution démographique

Pyramide des âges[modifier | modifier le code]

La répartition de la population de la commune par tranches d'âge est, en 2007, la suivante :

  • 48 % d’hommes (0-14 ans = 17,7 %, 15 à 29 ans = 8,8 %, 30 à 44 ans = 22,4 %, 45 à 59 ans =21,8 %, plus de 60 ans =29,2 %)
  • 52 % de femmes (0-19 ans = 18,2 %, 15 à 29 ans = 11,9 %, 30 à 44 ans = 18,9 %, 45 à 59 ans =22 %, plus de 60 ans =28,9 %)

La population de la commune est relativement âgée. Le taux de personnes d'un âge supérieur à 60 ans (29,1 %) est en effet supérieur au taux national (21,6 %) et au taux départemental (18,9 %). À l'instar des répartitions nationale et départementale, la population féminine de la commune est supérieure à la population masculine. Le taux (52 %) est du même ordre de grandeur que le taux national (51,6 %).

Pyramide des âges à Alan en 2007 en pourcentage[3].
Hommes Classe d’âge Femmes
0,0 
90  ans ou +
2,5 
10,2 
75 à 89 ans
10,7 
19,0 
60 à 74 ans
15,7 
21,8 
45 à 59 ans
22,0 
22,4 
30 à 44 ans
18,9 
8,8 
15 à 29 ans
11,9 
17,7 
0 à 14 ans
18,2 
Pyramide des âges du département de la Haute-Garonne en 2007 en pourcentage[4].
Hommes Classe d’âge Femmes
0,3 
90  ans ou +
1,0 
5,2 
75 à 89 ans
8,1 
11,0 
60 à 74 ans
12,0 
19,3 
45 à 59 ans
19,3 
22,6 
30 à 44 ans
21,4 
23,1 
15 à 29 ans
21,6 
18,4 
0 à 14 ans
16,6 

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

La vache d'Alan

À la fin du XVe siècle l'évêque Jean de Foix de Grailly transforma sa demeure en un fastueux palais décoré de fresques, disparues pour la plupart ; la tour octogonale abritant un escalier à vis est un chef d'œuvre de l'art gothique flamboyant, avec son tympan orné d'une vache monumentale sculptée. Amateur d'art, il fit aussi réaliser en 1492, par Pierre de Lanouhe, un précieux missel enluminé. Aux XVIIe et XVIIIe siècles, les évêques résidant apportèrent au palais des transformations embellissement au goût du jour mais à la Révolution l'édifice fut divisé et vendu comme bien national. En 1912 la célèbre vache, menacée d'exportation fut défendue et sauvée par les habitants d'Alan. Le tympan fut classé monument historique.

Un palais endormi, oublié de tous, la vaste bâtisse tomba peu à peu en ruine jusqu'en :

1969 où un ténor d'opéra, Richard Gailland, avec l'aide d'amis passionnés, entreprit courageusement le sauvetage architectural du palais ;
– depuis 1998, deux artistes photographes, Yuri Lewinski et Mayotte Magnus, poursuivent la restauration avec passion et originalité pour en faire un lieu vivant et culturel.

En 1735, Gabriel-Olivier de Lubière du Bouchet fonde l'hospice autour de la chapelle Notre-Dame-de-Lorette, bâtie au XIIe siècle en l'emplacement d'un ancien lieu de culte. Selon la tradition, des bœufs se seraient agenouillés à cet endroit, devant une vierge noire couchée dans un sillon. Une niche est alors créée pour abriter la statue. Un pèlerinage se développe après une promesse d'indulgences, qui prend de l'ampleur. Le sanctuaire devint très fréquenté, et plusieurs familles s'y marient ou s'y font enterrer. La sépulture de l'évêque, décédé le 9 septembre 1740 au château d'Alan y est déposée. Suivant ses instructions, son cœur est transféré à Saint-Bertrand-de-Comminges. Au début du XVIIIe siècle, la chapelle est peu à peu délaissée au profit de celle de Notre-Dame de Saint-Bernard, construite en 1688. Elle n'est plus qu'une annexe de l'hôpital. Le 5 juillet 1791, tous les bâtiments, dépendances et terre sont vendus.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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