Al-Muzaffar Sayf ad-Dîn Qutuz

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Sayf ad-Dîn.

Al-Muzaffar Sayf ad-Dîn Qutuz[1] ou Qutuz est un sultan Mamelouk bahrite d’Égypte ayant régné de 1259 à 1260.

Biographie[modifier | modifier le code]

Qutuz est d’origine noble et est le neveu du dernier roi Khorezmien Jalal ad-Din éliminé par les Mongols[2]. Il a été fait prisonnier par les Mongols qui l’ont vendu comme esclave en Syrie sans qu'ils pensent qu'il sera un jour l'artisan de leur première lourde défaite au Moyen-Orient et du recul de l'empire Mongol. Il est revendu au dernier roi de la dynastie ayyoubide.

Il gravit les échelons militaires et devient le chef des armées d'Aybak (fondateur de la dynastie des Mamlouk) lorsque celui-ci prend le pouvoir avec son épouse la reine Chajar ad-Durr veuve du dernier sultan ayyoubide As-Salih Ayyoub.

En 1257, après l'assassinat d'Aybak et de son épouse Chajar ad-Durr, Qutuz devient le tuteur de leur fils Al-Mansur Ali. En novembre 1257 et avril 1258, il réussit à convaincre les mamelouks bahrites de revenir de Palestine dans un contexte difficile (division dans le corps de l'armée, famine, crise économique, etc.).

Il propose aux sultans ayyoubides d'Alep et de Damas An-Nâsir Yûsuf, de les aider contre l'invasion mongole mais sa demande a été refusée. Les sultans se réveillent trop tard pour répondre à la menace mongole. De nombreux Syriens fuient vers l’Égypte qui se sent menacée à son tour. Les nouvelles de ces envahisseurs provoquent en Égypte une terreur générale.

Le règne[modifier | modifier le code]

Cette situation donne à Qutuz le prétexte de renverser Al-Mansur trop jeune pour assumer la guerre contre les Mongols.

Qutuz commence par renforcer son pouvoir en convaincant les autres mamelouks qu'il n’avait agi ainsi que pour combattre les Mongols efficacement. Il promit également de leur octroyer ce qu’ils désiraient une fois la victoire acquise.

Le chef des armées mongoles, Hulagu lui demande de se rendre. Qutuz refuse et tue les ambassadeurs d’Hulagu pour rendre toute négociation impossible et d'engager tout le monde dans la guerre contre le mongol.

En août 1260, Qutuz quitte l’Égypte à la tête des armées égyptienne et syrienne réunies pour aller affronter les Mongols. Il envoie le général Baybars en mission de reconnaissance avec une partie de l’armée. Au cours de cette reconnaissance Baybars dut affronter un contingent mongol et emporta la victoire. Ce premier succès contre les Mongols haussa le moral des troupes musulmanes.

Baybars traverse ce qu’il reste du royaume de Jérusalem et installe son camp devant Saint Jean d’Acre. Les Croisés d’Acre offrent leur soutien. Qutuz préfère obtenir simplement le gage de leur neutralité sous crainte de trahison des croisés. Il rejoint Baybars dans la vallée de `Ayn Jâlût, entre Bîsân et Naplouse. L’armée mongole, est menée par Kîtbûqâ depuis le départ soudain d’Hulagu provoqué par la mort de Möngke et des désordres successoraux qui en découlaient. Kîtbûqâ entreprend de rassembler ses troupes qui s’étaient éparpillées en Syrie, en une seule et unique armée. Sa vanité lui fait refuser d’attendre des renforts de la part de Hulagu. Les Mongols s’avancent aussi jusqu’à `Ayn Jâlût.

La bataille d'Ayn Jâlût[modifier | modifier le code]

Le 3 septembre 1260, Qutuz et Baybars viennent à bout de l’armée mongole conduite par Ketboğa à la bataille d’`Ayn Jâlût. La Syrie revient aux Mamelouks et les Mongols se retirent au-delà de l’Euphrate. Cette victoire marque l’arrêt de l’avancée des Mongols qui ne parassent plus invincibles. Qutuz rentre en Égypte le 4 octobre 1260, suivi par Baybars qui exécute Qutuz de sa main lors d’une chasse au lièvre le 24 octobre. Baybars se fait proclamer sultan aussitôt par les chefs militaires.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. arabe : al-muẓaffar sayf ad-dīn quṭuz, المظفر سيف الدين قطز . al-muẓaffar : le vainqueur. sayf ad-dīn : le glaive de la religion
  2. Martijn Theodoor Houtsma, E. J. Brill's First Encyclopaedia of Islam, 1913-1936, vol. 4, BRILL,‎ 1993, 611 p. (ISBN 978-90-04-09796-4, résumé, lire en ligne), « ḲUṬUZ al-Malik al-Muẓaffar al-Din al-Muʿizzi », p. 1172

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]