Al-Ashraf Salah ad-Dîn Khalil ben Qala'ûn

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Le maréchal Matthieu de Clermont[1] pendant le Siège d'Acre en 1291
(peinture de Dominique Papety (1815-1849), salles des Croisades du Château de Versailles)
Mausolée d'Al-Ashraf Salah ad-Dîn Khalil

Al-Achraf Khalîl, de son nom complet Al-Achraf Salâh ad-Dîn Khalîl ben Qala'ûn[2] (1263[3]-1293) fils de Qala'ûn est un sultan mamelouk bahrite d'Égypte de 1290 à 1293.

Biographie[modifier | modifier le code]

Al-Achraf Khalîl est le fils de Qala'ûn, il a été désigné co-sultan lors de la mort de son frère aîné en 1288 mais Qala'ûn n'a pas confiance en Khalîl.

Qala'ûn conquiert le comté de Tripoli en 1289. Il marche ensuite sur Saint-Jean-d'Acre la capitale de ce qui reste du royaume de Jérusalem. Il meurt en novembre 1290.

Le règne[modifier | modifier le code]

Khalîl lui succède et poursuit son offensive. En mai 1291, Khalîl rassemble toutes les forces disponibles en Égypte et en Syrie à Hisn al-Akrad. Acre est prise le 17 juin 1291 après un siège sanglant.

Article détaillé : Siège de Saint-Jean-d'Acre (1291).

Tous ceux qui n'ont pas réussi à s'enfuir sont exécutés et la ville est entièrement détruite. En août, Khalîl prend Tyr, Sidon, Haïfa et Beyrouth. Il rentre victorieux au Caire ayant enfin terminé le travail commencé par Saladin de chasser les croisés du Proche-Orient. Khalîl est appelé le nouvel Alexandre.

En 1292, Khalîl envahit le royaume arménien de Cilicie prend Hromgla siège du patriarcat arménien. Ce petit royaume va disparaître peu à peu. En revanche Khalîl a de bonnes relations avec le royaume de Chypre, le royaume d'Aragon et celui de Sicile avec lesquels il signe des traités de commerce.

Khalîl a poursuivi la politique de son père qui consistait à remplacer les mamelouks turcs par des circassiens. Il nomme un Arabe, Ibn as-Salus, comme grand vizir alors que c'était une fonction qui avait disparu au début du siècle pour irriter les mamelouks turcs encore plus. Finalement Khalîl est assassiné par son régent turc Baydara en décembre 1293. Le meurtrier réclame le sultanat, mais il est rapidement tué par les circassiens. Son frère[4] âgé de sept ans, An-Nâsir Muhammad, est choisi pour lui succéder, mais son régent Kitbugha va rapidement l'éloigner.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Daunou, Émeric-David, Félix Lajard, Paulin Paris, Victor Le Clerc et Fauriel, Histoire littéraire de la France : ouvrage commencé par des religieux bénédictins de la Congrégation de Saint Maur, et continué par des membres de l'Institut (Académie des Inscriptions et Belles-Lettres), t. 20, Paris, Imprimerie nationale (Firmin Didot frères, Treuttel et Wurtz),‎ 1842 (lire en ligne), p. 83.
  2. arabe : al-ʾašraf ṣalāh ad-dīn ḫalīl ben qalāʾūn, الأشرف صلاح الدين خليل بن قلاوون
  3. Il a vingt-sept ans à son arrivée au pouvoir d'après André Clot, op. cit., « Chute d'Acre, fin de la reconquête », p. 112
  4. Le texte d'André Clot, op. cit., « L'âge d'or / Des années difficiles », p. 120 laisse entendre qu'An-Nâsir Muhammad est le fils de Khalil et lui donne neuf ans.

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Janine et Dominique Sourdel, Dictionnaire historique de l’islam, Paris, PUF, coll. « Quadrige »,‎ 2004, 1e éd., 1056 p. (ISBN 978-2-13-054536-1), « Mamlouks syro-égyptiens », p. 526-529
  • André Clot, L'Égypte des Mamelouks 1250-1517. L'empire des esclaves, Perrin,‎ 2009, 474 p. (ISBN 978-2-262-03045-2)
  • (en) Clifford Edmund Bosworth, The new Islamic dynasties: a chronological and genealogical manual, Édimbourg, Edinburgh University Press,‎ 2004, 389 p. (ISBN 978-0-7486-2137-8, lire en ligne), « The Baḥrī line 648-792/1250-1390 », p. 76