Al Williamson

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Al Williamson

Naissance 21 mars 1931
New York (États-Unis)
Décès 12 juin 2010
Nationalité Drapeau des États-Unis Américain
Profession
dessinateur, encreur
Distinctions
Harvey Award
Will Eisner Award

Al Williamson, né le 21 mars 1931 à New York et mort le 12 juin 2010, est un auteur et dessinateur de bandes dessinées américain, spécialisé dans l'aventure, le western et la science-fiction/fantasy.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Né à New York, Al Williamson emménage à Bogota, en Colombie à l'âge de deux ans : son père est colombien, sa mère américaine, ils se sont mariés aux États-Unis et ont rapidement déménagé en Colombie. Il grandit en apprenant l'anglais et l’espagnol en lisant des comics[n 1].

À neuf ans, Williamson s'intéresse aux comics via le magazine mexicain Paquin, il découvre le travail d'Alex Raymond sur Flash Gordon.

En 1943, à 12 ans, à la suite du divorce de sa mère, il déménage à San Francisco, puis à New York[1].

Williamson commence à prendre des cours avec Burne Hogarth (Tarzan). Il y rencontre Wally Wood et Roy Krenkel. Ce dernier lui fait découvrir de nombreux dessinateurs, comme Norman Lindsay, Fortunino Matania ou Frank Hoban[1]. Il rencontre également George Evans, Bob Lubbers, John Celardo et Mort Meskin en allant visiter les bureaux des éditions Fiction House.

Début de carrière[modifier | modifier le code]

Williamson a aidé un temps Hogarth à crayonner des pages de Tarzan en 1948[1]. Williamson racontera plus tard la difficulté qu'il a eu à effectuer ce travail.

Williamson a également fait des cabochons pour The Ugliest Horse in the World (« Le cheval le plus moche du monde ») pour le comic Famous Funnies, ainsi qu'une bande dessinée de deux pages (une histoire de boy-scouts) parue dans le no 51 de New Heroic Comics en 1948[2]. Williamson est également crédité sur les crayonnés avec Frank Frazetta de The Last Three Dimes, une BD de trois pages parue dans le no 20 de Wonder Comics

De 1949 à 1951, Williamson travaille sur des comics de science-fiction et de western pour American Comics Group, Avon Publications, Fawcett Comics... Il commence à collaborer régulièrement avec Frank Frazetta pour l'encrage et Roy Krenkel pour les décors.

En 1952, à 21 ans, il commence à travailler à EC Comics. Sa première œuvre publiée par cet éditeur se nomme Mad Journey! ; elle paraît dans le n° 14 du comic book Weird Fantasy en juillet 1952[3]. Il travaille sur ces sept pages en compagnie de Frank Frazetta. Par la suite il continue à collaborer avec celui-ci mais aussi avec Roy Krenkel et Angelo Torres. Cette équipe, avec Nick Meglin et George Woodbridge, est surnommé le « Fleagle Gang », d'après un groupe de gansters. Williamson travaille surtout sur de la science-fiction sur des scénarios de Al Feldstein, également sur des adaptations de Ray Bradbury[n 2] et Harlan Ellison[n 3]. Il cesse de collaborer avec cet éditeur lorsque Bill Gaines est obligé de cesser toute activité éditoriale, à l'exception notable de Mad, à la suite de pertes financières importantes dans l'édition de comics[4].

Entre 1955 et 1957, Williamson publie plus de 400 pages de comics, principalement des récits de westerns de 3 ou 5 pages, pour Atlas Comics (qui deviendra Marvel Comics). Il travaille également sur Jungle Girl.

De 1958 à 1959, il travaille pour Harvey Comics, en collaboration avec Reed Crandall, Torres and Krenkel et encre des planches de Jack Kirby[5]. C'est son premier réel travail d'encreur. C'est à Harvey Comics qu'il rencontre Archie Goodwin, avec il collaborera régulièrement par la suite. En parallèle il dessine quelques histoires pour Classics Illustrated en en collaboration avec Reed Crandall et George Woodbridge, des westerns pour Dell Comics et Charlton Comics et de la science-fiction pour ACG.

Dans cette période prolifique, on le remarque pour son perfectionnisme et son amour du médium. Mais malgré sa bonne réputation, son travail est souvent inégal et peu inspiré[1].

Les années 1960[modifier | modifier le code]

Avec la diminution des commandes (due à la baisse des publications en 1960), Williamson est assistant de John Prentice sur Rip Kirby pendant 3 ans. Williamson a beaucoup appris auprès de Prentice[2]. Pendant cette période, il est également assistant de John Cullen Murphy et de Don Sherwood.

Il revient à une production personnelle en 1965. Il participe au lancement de Creepy and Eerie, magazines d'horreur en noir et blanc de Warren Publishing.

En septembre 1966 il dessine le premier numéro d'un nouveau Flash Gordon publié par King Features. Le courrier des lecteurs étant enthousiaste, il dessinera également les no 4 et 5 ainsi que la couverture du no 3. La National Cartoonist Society lui décerne le prix du Best Comic Book art (meilleur dessin de comic book) pour ce travail. En 1967, il reprend Secret Agent X-9, une autre création d'Alex Raymond, en collaboration avec Archie Goodwin. Le titre en est néanmoins changé en Secret Agent Corrigan. Williamson s'inspire beaucoup de son propre physique pour le personnage de Phil Corrigan

Williamson participe également à la conception et écrit l'introduction du premier livre important sur Flash Gordon, publié par Nostalgia Press en 1967.

En 1969, witzend, le comic book alternatif créé par Wally Wood, publie Savage World (Monde Sauvage), une histoire que Williamson avait dessinée en 1956 pour un projet de comic autour de Buster Crabbe, finalement abandonné. Réalisé avec les contributions de Frazetta, Krenkel et Torres, cette histoire constitue un premier échantillon du style du « Fleagle Gang »[n 4].

Williamson encourage de jeunes artistes rencontrés à des festivals et des conventions, aidant par exemple Berni Wrightson à se faire une place[6].

Les années 1970[modifier | modifier le code]

Williamson travaille sur Secret Agent Corrigan tout le long des années 1970, jusqu'à 1980, date à laquelle il abandonne le strip. La première anthologie Secret Agent Corrigan, sortie en 1975 en France, intitulée Le FBI joue et gagne est une reprise du premier strip de Williamson sur la série[7].

Il retourne chez Warren Publishing en 1976 et 1979 pour dessiner trois histoires supplémentaires de Creepy (nos 83, 86 et 112). Ils sont publiés en France sous le titre Al Williamson: À la fin de l'envoi en 1981[8].

Il collabore avec Gold Key Comics, pour Grimm's Ghost Stories (no 5, août 1972, et no 8, mars 1973) et pour The Twilight Zone (no 51, août 1973). Il travaille également avec DC Comics (The Witching Hour no 14, mai 1971 et House of Mystery no 185, avril 1970). Il dessine également quelques illustrations pour Flash Gordon.

Williamson devient un sujet pour les historiens du comics avec la publication de Al Williamson : His Works par Jim Vadebonceour en 1971[9] ainsi que de Al Williamson Collector par James Van Hise dans le fanzine Rocket's Blast Comicollector dans le début des années 1970. Marvel Comics commence à régulièrement rééditer son travail des années 1950 (The Ringo Kid n0 1, janvier 1970, et Kid Colt, Outlaw n0 147, juin 1970), permettant à la jeune génération de découvrir le travail de Williamson.

Les années 1980[modifier | modifier le code]

Williamson dessine l'adaptation en comics de L'Empire contre-attaque chez Marvel Comics (avec Carlos Garzon), sur demande de Lucasfilm, George Lucas ayant beaucoup aimé son travail chez EC Comics et sur Flash Gordon[2].

Il dessine l'adaptation en bande dessinée du film Flash Gordon sur un scénario de Bruce Jones chez Western Publishing. Cette BD est également publiée dans le comic régulier de Flash Gordon, dans les numéros 31 à 33 (mars à mai 1981). L'encrage des 25 dernières pages est réalisé par Alden McWilliams.

Il reprend le strip quotidien de Star Wars à la suite d'Alfredo Alcala, sur un scénario d'Archie Goodwin, jusqu'en 1983, date de la suppression du strip. Ces strips ont été édités par Russ Cochran en trois volumes en 1991[10].

Il retourne aux comic-books à plein temps pour la première fois depuis 1959. Il travaille pour Pacific Comics avec Bruce Jones sur Alien Worlds (nos 1, 4 et 8) et sur Cliff Hanger, publié dans Somerset Holmes. Il dessine pour Marvel Comics la BD tirée du film Blade Runner ainsi que celle du Retour du Jedi. Les deux histoires d'Archie Goodwin qu'il illustre pour Epic Illustrated (« Relic » dans le no 27 (1984) et « Out of Phase », dans le no 34 (1986)) sont souvent considérées comme un de ses meilleurs travaux[11].

Il commence à travailler comme encreur pour Rick Veitch sur Superman/Swamp Thing (DC Comics Presents no 85, septembre 1985). Rapidement, il se consacre uniquement à l'encrage, pour DC Comics (avec Curt Swan sur Superman nos 408 à 416) puis pour Marvel Comics, avec notamment John Romita Jr., Gene Colan, John Buscema ou Mike Mignola. John Romita, Sr., directeur artistique de Marvel à l'époque, le décrit comme étant « un des meilleurs dessinateurs du monde, mais incapable de gagner sa vie comme ça : il faisait de magnifiques planches et avait besoin de beaucoup de temps pour les faire. C'est pour cette raison qu'il encre maintenant... en ajoutant un truc en plus au travail des dessinateurs. »[n 5] Il a gagné sept Harvey Award en tant que meilleur Encreur entre 1988 et 1995.

Années 1990 et ensuite[modifier | modifier le code]

Williamson encre pour Dark Horse Comics les adaptations de Star Wars, épisode I : La Menace fantôme et Star Wars, épisode IV : Un nouvel espoir. Jusqu'en 2003, il est encreur sur divers titres Marvel, comme Daredevil (nos 248 à 300), Spider-Man 2099 (nos 1 à 25) et Spider-Girl (nos 1 à 61). Il travaille également sur la minisérie Atomic Age (Marvel/Epic Comics, novembre 1990 à février 1991), avec Frank Lovece au scénario et Mike Okamoto au dessin. Il gagne un Eisner Award en 1991 pour ce travail d'encrage.

En 1995 Marvel publie un Flash Gordon en deux épisodes, écrit par Mark Schultz et dessiné par Williamson. Il s'agit de son dernier important travail en tant que dessinateur et encreur. Toujours avec Schultz, il illustre la nouvelle « One Last Job » pour Dark Horse Presents no 120 en 1997.

En 2009 est publié un épisode de Namor écrit par Mark Schultz et dédié à Bill Everett (le créateur de Namor) que Williamson avait dessiné 10 ans auparavant[12]. Il a également illustré un épisode des Chroniques de l'ère Xenozoïque, non publié à ce jour[13].

Vivant en Pennsylvanie avec sa femme Corina, Williamson se met en retraite en 2009. Il meurt le 12 juin 2010[14].

Prix et récompenses[modifier | modifier le code]

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Al Williamsons Flash Gordon: A Lifelong Vision of the Heroic - Flesk (2009)
  • Al Williamson: Hidden Lands - Thomas Yeates, Mark Schultz, Steve Ringgenberg, Al Williamson - Dark Horse Comics (2004)
  • Al Williamson Adventures - Harlan Ellison, Bruce Jones, Mark Schultz, Al Williamson Insight Studios Group (2003)
  • Al Williamson Sketchbook -Al Williamson, J. David (Ed) Spurlock (Editor) Vanguard Productions; (1998)
  • The Art of Al Williamson, James Van Hise - Blue Dolphin, 1983
  • New Mutants vol. 1 #69, 71-73, 78-80, 82 (inker)
  • Weird Science (comics) (EC Comics)
  • Weird Fantasy (EC Comics)
  • Tales from the Crypt (comics) (EC Comics)
  • Atomic Age (comics) (Epic Comics)
  • Whizzer (comics) (Marvel Comics)
  • Weird Science-Fantasy
  • The Vault of Horror (comics) (EC Comics)
  • Shock SuspenStories (EC Comics)
  • Crime SuspenStories (EC Comics)
  • Strange Worlds (Atlas Comics)
  • The Conan Saga #50 (May 1991), by Alan Rowlands, art by Steve Carr and Al Williamson (Solomon Kane).
  • Fantastic Four 2099 #1-5 (Marvel Comics)
  • Creepy, Eerie & Blazing Combat (Warren Publishing)
  • Flash Gordon
  • Star Wars
  • Daredevil
  • Spider-Man
  • Spider-Girl

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. « It was comic books that taught me to read both languages », Interview with Al Williamson The Jack Kirby Collector #15, april 1997, p. 16. Repris dans The Collected Jack Kirby Collector Volume Three, TwoMorrows Publishing, 1999, p. 142.
  2. Par exemple A Sound of Thunder dans le no 25 de Weird Science-Fantasy (ept. 1954).
  3. Par exemple Upheaval d'après Mealtime dans le no 24 de Weird Science-Fantasy (juin 1954)
  4. Savage World a d'ailleurs été republié par Marvel Comics dans Unknown Worlds of Science Fiction no 1 (1975), par Pacific Comics et par Kitchen Sink Press.
  5. « [...] One of the best pencillers in the world but he really can't make a living at penciling because he wants to do these beautifully pencilled pages with ample time to do them. That's why Al is inking now ... and adding a greater dimension to the penciller he's working with. » dans (en) Jim Keefe, « Interview: John Romita », JimKeefe.com (consulté le 2009-04-18).

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d Al Williamson, Hidden Lands, M. Schultz, Milwaukee : Dark Horse Books, 2004.
  2. a, b et c The Art of Al Williamson, Van Hise.
  3. (en) « GCD: Story Search Results », Grand Comics Database (consulté le 12 août 2012)
  4. (en) Gary Groth, Dwight Decker et William M. Gaines, « An Interview with William M. Gaines, Part Three of Three », The Comics Journal, no 81,‎ mai 1983, p. 1 (lire en ligne)
  5. sur Race to the Moon no 2 et 3 et Blast-Off no 1.
  6. (en) « Interview de Berni Wrightson », Two Morrows (consulté le 05 mai 2009).
  7. (en) « Corrigan - Agent Secret X-9 », Bedetheque (consulté le 2009-05-04)
  8. (en) « À la fin de l'envoi », Bedetheque (consulté le 2009-04-18)
  9. Al Williamson: His Works, Jim Vadeboncoeur, Promethean Enterprises, 1971)
  10. (en) « Classic Star Wars », Time Line Universe (consulté le 2009-04-18)
  11. Préface de Mark Wheatley in Al Williamson Adventures, Insight Studios Group, 2003.
  12. (en) Doug Zawisza, « Sub-Mariner 70th Anniversary Special », Comic Book Resources,‎ April 14, 2009 (consulté le 2009-04-18)
  13. Voir l'interview de Schultz par M. Beauchamp, in The Comics Journal no 150, mai 1992, p. 129
  14. « Al Williamson, Illustrator of Comic Books, Dies at 79 », Dennis Hevesi, The New York Times, 21 juin 2010