Kadmous

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Al-Qadmus
(ar) القدموس
Administration
Pays Drapeau de la Syrie Syrie
Muhafazah (محافظة) Tartous
Géographie
Coordonnées 35° 05′ 00″ N 36° 10′ 00″ E / 35.0833333, 36.166666735° 05′ 00″ Nord 36° 10′ 00″ Est / 35.0833333, 36.1666667  
Altitude 796 m
Localisation

Géolocalisation sur la carte : Syrie

Voir sur la carte Syrie administrative
City locator 14.svg
Al-Qadmus

Al-Qadmûs[1], Qadmus ou Kadmous est une ville de la circonscription (muhafazah ) de Tartous en Syrie.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le château (Qal`a al-Qadmûs) occupait un petit plateau triangulaire encadré par deux vallées[2].

En 1128/29, Bohémond II s'en empare, il est alors connu sous le nom de la Cademois.

En 1132/33, Sayf ad-Dîn ibn `Amrûn, seigneur de la forteresse d'Al-Kahf vend Al-Qadmus aux Nizârites (Assassins) après l'avoir reprise aux croisés l'année précédente[3]. Il change de main à plusieurs reprises. En 1186, il passe aux Hospitaliers en même temps que le Margat (Qal`a Marqab)[2].

En 1271, le sultan mamelouk baharite Baybars qui vient de prendre le Krak des Chevaliers (Hisn al-Akrād) prend Al-Qadmûs et Al-Kahf, neutralisant ainsi l'influence des Ismaéliens dans la région[4]. Ultérieurement les sultans mamelouks vont se servir des Nîzarites à leur profit : au début du XIVe siècle, le voyageur Ibn Battuta rapporte :

« Je quittai cette ville[5], et je passai par le château de Kadmoûs, puis par celui de Maïnakah[6], celui d’Ollaïkah[7], dont le nom se prononce comme le nom d’unité d’ollaïk, et celui de Misyâf, et enfin par le château de Cahf[8]. Ces forts appartiennent à une population qu’on appelle Elismâïliyah[9] ; on les nomme aussi Elfidâouiyah[10] ; et ils n’admettent chez eux aucune personne étrangère à leur secte. Ils sont, pour ainsi dire, les flèches du roi Nâcir[11], avec lesquelles il atteint les ennemis qui cherchent à lui échapper en se rendant dans l’Irâk, ou ailleurs. Ils ont une solde ; et quand le sultan veut envoyer l’un d’eux pour assassiner un de ses ennemis, il lui donne le prix de son sang ; et s’il se sauve après avoir accompli ce qu’on exigeait de lui, cette somme lui appartient ; s’il est tué, elle devient la propriété de ses fils. Ces Ismaéliens ont des couteaux empoisonnés, avec lesquels ils frappent ceux qu’on leur ordonne de tuer. »

— Ibn Battûta, op. cit., vol. I (lire en ligne), p. 157-158.

Ibrahim Pacha le détruit en 1838 lors de sa campagne contre les Alaouites.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. en arabe : al-qadmūs, القدموس
  2. a et b Georges Pillement, Liban, Syrie et Chypre inconnus, Albin Michel, coll. « Les guides Pillement »,‎ 1971, p. 268-269
  3. Kenneth Meyer Setton et Marshall W. Baldwin, A History of the Crusades, vol. 1, Univ of Wisconsin Press,‎ 2006, 740 p. (ISBN 978-0-299-04834-1, lire en ligne), p. 119
  4. Abdul Ali, Islamic dynasties of the Arab East: state and civilization during the later medieval times, M.D. Publications Pvt. Ltd.,‎ 1996, 142 p. (ISBN 978-81-7533-008-5, lire en ligne), p. 62-63
  5. Sahyoûn où se trouve la forteresse de Qal'at Salah El-Din connue sous les noms de Qal`at Sahyun ou Château de Saône.
  6. Château de Maïnakah en arabe : qalʿa manīqa, قلعة المنيقة (position : 35° 14′ 03″ N 36° 05′ 46″ E / 35.23428, 36.096139)
  7. Château d’Ollaïkah en arabe : qalʿa al-ʿulayqa, قلعة العليقة, se prononce comme ollaïk (en arabe ʿullayq, علّيق « ronce ») d'après Ibn Battuta (position : 35° 10′ 38″ N 36° 07′ 22″ E / 35.177128, 36.122816)
  8. Château de Cahf, en arabe : qalʿa al-kahf, قلعة الكهف « citadelle de la caverne » (position : 35° 01′ 18″ N 36° 05′ 32″ E / 35.021773, 36.092234)
  9. Elismâïliyah : les ismaéliens
  10. Elfidâouiyah : les fedayins, de l'arabe : fidāʾī, فدائي « celui qui se sacrifie » pl. fidāʾīyūn, فدائّون. Ce nom a été repris par les commandos palestiniens dans le conflit avec l'état d'Israël.
  11. An-Nâsir Muhammad sultan mamelouk burjite d'Égypte qui règne sur la Syrie au moment du voyage d'Ibn Battuta.

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Ibn Battûta (trad. C. Defremery et B. R. Sanguinetti (1858)), Voyages, De l’Afrique du Nord à La Mecque, vol. I, Paris, François Maspero, coll. « La Découverte »,‎ 1982, (format .pdf) 398 p. (ISBN 2-7071-1302-6, présentation en ligne, lire en ligne)