Alain Bravo

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Alain Bravo est un ingénieur et entrepreneur français né en 1945. Il est président d'Abhexis.

Biographie[modifier | modifier le code]

Alain Bravo est diplômé de l'École polytechnique (X1965) et de l'École nationale supérieure des télécommunications. Il débute sa carrière en 1970 chez Bell Canada[1] avant d'exercer les fonctions de chef de cabinet de Gérard Théry à la direction générale des Télécommunications de 1974 à 1978[1]. Il y devient directeur de production en 1980. En 1985, il rejoint la Compagnie générale des eaux. Nommé directeur général adjoint de la division télédistribution deux ans plus tard, il crée et préside avec Richard Lalande la Société française de radiotéléphonie (SFR)[2], laquelle se voit attribuer un réseau par le ministre des Télécommunications Gérard Longuet. Il quittera la présidence de SFR en 1992. De 1991 à 1993, il dirige la Compagnie générale de vidéocommunications. En 1994, il est nommé directeur à la Compagnie générale des eaux, poste qu'il quittera un an plus tard.

En 1995, Alain Bravo crée Siris, aujourd'hui SFR fixe. Puis il rejoint Alcatel en tant que Président de la Division Réseaux Mobiles. Il devient Directeur de la Recherche et de la Technologie en 1998 et quitte Alcatel en 2001. La même année, il crée Abhexis et dirige à ce titre l’opération FutuRIS avec l’Association nationale de recherche technologique (ANRT) de février 2003 à avril 2004.

Alain Bravo a par ailleurs été président de la commission télécommunications du CNPF[3]. A ce titre, il a défendu, dans les années 1990, l'ouverture à la concurrence du secteur des télécoms, tout en étant directeur de la Générale des eaux et président de sa filiale spécialisée dans les télécoms d'entreprise. Alain Bravo a réclamé, au nom du patronat, la mise en place d'une autorité régulatrice indépendante de l'administration[4] et des réglementations permettant de favoriser les concurrents de France télécom sur le marché. Avant que la loi de réglementation des télécoms soit débattue au Parlement et adoptée, en 1996, les premières licences d'opérateurs étant délivrées en 1997, il estimait par ailleurs que le service universel (le service public de l'après-1998) devait être limité au téléphone. Concernant le coût de ce service (à répartir entre les nouveaux opérateurs), il réclamait la mise en place d'une séparation comptable des activités de France Télécom, selon qu'elles relèvent ou non des missions de service public[4].

Il a été également directeur général de Supélec entre 2004 et 2013[5] et troisième vice-président Relations internationales de la Conférence des directeurs des écoles françaises d'ingénieurs CDEFI. En décembre 2014 il est également nommé Président du Conseil d'Administration du Grand Etablissement CentraleSupélec.

Parallèlement à ses activités en entreprise, il préside le Réseau national de recherche en télécommunications (RNRT) de 2002 à 2007, la Commission consultative des réseaux et services de télécommunications auprès du ministère de l’Industrie et de l’ARCEP (2001-2007), le réseau N+i d’écoles d’ingénieurs (2006-2008), la Société de l'électricité, de l'électronique et des technologies de l'information et de la communication[6] (2006-2009), le réseau international d'écoles d'ingénieurs TIME (Top Industrial Managers for Europe) de 2007 à 2009.

En 2015, Alain Bravo devient le Président du Conseil Scientifique et Pédagogique de Data ScienceTech Institute, investi d'une mission de définition et de promotion des formations aux métiers de Data Scientist et d'Analyste Big Data.

Opération campus[modifier | modifier le code]

Il finalise en février 2009 le dossier du campus du Plateau de Saclay en qualité de président de la fondation Digiteo-Triangle de la physique, et ce dans le cadre de l'opération campus du ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche[7]. Ce projet ne sera cependant pas retenu deux ans plus tard comme « initiative d'excellence ».

Mission « Économie numérique »[modifier | modifier le code]

Membre de l'Académie des technologies et membre émérite de la SEE, il préside en 2008 la commission parlementaire « Économie numérique » dite mission Alain Bravo[8] dans le cadre des activités du centre d’analyse stratégique. Son rapport[9] remis à la ministre Nathalie Kosciusko-Morizet soulève notamment la contradiction[10] du gouvernement français entre d'une part, son objectif de développer l'économie numérique, et d'autre part sa volonté d'imposer le principe de suspension d'accès à Internet. Ce rapport est cité en argument dans la proposition du législateur de substituer en 2009 l'amende forfaitaire à la mesure de suspension[10],[note 1].

Le rapport d'Alain Bravo décrit six scénarios possibles de la société numérique à l'horizon 2025 et propose des solutions pour passer du cloisonnement actuel au scenario de Renouveau, notamment par la promotion du logiciel libre et des usages de l'Internet pour l'axe Éducation et Formation, par la soutenance de nouvelles approches juridiques inspirées de la pratique des logiciels libres pour l'axe européen, et par une mobilisation des financements privés et publics pour relever les défis industriels du logiciel libre pour l'axe Innovation. L'auteur préconise l'exploitation de brevets logiciels par une licence de droit et reste sur ce point en contradiction avec la communauté du logiciel libre pour qui ces brevets représentent à la fois un frein à l'innovation et un problème social. Alain Bravo préconise également d'élever l'informatique au rang de discipline scientifique à part entière dans l'enseignement.

Liens familiaux[modifier | modifier le code]

Il est le frère de Jacques Bravo, maire (PS) du IXe arrondissement de Paris et de Pierre-Jean Bravo, proviseur du lycée du Parc (Lyon).

Notes et références[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Médiaspouvoirs, Issues 1-5 », Bayard-Presse, University of Michigan.
  2. « L'express international, Issues 2256-2268 », Indiana University, 1994.
  3. « Services publics comparés en Europe: exception française, exigence européenne : rapports de séminaires [...] promotion Marc Bloch, Vol 1», Christian Stoffaës, Documentation française, 1997.
  4. a et b LAUNET Edouard, « Les patrons impatients de libéraliser les télécoms », Libération,‎ 29 septembre 1995
  5. « L'Expansion, Issues 721-725 », Groupe Expansion, 2007.
  6. « SEE | IEEE Communications Society », comsoc.org, 4 avril 2009.
  7. « Le plateau de Saclay "Opération Campus" », centre-saclay.cea.fr, 24 février 2009.
  8. « Numérique : Enjeux et perspectives pour les prochaines décennies (économie, éducation...) », eduscol.education.fr, juillet-août 2009.
  9. « Remise officielle du rapport « La société et l’économie à l’aune de la révolution numérique » - Enjeux et perspectives des prochaines décennies (2015 - 2025)  », strategie.gouv.fr, 8 juillet 2009.
  10. a et b « AMENDEMENT N° 2 présenté par M. Dionis du Séjour », assemblee-nationale.fr, 17 juillet 2009.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Cet argument est venu s'ajouter à celui de la décision du Conseil constitutionnel de considérer l'accès non restreint à internet comme nécessaire à l'exercice du droit fondamental qu'est la liberté d'expression.

Publications[modifier | modifier le code]

  • La Société et l'économie à l'aune de la révolution numérique - Enjeux et perspectives des prochaines décennies (2015-2025), Alain Bravo, juillet 2009, Centre d'analyse stratégique [lire en ligne].